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CASQUE D’OR, LA BELLE DES APACHES, N’EST PLUS 📆 6 avril 1933

Amélie Élie, plus connue sous le nom de Casque d’Or, s’éteint le 6 avril 1933 à Bagnolet, à l’âge de 55 ans, après une longue maladie liée à la tuberculose. Née en 1878 à Orléans dans une famille modeste, elle laisse derrière elle une légende bien plus romanesque que l’existence discrète qu’elle mène dans ses dernières années, entre métiers de vendeuse de tissus et vie de ménage.

Casque d’Or est une jeune prostituée de Belleville à la chevelure blonde flamboyante, d’où lui vient son surnom. Elle fréquente les milieux de la pègre parisienne et devient l’enjeu de rivalités violentes entre deux chefs de bandes dites « apaches ». Ces bandes forment des groupes de jeunes délinquants des quartiers populaires de Paris, issus surtout des milieux défavorisés. Ils se reconnaissent à leurs surnoms, à leur langage argotique et à leur manière de se déplacer en bande, souvent armés et prêts à en découdre. Leur réputation repose sur des scènes de tapage nocturne, des agressions, des vols à l’arrachée et des combats de rue qui alimentent la peur comme la fascination de l’époque.

Manda, nom de guerre de Joseph Pleigneur, est le chef de la bande des Orteaux, actif dans le quartier de Belleville. Il se pose en souteneur et homme de main de Casque d’Or, qui partage un temps sa vie errante parmi les bas-fonds. Fou de jalousie lorsqu’elle quitte son clan, il cherche à la récupérer par tous les moyens, jusqu’à provoquer un affrontement sanglant avec son rival.

Un autre Apache, chef de la bande de Popincourt, s’appelle François Leca, dit Lecca ou le Corse. Il séduit Casque d’Or après qu’elle s’est détachée de Manda, ce qui déclenche une véritable guerre entre leurs deux bandes. Leurs confrontations, ponctuées de coups de couteau et de décharges de revolver, deviennent un feuilleton criminel médiatisé dans la presse parisienne.

La rivalité entre Manda et Leca tourne autour de la possession de Casque d’Or, symbole de prestige et de pouvoir dans le microcosme de la pègre. Le conflit débouche sur un crime, un procès, puis sur la condamnation des deux chefs aux travaux forcés et leur déportation au bagne de Cayenne en Guyane française. Leur destin, lié à la belle aux cheveux d’or, nourrit la légende plus encore que la réalité judiciaire.

Après la condamnation de ses amants, Casque d’Or sort de la prostitution, se range et mène une vie discrète, si bien que la plupart des contemporains finissent par l’oublier. Ce n’est qu’avec le film Casque d’Or (1952), de Jacques Becker, que le nom de la prostituée de Belleville redevient central, relayé par la performance de Simone Signoret. La figure de Casque d’Or reste aujourd’hui une icône de la Belle Époque, à la croisée de la réalité criminelle, de la rumeur populaire et de la création cinématographique.



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