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Cholet, terre du blanc

À Cholet, le linge est longtemps blanchi de manière entièrement naturelle : les toiles de lin ou de chanvre, une fois tissées, sont d’abord lessivées avec des lessives à base de cendres ou de lait aigri, puis abondamment rincées. Ensuite, on les étend sur de vastes prairies humides autour des blanchisseries, où l’eau, l’air, l’herbe et le soleil travaillent ensemble pendant des semaines, parfois jusqu’à six mois, pour faire « virer au blanc » les fibres.

Avec l’industrialisation au XIXᵉ siècle, Cholet se couvre de grandes blanchisseries comme la Rivière Sauvageau ou la Godinière, installées près de l’eau et entourées d’hectares de prés d’étendage. Le blanchiment combine alors bains successifs en cuves (pour dégraisser, décrasser, éclaircir) et séchage sur pré, avant que des salles chauffées et ventilées ne prennent progressivement le relais pour accélérer le séchage.

Ce travail demande une surveillance constante : il faut retourner les toiles, surveiller la météo, éviter les vols – au point que des chiens de garde sont parfois postés le long des prés blanchis, détail qui dit bien la valeur de ce beau linge. Cette exigence de temps, d’espace et de soin donne au « blanc de Cholet » sa réputation, au point qu’un ancien site de blanchiment est devenu aujourd’hui le Musée du textile et de la mode, mémoire vivante de ce savoir-faire.