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« HOUSTON, WE’VE HAD A PROBLEM » 📆 11 avril 1970

Le 11 avril 1970, la NASA lance la mission Apollo 13 depuis Cap Kennedy en Floride. À bord du module de commande Odyssey et du module lunaire Aquarius, l’équipage composé de Jim Lovell, Fred Haise et Jack Swigert décolle à bord de la fusée Saturn V pour une mission vers la Lune. L’objectif est l’alunissage près de la formation Fra Mauro, une région riche en éjectas de l’impact ayant formé la Mare Imbrium.

Objectif scientifique ambitieux

La formation Fra Mauro représente un intérêt géologique majeur, car elle expose des matériaux profonds de la croûte lunaire projetés par un impact vieux de 4 milliards d’années, remontant aux origines du système solaire. L’équipage prévoit de collecter une grande variété de roches, de forer jusqu’à 3 mètres de profondeur avec un carottage innovant et d’explorer plusieurs cratères secondaires pour analyser la pétrologie, dater précisément les formations primitives et valider des théories sur les bombardements météoritiques précoces qui ont marqué les premiers âges de la Lune. Cette mission teste également des équipements avancés, comme le modular equipment stowage assembly (ALSEP), destinés aux futures explorations lunaires et à une meilleure compréhension de l’histoire planétaire.

Crise soudaine en vol

Au lancement, un moteur du second étage de la Saturn V s’éteint prématurément, obligeant les quatre autres à compenser pour atteindre l’orbite terrestre, ce qui réussit malgré des vibrations inhabituelles. Cinquante-six heures après le décollage, alors que l’équipage active les cryostats d’oxygène, une explosion violente secoue le vaisseau : un réservoir d’oxygène du module de service no 2 éclate, probablement à cause d’un défaut de conception et d’une surchauffe lors des tests. Cela prive instantanément l’équipage d’électricité, d’eau et d’oxygène produits par les piles à combustible, endommage l’antenne grand gain principale, les conduites d’oxygène restantes et plusieurs propulseurs, forçant les astronautes à se réfugier d’urgence dans le module lunaire Aquarius, utilisé comme canot de sauvetage provisoire.

Solutions improvisées

Dès l’explosion, Houston et l’équipage éteignent tous les équipements non essentiels pour économiser les précieuses réserves d’énergie et d’oxygène. Des corrections de trajectoire précises, réalisées avec les propulseurs du module lunaire Aquarius et guidées par des relevés visuels de la Terre et de la Lune, ajustent la trajectoire pour un « retour libre » autour de la Lune, évitant un atterrissage impossible. Le niveau de CO₂ monte dangereusement dans l’étroit Aquarius ; les ingénieurs au sol conçoivent en quelques heures une « mailbox » ingénieuse en adaptant les filtres carrés du module de commande aux connexions rondes du LM à l’aide de ruban adhésif, de sacs plastiques et même de chaussettes, une solution testée frénétiquement au sol avant envoi des instructions. Parallèlement, le froid glacial descendant à 6 °C, la pénurie critique d’eau et l’électricité limitée imposent des rations draconiennes : les astronautes boivent peu, dorment emmitouflés et limitent les systèmes vitaux pour préserver les batteries jusqu’au retour.

Retour triomphal sur Terre

Deux manœuvres critiques et précises avec les propulseurs d’Aquarius accélèrent le retour vers une trajectoire terrestre sûre, économisant ainsi les ressources épuisées. À environ 24 heures de la Terre, l’équipage quitte le module lunaire Aquarius, largue le module de service gravement endommagé – révélant un panneau latéral arraché et des réservoirs déchiquetés – puis réactive minutieusement le module de commande Odyssey, réchauffant les systèmes et vérifiant les batteries avec une précision chirurgicale pour éviter toute surcharge. Le bouclier thermique, miraculeusement intact, résiste aux températures extrêmes de la rentrée atmosphérique à 11 km/s, malgré quelques inquiétudes sur l’angle d’attaque ; les parachutes se déploient parfaitement, et l’amerrissage réussit le 17 avril 1970 dans le Pacifique, à 21h08 UTC. L’USS Iwo Jima récupère rapidement les astronautes, épuisés mais en pleine santé, marquant un triomphe de l’ingéniosité humaine face à l’adversité spatiale.