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UN MARIN QUI NE MANQUE JAMAIS DE FER 📆 17 janvier 1929

Popeye, le célèbre marin bourru et bagarreur, apparaît pour la première fois le 17 janvier 1929 dans la série « The Thimble Theatre ».

« The Thimble Theatre » est une bande dessinĂ©e humoristique créée par Elzie Crisler Segar en 1919 pour le King Features Syndicate. Initialement conçue comme une parodie des mĂ©lodrames et du théâtre de boulevard, la sĂ©rie Ă©volue rapidement vers l’aventure humoristique. Les personnages principaux originaux sont Olive Oyl et Harold Hamgravy (plus tard Ham Gravy), rejoints ensuite par Castor Oyl, le frère d’Olive.

Au dĂ©but, Popeye n’est qu’un personnage secondaire engagĂ© par Castor Oyl pour une expĂ©dition maritime. Il fait sa première apparition le 17 janvier 1929, lorsque Castor lui demande s’il est un marin, ce Ă  quoi Popeye rĂ©pond : « J’ai une tĂŞte de cow-boy ? ». Olive Oyl est dĂ©jĂ  prĂ©sente dans la sĂ©rie depuis sa crĂ©ation en 1919. Initialement fiancĂ©e Ă  Ham Gravy, Olive finit par ĂŞtre conquise par Popeye qui vole la vedette Ă  son rival. La popularitĂ© croissante de Popeye conduit au changement de titre de la sĂ©rie en « The Thimble Theatre Starring Popeye » en 1931.

L’origine de la force surhumaine de Popeye connaĂ®t une Ă©volution intĂ©ressante. Dans ses premières aventures, il tire sa puissance de Bernice, une poule africaine immortelle dotĂ©e de pouvoirs magiques. Cette poule lui confère une force extraordinaire et mĂŞme le pouvoir de ressusciter. Cependant, cette idĂ©e est rapidement abandonnĂ©e au profit des Ă©pinards en 1932. L’introduction des Ă©pinards coĂŻncide avec la Grande DĂ©pression aux États-Unis, et le gouvernement amĂ©ricain aurait encouragĂ© la consommation de ce lĂ©gume. Dans les dessins animĂ©s produits par les Studios Fleischer Ă  partir de 1933, Popeye mange systĂ©matiquement des Ă©pinards en conserve pour vaincre ses ennemis, notamment Brutus.


Et cette histoire de fer dans les épinards, alors ?

Les Ă©pinards ne contiennent pas une quantitĂ© exceptionnelle de fer bĂ©nĂ©fique pour la santĂ©, contrairement au mythe popularisĂ© par Popeye. Cette lĂ©gende naĂ®t d’une erreur historique : en 1870, une faute de virgule dans les analyses du chimiste Emil von Wolff multiplie par dix la teneur rĂ©elle, passant de 2,7 mg Ă  27 mg pour 100 g. En rĂ©alitĂ©, 100 g d’Ă©pinards crus offrent environ 2 Ă  3 mg de fer non hĂ©minique, moins bien absorbĂ© par l’organisme en raison des oxalates et fibres prĂ©sents. Cette erreur, propagĂ©e pendant des dĂ©cennies, contribue Ă  la rĂ©putation des Ă©pinards comme aliment fortifiant et influence probablement la crĂ©ation de Popeye. En rĂ©alitĂ©, les Ă©pinards ne sont pas particulièrement riches en fer comparĂ©s Ă  d’autres aliments.

Les Ă©pinards brillent par d’autres atouts nutritionnels. Ils regorgent de folates pour la santĂ© cellulaire, de carotĂ©noĂŻdes comme la lutĂ©ine qui protègent les yeux contre la DMLA, et de magnĂ©sium contre la fatigue. Cuits, ils prĂ©servent mieux leurs nutriments, favorisent le transit et s’intègrent parfaitement dans une alimentation hivernale Ă©quilibrĂ©e.

En janvier, les épinards marquent leur pleine saison en France. Disponibles de décembre à juin sur les marchés parisiens, ils tolèrent le froid et se récoltent frais sous abri.