Lale Sokolov disparaît le 31 octobre 2006, longtemps après l’impensable des camps de concentration. Né Ludwig Eisenberg, le 28 octobre 1916, ce Juif slovaque arrive à Auschwitz-Birkenau en avril 1942, à l’âge de 26 ans. Dans l’enfer du camp, il devient le Tätowierer : celui qui tatoue les numéros d’identification sur les bras des déportés.
Lale tatoue des milliers de prisonniers. Chaque chiffre inscrit à l’encre noire devient un symbole durable de la Shoah, mais aussi, pour certains, la preuve qu’ils sont encore enregistrés comme force de travail — donc qu’ils ont une chance de survivre un jour de plus. Son rôle le place dans une position terrible : il obéit au système nazi pour rester en vie, tout en essayant d’aider les autres détenus. Cette ambiguïté le hante longtemps ; il garde son secret pendant des décennies, par peur d’être jugé comme un collaborateur.
Un jour, Lale tatoue une jeune femme nommée Gita Furman. Leur rencontre change tout : entre deux regards échangés dans le camp naît un amour qui résiste à la faim, à la peur et à la séparation. Après la guerre, Lale et Gita se retrouvent. Ils se marient en 1945, puis quittent l’Europe pour s’installer à Melbourne, en Australie. Ils y construisent une vie ensemble pendant 58 ans.
Pendant près de 60 ans, Lale ne parle presque pas de son passé. Après la mort de Gita en 2003, il décide de confier son histoire à Heather Morris, une écrivaine australienne. Pendant trois ans, elle l’écoute, recueille son témoignage et vérifie ses souvenirs. De ces rencontres naît Le Tatoueur d’Auschwitz, un roman qui fait connaître au monde entier l’histoire de Lale et Gita. L’œuvre relève de la fiction historique : elle s’appuie sur un témoignage réel, mais imagine aussi des scènes et des dialogues pour raconter leur relation.