Peintre métropolitain (actif aux VIIe et VIIIe siècles de notre ère)
Guatemala ou Mexique, Mésoamérique
Musée du MET (Domaine public)
Ce vase cylindrique, attribué au «Maître Métropolitain» (VIIe–VIIIe siècle), est considéré comme l’un des plus beaux portraits divins de l’art maya classique. Il met en scène le jeune dieu de la pluie, Chahk, en plein combat rituel avec un esprit-montagne, tandis qu’un bébé jaguar surnaturel naît au sommet d’une montagne mythique.
Chahk, très humain dans son profil et ses articulations soignées, lève le pied gauche, tend la jambe droite et brandit une hache de pierre. Son costume évoque l’eau: écailles sous les jambes, pagne aux plis rappelant une queue de poisson, collier unique avec pendentifs en forme d’yeux et pectoral en jarre renversée marquée du glyphe des ténèbres. Face à lui, une créature agnathe (sans mâchoire inférieure), interprétée comme un witz (esprit de montagne), montre une paupière emplumée de crocodilien et une dent acérée.
Au sommet de la montagne zoomorphe repose un bébé jaguar surnaturel, reconnaissable à son œil carré (symbole divin), sa mâchoire proéminente et sa dent pointue, signes qu’il est l’égal de Chahk et du dieu soleil. Presque à son contact, un dieu de la mort squelettique, aux yeux exorbités et au ventre distendu, danse comme pour s’emparer de l’enfant ou du texte flottant au-dessus de lui. Il est accompagné d’une luciole cyclope (œil central = glyphe ak’b’al, ténèbres) tenant un cigare/torche, et d’un chien espiègle aux oreilles et queue tachetées.
Le thème central est l’interaction nécessaire entre les pluies bienfaisantes et la mort putréfiante: la pluie tombe sur des restes en décomposition, et la vie renaît sur le sol fertilisé, symbolisée par la naissance du bébé jaguar. Chahk émerge d’une grotte (souffle chaud créant nuages et pluie) et célèbre cette naissance, tandis que la posture du dieu de la mort suggère que l’enfant a été arraché aux griffes de la mort.
Description provenant du MET