Quand on parle d’une voiture de 90 ou 150 chevaux, on n’imagine pas un troupeau galopant dans le moteur. Pourtant, l’expression « chevaux-vapeur » vient bien d’une écurie… et d’un Écossais du XVIIIᵉ siècle.
À la fin des années 1770, l’ingénieur James Watt perfectionne la machine à vapeur. Pour convaincre les propriétaires de mines et de moulins de remplacer leurs chevaux par ses machines, il lui faut une comparaison parlante. Il observe donc des chevaux de trait au travail et définit une unité de puissance : le horsepower. Watt déduit par l’observation qu’un cheval de trait fait tourner une roue de moulin 144 fois par heure. Il estime alors que les chevaux sont capables de pousser 32 572 livres par pied par minute, ce qui fait environ 14 774,41 kilogrammes par mètre par minute. Il arrondi à 33000 livres-pieds soit 14 968,55 kg le mètre par minute. Quand le système métrique s’impose en Europe, cette idée est traduite en « cheval-vapeur » (ch) : 1 ch = puissance nécessaire pour soulever 75 kg d’un mètre en une seconde, soit environ 735,5 watts.
Le « cheval-vapeur » n’est donc pas la puissance réelle d’un cheval dans toutes les situations, mais une convention choisie par Watt pour faciliter la vente de ses machines. Même après la fin des machines à vapeur, l’unité est restée dans le langage courant, surtout pour les moteurs de voitures, de motos ou de tracteurs. Aujourd’hui, dire « 120 chevaux » est plus imagé que « 88 kilowatts », même si les constructeurs affichent de plus en plus les deux.