Dans un théâtre, prononcer le titre Macbeth reste souvent un tabou. Les comédiens préfèrent parler de « la pièce écossaise », de peur d’attirer la malchance sur le spectacle.
La pièce de Shakespeare est réputée maudite : accidents, blessures, maladies ou échecs publics seraient susceptibles de suivre sa simple évocation. La légende raconte notamment qu’un acteur interprétant Lady Macbeth serait mort avant la première – avant 1660 en Angleterre, les femmes ne sont pas autorisées à monter sur scène -, forçant Shakespeare à reprendre lui-même le rôle.
L’explication la plus plausible est moins mystérieuse. Macbeth comporte de nombreuses scènes de bataille et de duels, donc davantage de risques réels sur scène. De plus, la pièce, très populaire mais coûteuse, est souvent montée par des théâtres en difficulté : échecs financiers, répétitions bâclées, incidents et accidents finissent par s’accumuler dans la mémoire collective.
Quand quelqu’un prononce malgré tout le mot interdit, la tradition impose un petit rituel : sortir du théâtre, tourner trois fois sur soi-même, cracher ou prononcer une malédiction, puis frapper à la porte pour être réadmis. Les variantes varient selon les troupes.