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COMMENT NOME FUT SAUVÉE GRÂCE AU CHIEN BALTO 📆 21 février 1925

Le 21 février 1925, la ville de Nome, en Alaska, sort enfin d’une quarantaine oppressante après trois semaines de lutte acharnée contre une épidémie de diphtérie. Cette date marque le triomphe d’un exploit légendaire : le relais héroïque des mushers et de leurs chiens de traîneau qui sauve la communauté isolée.

Epidémie de diphtérie en Alaska

En ce glacial hiver 1925, la petite ville isolée de Nome, en Alaska, au bord du détroit de Norton, affronte une épidémie fulgurante de diphtérie qui décime ses habitants, particulièrement vulnérables parmi les enfants inuits et les familles de mineurs.

Le docteur Curtis Welch, unique médecin sur place, diagnostique les premiers cas fin janvier et impose immédiatement une quarantaine stricte : écoles et lieux publics ferment, tout déplacement est prohibé, les malades s’isolent dans des cabanes improvisées, tandis que les ressources alimentaires – poisson séché, farine et viande – se rationnent parcimonieusement pour tenir l’hiver arctique.

La communauté, comptant environ 3 000 âmes mêlant Inuits et Blancs, coopère dans une angoisse palpable, organisant des enterrements discrets pour les 5 à 7 premières victimes et surveillant chaque toux suspecte, alors que des tempêtes de neige impitoyables et des températures descendant à -50 °C bloquent avions, trains et bateaux, isolant totalement Nome du reste du monde.

La course héroïque au sérum

Les autorités fédérales et territoriales lancent alors un relais désespéré et inédit : 20 mushers expérimentés et leurs attelages de 150 chiens de traîneau, principalement des huskies sibériens, se passent le bâton – ou plutôt la boîte isotherme contenant 300 000 unités de sérum antitoxique – sur les 1 085 kilomètres sinueux de Nenana à Nome, brisant tous les records de vitesse en hiver.

Leonhard Seppala, légende locale, et son intrépidable chien de tête Togo, accomplissent le tronçon le plus périlleux de 90 miles (145 km) à travers le détroit de Norton gelé, affrontant vents hurlants et glace instable qui menace de se briser sous leurs pattes.

Finalement, le 2 février à 5 h 30 du matin, Gunnar Kaasen et son husky noir et blanc Balto, émergent du blizzard aveuglant après 85 km acharnés sans une pause : le sérum arrive intact au Dr Welch, qui l’administre sur-le-champ aux malades, stoppant net la progression mortelle de la diphtérie.

Jusqu’au 21 février, Nome végète toujours sous quarantaine : le sérum fraîchement arrivé sauve les patients les plus touchés avec des doses complètes, mais la peur d’une recrudescence plane, amplifiée par les réserves alimentaires épuisées, l’eau rare fondue à la main et l’isolement arctique qui interdit tout ravitaillement.

La communauté inuite et blanche fait preuve d’une solidarité exemplaire, maintenant une hygiène précaire avec gargarismes au whisky et au jus de citron, rationnant le bois de chauffage pour les poêles et veillant jour et nuit sur les enfants, évitant ainsi une hécatombe qui aurait pu décimer la moitié de la population sans ces mesures draconiennes et l’arrivée providentielle du sérum.

Balto entre dans la légende

Le 21 février 1925, les autorités lèvent enfin la quarantaine après trois semaines de tension extrême : Nome respire librement, l’épidémie est officiellement vaincue avec seulement une poignée de décès supplémentaires, et l’exploit collectif des mushers et de leurs chiens de traîneau entre dans la légende comme un triomphe de l’endurance humaine et animale.

Balto explose aussitôt en héros national grâce à une presse enthousiaste qui titre sur ses yeux perçants guidant l’attelage dans l’obscurité ; Gunnar Kaasen l’embarque pour une tournée triomphale à travers 67 villes américaines en 1925, avec parades bondées, films documentaires muets et produits dérivés comme jouets et cartes postales. Une statue de bronze imposante, œuvre de Frederick Roth et gravée « Endurance – Fidélité – Intelligence », s’inaugure le 15 décembre 1925 à Central Park à New York, premier monument dédié à un chien dans la ville ; malgré des spectacles de vaudeville indignes en 1926, une campagne de fonds lancée par le Cleveland Plain Dealer rachète Balto en 1927 pour ses vieux jours au zoo de Cleveland jusqu’à sa mort en 1933 à 14 ans, naturalisé ensuite au musée d’Histoire naturelle.

Son héritage perdure avec la course annuelle Iditarod depuis 1973, un film d’animation Balto en 1995 et des études ADN en 2023 révélant son génome husky exceptionnel.


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