Laura Ingalls Wilder nous quitte le 10 février 1957, à l’âge de 90 ans, dans sa ferme de Rocky Ridge à Mansfield, Missouri. Cette femme pionnière, qui a su transformer ses souvenirs d’enfance en une œuvre immortelle, s’éteint paisiblement trois jours après son anniversaire, laissant derrière elle une famille aimante et un héritage littéraire qui touche des générations.
Je me souviens encore de ces histoires qu’elle raconte dans La Petite Maison dans la prairie, ces livres où elle nous plonge au cœur de sa vie de pionnière. Elle grandit, toi et moi le savons bien, au rythme des chariots qui traversent le Midwest américain – Wisconsin, Kansas, Minnesota, Dakota. Sa famille bouge sans cesse, construit des cabanes, affronte les hivers cruels et les étés torrides. Laura devient institutrice toute jeune, épouse Almanzo Wilder, et ensemble ils s’installent dans leur ferme du Missouri. À partir des années 1930, elle écrit ses romans, inspirés de ces souvenirs : la vie rude en cabane, les arrivées du chemin de fer, les joies simples d’une famille unie.
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Dans la série télévisée, Laura Ingalls est cette petite fille énergique, interprétée par Melissa Gilbert. Elle court pieds nus dans les prairies, pêche avec ses sœurs, rivalise avec la snob Nellie Oleson, et grandit pour devenir institutrice, épouse d’Almanzo, mère de Rose. Tout semble chaleureux, idéal, avec Charles et Caroline comme parents modèles qui surmontent chaque épreuve par la foi et l’amour. Michael Landon, le producteur et l’interprète de Charles Ingalls, adoucit tout pour nous, le public familial – pas de fugues nocturnes, pas d’agressions, juste des leçons de vie cosy.
Mais la réalité frappe plus fort, bien plus fort que ces images douces. Ses vrais souvenirs, révélés dans l’autobiographie non censurée Pioneer Girl, dépeignent une existence impitoyable. La famille fuit de nuit pour échapper aux loyers, vit dans des grottes humides ou des taudis, accumule des dettes écrasantes. À 11 ans, Laura subit une tentative de viol par un homme ivre ; la violence est quotidienne, l’alcoolisme règne, la malaria et les famines déciment. Charles et Almanzo sont paralysés par la diphtérie, des enfants meurent en bas âge, Mary perd la vue sans le romantisme de la série. Pas de maison stable à Walnut Grove comme à l’écran : la pauvreté ronge tout, et Laura refuse même une adoption pour soulager ses parents.
Aujourd’hui encore, on lit Laura et on regarde la série avec un pincement au cœur. Elle humanise l’Ouest sauvage, nous montre que derrière les épreuves, l’espoir persiste. Sa vraie vie, si dure, rend ses mots encore plus précieux : elle a vécu l’enfer, et en a fait un conte qui réchauffe l’âme.