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UNE COLLECTION QUI TIENT DANS LA POCHE 📆 9 février 1953

Le 9 février 1953, un audacieux éditeur nommé Henri Filipacchi lance, pour la Librairie générale française (filiale de Hachette), la collection « Le Livre de Poche ». Ce format révolutionnaire rend les grands classiques accessibles à tous, pour seulement 2 francs – moins cher qu’un magazine !

La magie opère grâce à une fabrication ingénieuse : papier économique, reliure collée ultra-résistante, couvertures vernies inspirées des affiches de cinéma, et un petit format pratique qui réduit les coûts d’impression et de distribution massive. Le premier titre ? Koenigsmark de Pierre Benoit, suivi de pépites comme Hemingway ou Colette. Dès lors, la lecture se glisse dans une poche et conquiert le monde.

Les bibliothèques de poche de Hachette

Aujourd’hui, « Le Livre de Poche » partage un même ADN familial avec les célèbres Bibliothèques Rose et Verte, toutes éditée par Hachette Livre. La Rose, née en 1856 pour les 6-12 ans avec ses histoires tendres et humoristiques, et la Verte, lancée en 1923 pour des aventures palpitantes, passent au format poche souple en 1988 afin de rester abordables. « Le Livre de Poche » s’ouvre à la jeunesse en 1979, et en 1995, les classiques de la Verte (Jules Verne, London) migrent vers cette branche, tandis que Rose et Verte se recentrent sur des séries cultes comme le Club des Cinq ou Fantômette. Ensemble, elles dominent 80% du marché poche jeunesse, avec cette même passion pour la lecture démocratique.

Les ancêtres vendus par les colporteurs

Remontez plus loin, et ces poche modernes évoquent les colporteurs qui sillonnent foires et marchés depuis le XVIIe siècle, sacs remplis de la « Bibliothèque bleue » de Troyes. Ces petits livrets bleus, format 12×7 cm, voyagent de main en main, lus à voix haute lors des veillées familiales. Romans de chevalerie, vies de saints, contes, almanachs, recettes, calendriers astrologiques : tout y passe, pour un public rural et modeste. Troyes, capitale du papier, produit massivement ces 4500 titres qui préfigurent les best-sellers de poche actuels.

Une qualité brute, un charme authentique

Mais avouons-le, la qualité de ces trésors bleus laisse à désirer – et c’est ce qui les rend si vivants ! Papier grossier et fin, encre irrégulière, caractères usés qui sèment coquilles typographiques à foison. Les illustrations ? Des bois gravés recyclés, souvent décalés du texte, patinés par l’usure. Reliure simple sous couverture bleue en papier à sucre, pagination approximative… Les textes, eux, sont des résumés hâtifs d’œuvres classiques, bourrés de fautes. Pourtant, leur magie opère : éphémères par nature, ils survivent grâce à des rééditions infinies, touchant des générations entières par leur simplicité irrésistible.

Quelques idées de lecture

La collection démarre en 1953 avec « Koenigsmark  » de Pierre Benoit. Il reste toujours disponible. En 2012, il fait l’objet d’une nouvelle publication en édition « de luxe » rabats à l’occasion du cinquantenaire Pierre Benoit. – rtbf.be

Numéro 1000 de la collection Livre de Poche, « Le Grand Meaulnes » d’Alain-Fournier est l’ouvrage le plus vendu avec plus de cinq millions d’exemplaires écoulés. – rtbf.be

La couverture du livre « La Chatte » de Colette est un dessin original de l’artiste Leonor Fini pour l’édition de poche. – rtbf.be

« Le silence de la mer » de Vercors, premier titre à avoir été publié aux Éditions de Minuit, fait partie des meilleures ventes du Livre de Poche avec plus de 3 millions d’exemplaires écoulés. – rtbf.be

« L’arrache-coeur » de Boris Vian est le titre les plus vendu de l’auteur chez Livre de Poche. Écoulé à plus de 1,5 million d’exemplaires. – rtbf.be

Le roman « La Bête humaine » de Zola, best-seller de la collection, a été écoulé à plus de 1,5 million d’exemplaires. – rtbf.be


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