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Une geisha est-elle une prostituée ?

Non. Hier comme aujourd’hui, la geisha n’est pas une prostituée : c’est une artiste et une maîtresse de réception. La confusion est ancienne, mais elle repose sur un contresens — renforcé par le cinéma, les romans et une certaine imagerie occidentale.

La geisha apprend pendant des années la danse traditionnelle, la musique, le chant, la conversation et les codes de l’hospitalité japonaise. Son rôle consiste à divertir les clients lors de dîners, de fêtes ou de réceptions : elle anime la soirée, joue, chante, raconte, fait dialoguer les convives. Elle travaille dans les quartiers de plaisirs, mais elle n’y vend pas son corps. Au contraire, les maisons de geishas et les maisons closes sont historiquement des institutions distinctes.

À l’époque d’Edo (1603-1868), les quartiers de divertissement mêlent spectacles, restaurants, maisons de thé et prostitution. Certains clients, ou certains observateurs étrangers, confondent donc ces mondes voisins mais séparés. L’image se fixe ensuite en Occident, notamment à travers des récits et des films qui réduisent la geisha à une figure érotique. Il existe aussi une exception historique : l’onsen geisha, liée aux stations thermales, dont certaines se livrent parfois à la prostitution. Mais ce cas reste marginal et ne définit pas la profession.

De nos jours, devenir geisha — ou geiko à Kyoto — demeure un métier exigeant, fondé sur un long apprentissage artistique et sur la maîtrise des traditions. Les geishas travaillent dans des ochaya, maisons de thé où l’on réserve leur présence pour une soirée de divertissement raffiné.