Dans les montagnes de Suède et de Norvège, une voix féminine s’élève parfois très haut dans le silence. Elle traverse les vallées, résonne contre les parois rocheuses et semble appeler quelque chose d’ancien. C’est le kulning, un chant traditionnel scandinave.
Autrefois, les bergères utilisent le kulning pour rassembler leurs vaches et leurs chèvres lorsque le troupeau se disperse dans les pâturages d’été. La voix monte, se déploie sans paroles et porte sur de grandes distances. Chaque note agit comme un signal : les animaux reconnaissent la mélodie et reviennent vers le chalet.
Le kulning ne raconte pas une histoire. Il repose sur des syllabes vocaliques, des motifs répétés et des mélodies très aiguës, chantées en voix de tête. Cette technique permet au son de voyager loin, bien au-delà d’un simple appel. Il sert aussi à communiquer entre bergers et bergères, parfois à travers des forêts ou des vallées entières.
Aujourd’hui, le kulning reste vivant. Il apparaît dans des concerts, des créations folkloriques et des recherches vocales contemporaines. Plus qu’une curiosité sonore, il incarne un lien ancien entre les humains, animaux et paysage. Quand on l’écoute, on imagine aussitôt un paysage de montagne, un soir d’été et un troupeau qui s’avance lentement vers une voix envoutante.