Le 15 avril 1998 sort en France Le Dîner de cons, adaptation cinématographique signée Francis Veber de sa propre pièce de théâtre triomphante. Porté par Jacques Villeret et Thierry Lhermitte, ce film culte attire 9,25 millions de spectateurs dans l’Hexagone et cumule plus de 12 millions d’entrées mondiales, remportant trois César dont celui du meilleur acteur.
Triomphe théâtral et cinéma
La pièce Le Dîner de cons connaît un triomphe immédiat dès sa création en septembre 1993 au Théâtre des Variétés, avec Jacques Villeret et Claude Brasseur qui totalisent plus de 600 à 900 représentations sur trois saisons. Ce succès théâtral propulse l’œuvre vers une adaptation cinématographique par Francis Veber.
Sorti le 15 avril 1998 en France, le film attire 9,25 millions de spectateurs dans l’Hexagone, devient le 4e plus gros succès de la décennie 1990 et l’un des plus grands triomphes de Veber. À l’international, il cumule plus de 12 millions d’entrées mondiales, s’exporte dans plus de 20 pays et inspire des remakes comme Bheja Fry en Inde.
Nommé 6 fois aux César en 1999, il remporte trois prix : meilleur acteur pour Jacques Villeret, meilleur acteur dans un second rôle pour Daniel Prévost, et meilleur scénario pour Francis Veber, plus deux Lumières pour l’acteur et le scénario.
Origines et anecdotes
Les dîners de cons existent bel et bien. Ces repas remontent aux années 1920 avec les surréalistes, initiés par André Breton, où l’on invite quelqu’un à discourir sans fin sur un sujet absurde pour s’en amuser.
Dans les années 1980, ils se tiennent au restaurant Chez Castel à Paris, avec des personnalités comme Jacques Martin qui cherche un « con de secours » – un réalisateur de télé bête, déjà pris par un autre invité. Francis Veber lui-même se fait piéger lors d’un dîner où il parle sans fin de scénarios, se demandant après coup s’il ne fut pas le con de la table. Claude Brasseur, qui joue Brochant à la scène, se fait inviter sans le savoir par ses amis pendant sa période Paris-Dakar, ne décrochant plus du sujet. Jacques Martin pratique ce type de soirée mais de l’autre bord ; son « con » tombe malade, menant à des recherches comiques de remplaçants.
Ces mésaventures des années 1980, mêlant célébrités et quiproquos savoureux, cristallisent l’idée chez Veber : inviter un innocent passionné pour un dîner où il monologue, pendant que les autres s’amusent en secret. Ces histoires vraies, partagées dans les milieux parisiens branchés, nourrissent directement le scénario de la pièce créée en 1993.
Et vous ?
Vous êtes invité à une soirée. Pendant le repas, vous parlez sans interruption d’un sujet passionnant pour vous (comme des maquettes d’allumettes ou un hobby absurde), tandis que les autres échangent des regards complices sans intervenir ; les convives posent des questions encourageantes pour vous relancer, mais ne partagent rien de personnel, se contentant d’acquiescer poliment ; l’ambiance semble amicale au départ, mais vous êtes le seul à monopoliser la parole, sans que personne ne change de sujet. Le repas se termine abruptement sans proposition de se revoir, laissant un sentiment de malaise diffus. Après coup, absolument personne ne vous recontacte… demandez-vous sérieusement si vous n’avez pas été convié à un dîner de cons 😉