Ă€ une Ă©poque oĂą la fonction de maire de Paris est abolie, le prĂ©fet de la Seine est chargĂ© de l’administration de la ville et doit gĂ©rer un budget important. Il prend des arrĂŞtĂ©s en 1883 et 1884 obligeant les propriĂ©taires Ă fournir Ă leurs locataires des rĂ©cipients pour les dĂ©chets mĂ©nagers.
Ces rĂ©cipients, d’une capacitĂ© de 40 Ă 120 litres, doivent ĂŞtre utilisĂ©s pour trier les dĂ©chets en trois catĂ©gories : matières putrescibles, papiers et chiffons, et verre / faĂŻence / coquilles d’huĂ®tres. Cette mesure vise Ă amĂ©liorer l’hygiène dans une ville de près de deux millions d’habitants.
Les Parisiens commencent Ă appeler ces rĂ©ceptacles « poubelles » du nom du prĂ©fet, Eugène Poubelle. Toutefois, le règlement rencontre de la rĂ©sistance : propriĂ©taires, concierges et chiffonniers y voient des contraintes et menaces Ă leur gagne-pain. MalgrĂ© cela, l’essentiel des dĂ©cisions du prĂ©fet est appliquĂ©, et les ordures sont mieux gĂ©rĂ©es.
L’exemple de Paris se rĂ©pand dans d’autres villes, mais ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’usage des poubelles devient courant et que les municipalitĂ©s organisent rĂ©gulièrement l’enlèvement des ordures.
En attendant, le mĂ©tier de chiffonnier semble en danger. Georges Grison s’en Ă©meut le 16 janvier 1884 dans le Figaro (M. Poubelle et les mauvaises langues), au lendemain du jour fixĂ© de l’arrĂŞtĂ©.
🤔 Mais pourquoi parle-t-on d’un canard Ă la place d’un journal ?
Le terme « canard » appliquĂ© aux journaux trouve son origine au XIIIe siècle, initialement utilisĂ© comme surnom pĂ©joratif dĂ©signant les personnes bavardes. Au fil des siècles, l’expression a Ă©voluĂ© pour qualifier les publications diffusant des informations souvent douteuses ou exagĂ©rĂ©es, notamment aux XVIIIe et XIXe siècles. De « rĂ©pandre un canard » signifiant raconter un mensonge, le mot est progressivement devenu un terme gĂ©nĂ©rique pour dĂ©signer un journal, reflĂ©tant l’idĂ©e d’une information potentiellement peu fiable ou sensationnaliste.