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LE 1er TRANSPORT EN COMMUN EST FRANÇAIS 📆 18 mars 1662

Blaise Pascal met en œuvre le premier service de transport en commun urbain le 18 mars 1662.

Le carrosse Ă  cinq sols est le premier service de transport en commun organisĂ© au monde. Il s’agit d’un vĂ©hicule Ă  huit places tirĂ© par quatre chevaux, conduit par un cocher vĂŞtu d’une casaque aux armes du roi et de la ville de Paris. Son nom vient du prix fixe du trajet, cinq sols, une somme modique comparĂ©e aux 2000 sols journaliers que coĂ»te la location d’un fiacre Ă  l’Ă©poque. Cette invention rĂ©volutionnaire introduit un système de transport collectif avec des itinĂ©raires fixes et des horaires rĂ©guliers.

Blaise Pascal est un gĂ©nie polyvalent du XVIIème siècle. NĂ© en 1623 Ă  Clermont-Ferrand, il excelle dans de nombreux domaines. MathĂ©maticien, il dĂ©veloppe le triangle arithmĂ©tique et pose les bases du calcul des probabilitĂ©s. Physicien, il rĂ©alise des expĂ©riences sur la pression atmosphĂ©rique et le vide. Inventeur, il crĂ©e la Pascaline, première machine Ă  calculer mĂ©canique. Philosophe et Ă©crivain, il rĂ©dige les « PensĂ©es » et les « Provinciales ». Sa vie spirituelle intense le conduit Ă  s’identifier au mouvement jansĂ©niste. Il meurt Ă  Paris en 1662, Ă  l’âge de 39 ans, peu après avoir lancĂ© son service de carrosses.

Le service des carrosses Ă  cinq sols offre des caractĂ©ristiques Ă©tonnamment modernes. Les vĂ©hicules circulent sur des trajets fixes avec des dĂ©parts rĂ©guliers, toutes les sept minutes et demie sur la première ligne. Ils continuent leur route mĂŞme vides et s’arrĂŞtent Ă  des points dĂ©terminĂ©s oĂą les voyageurs peuvent monter ou descendre Ă  leur convenance. Le système permet des correspondances entre les diffĂ©rentes lignes, facilitant les dĂ©placements dans tous les quartiers de Paris. Les carrosses fonctionnent de sept heures du matin Ă  huit heures du soir, avec pour devise : « Afin que de partout on puisse aller partout ».

Cinq lignes sont progressivement mises en service entre mars et juillet 1662. La première, inaugurée le 18 mars, relie la porte Saint-Antoine au Luxembourg. La deuxième, ouverte dès le lendemain, connecte la rue Saint-Antoine à la rue Saint-Denis. La troisième ligne, mise en service en avril, va du Luxembourg à la rue Montmartre. La quatrième ligne, également lancée en avril, innove avec un itinéraire circulaire et un système de tarification sectorisée. La cinquième et dernière ligne, ouverte en juillet, relie le Luxembourg à la rue de Poitou. Ces itinéraires desservent les quartiers les plus fréquentés de Paris, notamment le Châtelet et le quartier du Louvre.

Le Paris de 1662 est en pleine transformation sous Louis XIV. La capitale compte environ 450 000 habitants et s’Ă©tend progressivement au-delĂ  de ses anciennes murailles. Le jeune roi, qui règne personnellement depuis la mort de Mazarin en 1661, favorise les projets d’embellissement et de modernisation de la ville. Cependant, les divisions sociales restent fortes, comme le montre l’intervention du Parlement de Paris qui limite l’accès aux carrosses. Cette institution, composĂ©e de magistrats issus de la noblesse de robe, s’oppose Ă  la mixitĂ© sociale que pourrait engendrer ce nouveau mode de transport. Le projet de Pascal, soutenu par le roi, se heurte ainsi aux rĂ©sistances d’une sociĂ©tĂ© d’ordres.

Le service des carrosses Ă  cinq sols disparaĂ®t en 1677, après environ quinze ans d’exploitation. Plusieurs facteurs expliquent cet Ă©chec. D’abord, les restrictions imposĂ©es par le Parlement de Paris qui interdit l’accès aux « soldats, pages, laquais et autres gens de livrĂ©e, mĂŞme les manĹ“uvres et gens de bras », limitant considĂ©rablement la clientèle potentielle. Ensuite, l’augmentation du prix du service, qui passe de cinq Ă  six sols, contribue Ă  le rendre impopulaire. Enfin, la mort prĂ©maturĂ©e de Pascal, concepteur et gestionnaire du projet, semble avoir jouĂ© un rĂ´le dans ce dĂ©clin. Selon l’historien Sauval, « trois ou quatre ans après leur Ă©tablissement, [l’usage des carrosses] fut si mĂ©prisĂ© qu’on ne s’en servoit presque plus, et ce mauvais succès fut attribuĂ© Ă  la mort de Paschal ».