BONJOUR
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A la une,
Mme DE MAINTENON : QUAND LE ROI-SOLEIL SE MARIE DANS L’OMBRE PAR AMOUR 📆 9 octobre 1683
LES FILS DE PÉPIN SACRÉS À LEUR TOUR ROIS DES FRANCS 📆 9 octobre 768
CETTE BRETONNE AUX MULTIPLES VERTUS 📆 9 octobre
Aujourd’hui, l’éphéméride
Toutes les heures, l’oeuvre du jour, quelques connaissances, un peu d’humour, un instant de vie, à la maison et au jardin, un peu de lecture
Au fil de la journée, un peu de ciel bleu
Sans oublier d’activer vos méninges
Les célébrations notables
Les évènements notables
1981 - Abolition de la peine de mort en France
Le 9 octobre 1981, la France abolit la peine de mort sous la présidence de François Mitterrand. Portée par le garde des Sceaux Robert Badinter, la loi est votée à l’Assemblée nationale après de vifs débats. La France rejoint ainsi le mouvement abolitionniste mondial, faisant de ce jour une date historique pour les droits humains et la justice pénale.
1890 - 1er vol de l'avion Éole, de l'ingénieur français Clément Ader
Le 9 octobre 1890, l’ingénieur Clément Ader réalise le premier envol motorisé avec son appareil Éole. Bien que l’appareil n’ait parcouru qu’une cinquantaine de mètres et sans réel contrôle, cet essai marque une étape fondatrice dans l’histoire de l’aviation, plusieurs années avant les frères Wright.
1683 - Louis XIV épouse en secret Madame de Maintenon, en 2nde noces
Le 9 octobre 1683, quelques mois après la mort de la reine Marie-Thérèse, Louis XIV épouse secrètement Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon. Cette union morganatique, sans reconnaissance officielle, scelle une profonde complicité spirituelle et morale entre le roi et celle qui influencera fortement la cour et la politique royale... lire l'article
768 - Charles, futur Charlemagne, et Carloman Ier sont élus rois des Francs suite à la mort de leur père Pépin le Bref
Le 9 octobre 768, à la suite du décès de Pépin le Bref, Carloman Ier est proclamé roi des Francs, régnant sur l’est et le sud du royaume, tandis que son frère Charlemagne gouverne l’ouest. Leur rivalité marquera les débuts mouvementés de la dynastie carolingienne. Après la mort de Carloman, Charles réunifiera le royaume carolingien appelé à devenir empire, devenant une figure majeure de l’histoire européenne... lire l'article
Les naissances et décès notables
1986 - Naissance de Laure Manaudou, nageuse française
1964 - Naissance de Guillermo del Toro, réalisateur, scénariste, romancier et producteur de cinéma mexicain
1823 - Naissance de Mary Ann Shadd Cary, journaliste et avocate américano-canadienne engagée contre l'esclavagisme, 1ère afro-américaine à fonder un hebdomadaire en Amérique du Nord
2017 - Décès de Jean Rochefort, comédien français
2006 - Décès de Coccinelle, artiste transgenre française
1978 - Décès de Jacques Brel, chanteur et acteur belge
1974 - Décès de Oskar Schindler, industriel allemand, Juste parmi les nations
1970 - Décès de Jean Giono, écrivain français académicien Goncourt
1967 - Décès de Ernesto « Che » Guevara, médecin et révolutionnaire argentin
L’œuvre du jour
William Michael Harnett
The MET
Datée de 1888, Still Life—Violin and Music (« Nature morte, violon et musique ») de William Michael Harnett est l’un des joyaux du trompe-l’œil américain conservés au Metropolitan Museum of Art de New York. Contre une porte en bois légèrement entrouverte, Harnett dispose un violon usé, un archet, un piccolo, une feuille de musique déchirée, un fer à cheval, une boîte à allumettes métallique et un petit cartellino portant sa signature.
Tout est peint à taille réelle, sans trace de coup de pinceau visible, avec des ombres portées et des détails hyper-réalistes : le coin de la partition qui se soulève, la corde du violon qui projette son ombre, la rouille des charnières… Autant d’effets destinés à « tromper l’œil » et à faire croire que les objets sont réellement suspendus devant nous.
Derrière cette prouesse technique se lit une méditation sur le temps qui passe : l’instrument, poussiéreux et silencieux, évoque les plaisirs révolus, tandis que la musique inscrite sur la feuille – une ballade irlandaise – rappelle les origines de l’artiste, né en Irbefore avant d’émigrer aux États-Unis. Dans une Amérique en pleine industrialisation, Harnett oppose à la production de masse la valeur de l’objet fait main, lentement ciselé par la main du peintre.
Un tableau à regarder de près… jusqu’à ce que l’envie prenne de tendre la main pour détacher le violon.
Savais-tu ?
La dame en noir de la banque d’Angleterre
L’histoire la plus célèbre liée à la banque d’Angleterre est celle de Sarah Whitehead, parfois appelée « the Black Nun » ou « the Old Lady of Threadneedle Street » dans les versions populaires. Son frère, employé de banque ou commis lié à la Banque, aurait été accusé de falsification de titres (ou de fraude) et exécuté à la fin du XVIIIᵉ ou au début du XIXᵉ siècle. Déséquilibrée par ce drame, Sarah se serait présentée chaque jour à la Banque pour demander où était son frère, habillée de deuil, en noir de la tête aux pieds.
La légende raconte que, pour mettre fin au scandale, la Banque lui aurait versé une rente à condition qu’elle cesse de venir, mais que son esprit n’aurait jamais accepté le compromis. Depuis, son fantôme en robe noire hanterait encore les abords de la Banque la nuit, demandant à des passants où est son frère. Beaucoup de récits de fantômes londoniens mentionnent encore cette « Dame en noir » comme l’un des esprits emblématiques de la City.
« Alarmant » n’est pas « Alarmiste »
Dire « la montée du niveau de la mer est alarmante parce qu’elle menace des millions de personnes selon les modèles actuels » est un énoncé descriptif fondé sur des études ; dire « la civilisation humaine s’effondrera dans dix ans si vous ne changez pas tout maintenant » est une formulation typiquement qualifiée d’alarmiste si elle repose sur une extrapolation non justifiée.
Cette distinction importe parce qu’un message qualifié d’« alarmant » peut pousser à des politiques prudentes et à des investissements préventifs, tandis qu’un discours « alarmiste » risque d’user la crédibilité des lanceurs d’alertes — et de renforcer le scepticisme ou la paralysie face au problème réel.
Bref : alerter sur un danger réel est nécessaire ; dramatiser sans fondement est contre‑productif.
Un peu d’humour
Le paysan et la vieille dame
Un paysan s’arrête au garage du coin pour faire réparer sa camionnette. Il y a au moins trois heures d’attente pour la réparation, et comme il n’ habite pas loin il décide de rentrer à pied.
Sur le chemin du retour, il s’arrête dans une boutique et achète un seau et une boite de 5 kg de peinture. Puis il se rend dans une autre boutique et prend deux poules et une oie. Mais, arrivé dehors, il a un problème : comment porter tous ces achats jusqu’à la maison ?
Pendant qu’il se gratte la tête, une petite vieille s’approche de lui et lui explique qu’elle est perdue. Elle lui demande : « Pouvez-vous me dire comment aller au 160 allée des lilas ? »
Le paysan lui répond : « Eh bien, en fait, ma ferme est tout près de cette maison. Je me mettrais bien en route, mais je n’ arrive pas à porter tout ceci ».
La vieille dame suggère : « Pourquoi ne mettez-vous pas la boite de peinture dans le seau. Portez le seau d’une main, mettez une poule sous chaque bras et portez l’oie dans l’autre main ? »
« Merci bien », répondit-il, et il se mit en route avec la vieille dame.
En cours de route, il lui indique un petit chemin : »Prenons mon raccourci et descendons par ce sentier. Nous y serons en un rien de temps ».
La petite vieille le regarde attentivement : « Je suis une veuve sans personne pour me défendre… Qui me dit que quand nous serons dans le sentier, vous n’allez pas me coincer contre un arbre, retrousser ma jupe et me faire Dieu sait quoi ? »
Le paysan s’exclama : »Cré vingt dieux, ma petite dame, je porte un seau, une boite de 5 kg de peinture, deux poules et une oie.
Comment diable pourrais-je vous coincer contre un arbre et faire ça ? »
La vieille dame répondit : « Posez l’oie, recouvrez-la avec le seau, mettez la boite de peinture sur le seau, et je tiendrai les poules… »
L’application « Cerveau »
🤔 Je pense que si on dit aux gens que leur cerveau est une application, ils commenceront à l’utiliser… en précisant bien, qu’en plus, elle est gratuite.
Une New Atlantis éphémère
Leicester Hemingway, frère cadet d’Ernest Hemingway, fonde le 4 juillet 1964 New Atlantis, une micronation éphémère. Elle consiste en un radeau de bambou ancré sur un banc de sable dans les eaux internationales des Caraïbes, à 10-15 km au large de la Jamaïque.
Leicester, aventurier et journaliste, s’inspire du Guano Islands Act américain de 1856 pour revendiquer la souveraineté, arguant que des fientes d’oiseaux sur le radeau en font un territoire exploitable. Il installe une barge d’environ 22 m², divise le radeau en deux moitiés symboliques (une américaine, l’autre New Atlantis), et rédige une constitution inspirée de celle des États-Unis sur sa machine à écrire.
L’initiative vise à promouvoir la recherche marine, protéger la pêche locale et créer un aquarium. Leicester se proclame président, émet une monnaie, des timbres-poste et un drapeau (triangle jaune inversé sur fond bleu). Parmi les six « citoyens » figurent sa famille, un agent de la CIA et une assistante liée à la mafia.
Malgré des recrutements de personnalités (comme Lady Pamela Bird), aucune reconnaissance internationale n’intervient. Des tempêtes tropicales détruisent plusieurs versions du radeau, et le projet s’arrête définitivement en 1966.
Instant de vie

À l’abri des halles, dont les poutres séculaires portent encore la mémoire des marchés d’autrefois, je m’installe à une table de café – instant attendu. Autour de moi, les moineaux s’affairent, familiers et confiants, picorant les miettes du déjeuner comme s’ils étaient ici chez eux. Plus haut, sur la robuste charpente de chêne brut, les pigeons observent le monde avec une tranquille supériorité, dominant de leur perchoir les allées et venues des touristes.
À peine assis, le garçon – qui connaît mes habitudes – apparaît, déposant devant moi mon café avec une discrétion presque rituelle, – Instant privilégié.
Un roquet, dissimulé sous une table, s’agite soudain et apostrophe un mastiff de passage, impassible, qui poursuit sa route sans lui accorder le moindre regard – il ne doute de rien celui-là. Est-ce ce vacarme qui trouble l’air, je ne saurais dire, mais un bambin s’éveille et se met à pleurer avec une intensité sans mesure. Les regards convergent vers lui, comme si l’innocence du tumulte était plus condamnable que ce gêneur, un peu plus loin, qui débite à voix haute ses malheurs amoureux au téléphone.
Ah… la vie en terrasse.
Et déjà, comme un écho inévitable, un groupe bruyant s’approche, porteur d’une agitation nouvelle, – l’instant se fissure.
Je soupire doucement. Il sera temps de revenir. À une heure plus clémente, plus silencieuse – pour lire, enfin, mon journal.
A la maison et au jardin
Parmentier de boudin aux pommes
Pour 4 personnes, compter 20 minutes de préparation et 55 minutes de cuisson.
Ingrédients : 250 g de boudin noir – 500 g de pommes de terre Marabel – 500 g de pommes Boskoop – 2 oignons blancs – Chapelure brune – 40 g de beurre – 20 g de sucre – 40 g de crème fraîche – Thym – 1 pincée de curcuma – Huile d’olive – Fleur de sel – Salade mélangée
Peler les pommes de terre et les cuire dans de l’eau bouillante pendant 30 min. Les passer au moulin à légumes pour réaliser une purée. Saler, poivrer et ajouter une pincée de curcuma. Incorporer la crème et le beurre tout en remuant.
Faire suer les oignons blancs sans coloration avec une noix de beurre et l’huile d’olive. En cours de cuisson, ajouter le sucre. Saler et poivrer.
Tailler les pommes en gros dés. Les faire cuire avec le reste de beurre dans une casserole à feu doux jusqu’à obtention d’une compotée. Ajouter une pincée de sel.
Poêler les boudins à feu moyen. Après cuisson, les ouvrir en deux et récupérer la chaire à l’aide d’une cuillère. La mélanger aux oignons et ajouter le thym selon sa convenance.
Dans un plat à gratin, monter le parmentier par couches successives : purée de pommes de terre, boudin et compote de pommes. Terminer par la chapelure.
Enfourner à 180°C (th.6) pendant 15 min. Servir avec une salade mélangée.
Un bougeoir original avec de vieux couverts

Donnez une seconde vie à de vieux couverts en fabriquant un bougeoir aussi simple qu’original.
Pour ce bricolage, il vous faut une petite pièce de bois d’environ 10 × 10 cm, une vieille cuillère à soupe, une fourchette en métal — de préférence provenant du même service — quelques vis, une pince et une bougie.
Commencez par poncer et, si vous le souhaitez, peindre ou teinter le support en bois. Courbez ensuite le manche de la cuillère afin de pouvoir le visser sur le support. Le cuilleron, placé au centre, doit rester horizontal : il servira de coupelle à la bougie.
Fixez la fourchette en face de la cuillère. Courbez son manche vers le centre, tournez le fourchon d’un quart de tour pour le placer à l’horizontale, puis recourbez ses dents en demi-cercle. Elles formeront un petit anneau destiné à maintenir la bougie bien droite.
Il ne reste plus qu’à installer la bougie dans le cuilleron et à vérifier que l’ensemble est stable. Vous obtenez ainsi un bougeoir décoratif, fabriqué avec des objets récupérés et quelques gestes simples.
N’oubliez pas : une bougie allumée ne doit jamais être laissée sans surveillance et doit rester éloignée de tout matériau inflammable.
Activation des méninges
Jeu en cours de test
A – Bleu à bretelles
B – Refuse dans le désordre – Extirpais
C – Ville à OVNI
D – De François… ou Léon
E – Rendre hommage
F – Nettoient à fond
G – Elle s’occupe du boulot à l’internationale – Règle
H – Face à Hendaye – Echelle à Saumon
I – Il sent mauvais de la bouche
J – Bien intégré – Boisson d’hiver
K – Delon avec un don – Chevalier en jupons – Dans la pliure
L – Charnelle
1 – Chiffon de parterre
2 – Bufle nain d’asie – Pronom, article
3 – Langage informatique – De vraies porcheries
4 – Premier mot dans le nord
5 – Faisait sauter – Proposition de choix
6 – Fragments de métal – 55 à Rome – Délice lyonnais
7 – Poudre blanche – Tri mélangé
8 – Accompagne le punch – Greffe sur – Langue ancienne
9 – A triché avec César
Jeu en cours de test
Clavier : flèches pour se déplacer, 1 à 9 pour saisir, Suppr pour effacer, N pour basculer en mode notes. Votre progression est enregistrée automatiquement dans ce navigateur.
Un nouveau puzzle vous est présenté tous les lundi. Pour le conserver, vous pouvez enregistrez sa page dans les signets du navigateur.

Faites glisser une pièce du bac (tournée de 90°, 180° ou 270°) sur une case blanche du plateau ou sélectionnez-la puis cliquez sur l'endroit où la déplacer. Double-cliquez sur une pièce pour la tourner de 90°. Les pièces correctement placées sont entourées d'un bord vert.
A venir
Espace lecture
Le baiser du dragon – Ysabelle Lacamp

Le Baiser du dragon est un roman historique et picaresque publié en 1988 par Ysabelle Lacamp, autrice, comédienne et spécialiste des langues orientales. L’œuvre se distingue par son ton truculent, son vocabulaire riche et son inspiration rabelaisienne, mêlant humour, violence et fantaisie dans un cadre historique précis.
L’action se déroule en Chine du Sud au Xᵉ siècle, plus précisément en l’an 937, durant la période troublée des « Cinq Dynasties et Dix Royaumes ». Cette époque de fragmentation politique et d’instabilité favorise les intrigues, les trahisons et les luttes de pouvoir, ce qui constitue une toile de fond idéale pour un récit d’aventures.
Le seigneur Tsao fait halte dans son manoir avant de livrer à son suzerain un précieux chargement : deux cassettes de perles. Ce trésor excite immédiatement les convoitises et provoque un basculment des destins. Au cœur de cette aventure se trouve Shu-Meï, une adolescente qui refuse le mode de vie imposé aux femmes de son époque et rêve de liberté et de chevauchées. Autour d’elle gravite une galerie de personnages aux noms évocateurs : Tigre Hilare, Passion Éteinte, Triton Flageolant, Étron Pensif, etc. L’intrigue s’enchaîne au rythme des orgies, cavalcades, trahisons et supplices raffinés, dans un monde où se croisent mandarins corrompus, courtisanes bafouées, bonzes égrillards et coupe-jarret.
Ysabelle Lacamp signe ici un roman picaresque et cocasse, au vocabulaire riche et imagé. L’écriture est vivante, rythmée, et s’inscrit dans une tradition littéraire où l’on « se bat comme on aime : en riant ». Le mélange de registres — du plus raffiné au plus grossier — contribue à l’effet de dépaysement et d’amusement. Le Baiser du dragon offre une évasion ludique dans un univers historique exotique et mouvementé. Il séduit les lecteurs en quête d’aventures, d’humour noir et de personnages mémorables. L’autrice, par sa maîtrise des langues orientales et son sens du récit, réussit à créer une Chine médiévale à la fois crédible et fantasmée.
Le dormeur du Val – Arthur Rimbaud
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Octobre 1870.
Le temps d’une nouvelle
Le corbeau – Edgar Allan Poe
Traduction par Charles Baudelaire (1871)
Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus. »
Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, — et qu’ici on ne nommera jamais plus.
Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin, pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur qui sollicite l’entrée à la porte de ma chambre, quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; — c’est cela même, et rien de plus. »
Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, — dis-je, — ou madame, en vérité j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais, et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu taper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; — les ténèbres, et rien de plus !
Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » — C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » — Purement cela, et rien de plus.
Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, — dis-je, — sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; — c’est le vent, et rien de plus. »
Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais, avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; — il se percha, s’installa, et rien de plus.
Alors cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, — lui dis-je, — soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la Nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que Jamais plus !
Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, — jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »
Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : « Sans doute, — dis-je, — ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : Jamais, jamais plus !
Mais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son Jamais plus !
Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur ; je cherchais à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, — ah ! jamais plus !
Alors il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient des séraphins dont les pas frôlaient le tapis de la chambre. « Infortuné ! — m’écriai-je, — ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon, mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, — dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce Ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! — hurlai-je en me redressant. — Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la Nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !
Dans Le Corbeau (The raven), l’un des poèmes narratifs les plus célèbres d’Edgar Allan Poe, l’auteur met en scène un homme plongé dans le chagrin après la mort de sa bien-aimée, Lénore. Une nuit, alors qu’il lit seul dans sa chambre, un mystérieux corbeau entre par la fenêtre et se pose au-dessus de la porte.
Le narrateur l’interroge, mais l’oiseau ne répond que par ces deux mots : « Jamais plus ». Cette formule obsédante ravive sa douleur et transforme peu à peu la scène en cauchemar.
À travers une atmosphère sombre et fantastique, Poe évoque le deuil, la mémoire et la folie. Le corbeau devient le symbole d’une souffrance dont l’homme ne parvient pas à se libérer : son âme, prisonnière de l’ombre du corbeau, ne s’élèvera « jamais plus ».
Un peu de ciel bleu
😏 Je ne sais pas. Tu as vérifié sous ton lit ?
😳 ...
😏 Bonne nuit mon chéri (biz)... j'éteins la lumière ?
1️⃣ Cuire les spaghettis dans une eau bouillante salée
2️⃣ Les transférer dans une poêle avec une bonne sauce tomate
3️⃣ Laisser cramer le fond pour bien les « assassiner ». Et voilà !
Mais il y a mieux... letempsduncafe.b1001d.fr/cuisine/spag...
Incertain
Au Soir
De Pénombre
Tu me
Manques,
De l’Aube
À
L’Aube
Je t’attends,
Tu es toute mon
Âme
Et mon
Cœur
Absolu.
Ces montagnes en forme de lame se trouvent au cœur du Canyon de Lanyng, dans la réserve naturelle nationale de Wulipo située dans le district de Wuxi à Chongqing en Chine
😳 Oh oui...
😏 Alors prends le bus.
quelques jours après la mort de Pépin le Bref, ses deux fils accèdent au trône. Charles, le futur Charlemagne, est acclamé et sacré à Noyon ; son frère cadet Carloman l’est à Soissons. Ce jour-là, le royaume des Francs se divise entre deux rois carolingiens...
Bonne fête à tous les sacs à bière !
Engagée contre l'esclavage, elle est la première afro-américaine à fonder un hebdomadaire en Amérique du Nord.
fr.wikipedia.org/wiki/Mary_An...
#CeJourLà
La halle du Marché aux Légumes, place Billard, date de 1899. Détail moins visible : elle se trouve sur l’ancien emplacement du château comtal de la ville.
📸DenisDoukhan
#Chartres #Architecture
L’Anneau de Brodgar se situe sur Mainland, l’île principale de l’archipel des Orcades dans le nord de l’Ecosse. Ce monument néolithique est un cercle de pierres levées érigé sur une étroite bande de terre séparant le Loch de Harray et le Loch de Stenness
Elle est l'une des poétesses de langue russe les plus originales du XXème siècle. Mal aimée durant la période stalinienne, son œuvre est réhabilitée dans les années 1960 📚.
fr.wikipedia.org/wiki/Marina_...
#CeJourLà
La journée mondiale de procrastination est reportée à demain.
L’Inrap lance la nouvelle version de son iconothèque « Images d’archéologie » : plus de 10 000 images sont désormais accessibles à tous dans une navigation repensée.
Découvrir la nouvelle iconothèque 👉 images-archeologie.inrap.fr
