Le champagne porte aujourd’hui l’image de la fête et du luxe, mais il commence par effrayer ceux qui le produisent. Au XVIIe siècle, ses bulles restent mal comprises : la fermentation démarre dans les bouteilles, la pression augmente, les verres éclatent et les bouchons sautent sans prévenir. Les vignerons attribuent ces explosions au diable ; le champagne reçoit alors le surnom de « vin du diable », parfois aussi celui de « saute-bouchon ».
Pourtant, ce défaut devient peu à peu sa signature. Les artisans renforcent les bouteilles, améliorent les bouchons et apprennent à maîtriser la seconde fermentation. Les bulles, d’abord redoutées, deviennent recherchées.
Le champagne doit ensuite son prestige à Reims, ville traditionnelle des sacres des rois de France. Servi lors des cérémonies et des banquets royaux, il s’associe au pouvoir et au faste de la cour. Louis XIV et la cour l’apprécient, malgré une rude concurrence avec les vins de Bourgogne. Le sacre de Louis XV, en 1722, marque un tournant : le jeune roi est fêté au champagne mousseux.
De boisson suspecte à symbole de célébration, le champagne devient alors ce que l’on nomme encore « le roi des vins et le vin des rois ».