Bonne fête aux Toussaint
Sommaire
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
2004 – L’ourse Cannelle, ourse pyrénéenne tuée par un chasseur ensuite condamné
Cannelle, dernière ourse femelle de souche pyrénéenne pure, est abattue lors d’une battue au sanglier dans les Pyrénées. L’affaire crée une vive émotion et relance le débat sur la protection des espèces menacées en France. Le chasseur est condamné, tandis que des programmes de réintroduction d’ours slovènes sont renforcés. L’évènement marque un tournant dans la conservation de la faune sauvage.
1963 – Ouverture du Radiotélescope d’Arecibo
Situé à Porto Rico, le radiotélescope d’Arecibo devient l’un des plus puissants instruments d’observation radio du monde. Son immense antenne de 305 mètres sert à l’étude des pulsars, de l’atmosphère, et à la recherche de signaux extraterrestres. Il joue un rôle clé dans de nombreuses découvertes scientifiques. Monument emblématique, il s’effondrera en 2020 après des dommages structurels.
1954 – Insurrection de la Toussaint rouge marquant le début de la guerre d’Algérie
Le 1er novembre 1954, le FLN lance une série d’attentats contre des cibles françaises en Algérie. Cet acte marque le début officiel de la guerre d’Algérie, conflit majeur de décolonisation. La répression est brutale et la violence s’étend rapidement, provoquant une longue guerre jusqu’à l’indépendance en 1962. Cette date devient un symbole fondateur de la nation algérienne.
1952 – Les États-Unis font exploser Ivy Mike, leur première bombe H, à Eniwetok dans les îles Marshall
L’essai Ivy Mike constitue la première explosion thermonucléaire réussie des États-Unis. L’explosion, bien plus puissante que les bombes atomiques, marque un nouveau seuil technologique dans la course aux armements de la Guerre froide. Le test détruit entièrement l’atoll et pose des questions sur les risques environnementaux, sanitaires et géopolitiques du nucléaire militaire.
1911 – Le pilote italien Giulio Gavotti largue une bombe de son avion en Tripolitaine pour la 1ère fois de l’histoire
Lors de la guerre italo-turque, Gavotti largue des grenades depuis son avion, réalisant la première attaque aérienne de l’Histoire. Cet acte inaugure l’ère du bombardement aérien. À l’époque, les conventions internationales n’envisagent pas encore ce type d’attaque. Cet événement préfigure l’évolution stratégique de l’aviation militaire durant tout le XXᵉ siècle.
1800 – La Maison-Blanche, à Washington, accueille son premier locataire, le président John Adams
Bien que le bâtiment ne soit pas terminé, John Adams s’installe dans la nouvelle résidence présidentielle. La Maison-Blanche devient symbole du pouvoir exécutif américain. Sa construction s’inscrit dans la création d’une capitale fédérale. Elle sera modifiée après l’incendie britannique de 1814. Avec le temps, elle devient un lieu hautement symbolique et politique.
1755 – Le tremblement de terre de Lisbonne, au Portugal, un des plus puissants de l’histoire, fait plus de 50 000 morts
Le séisme, suivi d’un tsunami et d’incendies, ravage Lisbonne. L’événement choque l’Europe et influence la pensée philosophique, notamment Voltaire. Il entraîne des réformes architecturales et urbanistiques pionnières. Cette catastrophe demeure l’une des plus meurtrières connues en Europe. Ses effets se font sentir dans tout l’Atlantique.
1677 – Le vice-amiral Jean d’Estrées s’empare de l’île de Gorée
Jean d’Estrées prend l’île de Gorée aux Hollandais pour la France, renforçant sa présence dans l’Atlantique. L’île deviendra un centre majeur du commerce, notamment la traite négrière. Ce contrôle s’inscrit dans la rivalité coloniale européenne. Gorée, classée aujourd’hui au patrimoine mondial, reste un symbole de mémoire des esclavages et déportations.
Les naissances et décès notables
1967 – Naissance de Tina Arena (Filippina Lydia Arena), chanteuse australienne d’origine sicilienne
1951 – Naissance de Fabrice Luchini, acteur français
2008 – Décès de Jacques Piccard, océanographe et océanaute suisse
2007 – Décès de Paul Tibbets, pilote de l’Armée américaine, qui a lancé la bombe atomique sur Hiroshima
1925 – Décès de Max Linder, acteur et réalisateur français
1907 – Décès de Alfred Jarry, poète, romancier, dramaturge français, inventeur de la Pataphysique
[kofi]
Un peu de bonne humeur
Superman et l’amour
Superman rencontre Batman et lui raconte :
– Figure-toi qu’hier soir, je survolais New-York et que vois-je ? Wonder Woman, quelques centaines de mètres plus bas, nue, sur le dos, offerte…! Tu penses, mon sang n’a fait qu’un tour, j’ai plongé et en moins de 10 secondes, j’étais sur elle…
– Et alors, dit Batman, elle a du être surprise ?
– Pas le moins du monde, elle ne s’est rendu compte de rien… par contre, l’Homme Invisible ne s’en est pas encore remis…
Croyant ou schizo – Pierre Desproges
« Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… s’il vous répond, vous êtes schizophrène. »
Une claudication à la mode
A la fin du XIXème siècle au Royaume-Uni, la mode dans la haute société est à la claudication, quitte à retirer un talon.
La claudication d'Alexandra désigne la démarche boiteuse adoptée par les dames de la haute société victorienne, en imitation de celle de la princesse Alexandra de Danemark. Originaire du Danemark, elle épouse en 1863 le prince de Galles, futur Édouard VII, devenant une icône de mode par son élégance malgré une infirmité à la jambe droite causée par une grave maladie en 1867 qui la raidit. Son allure gracieuse transforme ce handicap en signe de distinction sociale.
Les femmes de l'époque victorienne copient consciemment cette boiterie en accentuant leur démarche, en s'appuyant sur une canne et en modifiant leurs chaussures pour créer un déséquilibre. Elles retirent le talon d'une chaussure ou portent des talons de hauteurs inégales afin d'imposer un boitement permanent et gracieux.
Les cordonniers londoniens commercialisent alors des souliers asymétriques sur mesure, avec des talons délibérément inégaux, répondant à la demande des fashionistas. Ce phénomène de mode devient une industrie lucrative sur Bond Street et Mayfair, où ces chaussures "à la princesse" mêlent sophistication et handicap simulé.
Un peu de français
« Tailler une bavette » ?
Cette expression signifie qu'on discute ou qu'on bavarde de manière conviviale et familière. Elle évoque une conversation légère et prolongée entre amis ou connaissances.
« Bavette » dérive de « bave », un terme lié au babil enfantin imité par l'onomatopée baba, qui désigne ensuite des paroles futiles. Au XVIIème siècle, on « taille une bavette » pour décrire des femmes qui causent abondamment ensemble, et « tailler » suggère façonner ou découper ces mots comme on le fait avec la parole éloquente. Des théories évoquent aussi le col plissé des avocats, appelé bavette pour son aspect baveux et associé aux discours verbeux, ou encore la bavette de viande qu'on découpe en tranches fines lors de repas prolongés favorisant les échanges animés. Cependant, l'origine la plus étayée reste celle du babil, avec l'idée de « tailler » la parole remontant au XIIIème siècle dans l'expression « tailler bien la parole » pour parler avec éloquence.
« Bistrot » ?
Le mot bistrot intrigue par son origine modeste et profondément populaire, bien ancrée dans le terroir français où les mots naissent au coin du feu ou du comptoir. Les linguistes le rattachent aujourd’hui au poitevin « bistraud », ce petit serviteur zélé des marchands de vin qui trime dans l’ombre des tonneaux, sert les verres et finit par donner son nom au cabaret lui-même – un lieu convivial où l’on trinque sans chichis, entre amis d’enfance ou inconnus du quartier. À côté, « bistouille » ou « bistrouille » évoque ce mélange rustique et corsé d’alcool frelaté et de café brûlant, typique des débits de boisson du peuple où l’on noie les soucis dans une gorgée âpre ; ces termes familiers colorent le mot d’une saveur authentique, presque odorante de zinc tiède, de tabac froid et de camaraderie oubliée.
La légende russe, si romantique et pleine de panache, fait sourire les savants qui la dissèquent : imaginez des cosaques hirsutes, débarqués à Paris en 1814 après la débâcle napoléonienne, criant « bystro ! » - « vite ! » - aux tenanciers dépassés pour hâter le service d’un verre ou d’une soupe. Et hop, naît le bistrot, symbole d’urgence joyeuse ! Mais l’histoire patine sérieusement, car le terme n’apparaît dans les dictionnaires qu’en 1880, plus de soixante ans après ces supposés cris slaves, trop tard pour coller aux faits historiques. Ainsi, le bistrot reste ce coin de France authentique et éternel, loin des invasions exotiques, un mot né dans la vapeur des verres embués, les rires gras des habitués et l’odeur tenace du quotidien parisien.
