L’effet Laffer désigne une idée simple : au-delà d’un certain niveau de pression fiscale, une hausse des impôts peut faire baisser les recettes de l’État. Cette relation est illustrée par la courbe de Laffer, popularisée par l’économiste américain Arthur Laffer (1940- ).
Le raisonnement part de deux extrêmes. Avec un taux d’imposition de 0%, l’État ne perçoit évidemment rien. Avec un taux de 100%, il ne perçoit presque rien non plus, car personne n’a d’intérêt à travailler, investir ou déclarer ses revenus si la totalité du gain revient à l’État.
Entre ces deux cas, la courbe forme une « cloche » : les recettes augmentent d’abord avec le taux d’imposition, atteignent un maximum, puis diminuent. Passé ce point, une hausse du taux décourage le travail, l’investissement, la production déclarée ou incite à l’évasion fiscale. L’assiette imposable se réduit alors plus vite que le taux n’augmente.
L’effet Laffer ne dit donc pas que toute baisse d’impôt enrichit automatiquement l’État. Il souligne seulement qu’il existe, en théorie, un taux au-delà duquel l’impôt devient contre-productif. Le débat porte précisément sur la position de ce seuil : il varie selon l’impôt, le pays et les comportements économiques, et il reste difficile à déterminer avec certitude.