Un feux zombie provient d’un incendie qui semble éteint en surface mais continue de brûler en sous-sol, parfois pendant des semaines, des mois, voire davantage. Le nom est imagé : comme un zombie, le feu paraît mort, puis il « revient » à la vie lorsque les conditions redeviennent favorables. Ce phénomène se développe surtout dans des sols riches en matière organique, comme la tourbe, les racines ou certaines couches de végétaux enfouis. La matière végétale accumulée, pauvre en eau et riche en carbone, peut alors se consumer lentement, presque sans flamme visible. Le danger vient de sa discrétion. En surface, tout peut sembler terminé, mais la chaleur reste prisonnière du sol et peut rallumer un foyer dès qu’un vent, une sécheresse ou une remontée de température intervient.
L’été 2022 en Gironde illustre bien la difficulté de lutter contre ces foyers persistants. Les grands incendies ravagent alors des milliers d’hectares dans le massif des Landes de Gascogne, notamment autour de La Teste-de-Buch et de Landiras. Après l’extinction apparente de certains secteurs, des reprises se font ici et là montrant ainsi qu’une partie du feu survit en profondeur. Les pompiers doivent intervenir au-delà de la lutte classique en surface – pendant près de trois mois -, en creusant profondément pour atteindre les zones encore chaudes et empêcher le feu de repartir. Ce phénomène longtemps associé aux régions boréales – notamment la Sibérie -, est désormais observé aussi dans des sols français très sensibles à la sécheresse. Il est à noter enfin, que ce feu, déclenché à la mi-2022, éteint officiellement début 2023, perdure tout de même en sous-sol jusqu’en mars 2025 alimenté par du lignite qui y est présent.