BONJOUR
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A la une,
L’EMPIRE DU SOLEIL LEVANT RESTE ÉTERNEL 📆 22 octobre 2019
LA PROMESSE D’UNE VÉNUS DÉVOILÉE 📆 22 octobre 1975
DÉCÈS DE CHISKŌ TAKAOKA, « LA GEISHA AUX NEUF DOIGTS » 📆 22 octobre 1994
Aujourd’hui, l’éphéméride
Toutes les heures, l’oeuvre du jour, quelques connaissances, un peu d’humour, un instant de vie, à la maison et au jardin, un peu de lecture
Au fil de la journée, un peu de ciel bleu
Sans oublier d’activer vos méninges
Les célébrations notables
Bonne fête aux Elodie
Jour de la pomme le 1er brumaire
Journée internationale de sensibilisation au bégaiement
Journée mondiale de l’énergie
Les évènements notables
2019 - Couronnement de Naruhito, 126ème empereur du Japon
Le 22 octobre 2019, Naruhito est officiellement couronné comme 126ᵉ empereur du Japon lors d’une cérémonie solennelle à Tokyo. Succédant à son père, Akihito, qui avait abdiqué en avril, il inaugure l’ère Reiwa. Son intronisation, marquée par des rituels traditionnels shinto et la présence de dignitaires étrangers, symbolise la continuité millénaire de la dynastie impériale japonaise... lire l'article
1975 - La sonde soviétique Venera 9 se pose sur la planète Vénus
Le 22 octobre 1975, la sonde soviétique Venera 9 devient le premier engin spatial à transmettre des images depuis la surface de Vénus. Elle révèle un paysage rocailleux et confirme des conditions extrêmes : une température avoisinant 460 °C et une pression 90 fois supérieure à celle de la Terre. Cette mission constitue une avancée majeure dans l’exploration planétaire et la conquête spatiale soviétique... lire l'article
1946 - Opération Soviétique Osoaviakhim, pendant de l’opération américaine Paperclip
Le 22 octobre 1946, l’Union soviétique lance l’opération Osoaviakhim, équivalent de l’opération américaine Paperclip. Des milliers de scientifiques, ingénieurs et techniciens allemands, principalement spécialisés en aéronautique, armement et fusées, sont déportés en URSS. Cette vaste opération de transfert forcé vise à renforcer la recherche militaire et technologique soviétique au début de la guerre froide.
1941 - 48 otages sont fusillés à Nantes, Châteaubriant et au mont Valérien, en représailles après la mort de Karl Hotz
Le 22 octobre 1941, 48 otages français, dont des militants communistes et syndicalistes, sont fusillés par les nazis en représailles après l’assassinat de l’officier allemand Karl Hotz à Nantes. Parmi eux se trouve le jeune Guy Môquet. Ces exécutions, ordonnées par Hitler, marquent un tournant tragique de l’Occupation et symbolisent la brutalité de la répression allemande en France.
1941 - Décès de Guy Môquet, fusillé avec 26 autres otages à Châteaubriant
Le 22 octobre 1941, le jeune résistant communiste Guy Môquet, âgé de 17 ans, est fusillé avec 26 autres otages au camp de Châteaubriant. Arrêté pour ses activités militantes, il laisse une célèbre lettre d’adieu à sa famille, devenue un symbole de courage et de patriotisme. Son exécution, avec celles d’autres otages le même jour, incarne la barbarie de l’occupation nazie en France.
1797 - 1er saut en parachute de l'histoire, réalisé par l'aérostier français André-Jacques Garnerin
Le 22 octobre 1797, l’aérostier français André-Jacques Garnerin réalise au parc Monceau, à Paris, le premier saut en parachute de l’histoire. Il s’élance d’un ballon à 1 000 mètres d’altitude, utilisant une voile sans armature. Bien qu’il atterrisse brutalement, il sort indemne. Cette prouesse pionnière marque le début de l’aviation expérimentale et ouvre la voie aux futurs développements du parachutisme.
Les naissances et décès notables
1980 - Naissance de Enora Malagret, chroniqueuse, comédienne et animatrice
1952 - Naissance de Jeffrey Lynn « Jeff » Goldblum, acteur et chanteur de charme jazzy américain
1948 - Naissance de Lynette Fromme, issue de la « famille » américaine de Charles Manson
1943 - Naissance de Catherine Deneuve, actrice française
1921 - Naissance de Georges Brassens, auteur, compositeur, interprète guitariste et chanteur français
1994 - Décès de Chishō Takaoka, surnommée la geisha aux neuf doigts
1987 - Décès de Angiolino « Lino » Ventura, acteur et ancien catcheur français
1941 - Décès de Guy Môquet, fusillé avec 26 autres otages à Châteaubriant
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L’œuvre du jour
Edgar Degas (1834-1917) – Sculpteur français
The MET
Elle se dresse, immobile et pourtant vivante, au cœur des salles du musée d’Orsay comme à la National Gallery of Art de Washington. La Petite Danseuse de 14 ans d’Edgar Degas n’est pas une simple sculpture : c’est un manifeste du réalisme, une effigie troublante de vérité qui bouleverse encore aujourd’hui.
Degas la modèle entre 1878 et 1881, en cire teintée, avec une recherche obsessionnelle du vrai. Il habille la figurine d’un tutu en tulle, d’un bustier en satin, de chaussons de danse et même d’une perruque en cheveux naturels, poussant l’imitation de la peau humaine à un degré inédit. Présentée à la sixième exposition impressionniste de 1881, elle scandalise : « Quel laideron ! » s’exclame un critique, tandis que d’autres parlent de « malaise ». C’est la seule sculpture que Degas expose de son vivant.
Derrière la danseuse se cache une jeune fille bien réelle : Marie van Goethem, née en 1865, élève de l’Opéra de Paris, issue d’une famille modeste et illettrée. Degas, qui est son voisin, la fait poser à de multiples reprises, captant sa posture de repos, menton relevé, bras tendus, mains croisées dans le dos, pieds en quatrième position. Mais derrière la grâce apparente se dessine une réalité plus sombre : Marie, comme d’autres « petits rats », doit parfois arrondir ses fins de mois, l’Opéra étant pour certaines jeunes filles moins une école de danse qu’un lieu de rencontre avec des hommes fortunés.
À la mort de Degas en 1917, on découvre dans son atelier près de 150 sculptures en cire ou en terre, presque toutes inconnues du public. La Petite Danseuse, elle, devient iconique. Vingt-cinq exemplaires en bronze sont fondus entre 1921 et 1931 par le fondeur Adrien-Aurélien Hébrard. En 2024, l’une de ces versions atteint 41,6 millions de dollars chez Christie’s, devenant l’œuvre la plus chère de Degas jamais vendue aux enchères.
Savais-tu ?
San Ku Kaï, c’est un message…
C’est l’automne 1979 et, pour la première fois, une série japonaise en prises de vues réelles débarque sur Antenne 2. Dans Récré A2, après Goldorak, voici venir San Ku Kaï, un vaisseau blanc fendu d’un trait rouge, piloté par deux jeunes héros masqués : Ryû (Staros) et Ayato (le Fantôme).
L’action se déroule dans le lointain 15ᵉ système solaire, où trois planètes — Analis, Sheita et Belda — subissent l’invasion des Stressos, une armée de ninjas spatiaux au service de l’ombreux Golem XIII. Face à eux, nos rebelles, aidés de l’énigmatique princesse Éolia, de l’homme-singe Siman et du fidèle robot Sidéro, mènent une guérilla interstellaire à bord du San Ku Kaï.
La série, produite par la Tōei Company et créée par Shōtarō Ishinomori, compte 27 épisodes d’une vingtaine de minutes. Elle s’inscrit dans la grande vague des tokusatsu (séries à effets spéciaux et costumes) et répond directement, au Japon, au succès de Star Wars. En France, elle ouvre la voie à toute une génération de héros venus du Japon : Bioman, X-Or, Metalder et bien d’autres.
Ce qui frappe encore aujourd’hui, c’est son mélange de science-fiction, de samouraï et de ninja, servi par un générique entraînant signé Éric Charden et Didier Barbelivien. Et dans le rôle d’Ayato ? Un jeune acteur prometteur nommé Hiroyuki Sanada, que l’on retrouve aujourd’hui dans Shōgun, John Wick 4 ou The Last Samurai.
Le mois du blanc
En janvier, le mois du blanc met en vitrine le linge de maison et promet de bonnes affaires sur les draps, serviettes ou nappes, au moment où les portefeuilles soufflent après Noël. Cette tradition commerciale, née au XIXᵉ siècle, rythme encore aujourd’hui l’hiver français et devient presque un rendez-vous familier pour qui veut rafraîchir sa maison sans trop alourdir le budget.
Au Bon Marché, Aristide Boucicaut observe ses rayons vidés par les fêtes et décide, en 1873, de les remplir de linge blanc en promotion pour faire revenir les clientes. L’opération, d’abord pensée comme une simple « semaine du blanc », rencontre un tel succès qu’elle s’étire en mois entier et s’installe dans le paysage comme une des grandes inventions du commerce moderne.
Plus discrète, une autre histoire conduit à Cholet, grande ville textile meurtrie par les combats de la Révolution et de la guerre de Vendée. Pour relancer les usines et écouler leurs toiles, les industriels imaginent eux aussi une période de promotions sur le linge blanc, faisant de cette couleur à la fois un symbole de renaissance économique et un clin d’œil au passé royaliste de la région.
Un peu d’humour
Une banane dans l’oreille
Un homme croise un autre et lui dit : « Dis-moi, pourquoi as-tu une banane dans l’oreille ! »
L’autre répond : « Quoi ? »
Le premier répète plus fort : « Tu as une banane dans l’oreille ! »
Et l’autre : « Parle plus fort, j’ai une banane dans l’oreille ! ».
Mangez vert !
😒 A chaque fois que je vois une vache, je me dis que nous vendre qu’il suffit de bouffer de la verdure pour maigrir est quand même une sacrée arnaque !
La loi du compagnon de lit
Cette constante de la physique conjugale détermine invariablement que celui ou celle qui ronfle comme un tracteur en surchauffe s’endort systématiquement le premier, laissant l’autre, les yeux exorbités, à contempler le plafond comme un toxicomane en pleine décente.
Pendant que l’olibrius à votre côté produit un concert de décibels dignes d’un festival de scies en ut majeur, vous… vous ruminez des vengeances shakespeariennes – étouffement idiot par un oreiller défaillant, coups de coude malencontreux dans les côtes, exil forcé sur le canapé – tout en priant pour une intervention divine ou un coup du sort salvateur.
Au final, l’univers, ce sadique maître d’orchestre, nous afflige cette torture quotidienne pour nous rappeler que l’amour vrai se mesure en décibels supportés… uniquement par le perdant qui reste éveillé.
Instant de vie

Quel bonheur de parcourir la campagne à vélo : cheveux au vent, liberté totale, pas de contrainte, pas de désagrément. Le soleil réchauffe la peau, l’air pur emplit les poumons… longue inspiration, expiratioooon… et puis… ce petit chatouillis, irritant, tout au fond d’une narine.
Ce petit rien qui devient vite un tout.
Tu feins de l’ignorer. Mauvaise idée. L’intrus s’est installé, bien calé, et il n’a pas l’intention de se laisser déloger sans résistance. La solution classique ? Le mouchoir salvateur. Sauf que… nom de nom, pas de mouchoir. La situation se complique.
Alors, au grand maux les grands remèdes : se moucher dans la main. Une bonne expulsion bien franche et… rien. La gêne est toujours présente. Elle s’est juste déplacée. Pire : l’intrus résiste en ripostant avec un liquide gluant. L’affaire se corse.
Reste l’option manuelle. Plonger le doigt au fond du problème, tourner, retourner, insister. La cause de l’inconfort se dérobe, s’échappe, revient narguer.
C’est alors qu’une voiture s’approche. Tu te figes, main grattant le nez, l’air de dire « je cherche mes clés ». L’empêcheur de respirer peut souffler, ce n’est que partie remise. Il va le payer.
Personne en vue. La quête reprend, plus vive, plus insistante. Et comme toujours, la persévérance paie. Voilà l’intrus expulsé ! TRIOMPHE !
Mais… mais… il s’accroche le bougre ! « Veux-tu bien quitter ce doigt et t’envoler ? »… Oulah non 😧 ! Vlam Blam Bim💥. Aïe. Ouille 😖… « Sacré nom de [biiip] de [biiip] bordel à [biiiip]… »
La leçon ?
Qui se cure le nez sans poser pied à terre se vautre cul en l’air.
A la maison et au jardin
La truffade : le plat du pauvre des burons
Dans les estives du Cantal, là où le vent siffle entre les pierres et où les vaches paissent l’été, les burons fument doucement. Ce sont de petites cabanes de bergers en pierre, à la fois fromagerie et cuisine, où l’on vit simplement, avec ce que la montagne donne. Et c’est là, entre deux tournées de traite, que naît la truffade.
La truffade est d’abord un plat de survie. Dans ces burons isolés, pas question de luxe : on mange ce qu’on a sous la main. Des pommes de terre, faciles à cultiver et à conserver. De la tomme fraîche, ce fromage encore jeune, parfois trop jeune pour être affiné et vendu. Un peu de graisse, de l’ail, du sel, du poivre. Le mot lui-même dit sa simplicité : en occitan, trufa signifie « pomme de terre ». La truffade, c’est donc « le plat à base de pommes de terre », sans fioritures, conçu pour tenir au corps pendant les longues journées de travail en altitude.
Pendant des décennies, elle reste cantonnée à ces montagnes, associée à une vie rude, à une cuisine de nécessité. On la sert dans les burons, dans les fermes, dans les auberges de village. Ailleurs, on l’ignore ou on la méprise : c’est un plat de pauvre, bon pour ceux qui n’ont rien d’autre. Puis le vent tourne. En période d’inflation, quand les budgets se serrent et que les recettes compliquées perdent leur charme, la truffade revient en force. Sur les réseaux sociaux, dans les magazines, sur les sites de cuisine, on la célèbre comme une recette anti-crise mais surtout comme un plat réconfortant par excellence.
Pour une bonne truffade, il faut peu d’ingrédients, mais du soin… et une faim de loup. Voyez comme la recette est simple sur l’onglet suivant.
Pour quatre personnes :
- 1 kg de pommes de terre à chair ferme (Amandine, Charlotte, « vieilles » plutôt que nouvelles)
- 300–400 g de tome fraîche de Cantal (ou Salers), la plus fraîche possible
- 1 à 3 gousses d’ail, selon le goût
- 2–3 cuillères à soupe d’huile neutre (tournesol, arachide, pépin de raisin)
- 1 noix de beurre (salé ou non) et/ou un peu de saindoux
- Sel, poivre du moulin
- Optionnel : un peu de persil, des tranches de jambon d’Auvergne à côté
La préparation, en quelques gestes :
- Épluchez les pommes de terre, coupez-les en rondelles régulières de 3–5 mm.
- Faites chauffer l’huile dans une poêle en inox ou une cocotte en fonte.
- Ajoutez les pommes de terre sans les saler tout de suite, laissez-les dorer à feu vif quelques minutes, puis baissez le feu.
- Quand elles commencent à colorer, ajoutez l’ail haché, un peu de beurre, puis salez légèrement.
- Poursuivez la cuisson 20–30 minutes à feu moyen-doux, en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que les pommes de terre soient tendres à cœur mais encore tenaces.
- Coupez la tome fraîche en petits dés. Quand les pommes de terre sont cuites, baissez le feu au minimum et incorporez la tome en plusieurs fois, en remuant doucement.
- Laissez fondre 3–5 minutes à feu très doux, sans faire bouillir, jusqu’à obtenir un ensemble crémeux et filant.
- Goûtez, rectifiez en sel et poivre, servez aussitôt, avec une salade verte et éventuellement du jambon d’Auvergne.
Quelques astuces :
- Privilégiez des pommes de terre « vieilles », moins gorgées d’eau.
- Utilisez une tome très fraîche : plus elle est fraîche, mieux elle file.
- Une fois la tome ajoutée, restez sur feu très doux : le fromage ne doit pas dépasser environ 80 °C pour bien fondre sans devenir caoutchouteux.
- Salez peu au début, davantage à la fin, car le fromage est déjà salé.
Pour aiguiser des ciseaux
Pour redonner du tranchant à une paire de ciseaux, prenez une feuille d’aluminium, pliez-la plusieurs fois pour obtenir une bonne épaisseur, puis coupez-la plusieurs fois sur toute la longueur des lames — la texture abrasive de l’alu polit les bords et rend la coupe plus nette; essuyez ensuite les lames avec un chiffon pour enlever les résidus et testez sur du papier, et répétez si nécessaire pour un résultat optimal.
Activation des méninges
Jeu en cours de test
A – Jeux de lettres
B – Cruelles et sournoises
C – Santé mondiale – Prénom féminin
D – Reçoit les voix – Vélo passepartout
E – Particules – Omar Lupin
F – Premiers en calcul
G – Langue informatique – Très court
H – Demi-journée – Possessif
I – Bête velue
J – Chef arabe – Roi de Norvège
K – A l’arrière du camion
L – Dite et redite
1 – Plein d’énergie
2 – Petit ruisseau – Dirige la prière
3 – Téléphonons – Travers de porc
4 – Abeilles et fourmis
5 – Filière universitaire – Le roi réduit – Un bout de pain – Réflexion puérile
6 – Fameux chocos – De Brest ou Rennes
7 – Les verts – Lunes en vrac
8 – Mouches – En ce lieu
9 – Aimé de Cybèle – Peu de chose
Jeu en cours de test
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A venir
Espace lecture
Le baiser du dragon – Ysabelle Lacamp

Le Baiser du dragon est un roman historique et picaresque publié en 1988 par Ysabelle Lacamp, autrice, comédienne et spécialiste des langues orientales. L’œuvre se distingue par son ton truculent, son vocabulaire riche et son inspiration rabelaisienne, mêlant humour, violence et fantaisie dans un cadre historique précis.
L’action se déroule en Chine du Sud au Xᵉ siècle, plus précisément en l’an 937, durant la période troublée des « Cinq Dynasties et Dix Royaumes ». Cette époque de fragmentation politique et d’instabilité favorise les intrigues, les trahisons et les luttes de pouvoir, ce qui constitue une toile de fond idéale pour un récit d’aventures.
Le seigneur Tsao fait halte dans son manoir avant de livrer à son suzerain un précieux chargement : deux cassettes de perles. Ce trésor excite immédiatement les convoitises et provoque un basculment des destins. Au cœur de cette aventure se trouve Shu-Meï, une adolescente qui refuse le mode de vie imposé aux femmes de son époque et rêve de liberté et de chevauchées. Autour d’elle gravite une galerie de personnages aux noms évocateurs : Tigre Hilare, Passion Éteinte, Triton Flageolant, Étron Pensif, etc. L’intrigue s’enchaîne au rythme des orgies, cavalcades, trahisons et supplices raffinés, dans un monde où se croisent mandarins corrompus, courtisanes bafouées, bonzes égrillards et coupe-jarret.
Ysabelle Lacamp signe ici un roman picaresque et cocasse, au vocabulaire riche et imagé. L’écriture est vivante, rythmée, et s’inscrit dans une tradition littéraire où l’on « se bat comme on aime : en riant ». Le mélange de registres — du plus raffiné au plus grossier — contribue à l’effet de dépaysement et d’amusement. Le Baiser du dragon offre une évasion ludique dans un univers historique exotique et mouvementé. Il séduit les lecteurs en quête d’aventures, d’humour noir et de personnages mémorables. L’autrice, par sa maîtrise des langues orientales et son sens du récit, réussit à créer une Chine médiévale à la fois crédible et fantasmée.
Poèmes saturniens – Croquis parisien – Paul Verlaine
La lune plaquait ses teintes de zinc
Par angles obtus.
Des bouts de fumée en forme de cinq
Sortaient drus et noirs des hauts toits pointus.
Le ciel était gris. La bise pleurait
Ainsi qu’un basson.
Au loin, un matou frileux et discret
Miaulait d’étrange et grêle façon.
Moi, j’allais, rêvant du divin Platon
Et de Phidias,
Et de Salamine et de Marathon,
Sous l’œil clignotant des bleus becs de gaz.
Le temps d’une nouvelle
Le mystère de la chambre jaune – Gaston Leroux
Publié en 1907, Le Mystère de la chambre jaune est un roman policier de Gaston Leroux et la première aventure du jeune reporter Joseph Rouletabille. Accompagné de son ami et narrateur Sainclair, Rouletabille enquête au château du Glandier, où vivent notamment le professeur Stangerson, sa fille Mathilde – la victime dans la chambre jaune -, ainsi que son fiancé Robert Darzac. Face à eux se trouve le célèbre policier Frédéric Larsan, lui aussi chargé d’éclaircir une affaire mystérieuse qui se déroule dans une pièce fermée à clé.
Comment un agresseur peut-il entrer dans une chambre sans issue apparente et disparaître aussitôt ? C’est toute l’énigme que Rouletabille cherche à résoudre. Pour avancer, le jeune reporter observe les lieux avec attention, interroge les témoins et examine chaque détail, même le plus insignifiant. Autour de lui, les déclarations se contredisent, les soupçons se déplacent et plusieurs personnages semblent dissimuler une part de vérité. L’enquête progresse ainsi entre indices troublants, fausses pistes et raisonnements minutieux, sans jamais perdre de vue cette question centrale : comment un crime peut-il se produire dans une pièce apparemment inaccessible ?
Avec ce récit, Gaston Leroux construit l’un des grands modèles du roman à énigme en chambre close. L’atmosphère mystérieuse, le rythme alerte et l’ingéniosité de l’enquête font du livre un classique toujours plaisant à découvrir — ou à relire, en prenant garde de ne pas ouvrir la fameuse porte trop vite.
I – OÙ L’ON COMMENCE À NE PAS COMPRENDRE
Ce n’est pas sans une certaine émotion que je commence à raconter ici les aventures extraordinaires de Joseph Rouletabille. Celui-ci, jusqu’à ce jour, s’y était si formellement opposé que j’avais fini par désespérer de ne publier jamais l’histoire policière la plus curieuse de ces quinze dernières années. J’imagine même que le public n’aurait jamais connu « toute la vérité » sur la prodigieuse affaire dite de la « Chambre Jaune », génératrice de tant de mystérieux et cruels et sensationnels drames, et à laquelle mon ami fut si intimement mêlé, si, à propos de la nomination récente de l’illustre Stangerson au grade de grand-croix de la Légion d’honneur, un journal du soir, dans un article misérable d’ignorance ou d’audacieuse perfidie, n’avait ressuscité une terrible aventure que Joseph Rouletabille eût voulu savoir, me disait-il, oubliée pour toujours.
La « Chambre Jaune ! » qui donc se souvenait de cette affaire qui fit couler tant d’encre, il y a une quinzaine d’années ? On oublie si vite à Paris. N’a-t-on pas oublié le nom même du procès de Nayves et la tragique histoire de la mort du petit Menaldo ? Et cependant l’attention publique était à cette époque si tendue vers les débats, qu’une crise ministérielle, qui éclata sur ces entrefaites, passa complètement inaperçue. Or, le procès de la « Chambre Jaune », qui précéda l’affaire de Nayves de quelques années, eut plus de retentissement encore. Le monde entier fut penché pendant des mois sur ce problème obscur, — le plus obscur à ma connaissance qui ait jamais été proposé à la perspicacité de notre police, qui ait jamais été posé à la conscience de nos juges. La solution de ce problème affolant, chacun la chercha. Ce fut comme un dramatique rébus sur lequel s’acharnèrent la vieille Europe et la jeune Amérique. C’est qu’en vérité — il m’est permis de le dire « puisqu’il ne saurait y avoir en tout ceci aucun amour-propre d’auteur » et que je ne fais que transcrire des faits sur lesquels une documentation exceptionnelle me permet d’apporter une lumière nouvelle — c’est qu’en vérité, je ne sache pas que, dans le domaine de la réalité ou de l’imagination, même chez l’auteur du Double Assassinat, rue Morgue, même dans les inventions des sous-Edgar Poë et des truculents Conan-Doyle, on puisse retenir quelque chose de comparable, quant au mystère, « au naturel mystère de la Chambre Jaune ».
Ce que personne ne put découvrir, le jeune Joseph Rouletabille, âgé de dix-huit ans, alors petit reporter dans un grand journal, le trouva ! Mais, lorsqu’en cour d’assises il apporta la clef de toute l’affaire, il ne dit pas toute la vérité. Il n’en laissa apparaître que ce qu’il fallait « pour expliquer l’inexplicable » et pour faire acquitter un innocent. Les raisons qu’il avait de se taire ont disparu aujourd’hui. Bien mieux, mon ami « doit » parler. Vous allez donc tout savoir ; et, sans plus ample préambule, je vais poser devant vos yeux le problème de la « Chambre Jaune », tel qu’il le fut aux yeux du monde entier, au lendemain du drame du château du Glandier.
Le 25 octobre 1892, la note suivante paraissait en dernière heure du Temps :
« Un crime affreux vient d’être commis au Glandier, sur la lisière de la forêt de Sainte-Geneviève, au-dessus d’Épinay-sur-Orge, chez le professeur Stangerson. Cette nuit, pendant que le maître travaillait dans son laboratoire, on a tenté d’assassiner Mlle Stangerson, qui reposait dans une chambre attenante à ce laboratoire. Les médecins ne répondent pas de la vie de Mlle Stangerson. »
Vous imaginez l’émotion qui s’empara de Paris. Déjà, à cette époque, le monde savant était extrêmement intéressé par les travaux du professeur Stangerson et de sa fille. Ces travaux, les premiers qui furent tentés sur la radiographie, devaient conduire plus tard M. et Mme Curie à la découverte du radium. On était, du reste, dans l’attente d’un mémoire sensationnel que le professeur Stangerson allait lire, à l’académie des sciences, sur sa nouvelle théorie : la Dissociation de la Matière. Théorie destinée à ébranler sur sa base toute la science officielle qui repose depuis si longtemps sur le principe : rien ne se perd, rien ne se crée.
Le lendemain, les journaux du matin étaient pleins de ce drame. Le Matin, entre autres, publiait l’article suivant, intitulé : « Un crime surnaturel » :
« Voici les seuls détails — écrit le rédacteur anonyme du Matin — que nous ayons pu obtenir sur le crime du château du Glandier. L’état de désespoir dans lequel se trouve le professeur Stangerson, l’impossibilité où l’on est de recueillir un renseignement quelconque de la bouche de la victime ont rendu nos investigations et celles de la justice tellement difficiles qu’on ne saurait, à cette heure, se faire la moindre idée de ce qui s’est passé dans la « Chambre Jaune », où l’on a trouvé Mlle Stangerson, en toilette de nuit, râlant sur le plancher. Nous avons pu, du moins, interviewer le père Jacques — comme on l’appelle dans le pays — un vieux serviteur de la famille Stangerson. Le père Jacques est entré dans la « Chambre Jaune » en même temps que le professeur. Cette chambre est attenante au laboratoire. Laboratoire et « Chambre Jaune » se trouvent dans un pavillon, au fond du parc, à trois cents mètres environ du château.
» — Il était minuit et demi, nous a raconté ce brave homme (?), et je me trouvais dans le laboratoire où travaillait encore M. Stangerson quand l’affaire est arrivée. J’avais rangé, nettoyé des instruments toute la soirée, et j’attendais le départ de M. Stangerson pour aller me coucher. Mlle Mathilde avait travaillé avec son père jusqu’à minuit ; les douze coups de minuit sonnés au coucou du laboratoire, elle s’était levée, avait embrassé M. Stangerson, lui souhaitant une bonne nuit. Elle m’avait dit : « Bonsoir, père Jacques ! » et avait poussé la porte de la « Chambre Jaune ». Nous l’avions entendue qui fermait la porte à clef et poussait le verrou, si bien que je n’avais pu m’empêcher d’en rire et que j’avais dit à monsieur : « Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sûr qu’elle a peur de la « Bête du Bon Dieu ! » Monsieur ne m’avait même pas entendu tant il était absorbé. Mais un miaulement abominable me répondit au dehors et je reconnus justement le cri de la « Bête du Bon Dieu !… » que ça vous en donnait le frisson… « Est-ce qu’elle va encore nous empêcher de dormir, cette nuit ? » pensai-je, car il faut que je vous dise, monsieur, que, jusqu’à fin octobre, j’habite dans le grenier du pavillon, au-dessus de la « Chambre Jaune », à seule fin que mademoiselle ne reste pas seule toute la nuit au fond du parc. C’est une idée de mademoiselle de passer la bonne saison dans le pavillon ; elle le trouve sans doute plus gai que le château et, depuis quatre ans qu’il est construit, elle ne manque jamais de s’y installer dès le printemps. Quand revient l’hiver, mademoiselle retourne au château, « car dans la Chambre Jaune, il n’y a point de cheminée. »
» Nous étions donc restés, M. Stangerson et moi, dans le pavillon. Nous ne faisions aucun bruit. Il était, lui, à son bureau. Quant à moi, assis sur une chaise, ayant terminé ma besogne, je le regardais et je me disais : « Quel homme ! Quelle intelligence ! Quel savoir ! » J’attache de l’importance à ceci que nous ne faisions aucun bruit, car « à cause de cela, l’assassin a cru certainement que nous étions partis ». Et tout à coup, pendant que le coucou faisait entendre la demie passé minuit, une clameur désespérée partit de la « Chambre Jaune ». C’était la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin ! À l’assassin ! Au secours ! » Aussitôt des coups de revolver retentirent et il y eut un grand bruit de tables, de meubles renversés, jetés par terre, comme au cours d’une lutte, et encore la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin !… Au secours !… Papa ! Papa ! »
» Vous pensez si nous avons bondi et si M. Stangerson et moi nous nous sommes rués sur la porte. Mais, hélas ! Elle était fermée et bien fermée « à l’intérieur » par les soins de mademoiselle, comme je vous l’ai dit, à clef et au verrou. Nous essayâmes de l’ébranler, mais elle était solide. M. Stangerson était comme fou, et vraiment il y avait de quoi le devenir, car on entendait mademoiselle qui râlait : « Au secours !… Au secours ! » Et M. Stangerson frappait des coups terribles contre la porte, et il pleurait de rage et il sanglotait de désespoir et d’impuissance.
» C’est alors que j’ai eu une inspiration. « L’assassin se sera introduit par la fenêtre, m’écriai-je, je vais à la fenêtre ! » Et je suis sorti du pavillon, courant comme un insensé !
» Le malheur était que la fenêtre de la « Chambre Jaune » donne sur la campagne, de sorte que le mur du parc qui vient aboutir au pavillon m’empêchait de parvenir tout de suite à cette fenêtre. Pour y arriver, il fallait d’abord sortir du parc. Je courus du côté de la grille et, en route, je rencontrai Bernier et sa femme, les concierges, qui venaient, attirés par les détonations et par nos cris. Je les mis, en deux mots, au courant de la situation ; je dis au concierge d’aller rejoindre tout de suite M. Stangerson et j’ordonnai à sa femme de venir avec moi pour m’ouvrir la grille du parc. Cinq minutes plus tard, nous étions, la concierge et moi, devant la fenêtre de la « Chambre Jaune ». Il faisait un beau clair de lune et je vis bien qu’on n’avait pas touché à la fenêtre. Non seulement les barreaux étaient intacts, mais encore les volets, derrière les barreaux, étaient fermés, comme je les avais fermés moi-même, la veille au soir, comme tous les soirs, bien que mademoiselle, qui me savait très fatigué et surchargé de besogne, m’eût dit de ne point me déranger, qu’elle les fermerait elle-même ; et ils étaient restés tels quels, assujettis, comme j’en avais pris le soin, par un loquet de fer, « à l’intérieur ». L’assassin n’avait donc pas passé par là et ne pouvait se sauver par là ; mais moi non plus, je ne pouvais entrer par là !
« C’était le malheur ! On aurait perdu la tête à moins. La porte de la chambre fermée à clef « à l’intérieur », les volets de l’unique fenêtre fermés, eux aussi, « à l’intérieur », et, par-dessus les volets, les barreaux intacts, des barreaux à travers lesquels vous n’auriez pas passé le bras… Et mademoiselle qui appelait au secours !… Ou plutôt non, on ne l’entendait plus… Elle était peut-être morte… Mais j’entendais encore, au fond du pavillon, monsieur qui essayait d’ébranler la porte…
» Nous avons repris notre course, la concierge et moi, et nous sommes revenus au pavillon. La porte tenait toujours, malgré les coups furieux de M. Stangerson et de Bernier. Enfin elle céda sous nos efforts enragés et, alors, qu’est-ce que nous avons vu ? Il faut vous dire que, derrière nous, la concierge tenait la lampe du laboratoire, une lampe puissante qui illuminait toute la chambre.
» Il faut vous dire encore, monsieur, que la « Chambre Jaune » est toute petite. Mademoiselle l’avait meublée d’un lit en fer assez large, d’une petite table, d’une table de nuit, d’une toilette et de deux chaises. Aussi, à la clarté de la grande lampe que tenait la concierge, nous avons tout vu du premier coup d’œil. Mademoiselle, dans sa chemise de nuit, était par terre, au milieu d’un désordre incroyable. Tables et chaises avaient été renversées montrant qu’il y avait eu là une sérieuse « batterie ». On avait certainement arraché mademoiselle de son lit ; elle était pleine de sang avec des marques d’ongles terribles au cou — la chair du cou avait été quasi arrachée par les ongles — et un trou à la tempe droite par lequel coulait un filet de sang qui avait fait une petite mare sur le plancher. Quand M. Stangerson aperçut sa fille dans un pareil état, il se précipita sur elle en poussant un cri de désespoir que ça faisait pitié à entendre. Il constata que la malheureuse respirait encore et ne s’occupa que d’elle. Quant à nous, nous cherchions l’assassin, le misérable qui avait voulu tuer notre maîtresse, et je vous jure, monsieur, que, si nous l’avions trouvé, nous lui aurions fait un mauvais parti. Mais comment expliquer qu’il n’était pas là, qu’il s’était déjà enfui ?… Cela dépasse toute imagination. Personne sous le lit, personne derrière les meubles, personne ! Nous n’avons retrouvé que ses traces ; les marques ensanglantées d’une large main d’homme sur les murs et sur la porte, un grand mouchoir rouge de sang, sans aucune initiale, un vieux béret et la marque fraîche, sur le plancher, de nombreux pas d’homme. L’homme qui avait marché là avait un grand pied et les semelles laissaient derrière elles une espèce de suie noirâtre. Par où cet homme était-il passé ? Par où s’était-il évanoui ? « N’oubliez pas, monsieur, qu’il n’y a pas de cheminée dans la Chambre Jaune ». Il ne pouvait s’être échappé par la porte, qui est très étroite et sur le seuil de laquelle la concierge est entrée avec sa lampe, tandis que le concierge et moi nous cherchions l’assassin dans ce petit carré de chambre où il est impossible de se cacher et où, du reste, nous ne trouvions personne. La porte défoncée et rabattue sur le mur ne pouvait rien dissimuler, et nous nous en sommes assurés. Par la fenêtre restée fermée avec ses volets clos et ses barreaux auxquels on n’avait pas touché, aucune fuite n’avait été possible. Alors ? Alors… je commençais à croire au diable.
» Mais voilà que nous avons découvert, par terre, « mon revolver ». Oui, mon propre revolver… Ça, ça m’a ramené au sentiment de la réalité ! Le diable n’aurait pas eu besoin de me voler mon revolver pour tuer mademoiselle. L’homme qui avait passé là était d’abord monté dans mon grenier, m’avait pris mon revolver dans mon tiroir et s’en était servi pour ses mauvais desseins. C’est alors que nous avons constaté, en examinant les cartouches, que l’assassin avait tiré deux coups de revolver. Tout de même, monsieur, j’ai eu de la veine, dans un pareil malheur, que M. Stangerson se soit trouvé là, dans son laboratoire, quand l’affaire est arrivée et qu’il ait constaté de ses propres yeux que je m’y trouvais moi aussi, car, avec cette histoire de revolver, je ne sais pas où nous serions allés ; pour moi, je serais déjà sous les verrous. Il n’en faut pas davantage à la justice pour faire monter un homme sur l’échafaud ! »
Le rédacteur du Matin faisait suivre cette interview des lignes suivantes :
« Nous avons laissé, sans l’interrompre, le père Jacques nous raconter grossièrement ce qu’il sait du crime de la « Chambre Jaune ». Nous avons reproduit les termes mêmes dont il s’est servi ; nous avons fait seulement grâce au lecteur des lamentations continuelles dont il émaillait sa narration. C’est entendu, père Jacques ! C’est entendu, vous aimez bien vos maîtres ! Vous avez besoin qu’on le sache, et vous ne cessez de le répéter, surtout depuis la découverte du revolver. C’est votre droit et nous n’y voyons aucun inconvénient ! Nous aurions voulu poser bien des questions encore au père Jacques — Jacques-Louis Moustier — mais on est venu justement le chercher de la part du juge d’instruction qui poursuivait son enquête dans la grande salle du château. Il nous a été impossible de pénétrer au Glandier, — et, quant à la Chênaie, elle est gardée, dans un large cercle, par quelques policiers qui veillent jalousement sur toutes les traces qui peuvent conduire au pavillon et peut-être à la découverte de l’assassin.
» Nous aurions voulu également interroger les concierges, mais ils sont invisibles. Enfin nous avons attendu dans une auberge, non loin de la grille du château, la sortie de M. de Marquet, le juge d’instruction de Corbeil. À cinq heures et demie, nous l’avons aperçu avec son greffier. Avant qu’il ne montât en voiture, nous avons pu lui poser la question suivante :
» — Pouvez-vous, monsieur de Marquet, nous donner quelque renseignement sur cette affaire, sans que cela gêne votre instruction ?
» — Il nous est impossible, nous répondit M. de Marquet, de dire quoi que ce soit. Du reste, c’est bien l’affaire la plus étrange que je connaisse. « Plus nous croyons savoir quelque chose, plus nous ne savons rien ! »
» Nous demandâmes à M. de Marquet de bien vouloir nous expliquer ces dernières paroles. Et voici ce qu’il nous dit, dont l’importance n’échappera à personne :
» — Si rien ne vient s’ajouter aux constatations matérielles faites aujourd’hui par le parquet, je crains bien que le mystère qui entoure l’abominable attentat dont Mlle Stangerson a été victime ne soit pas près de s’éclaircir ; mais il faut espérer, « pour la raison humaine », que les sondages des murs, du plafond et du plancher de la « Chambre Jaune », sondages auxquels je vais me livrer dès demain avec l’entrepreneur qui a construit le pavillon il y a quatre ans, nous apporteront la preuve qu’il ne faut jamais désespérer de la logique des choses. Car le problème est là : nous savons par où l’assassin s’est introduit, — il est entré par la porte et s’est caché sous le lit en attendant Mlle Stangerson ; — mais par où est-il sorti ? Comment a-t-il pu s’enfuir ? Si l’on ne trouve ni trappe, ni porte secrète, ni réduit, ni ouverture d’aucune sorte, si l’examen des murs et même leur démolition — car je suis décidé, et M. Stangerson est décidé à aller jusqu’à la démolition du pavillon — ne viennent révéler aucun passage praticable, « non seulement pour un être humain, mais encore pour un être quel qu’il soit », si le plafond n’a pas de trou, si le plancher ne cache pas de souterrain, « il faudra bien croire au diable, comme dit le père Jacques ! »
Et le rédacteur anonyme fait remarquer, dans cet article — article que j’ai choisi comme étant le plus intéressant de tous ceux qui furent publiés ce jour-là sur la même affaire — que le juge d’instruction semblait mettre une certaine intention dans cette dernière phrase : « il faudra bien croire au diable, comme dit le père Jacques. »
L’article se termine sur ces lignes : « Nous avons voulu savoir ce que le père Jacques entendait par : « le cri de la Bête du Bon Dieu ». On appelle ainsi le cri particulièrement sinistre, nous a expliqué le propriétaire de l’auberge du Donjon, que pousse, quelquefois, la nuit, le chat d’une vieille femme, la mère « Agenoux », comme on l’appelle dans le pays. La mère « Agenoux » est une sorte de sainte qui habite une cabane, au cœur de la forêt, non loin de la « grotte de Sainte-Geneviève ».
« La Chambre Jaune, la Bête du Bon Dieu, la mère Agenoux, le diable, sainte Geneviève, le père Jacques », voilà un crime bien embrouillé, qu’un coup de pioche dans les murs nous débrouillera demain ; espérons-le, du moins, « pour la raison humaine », comme dit le juge d’instruction. En attendant, on croit que Mlle Stangerson, qui n’a cessé de délirer et qui ne prononce distinctement que ce mot : « Assassin ! Assassin ! Assassin !… ne passera pas la nuit… »
Enfin, en dernière heure, le même journal annonçait que le chef de la Sûreté avait télégraphié au fameux inspecteur Frédéric Larsan, qui avait été envoyé à Londres pour une affaire de titres volés, de revenir immédiatement à Paris.
Un peu de ciel bleu
https://2tout2rien.fr/les-orgues-basaltiques-du-canyon-studlagil-en-islande/
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Caroline du Nord, Etats-Unis - Ken Charles Barger (1945-1992) dort paisiblement quand son téléphone se met à sonner et le tire brutalement du sommeil. Encore à moitié dans les bras de Morphée, il tend la main pour répondre… letempsduncafe.b1001d.fr/anecdote/rev...
🤔 Ah oui ? Prouve-le : 18 x 369, ça fait combien ?
🧐 1024
🤔 C'est faux.
🧐 Oui mais j'ai été rapide.
Le sentier de randonnée de Sanxia Long Ridge, également connu sous le nom de La crête du dragon des Trois Gargantes, se situe à Wushan dans la municipalité de Chongqing en Chine. Il s’étend sur environ 12 km
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles : Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.
Arthur Rimbaud (20 oct. 1854 - 10 nov. 1891) 🌟
https://2tout2rien.fr/chisho-takaoka-alias-tehura-la-geisha-qui-sest-coupe-un-doigt-pour-son-amant/
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Ce lézard ceinturé géant vit dans les prairies d’Afrique du Sud, creuse ses propres terriers et peut approcher 40 cm.
Le nom du genre rend hommage au dragon du Hobbit. 🐉
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photo:Juan Ramos Martos
Probablement albinos, un phénomène particulièrement exceptionnel chez le cerf élaphe. Il évoque le légendaire « White Hart », animal chargé de symboles et emblème personnel du roi Richard II d’Angleterre.
Photo : Brian Johnston
Bonne fête à tous les paquets cadeaux !
En 1977, elle accède à la célébrité grâce à son interprétation de la princesse Leia dans la série de science-fiction « Star Wars » créée par George Lucas.
fr.wikipedia.org/wiki/Carrie_...
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