BONJOUR
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A la une,
QUAND LES CHARS ÉCRASAIENT LA LIBERTÉ À BUDAPEST 📆 4 novembre 1956
IL Y A 300 ANS, LES ATTESTATIONS DE DÉPLACEMENT EXISTAIENT DÉJÀ 📆 4 novembre 1720
Aujourd’hui, l’éphéméride
Toutes les heures, l’oeuvre du jour, quelques connaissances, un peu d’humour, un instant de vie, à la maison et au jardin, un peu de lecture
Au fil de la journée, un peu de ciel bleu
Sans oublier d’activer vos méninges
Les célébrations notables
Bonne fête aux Charles
Jour de l'endive le 14 brumaire
Les évènements notables
2008 - Election de Barack Obama à la présidence des États-Unis
Le 4 novembre 2008, Barack Obama devient le 44ᵉ président des États-Unis et le premier Afro-Américain à accéder à la Maison-Blanche. Sa campagne, axée sur l’espoir et le changement, mobilise massivement l’électorat. Son élection marque un moment symbolique dans l’histoire américaine. Il affrontera la crise financière et entamera des réformes majeures, dont l’Affordable Care Act.
1984 - Ouverture d'antenne de Canal+, 1ère chaîne de télévision à péage en France
Le 4 novembre 1984, Canal+ inaugure en France la télévision cryptée par abonnement. La chaîne diffuse cinéma, sports et programmes originaux, bouleversant le paysage audiovisuel. Son modèle financier permet des productions ambitieuses. Canal+ deviendra un acteur majeur du cinéma européen et favorisera l’essor de séries françaises. L’arrivée du cryptage marque l’évolution vers la télévision à valeur ajoutée.
1980 - Election de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis
Le 4 novembre 1980, ancien gouverneur de Californie, Reagan remporte une large victoire contre Jimmy Carter. Sa présidence incarne un virage conservateur, avec baisse des impôts, dérégulation et fermeté envers l’URSS. Le “Reaganomics” influence durablement l’économie américaine. Son discours optimiste contribue à restaurer la confiance nationale dans un contexte de crise internationale.
1979 - Prise d'assaut de l'ambassade américaine à Téhéran
Le 4 novembre 1979, des étudiants islamistes envahissent l’ambassade et prennent 52 otages, dénonçant l’accueil du Shah par les États-Unis. La crise dure 444 jours et détériore profondément les relations irano-américaines. L’événement renforce la révolution islamique et affaiblit le président Carter. Il marque durablement la géopolitique du Moyen-Orient et l’image de l’Iran.
1956 - Entrée de l'armée soviétique dans Budapest
Le 4 novembre 1956, face à l’insurrection hongroise contre le régime communiste, l’URSS intervient massivement pour rétablir son contrôle. Les combats font des milliers de victimes et entraînent un exode important. L’écrasement du soulèvement confirme la domination soviétique sur l’Europe de l’Est. Cette répression choque l’opinion internationale et symbolise la dureté du bloc soviétique... lire l'article
1922 - Découverte du Tombeau de Toutânkhamon par Howard Carter
Le 4 novembre 1922, dans la Vallée des Rois, Howard Carter découvre la sépulture presque intacte de Toutânkhamon. Le trésor et l’état de conservation exceptionnels fascinent le monde. La découverte relance l’égyptologie moderne, malgré la mort ultérieure du financier Carnarvon, alimentant la légende de la “malédiction des pharaons”. Le tombeau devient l’un des symboles majeurs de l’Antiquité égyptienne.
1720 - Attestation de déplacement émise pendant l’épidémie de peste de 1720 en Provence
Le 4 novembre 1720, pour contenir la peste à Marseille et en Provence, les autorités instaurent des mesures de contrôle sévères. Les déplacements sont restreints et soumis à attestation, préfigurant des pratiques sanitaires modernes. Ces documents limitent la propagation du fléau. Malgré cela, l’épidémie fait des dizaines de milliers de morts, dernière grande peste en France métropolitaine... lire l'article
1429 - Victoire de Jeanne d'Arc, lors du siège de Saint-Pierre-le-Moûtier
Le 4 novembre 1429, Jeanne d’Arc mène une offensive contre les Bourguignons et obtient une victoire décisive. Malgré des effectifs réduits, elle galvanise les troupes françaises. Ce succès contribue à la reconquête du territoire durant la guerre de Cent Ans. L’exploit renforce sa légende guerrière et son influence auprès du roi Charles VII.
1380 - Charles VI est couronné roi de France
Le 4 novembre 1380, à Reims, Charles VI, âgé de 11 ans, accède au trône. Sa minorité entraîne une régence disputée entre oncles influents. Son règne sera marqué par de graves crises politiques et par ses troubles mentaux, plongeant le royaume dans les tensions entre Armagnacs et Bourguignons. Ces divisions affaibliront la France face à l’Angleterre durant la guerre de Cent Ans.
Les naissances et décès notables
1963 - Naissance de Nicolas Canteloup, humoriste et imitateur français
1940 - Naissance de Marlène Jobert, actrice puis conteuse française pour enfants
2018 - Décès de Jean-Jacques Bastian, résistant alsacien pendant la 2nde Guerre Mondiale
1982 - Décès de Jacques Tati, réalisateur et acteur français
L’œuvre du jour
Peintre métropolitain (actif aux VIIe et VIIIe siècles de notre ère)
Guatemala ou Mexique, Mésoamérique
Musée du MET (Domaine public)
Ce vase cylindrique, attribué au «Maître Métropolitain» (VIIe–VIIIe siècle), est considéré comme l’un des plus beaux portraits divins de l’art maya classique. Il met en scène le jeune dieu de la pluie, Chahk, en plein combat rituel avec un esprit-montagne, tandis qu’un bébé jaguar surnaturel naît au sommet d’une montagne mythique.
Chahk, très humain dans son profil et ses articulations soignées, lève le pied gauche, tend la jambe droite et brandit une hache de pierre. Son costume évoque l’eau: écailles sous les jambes, pagne aux plis rappelant une queue de poisson, collier unique avec pendentifs en forme d’yeux et pectoral en jarre renversée marquée du glyphe des ténèbres. Face à lui, une créature agnathe (sans mâchoire inférieure), interprétée comme un witz (esprit de montagne), montre une paupière emplumée de crocodilien et une dent acérée.
Au sommet de la montagne zoomorphe repose un bébé jaguar surnaturel, reconnaissable à son œil carré (symbole divin), sa mâchoire proéminente et sa dent pointue, signes qu’il est l’égal de Chahk et du dieu soleil. Presque à son contact, un dieu de la mort squelettique, aux yeux exorbités et au ventre distendu, danse comme pour s’emparer de l’enfant ou du texte flottant au-dessus de lui. Il est accompagné d’une luciole cyclope (œil central = glyphe ak’b’al, ténèbres) tenant un cigare/torche, et d’un chien espiègle aux oreilles et queue tachetées.
Le thème central est l’interaction nécessaire entre les pluies bienfaisantes et la mort putréfiante: la pluie tombe sur des restes en décomposition, et la vie renaît sur le sol fertilisé, symbolisée par la naissance du bébé jaguar. Chahk émerge d’une grotte (souffle chaud créant nuages et pluie) et célèbre cette naissance, tandis que la posture du dieu de la mort suggère que l’enfant a été arraché aux griffes de la mort.
Description provenant du MET
Savais-tu ?
La visite macabre des parisiens
Au XIXème siècle, les Parisiens se ruent à la morgue du quai de l’Archevêché, cette étrange attraction macabre qui attire jusqu’à 40 000 curieux par jour. Derrière de grandes vitrines, des corps anonymes, souvent repêchés dans la Seine, reposent nus sur des tables inclinées, rafraîchis par un filet d’eau glacée. Tout le monde y vient : ouvriers en pause, bourgeois en goguette, enfants fascinés et même touristes anglais, qui commentent ces « spectacles » comme au théâtre.
Cette morgue, conçue pour identifier noyés et victimes de crimes, se transforme en lieu de voyeurisme pur. Les visiteurs défilent, scrutent les traits figés, inventent des histoires tragiques ou frémissent d’un mélange de peur et d’excitation érotique. Émile Zola s’en inspire dans Thérèse Raquin, où il dépeint cette fascination collective pour la mort mise en scène, accessible à toutes les bourses.
L’attraction dure jusqu’en 1907, jusqu’à ce que les autorités ferment les portes au public, scandalisées par ce tourisme macabre haussmannien.
Record de chute libre involontaire
Vesna Vulović détient le record mondial Guinness de la plus haute chute libre sans parachute, soit 10 160 mètres. Le 26 janvier 1972, alors qu’elle travaille comme hôtesse de l’air à bord d’un DC-9 de la compagnie JAT, l’avion explose en vol au-dessus de la Tchécoslovaquie, probablement à cause d’une bombe. Attachée à son siège dans la partie arrière du fuselage, elle chute et reste la seule survivante parmi les 28 personnes à bord.
La structure de l’arrière de l’avion se sépare et agit comme un bouclier lors de la descente, tandis qu’elle heurte une pente enneigée près de Srbská Kamenice qui amortit l’impact. Gravement blessée avec de multiples fractures, elle reste dans le coma pendant un mois et passe près d’un an à l’hôpital pour sa rééducation. Ce miracle physiologique défie les lois de la chute libre, puisque la vitesse terminale atteint environ 200 km/h.
Le Guinness World Records officialise ce record en 1972 et le maintient toujours, soulignant l’exploit unique de Vesna Vulović, née en 1950 et décédée en 2016. Des controverses persistent sur la cause exacte de l’explosion, entre attentat terroriste croate et erreur militaire tchèque à une altitude moindre, mais l’homologation repose sur l’altitude rapportée de 10 160 mètres.
Derniers articles
Un peu d’humour
Naissance des premiers parents
Un jour, une petite fille demande à sa mère :
– Dis maman, comment ils sont nés les premiers parents ?
– Eh bien, lui répond sa maman, c’est Dieu qui a créé Adam et Eve. Ils ont eu des enfants qui plus tard sont devenus parents à leur tour et ainsi de suite…
Deux jours plus tard, la fillette pose la même question à son père. Celui-ci lui répond :
– Eh bien, vois-tu, il y a des millions d’années, les singes ont évolué lentement jusqu’à devenir les êtres humains que nous sommes aujourd’hui.
La petite fille toute perplexe retourne aussitôt voir sa mère :
– Maman, comment c’est possible que tu me dises que les premiers parents ont été créés par Dieu et que Papa me dise que c’était des singes qui ont évolué ?
La mère lui répond alors avec un sourire :
– C’est très simple ma chérie, moi je t’ai parlé de ma famille et ton père te parlait de la sienne.
Définition de Enfant
ENFANT : petit alien qui met 43 minutes à enfiler une chaussure mais qui déverrouille un smartphone, supprime 10 contacts et prends 150 selfies en moins de 20 secondes chrono.
Le danger d’une barbe trop longue
Hans Staininger, figure historique du XVIème siècle, est connue pour sa barbe exceptionnellement longue.
Né vers 1508 à Pfarrkirchen, il devient maire (Bourgmestre) de Braunau am Inn, en Autriche (alors en Bavière), et est élu à ce poste six fois. Sa barbe mesure environ 1,4 à 2 mètres de long (trois aunes et demie), qu’il enroule habituellement dans une pochette en cuir.
Le 28 septembre 1567, lors d’un incendie à l’hôtel de ville, il trébuche sur sa barbe dénouée en descendant les escaliers, se brisant la nuque. Après sa mort, sa barbe est conservée comme relique : d’abord par sa famille, puis offerte à la ville en 1911, elle est exposée au musée du district de Herzogsburg, son authenticité vérifiée chimiquement.
Mort à cause de sa barbe. Si ce n’est pas digne des Darwin Awards, ça !
Instant de vie
Quelques instants de vie à travers le temps.
Premier tableau
Une petite famille se promène à vélo lors d’un dimanche ensoleillé qui sent bon l’insouciance. Les parents, émus et fiers, observent leur premier enfant pédaler sans ses petites roues, conquérant du bitume, roi du square. Et soudain…
CHUTE DANS LE PELOTON FAMILIAL !!! OH LÀ LÀ, MON DIEU !
Le père freine dans un dérapage digne du Tour de France, saute de son vélo, accourt et soulève l’enfant avec délicatesse. La mère, déjà à genoux, sort une trousse de secours qui ferait pâlir une ambulance. Elle déballe tout immédiatement : désinfectant, compresses stériles, Mercurochrome, pansement, bande.
Verdict : écorchure de niveau 2. On sécurise le périmètre. On rassure. On souffle. On désinfecte. On panse. On câline.
Le père est prêt à appeler les urgences. Le SAMU n’est jamais très loin dans ces moments-là. Mais contre toute attente… l’enfant survit.
Rideau.
Quelques années plus tard.
Même décor. Même piste cyclable. Même parents. Mais un deuxième enfant est apparu dans le casting…
CHUTE À L’AVANT !
Le père s’approche, jette un œil rapide, analyse la situation.
Diagnostic : égratignure.
La mère intervient. Pas de trousse, pas de protocole.
Un simple bisou magique, homologué depuis des générations. « Voilà, c’est passé. »
L’enfant renifle, hésite… puis repart.
Fin de l’incident. Pas même de quoi interrompre la balade.
Encore quelques années passent.
Même lieu. Même parents. Et — on ne sait pas trop comment — un troisième enfant…
Chute.
Les parents en choeur : « AAAH MAIS C’EST PAS POSSIBLE ! TU PEUX PAS FAIRE ATTENTION !? »
A la maison et au jardin
Spaghettis « all’assassina »
Il y a une recette que je maîtrise à la perfection : les spaghettis « all’assassina ». Je plonge mes spaghettis dans une grande casserole d’eau bouillante salée. Ensuite, je les transfère dans une poêle avec une bonne sauce tomate. Et enfin, je laisse légèrement cramer le fond pour bien les « assassiner ». Et voilà !
Bon, en réalité, la vraie recette n’est pas bien différente… mais elle cache quelques secrets qui changent tout. La grande différence avec ma version ? Les spaghettis ne sont pas préalablement bouillis. Ils cuisent directement dans la poêle, comme un risotto, absorbant peu à peu un bouillon de tomate.
Dans une grande poêle en fer, faites revenir dans l’huile d’olive de l’ail et un piment. Ajoutez de la purée de tomates diluée avec un peu de concentré et d’eau chaude pour former un « bouillon » rouge. Jetez-y les spaghettis crus et laissez-les dorer une minute ou deux sans trop les remuer, puis retournez-les et commencez à ajouter le bouillon louche par louche, comme pour un risotto.
Laissez absorber, puis rajoutez du liquide dès que la poêle « crie » et que les pâtes recommencent à griller. Répétez l’opération pendant 18–20 minutes, jusqu’à ce que les spaghettis soient cuits mais encore très croquants, avec des zones bien dorées, voire légèrement noircies. Servez aussitôt, avec un filet d’huile d’olive, du basilic frais et, si vous voulez vraiment faire les choses bien, une pointe de burrata ou de stracciatella.
Bon appétit, et attention aux projections d’huile !
Pour aiguiser des ciseaux
Pour redonner du tranchant à une paire de ciseaux, prenez une feuille d’aluminium, pliez-la plusieurs fois pour obtenir une bonne épaisseur, puis coupez-la plusieurs fois sur toute la longueur des lames — la texture abrasive de l’alu polit les bords et rend la coupe plus nette; essuyez ensuite les lames avec un chiffon pour enlever les résidus et testez sur du papier, et répétez si nécessaire pour un résultat optimal.
Activation des méninges
Jeu en cours de test
A – Capitale du Congo
B – Dans le bahut – Moment électrique
C – Ça y piaille – Blanc et froid
D – Grand maître
E – Lot en vrac – Avec une pharyngite
F – Fin de la pluie – Lits mineurs
G – Demeurera
H – L’adulte en a 206 – Trié mélangé
I – Puissance
J – Epopées – Grand rassemblement
K – Se gagne sur le tapis – Relatif au bois
L – Marché persan – Manche sportive
1 – Mammifères sauteurs
2 – Paroles de sot – Prénom d’une Lovelace
3 – Protubérances – Mauvais quand il y a de l’eau dedans
4 – Langue Bantoue
5 – Célébrée – Bonne carte
6 – Réponse de bébé – Du temps pour soi
7 – Prendrait – Ville légendaire
8 – Gag en vrac – A poil – Blonde amère
9 – En fin de journée – Olibrius
Jeu en cours de test
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A venir
Espace lecture
Druss la Légende : le cœur battant du cycle de Drenaï
Si vous aimez l’heroic fantasy où les héros ont des muscles, des cicatrices et une âme, le cycle de Drenaï de David Gemmell est fait pour vous. Et au centre de ce monde, il y a un nom qui résonne comme un coup de hache : Druss.
Le cycle de Drenaï, c’est avant tout une saga en 11 romans, construite autour d’un même royaume imaginaire, le Drenaï, et de ses peuples en guerre. On y trouve des batailles épiques, des quêtes désespérées, des mercenaires, des démons et, surtout, des héros qui portent leurs valeurs à bout de bras : courage, loyauté, sacrifice. Chaque livre peut se lire indépendamment, mais tous tissent peu à peu la légende d’un monde où l’histoire se forge dans le sang et l’honneur .
Druss est la figure la plus emblématique de ce cycle. Guerrier à la hache, surnommé « la Légende », il est à la fois craint et respecté dans tout le monde drenaï. Dans le roman Druss la Légende, Gemmell revient aux sources du personnage. On y découvre un jeune homme ordinaire, bûcheron hargneux mais mari tendre, vivant paisiblement avec son épouse bien-aimée, Rowena. Lorsque des mercenaires envahissent son village, massacrent les siens et enlèvent Rowena, Druss bascule. Armé de Snaga, la hache de son grand-père, il se lance dans une quête de vengeance qui le mènera aux confins du monde connu. De lutteur à mercenaire, de tueur à sauveur, il deviendra peu à peu cette figure mythique qui, plus tard, défendra des places fortes comme Skeln Pass et Dros Delnoch.
Ce qui fait la force de Druss, c’est qu’il n’est pas un demi-dieu : c’est un homme, violent et rustre, mais épris de justice, marqué par la perte et la rage.
Dans un genre où les héros sont parfois trop parfaits, Gemmell offre un personnage brut, imparfait, mais profondément humain — ce qui rend sa « légende » d’autant plus crédible et attachante.
Chanson d’automne – Paul Verlaine
Dans Chanson d’automne (1866), Verlaine écrit : « Les sanglots longs … Blessent mon cœur » Pourtant, une erreur tenace s’est installée : on entend et on cite souvent « bercent mon cœur ».
Cette coquille vient d’une lithographie de Cazals (fin XIXᵉ), puis d’une citation fautive d’Émile Faguet (1900). Elle se propage avec la mise en musique de Charles Trenet (1941), qui chante « bercent », et même certains enregistrements de Léo Ferré reprennent la variante.
Lors des messages codés de Radio Londres annonçant le Débarquement, la BBC diffuse le 5 juin 1944 : « Bercent mon cœur d’une langueur monotone », probablement sous l’influence de Trenet. Depuis, l’erreur s’ancre dans la mémoire du 6 juin.
Autre idée reçue : ces vers ne lancent pas un appel à toute la Résistance. Ils visent le seul réseau Ventriloquist, actif en Sologne, chargé de saboter les voies ferrées et les lignes téléphoniques. Le film Le Jour le plus long (1962) transforme ce signal sectoriel en symbole national, et la confusion perdure encore aujourd’hui.
Poèmes saturniens (1866) – Chansons d’automne – Paul Verlaine
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte
Le temps d’une nouvelle
Le mystère de la chambre jaune – Gaston Leroux
Publié en 1907, Le Mystère de la chambre jaune est un roman policier de Gaston Leroux et la première aventure du jeune reporter Joseph Rouletabille. Accompagné de son ami et narrateur Sainclair, Rouletabille enquête au château du Glandier, où vivent notamment le professeur Stangerson, sa fille Mathilde – la victime dans la chambre jaune -, ainsi que son fiancé Robert Darzac. Face à eux se trouve le célèbre policier Frédéric Larsan, lui aussi chargé d’éclaircir une affaire mystérieuse qui se déroule dans une pièce fermée à clé.
Comment un agresseur peut-il entrer dans une chambre sans issue apparente et disparaître aussitôt ? C’est toute l’énigme que Rouletabille cherche à résoudre. Pour avancer, le jeune reporter observe les lieux avec attention, interroge les témoins et examine chaque détail, même le plus insignifiant. Autour de lui, les déclarations se contredisent, les soupçons se déplacent et plusieurs personnages semblent dissimuler une part de vérité. L’enquête progresse ainsi entre indices troublants, fausses pistes et raisonnements minutieux, sans jamais perdre de vue cette question centrale : comment un crime peut-il se produire dans une pièce apparemment inaccessible ?
Avec ce récit, Gaston Leroux construit l’un des grands modèles du roman à énigme en chambre close. L’atmosphère mystérieuse, le rythme alerte et l’ingéniosité de l’enquête font du livre un classique toujours plaisant à découvrir — ou à relire, en prenant garde de ne pas ouvrir la fameuse porte trop vite.
I – OÙ L’ON COMMENCE À NE PAS COMPRENDRE
Ce n’est pas sans une certaine émotion que je commence à raconter ici les aventures extraordinaires de Joseph Rouletabille. Celui-ci, jusqu’à ce jour, s’y était si formellement opposé que j’avais fini par désespérer de ne publier jamais l’histoire policière la plus curieuse de ces quinze dernières années. J’imagine même que le public n’aurait jamais connu « toute la vérité » sur la prodigieuse affaire dite de la « Chambre Jaune », génératrice de tant de mystérieux et cruels et sensationnels drames, et à laquelle mon ami fut si intimement mêlé, si, à propos de la nomination récente de l’illustre Stangerson au grade de grand-croix de la Légion d’honneur, un journal du soir, dans un article misérable d’ignorance ou d’audacieuse perfidie, n’avait ressuscité une terrible aventure que Joseph Rouletabille eût voulu savoir, me disait-il, oubliée pour toujours.
La « Chambre Jaune ! » qui donc se souvenait de cette affaire qui fit couler tant d’encre, il y a une quinzaine d’années ? On oublie si vite à Paris. N’a-t-on pas oublié le nom même du procès de Nayves et la tragique histoire de la mort du petit Menaldo ? Et cependant l’attention publique était à cette époque si tendue vers les débats, qu’une crise ministérielle, qui éclata sur ces entrefaites, passa complètement inaperçue. Or, le procès de la « Chambre Jaune », qui précéda l’affaire de Nayves de quelques années, eut plus de retentissement encore. Le monde entier fut penché pendant des mois sur ce problème obscur, — le plus obscur à ma connaissance qui ait jamais été proposé à la perspicacité de notre police, qui ait jamais été posé à la conscience de nos juges. La solution de ce problème affolant, chacun la chercha. Ce fut comme un dramatique rébus sur lequel s’acharnèrent la vieille Europe et la jeune Amérique. C’est qu’en vérité — il m’est permis de le dire « puisqu’il ne saurait y avoir en tout ceci aucun amour-propre d’auteur » et que je ne fais que transcrire des faits sur lesquels une documentation exceptionnelle me permet d’apporter une lumière nouvelle — c’est qu’en vérité, je ne sache pas que, dans le domaine de la réalité ou de l’imagination, même chez l’auteur du Double Assassinat, rue Morgue, même dans les inventions des sous-Edgar Poë et des truculents Conan-Doyle, on puisse retenir quelque chose de comparable, quant au mystère, « au naturel mystère de la Chambre Jaune ».
Ce que personne ne put découvrir, le jeune Joseph Rouletabille, âgé de dix-huit ans, alors petit reporter dans un grand journal, le trouva ! Mais, lorsqu’en cour d’assises il apporta la clef de toute l’affaire, il ne dit pas toute la vérité. Il n’en laissa apparaître que ce qu’il fallait « pour expliquer l’inexplicable » et pour faire acquitter un innocent. Les raisons qu’il avait de se taire ont disparu aujourd’hui. Bien mieux, mon ami « doit » parler. Vous allez donc tout savoir ; et, sans plus ample préambule, je vais poser devant vos yeux le problème de la « Chambre Jaune », tel qu’il le fut aux yeux du monde entier, au lendemain du drame du château du Glandier.
Le 25 octobre 1892, la note suivante paraissait en dernière heure du Temps :
« Un crime affreux vient d’être commis au Glandier, sur la lisière de la forêt de Sainte-Geneviève, au-dessus d’Épinay-sur-Orge, chez le professeur Stangerson. Cette nuit, pendant que le maître travaillait dans son laboratoire, on a tenté d’assassiner Mlle Stangerson, qui reposait dans une chambre attenante à ce laboratoire. Les médecins ne répondent pas de la vie de Mlle Stangerson. »
Vous imaginez l’émotion qui s’empara de Paris. Déjà, à cette époque, le monde savant était extrêmement intéressé par les travaux du professeur Stangerson et de sa fille. Ces travaux, les premiers qui furent tentés sur la radiographie, devaient conduire plus tard M. et Mme Curie à la découverte du radium. On était, du reste, dans l’attente d’un mémoire sensationnel que le professeur Stangerson allait lire, à l’académie des sciences, sur sa nouvelle théorie : la Dissociation de la Matière. Théorie destinée à ébranler sur sa base toute la science officielle qui repose depuis si longtemps sur le principe : rien ne se perd, rien ne se crée.
Le lendemain, les journaux du matin étaient pleins de ce drame. Le Matin, entre autres, publiait l’article suivant, intitulé : « Un crime surnaturel » :
« Voici les seuls détails — écrit le rédacteur anonyme du Matin — que nous ayons pu obtenir sur le crime du château du Glandier. L’état de désespoir dans lequel se trouve le professeur Stangerson, l’impossibilité où l’on est de recueillir un renseignement quelconque de la bouche de la victime ont rendu nos investigations et celles de la justice tellement difficiles qu’on ne saurait, à cette heure, se faire la moindre idée de ce qui s’est passé dans la « Chambre Jaune », où l’on a trouvé Mlle Stangerson, en toilette de nuit, râlant sur le plancher. Nous avons pu, du moins, interviewer le père Jacques — comme on l’appelle dans le pays — un vieux serviteur de la famille Stangerson. Le père Jacques est entré dans la « Chambre Jaune » en même temps que le professeur. Cette chambre est attenante au laboratoire. Laboratoire et « Chambre Jaune » se trouvent dans un pavillon, au fond du parc, à trois cents mètres environ du château.
» — Il était minuit et demi, nous a raconté ce brave homme (?), et je me trouvais dans le laboratoire où travaillait encore M. Stangerson quand l’affaire est arrivée. J’avais rangé, nettoyé des instruments toute la soirée, et j’attendais le départ de M. Stangerson pour aller me coucher. Mlle Mathilde avait travaillé avec son père jusqu’à minuit ; les douze coups de minuit sonnés au coucou du laboratoire, elle s’était levée, avait embrassé M. Stangerson, lui souhaitant une bonne nuit. Elle m’avait dit : « Bonsoir, père Jacques ! » et avait poussé la porte de la « Chambre Jaune ». Nous l’avions entendue qui fermait la porte à clef et poussait le verrou, si bien que je n’avais pu m’empêcher d’en rire et que j’avais dit à monsieur : « Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sûr qu’elle a peur de la « Bête du Bon Dieu ! » Monsieur ne m’avait même pas entendu tant il était absorbé. Mais un miaulement abominable me répondit au dehors et je reconnus justement le cri de la « Bête du Bon Dieu !… » que ça vous en donnait le frisson… « Est-ce qu’elle va encore nous empêcher de dormir, cette nuit ? » pensai-je, car il faut que je vous dise, monsieur, que, jusqu’à fin octobre, j’habite dans le grenier du pavillon, au-dessus de la « Chambre Jaune », à seule fin que mademoiselle ne reste pas seule toute la nuit au fond du parc. C’est une idée de mademoiselle de passer la bonne saison dans le pavillon ; elle le trouve sans doute plus gai que le château et, depuis quatre ans qu’il est construit, elle ne manque jamais de s’y installer dès le printemps. Quand revient l’hiver, mademoiselle retourne au château, « car dans la Chambre Jaune, il n’y a point de cheminée. »
» Nous étions donc restés, M. Stangerson et moi, dans le pavillon. Nous ne faisions aucun bruit. Il était, lui, à son bureau. Quant à moi, assis sur une chaise, ayant terminé ma besogne, je le regardais et je me disais : « Quel homme ! Quelle intelligence ! Quel savoir ! » J’attache de l’importance à ceci que nous ne faisions aucun bruit, car « à cause de cela, l’assassin a cru certainement que nous étions partis ». Et tout à coup, pendant que le coucou faisait entendre la demie passé minuit, une clameur désespérée partit de la « Chambre Jaune ». C’était la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin ! À l’assassin ! Au secours ! » Aussitôt des coups de revolver retentirent et il y eut un grand bruit de tables, de meubles renversés, jetés par terre, comme au cours d’une lutte, et encore la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin !… Au secours !… Papa ! Papa ! »
» Vous pensez si nous avons bondi et si M. Stangerson et moi nous nous sommes rués sur la porte. Mais, hélas ! Elle était fermée et bien fermée « à l’intérieur » par les soins de mademoiselle, comme je vous l’ai dit, à clef et au verrou. Nous essayâmes de l’ébranler, mais elle était solide. M. Stangerson était comme fou, et vraiment il y avait de quoi le devenir, car on entendait mademoiselle qui râlait : « Au secours !… Au secours ! » Et M. Stangerson frappait des coups terribles contre la porte, et il pleurait de rage et il sanglotait de désespoir et d’impuissance.
» C’est alors que j’ai eu une inspiration. « L’assassin se sera introduit par la fenêtre, m’écriai-je, je vais à la fenêtre ! » Et je suis sorti du pavillon, courant comme un insensé !
» Le malheur était que la fenêtre de la « Chambre Jaune » donne sur la campagne, de sorte que le mur du parc qui vient aboutir au pavillon m’empêchait de parvenir tout de suite à cette fenêtre. Pour y arriver, il fallait d’abord sortir du parc. Je courus du côté de la grille et, en route, je rencontrai Bernier et sa femme, les concierges, qui venaient, attirés par les détonations et par nos cris. Je les mis, en deux mots, au courant de la situation ; je dis au concierge d’aller rejoindre tout de suite M. Stangerson et j’ordonnai à sa femme de venir avec moi pour m’ouvrir la grille du parc. Cinq minutes plus tard, nous étions, la concierge et moi, devant la fenêtre de la « Chambre Jaune ». Il faisait un beau clair de lune et je vis bien qu’on n’avait pas touché à la fenêtre. Non seulement les barreaux étaient intacts, mais encore les volets, derrière les barreaux, étaient fermés, comme je les avais fermés moi-même, la veille au soir, comme tous les soirs, bien que mademoiselle, qui me savait très fatigué et surchargé de besogne, m’eût dit de ne point me déranger, qu’elle les fermerait elle-même ; et ils étaient restés tels quels, assujettis, comme j’en avais pris le soin, par un loquet de fer, « à l’intérieur ». L’assassin n’avait donc pas passé par là et ne pouvait se sauver par là ; mais moi non plus, je ne pouvais entrer par là !
« C’était le malheur ! On aurait perdu la tête à moins. La porte de la chambre fermée à clef « à l’intérieur », les volets de l’unique fenêtre fermés, eux aussi, « à l’intérieur », et, par-dessus les volets, les barreaux intacts, des barreaux à travers lesquels vous n’auriez pas passé le bras… Et mademoiselle qui appelait au secours !… Ou plutôt non, on ne l’entendait plus… Elle était peut-être morte… Mais j’entendais encore, au fond du pavillon, monsieur qui essayait d’ébranler la porte…
» Nous avons repris notre course, la concierge et moi, et nous sommes revenus au pavillon. La porte tenait toujours, malgré les coups furieux de M. Stangerson et de Bernier. Enfin elle céda sous nos efforts enragés et, alors, qu’est-ce que nous avons vu ? Il faut vous dire que, derrière nous, la concierge tenait la lampe du laboratoire, une lampe puissante qui illuminait toute la chambre.
» Il faut vous dire encore, monsieur, que la « Chambre Jaune » est toute petite. Mademoiselle l’avait meublée d’un lit en fer assez large, d’une petite table, d’une table de nuit, d’une toilette et de deux chaises. Aussi, à la clarté de la grande lampe que tenait la concierge, nous avons tout vu du premier coup d’œil. Mademoiselle, dans sa chemise de nuit, était par terre, au milieu d’un désordre incroyable. Tables et chaises avaient été renversées montrant qu’il y avait eu là une sérieuse « batterie ». On avait certainement arraché mademoiselle de son lit ; elle était pleine de sang avec des marques d’ongles terribles au cou — la chair du cou avait été quasi arrachée par les ongles — et un trou à la tempe droite par lequel coulait un filet de sang qui avait fait une petite mare sur le plancher. Quand M. Stangerson aperçut sa fille dans un pareil état, il se précipita sur elle en poussant un cri de désespoir que ça faisait pitié à entendre. Il constata que la malheureuse respirait encore et ne s’occupa que d’elle. Quant à nous, nous cherchions l’assassin, le misérable qui avait voulu tuer notre maîtresse, et je vous jure, monsieur, que, si nous l’avions trouvé, nous lui aurions fait un mauvais parti. Mais comment expliquer qu’il n’était pas là, qu’il s’était déjà enfui ?… Cela dépasse toute imagination. Personne sous le lit, personne derrière les meubles, personne ! Nous n’avons retrouvé que ses traces ; les marques ensanglantées d’une large main d’homme sur les murs et sur la porte, un grand mouchoir rouge de sang, sans aucune initiale, un vieux béret et la marque fraîche, sur le plancher, de nombreux pas d’homme. L’homme qui avait marché là avait un grand pied et les semelles laissaient derrière elles une espèce de suie noirâtre. Par où cet homme était-il passé ? Par où s’était-il évanoui ? « N’oubliez pas, monsieur, qu’il n’y a pas de cheminée dans la Chambre Jaune ». Il ne pouvait s’être échappé par la porte, qui est très étroite et sur le seuil de laquelle la concierge est entrée avec sa lampe, tandis que le concierge et moi nous cherchions l’assassin dans ce petit carré de chambre où il est impossible de se cacher et où, du reste, nous ne trouvions personne. La porte défoncée et rabattue sur le mur ne pouvait rien dissimuler, et nous nous en sommes assurés. Par la fenêtre restée fermée avec ses volets clos et ses barreaux auxquels on n’avait pas touché, aucune fuite n’avait été possible. Alors ? Alors… je commençais à croire au diable.
» Mais voilà que nous avons découvert, par terre, « mon revolver ». Oui, mon propre revolver… Ça, ça m’a ramené au sentiment de la réalité ! Le diable n’aurait pas eu besoin de me voler mon revolver pour tuer mademoiselle. L’homme qui avait passé là était d’abord monté dans mon grenier, m’avait pris mon revolver dans mon tiroir et s’en était servi pour ses mauvais desseins. C’est alors que nous avons constaté, en examinant les cartouches, que l’assassin avait tiré deux coups de revolver. Tout de même, monsieur, j’ai eu de la veine, dans un pareil malheur, que M. Stangerson se soit trouvé là, dans son laboratoire, quand l’affaire est arrivée et qu’il ait constaté de ses propres yeux que je m’y trouvais moi aussi, car, avec cette histoire de revolver, je ne sais pas où nous serions allés ; pour moi, je serais déjà sous les verrous. Il n’en faut pas davantage à la justice pour faire monter un homme sur l’échafaud ! »
Le rédacteur du Matin faisait suivre cette interview des lignes suivantes :
« Nous avons laissé, sans l’interrompre, le père Jacques nous raconter grossièrement ce qu’il sait du crime de la « Chambre Jaune ». Nous avons reproduit les termes mêmes dont il s’est servi ; nous avons fait seulement grâce au lecteur des lamentations continuelles dont il émaillait sa narration. C’est entendu, père Jacques ! C’est entendu, vous aimez bien vos maîtres ! Vous avez besoin qu’on le sache, et vous ne cessez de le répéter, surtout depuis la découverte du revolver. C’est votre droit et nous n’y voyons aucun inconvénient ! Nous aurions voulu poser bien des questions encore au père Jacques — Jacques-Louis Moustier — mais on est venu justement le chercher de la part du juge d’instruction qui poursuivait son enquête dans la grande salle du château. Il nous a été impossible de pénétrer au Glandier, — et, quant à la Chênaie, elle est gardée, dans un large cercle, par quelques policiers qui veillent jalousement sur toutes les traces qui peuvent conduire au pavillon et peut-être à la découverte de l’assassin.
» Nous aurions voulu également interroger les concierges, mais ils sont invisibles. Enfin nous avons attendu dans une auberge, non loin de la grille du château, la sortie de M. de Marquet, le juge d’instruction de Corbeil. À cinq heures et demie, nous l’avons aperçu avec son greffier. Avant qu’il ne montât en voiture, nous avons pu lui poser la question suivante :
» — Pouvez-vous, monsieur de Marquet, nous donner quelque renseignement sur cette affaire, sans que cela gêne votre instruction ?
» — Il nous est impossible, nous répondit M. de Marquet, de dire quoi que ce soit. Du reste, c’est bien l’affaire la plus étrange que je connaisse. « Plus nous croyons savoir quelque chose, plus nous ne savons rien ! »
» Nous demandâmes à M. de Marquet de bien vouloir nous expliquer ces dernières paroles. Et voici ce qu’il nous dit, dont l’importance n’échappera à personne :
» — Si rien ne vient s’ajouter aux constatations matérielles faites aujourd’hui par le parquet, je crains bien que le mystère qui entoure l’abominable attentat dont Mlle Stangerson a été victime ne soit pas près de s’éclaircir ; mais il faut espérer, « pour la raison humaine », que les sondages des murs, du plafond et du plancher de la « Chambre Jaune », sondages auxquels je vais me livrer dès demain avec l’entrepreneur qui a construit le pavillon il y a quatre ans, nous apporteront la preuve qu’il ne faut jamais désespérer de la logique des choses. Car le problème est là : nous savons par où l’assassin s’est introduit, — il est entré par la porte et s’est caché sous le lit en attendant Mlle Stangerson ; — mais par où est-il sorti ? Comment a-t-il pu s’enfuir ? Si l’on ne trouve ni trappe, ni porte secrète, ni réduit, ni ouverture d’aucune sorte, si l’examen des murs et même leur démolition — car je suis décidé, et M. Stangerson est décidé à aller jusqu’à la démolition du pavillon — ne viennent révéler aucun passage praticable, « non seulement pour un être humain, mais encore pour un être quel qu’il soit », si le plafond n’a pas de trou, si le plancher ne cache pas de souterrain, « il faudra bien croire au diable, comme dit le père Jacques ! »
Et le rédacteur anonyme fait remarquer, dans cet article — article que j’ai choisi comme étant le plus intéressant de tous ceux qui furent publiés ce jour-là sur la même affaire — que le juge d’instruction semblait mettre une certaine intention dans cette dernière phrase : « il faudra bien croire au diable, comme dit le père Jacques. »
L’article se termine sur ces lignes : « Nous avons voulu savoir ce que le père Jacques entendait par : « le cri de la Bête du Bon Dieu ». On appelle ainsi le cri particulièrement sinistre, nous a expliqué le propriétaire de l’auberge du Donjon, que pousse, quelquefois, la nuit, le chat d’une vieille femme, la mère « Agenoux », comme on l’appelle dans le pays. La mère « Agenoux » est une sorte de sainte qui habite une cabane, au cœur de la forêt, non loin de la « grotte de Sainte-Geneviève ».
« La Chambre Jaune, la Bête du Bon Dieu, la mère Agenoux, le diable, sainte Geneviève, le père Jacques », voilà un crime bien embrouillé, qu’un coup de pioche dans les murs nous débrouillera demain ; espérons-le, du moins, « pour la raison humaine », comme dit le juge d’instruction. En attendant, on croit que Mlle Stangerson, qui n’a cessé de délirer et qui ne prononce distinctement que ce mot : « Assassin ! Assassin ! Assassin !… ne passera pas la nuit… »
Enfin, en dernière heure, le même journal annonçait que le chef de la Sûreté avait télégraphié au fameux inspecteur Frédéric Larsan, qui avait été envoyé à Londres pour une affaire de titres volés, de revenir immédiatement à Paris.
Un peu de ciel bleu
Le cimetière monumental de Staglieno à Gênes, Italie.
"l'ange désespéré" de la tombe de la famille Ribaudo, une réalisé en 1910 par le sculpteur italien Onorato Toso.
photo:Alberto Bongiorno
Autodidacte, il participe à un journal anticolonialiste et accède à la célébrité avec son roman « La Condition Humaine », pour lequel il remporte le prix Goncourt 🏆.
fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3...
#CeJourLà
😲 Tu as lu ça où ?
😒 Dans mon almanach 👉 letempsduncafe.b1001d.fr
😲 Et alors ?
😒 Je vais revenir à la crème fouettée.
https://2tout2rien.fr/illusion-de-munker-tous-ces-cercles-sont-de-la-meme-couleur/
#cercle #couleur #illusion #illusionoptique #video
Bonne fête à toutes les boîtes à maquillage !
🎬 https://www.youtube.com/watch?v=3kGiuLTxRFE
Extrait de l'épisode 53 de la saison 3 de Téléchat
Considérée comme une des pionnières du féminisme français, elle milita pour l’instauration du divorce et la reconnaissance des enfants nés hors mariage.
fr.wikipedia.org/wiki/Olympe_...
#CeJourLà
Le destin étonnant du palais Sans-Souci, à Milot. 👑
👉 2tout2rien.fr/palais-sans-...
📸Diego Tirira
#Haïti #Architecture #Histoire
✌️ Preuve que multiplier les contenus finit par payer... en tout cas, en visites.
👉 Pour les curieux : letempsduncafe.b1001d.fr
Il est considéré comme l'un des + grands peintres français et européens du XVIIIème. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels 🎨.
fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Si...
#CeJourLà
Fog over the River, 1916.
Oil on canvas.
