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AUCUNE NOUVELLE DE LA COLONIE PERDUE DE ROANOKE 📆 18 août 1590

Le 18 août 1590, John White pose enfin le pied sur l’île de Roanoke, au large de la côte de l’actuelle Caroline du Nord. Après trois longues années d’attente, de guerres et de retards, il revient chercher les 115 à 118 colons qu’il a laissés là en 1587, dont sa fille Eleanor et sa petite-fille Virginia. Mais le fort est désert, les maisons abandonnées, et seul un mot gravé sur un poteau subsiste : « Croatoan ». Depuis ce jour, plus aucune nouvelle de la colonie.

Cette première née en Amérique

En 1587, John White, nommé gouverneur par Sir Walter Raleigh, débarque à Roanoke avec un groupe de colons anglais, hommes, femmes et enfants, dans l’espoir de fonder la première colonie permanente anglaise en Amérique du Nord. Quelques semaines plus tard, il repart pour l’Angleterre afin de rapporter des vivres et du renfort, mais la guerre contre l’Espagne bloque les navires et retarde son retour.

Pendant son absence, un événement marque l’histoire : le 18 août 1587, Eleanor Dare, fille de John White, donne naissance à une petite fille prénommée Virginia, en hommage à la « Virginie », nom donné à la région en l’honneur de la reine Élisabeth Ire, la « reine vierge ». Virginia Dare devient ainsi le premier enfant d’origine anglaise né et baptisé sur le continent nord-américain, un fait simple mais hautement symbolique.

Le retour qui ouvre un mystère

Lorsque John White revient enfin le 18 août 1590, jour du troisième anniversaire de Virginia, il ne trouve plus aucun colon. Le fort et certaines maisons sont démontés ou abandonnés, des malles ont été déterrées et pillées, mais aucun corps, aucun signe évident de combat n’apparaît. Deux indices seulement : le mot « Croatoan » gravé sur un poteau de la palissade, et les lettres « CRO » sur un arbre.

Avant son départ, White avait convenu avec les colons qu’en cas de déplacement ils indiqueraient leur destination, et qu’ils ajouteraient une croix de Malte s’ils étaient forcés de partir sous la contrainte. Aucune croix n’est trouvée, ce qui le pousse à penser qu’ils sont partis volontairement, probablement vers l’île de Croatoan (aujourd’hui Hatteras), à environ 80 km au sud, où vit une tribu amie. Une tempête contraint cependant les navires à faire demi-tour, et White doit renoncer à poursuivre les recherches sur place. Il retourne en Angleterre en octobre 1590, sans avoir retrouvé les siens.

Ce que l’on sait aujourd’hui

Aujourd’hui, aucun site de « colonie perdue » intact n’a été retrouvé sur l’île de Roanoke elle-même : pas de fort, pas d’habitat clairement élisabéthain, pas de cimetière identifié. En revanche, des artefacts européens de la fin du XVIᵉ siècle ont été découverts sur deux types de sites : sur l’île de Hatteras (ex-Croatoan), et plus à l’intérieur des terres, dans l’actuel comté de Bertie, sur des lieux surnommés « site X » puis « site Y ».

L’hypothèse dominante parmi les historiens et archéologues est celle d’une intégration progressive des colons aux populations amérindiennes. À court de vivres et isolés, ils auraient quitté Roanoke pour rejoindre d’abord les Croatoans sur Hatteras, puis éventuellement d’autres groupes plus à l’intérieur. Des objets typiquement européens (poteries anglaises, fragments de tablettes en ardoise, poignée d’épée, bols cassés, etc.) retrouvés mélangés à des vestiges amérindiens suggèrent une cohabitation et non un simple pillage ponctuel.

Depuis le retour de John White en 1590, aucune nouvelle certaine de la colonie perdue de Roanoke n’est jamais parvenue. Les fouilles, les théories et les légendes se multiplient, mais le destin exact des colons, et celui de Virginia Dare, reste l’un des grands mystères de l’histoire américaine.



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