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Le Grand Guignol, théâtre de l’horreur

On connaît le Grand Guignol comme le temple parisien de l’horreur sur scène : un petit théâtre de Montmartre, installé dans une ancienne chapelle, qui de 1897 à 1962 a terrifié (et parfois fait rire) son public avec des pièces courtes, sanglantes et macabres. Meurtres, folie, vengeances et effets spéciaux « maison » y étaient servis à la chaîne, au point que certains spectateurs s’évanouissaient.

Moins connu : Londres a eu son propre Grand Guignol. Dès 1915, la troupe parisienne y fait une saison triomphale, puis, en 1920, un « London Grand Guignol » ouvre dans le West End, avec des traductions de pièces françaises et quelques créations locales. Mais au Royaume-Uni, la censure du Lord Chamberlain veille : textes interdits, scènes édulcorées, et le théâtre ferme en 1922, après deux ans seulement.

Aujourd’hui, « grand-guignolesque » est entré dans la langue pour désigner toute situation où l’horreur, le melodrame ou la violence sont poussés à l’outrance. Le bâtiment parisien, lui, abrite désormais un théâtre de marionnettes visuelles, loin du sang et des cris d’antan.