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ACCIDENT NUCLÉAIRE À THREE MILE ISLAND 📆 28 mars 1979

Le 28 mars 1979, à 4h00, la centrale nucléaire de Three Mile Island (Pennsylvanie, États-Unis) subit le plus grave accident nucléaire de l’histoire américaine. Une panne mécanique combinée à des erreurs humaines provoque une fusion partielle du cœur du réacteur TMI-2. L’événement est classé au niveau 5 sur l’échelle INES.

L’accident débute par une défaillance des pompes d’alimentation en eau du circuit secondaire. Une valve de décharge du pressuriseur reste bloquée en position ouverte, entraînant une fuite d’eau du circuit primaire. Les opérateurs, trompés par un indicateur mal conçu, ne détectent pas la panne pendant 8 minutes critiques. La température du réacteur grimpe à 2 300 °C, provoquant la fusion de 45 % du combustible nucléaire et la formation d’un corium. À 9h50, une explosion d’hydrogène se produit dans l’enceinte de confinement, mais celle-ci résiste sans dommage structurel.

Les autorités recommandent l’évacuation des femmes enceintes et des enfants dans un rayon de 8 km, déclenchant le départ précipité de 200 000 personnes. Les rejets radioactifs restent limités grâce à l’enceinte de confinement, avec une exposition moyenne de 0,01 mSv pour la population environnante. Aucun décès ni effet sanitaire direct n’est recensé, mais la psychose s’installe en raison des informations contradictoires diffusées par les autorités.

Qu’est-ce que l’échelle INES ?

L’échelle INES classe les incidents nucléaires de 0 à 7 :

NiveauTypeDescriptionExemples
0ÉcartAucun impact sur la sûretéMaintenance courante
1AnomalieProblème mineur sans conséquenceDysfonctionnement d’un capteur
2IncidentDéfaillance de sûreté sans rejet significatifContamination localisée
3Incident graveAccident évité de justesse, exposition d’un travailleurFuite radioactive mineure
4AccidentRejet mineur hors site, fusion partielle du cœurSaint-Laurent-des-Eaux (1980)
5AccidentRejet limité nécessitant des mesures localesThree Mile Island (1979),
Goiânia (1987)
6Accident graveRejet important avec effets à long termeKychtym (1957)
7CatastropheRejet majeur avec impacts transfrontaliersTchernobyl (1986), Fukushima (2011)

Source : ASN, IRSN, AIEA

À quoi servent les pastilles d’iode distribuées près des centrales nucléaires ?

Les comprimés d’iode stable protègent exclusivement la thyroïde en cas de rejets d’iode radioactif (comme l’iode-131). En saturant la glande, ils empêchent la fixation des isotopes radioactifs, réduisant jusqu’à 90 % le risque de cancer. Leur prise doit être strictement encadrée : idéalement 2h avant ou juste après l’exposition. Distribuées dans un rayon de 10 à 20 km autour des centrales, elles sont prioritaires pour les enfants et femmes enceintes.
À noter : Ne jamais prendre d’iode sans instruction officielle (risque d’inefficacité ou effets secondaires). Les consignes sont diffusées via AlertSwiss, l’ASN, ou les médias locaux.

Que devient Three Mile Island ?

Le réacteur accidenté TMI-2 est définitivement arrêté. Son cœur endommagé est décontaminé entre 1988 et 1993, mais des déchets radioactifs restent stockés sur site. Le réacteur TMI-1, indemne, fonctionne jusqu’en 2019 avant une fermeture économique. Le démantèlement complet du site, prévu pour 2074, coûte plus de 1 milliard de dollars.

Microsoft s’associe à Constellation Energy en 2024 pour relancer TMI-1 dès 2028. Objectif : alimenter ses data centers dédiés à l’IA avec 837 MW d’électricité bas carbone via un contrat de 20 ans. Ce projet de 1,6 milliard de dollars crée 3 400 emplois, mais suscite des critiques. Des associations comme « Three Mile Island Alert » dénoncent des risques résiduels et des subventions publiques indirectes.

Et en France ?

La France a connu deux accidents de niveau 4 sur l’échelle INES à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) :

– En 1969 : fusion de 50 kg d’uranium dans le réacteur A1 (technologie UNGG)

– En 1980 : fusion partielle du cœur du réacteur A2 avec rejets limités de plutonium dans la Loire

Aucun accident de niveau supérieur n’a été recensé sur les réacteurs actuels (REP). Les autres incidents français sont classés au maximum au niveau 3.