BONJOUR
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A la une,
QUAND LES CHARS ÉCRASAIENT LA LIBERTÉ À BUDAPEST 📆 4 novembre 1956
IL Y A 300 ANS, LES ATTESTATIONS DE DÉPLACEMENT EXISTAIENT DÉJÀ 📆 4 novembre 1720
Aujourd’hui, l’éphéméride
Toutes les heures, l’oeuvre du jour, quelques connaissances, un peu d’humour, un instant de vie, à la maison et au jardin, un peu de lecture
Au fil de la journée, un peu de ciel bleu
Sans oublier d’activer vos méninges
Les célébrations notables
Bonne fête aux Charles
Jour de l'endive le 14 brumaire
Les évènements notables
2008 - Election de Barack Obama à la présidence des États-Unis
Le 4 novembre 2008, Barack Obama devient le 44ᵉ président des États-Unis et le premier Afro-Américain à accéder à la Maison-Blanche. Sa campagne, axée sur l’espoir et le changement, mobilise massivement l’électorat. Son élection marque un moment symbolique dans l’histoire américaine. Il affrontera la crise financière et entamera des réformes majeures, dont l’Affordable Care Act.
1984 - Ouverture d'antenne de Canal+, 1ère chaîne de télévision à péage en France
Le 4 novembre 1984, Canal+ inaugure en France la télévision cryptée par abonnement. La chaîne diffuse cinéma, sports et programmes originaux, bouleversant le paysage audiovisuel. Son modèle financier permet des productions ambitieuses. Canal+ deviendra un acteur majeur du cinéma européen et favorisera l’essor de séries françaises. L’arrivée du cryptage marque l’évolution vers la télévision à valeur ajoutée.
1980 - Election de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis
Le 4 novembre 1980, ancien gouverneur de Californie, Reagan remporte une large victoire contre Jimmy Carter. Sa présidence incarne un virage conservateur, avec baisse des impôts, dérégulation et fermeté envers l’URSS. Le “Reaganomics” influence durablement l’économie américaine. Son discours optimiste contribue à restaurer la confiance nationale dans un contexte de crise internationale.
1979 - Prise d'assaut de l'ambassade américaine à Téhéran
Le 4 novembre 1979, des étudiants islamistes envahissent l’ambassade et prennent 52 otages, dénonçant l’accueil du Shah par les États-Unis. La crise dure 444 jours et détériore profondément les relations irano-américaines. L’événement renforce la révolution islamique et affaiblit le président Carter. Il marque durablement la géopolitique du Moyen-Orient et l’image de l’Iran.
1956 - Entrée de l'armée soviétique dans Budapest
Le 4 novembre 1956, face à l’insurrection hongroise contre le régime communiste, l’URSS intervient massivement pour rétablir son contrôle. Les combats font des milliers de victimes et entraînent un exode important. L’écrasement du soulèvement confirme la domination soviétique sur l’Europe de l’Est. Cette répression choque l’opinion internationale et symbolise la dureté du bloc soviétique... lire l'article
1922 - Découverte du Tombeau de Toutânkhamon par Howard Carter
Le 4 novembre 1922, dans la Vallée des Rois, Howard Carter découvre la sépulture presque intacte de Toutânkhamon. Le trésor et l’état de conservation exceptionnels fascinent le monde. La découverte relance l’égyptologie moderne, malgré la mort ultérieure du financier Carnarvon, alimentant la légende de la “malédiction des pharaons”. Le tombeau devient l’un des symboles majeurs de l’Antiquité égyptienne.
1720 - Attestation de déplacement émise pendant l’épidémie de peste de 1720 en Provence
Le 4 novembre 1720, pour contenir la peste à Marseille et en Provence, les autorités instaurent des mesures de contrôle sévères. Les déplacements sont restreints et soumis à attestation, préfigurant des pratiques sanitaires modernes. Ces documents limitent la propagation du fléau. Malgré cela, l’épidémie fait des dizaines de milliers de morts, dernière grande peste en France métropolitaine... lire l'article
1429 - Victoire de Jeanne d'Arc, lors du siège de Saint-Pierre-le-Moûtier
Le 4 novembre 1429, Jeanne d’Arc mène une offensive contre les Bourguignons et obtient une victoire décisive. Malgré des effectifs réduits, elle galvanise les troupes françaises. Ce succès contribue à la reconquête du territoire durant la guerre de Cent Ans. L’exploit renforce sa légende guerrière et son influence auprès du roi Charles VII.
1380 - Charles VI est couronné roi de France
Le 4 novembre 1380, à Reims, Charles VI, âgé de 11 ans, accède au trône. Sa minorité entraîne une régence disputée entre oncles influents. Son règne sera marqué par de graves crises politiques et par ses troubles mentaux, plongeant le royaume dans les tensions entre Armagnacs et Bourguignons. Ces divisions affaibliront la France face à l’Angleterre durant la guerre de Cent Ans.
Les naissances et décès notables
1963 - Naissance de Nicolas Canteloup, humoriste et imitateur français
1940 - Naissance de Marlène Jobert, actrice puis conteuse française pour enfants
2018 - Décès de Jean-Jacques Bastian, résistant alsacien pendant la 2nde Guerre Mondiale
1982 - Décès de Jacques Tati, réalisateur et acteur français
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L’œuvre du jour
Franz Xaver Messerschmidt, Autrichien né en Allemagne, 1736–1783
The MET
À la fin de sa vie, Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783) est obsédé par la réalisation d’une série d’autoportraits sculptés aux expressions faciales extrêmes, qu’il appelle ses « têtes de caractère ».
Entre 1770 et 1783, Messerschmidt sculpte dans son atelier, d’abord à Vienne puis à Bratislava (alors Presbourg), une soixantaine de bustes en alliage d’étain et de plomb représentant son propre visage déformé par des grimaces violentes : lèvres pincées, mâchoires crispées, yeux exorbités, bouche ouverte, etc. Ces « têtes de caractère » (ainsi nommées après sa mort) sont des autoportraits destinés à figer des états d’âme et des passions humaines : le mélancolique, l’hypocondriaque, le satirique, l’obstiné, le vexé, etc.
Selon son ami l’écrivain et philosophe Friedrich Nicolai, Messerschmidt se disait persécuté par un « esprit des proportions » qui le tourmentait moralement et physiquement, notamment par des douleurs dans le bas-ventre et les cuisses. Pour tenter de maîtriser cet esprit et de contrôler ses propres expressions, il se pinçait le corps très fort devant un miroir jusqu’à grimacer, puis reproduisait ces grimaces en sculpture. Il regardait son reflet toutes les trente secondes et ajustait minutieusement la grimace qu’il voulait immortaliser.
Écarté de l’Académie impériale des Beaux-Arts de Vienne à cause de sa « curieuse santé » et des rumeurs sur sa folie (on évoque aujourd’hui paranoïa, schizophrénie ou troubles psychiques), Messerschmidt se retire en 1777 chez son frère à Bratislava, où il continue jusqu’à sa mort, en 1783, à travailler sur ces têtes. Après son décès, 49 des 69 bustes retrouvés dans son atelier sont vendus et exposés en 1793 à Vienne comme des curiosités, avant que l’œuvre ne soit redécouverte et réévaluée aux XIXème et XXème siècles.
Savais-tu ?
Elle est luso-française
L’actrice Aure Atika (née le 12 juillet) est dite luso-française parce qu’elle est née au Portugal, à Monte Estoril, tout en ayant une nationalité française et un parcours largement en France. Le préfixe luso- vient de la Lusitanie, nom romain correspondant en grande partie au Portugal actuel, et sert donc à désigner ce qui est lié au Portugal ou au portugais. Ainsi, « luso-française » signifie simplement « liée à la fois au Portugal et à la France ».
L’échelle de Schmidt
Cette échelle permet de classer la douleur des piqûres d’hyménoptères, surtout abeilles, guêpes et fourmis, selon l’intensité ressentie. Elle fonctionne de 1 à 4, avec l’abeille domestique comme repère autour du niveau 2, une douleur nette mais supportable. Cette échelle sert à comparer de façon à la fois amusante et scientifique la virulence des piqûres entre espèces, sans viser à remplacer une évaluation médicale.
Justin O. Schmidt expérimente chaque piqûre en se laissant piquer volontairement par les insectes étudiés, souvent en utilisant des outils comme des pipettes ou des pinces pour diriger l’insecte vers une zone précise de son corps. Il ressent ensuite la douleur, note immédiatement sa durée, son intensité et ses caractéristiques, tout en attribuant un score entre 1 et 4. Au cours de sa carrière, il se fait piquer des centaines de fois par une cinquantaine d’espèces d’hyménoptères, transformant son corps en véritable instrument de mesure.
La fourmi balle de fusil (Paraponera clavata) est classée au niveau maximal de 4,0, avec une douleur très intense et durable, décrite comme comparable à marcher sur un charbon ardent avec un gros clou dans le talon. Sa piqûre provoque une douleur aiguë très intense qui peut durer plusieurs heures, accompagnée de brûlure, de fourmillements et parfois de spasmes musculaires. C’est donc cette fourmi sud‑américaine qui apparaît comme l’insecte le plus redoutable de l’échelle de Schmidt.
Les niveaux de douleur :
- Douleur légère, brève, à peine plus qu’une piqûre de moustique (certaines petites abeilles, fourmi de feu).
- Douleur nette, chaude ou fumante, désagréable mais supportable (abeille domestique, guêpes courantes).
- Douleur forte, caustique ou brûlante, persistante plusieurs heures (certaines fourmis moissonneuses, guêpes Polistes).
- Douleur extrêmement intense, quasi insupportable, très longue (fourmi balle de fusil, guêpes Pepsis / Synoeca).
Derniers articles
Un peu d’humour
En vacances dans le Nord
Un bon vieux Ch’ti-mi se promène dans sa campagne natale et remarque un jeune s’abreuvant à l’eau d’un ruisseau.
Il lui dit en patois:
– Bô pa ch’t’iô là, min garchon, ché vaques, y z’on kié d’din !!! (Ne bois pas cette eau, mon garçon, les vaches ont chié dedans !!!)
Le jeune lui répond :
– Monsieur, parlez-moi en français s’il vous plaît, je suis un parisien en vacances et je ne comprends pas votre dialecte.
Alors le brave Nordiste lui réplique :
– Bois doucement mon gars… elle est froide !
Au travail les ado
🤔 Un million d’ado veulent nettoyer la Terre… c’est vraiment admirable.
😏 Oui, mais un million de parents aimeraient qu’il commencent par leur chambre.
La catastrophe d’Erfurt
Nous sommes en 1184, à Erfurt, en Allemagne. L’ambiance est tendue, les costumes sont somptueux, et la réunion est ultra importante : le roi Henri VI convie toute l’élite du Saint-Empire pour régler un conflit politique majeur. Pas de champ de bataille, pas d’épée, pas de drame chevaleresque… juste une salle de réunion avec, malheureusement, un plancher en bois plus que fatigué.
Comme on peut s’en douter, le plancher cède. D’un seul coup. nobles, évêques, comtes et autres grands noms de l’époque dégringolent au rez-de-chaussée… puis encore un peu plus bas, dans la fosse des latrines. Certains meurent sur le coup, d’autres se noient dans les excréments ou suffoquent sous les émanations. Un vrai scénario catastrophe comptant tout de même une soixantaine de mort parmi l’élite politique de l’époque.
Les principaux protagonistes de la réunion, dont le roi Henri VI et l’archevêque Conrad, survivent en s’accrochant tant bien que mal à des barreaux de fenêtre. Les victimes varient selon les chroniques mais jamais on ne parle des secours qui doivent intervenir dans des conditions disons… irrespirables.
Résultat : la dispute politique reste non résolue, personne n’est accusé d’un attentat putride mais voilà tout de même une affaire plus que nauséabonde. En tout cas, on peut dire que la noblesse n’a jamais été aussi proche du peuple… ni aussi proche du fond.
Instant de vie

Le smartphone fait click – un son minuscule, presque ridicule – et voilà que l’instant, encore anodin, se trouve expédié on ne sait trop où, dans quelque nuage invisible où s’entassent déjà des milliards de souvenirs pixelisés.
Autour, les amis suspendent leur souffle : certains par tendresse, d’autres par lassitude, tous vaguement conscients qu’ils viennent d’être aspirés dans une composition dont ils ne maîtrisent ni le cadre ni la destination. les inconnus, eux, s’en emparent sans vergogne : ils likent, ils commentent, ils interprètent – souvent à côté, parfois avec aplomb.
Pendant ce temps, dans les coulisses, les algorithmes s’éveillent comme une nuée d’insectes zélés : ils classent, ils trient, ils propulsent, décidant en une fraction de seconde si cette photo mérite l’oubli discret ou la célébrité tapageuse.
Et la toile s’agite, bruisse, s’emballe ; le moindre sourire devient sujet d’analyse, le moindre détail, matière à débat. bientôt, le landerneau numérique s’échauffe : on disserte, on juge, on s’indigne – ou pire, on applaudit.
Tout ça pour quoi ? Pour un simple click. une image capturée à la volée, devenue vacarme collectif. preuve, s’il en fallait, qu’à l’ère moderne, il ne faut parfois presque rien pour faire beaucoup de bruit.
Déjà, une autre main se lève, un autre téléphone se braque, prêt à recommencer – comme si le silence numérique lui-même était devenu suspect…
A la maison et au jardin
Le saumon Wellington
Le saumon Wellington est une version raffinée du célèbre bœuf Wellington.
Un filet de saumon est garni d’une farce crémeuse – épinards, champignons, fromage frais ou crème -, puis enveloppé dans une pâte feuilletée dorée. À la cuisson, le poisson reste tendre et juteux, tandis que la pâte devient croustillante.
Servi en tranches, il apporte immédiatement une touche festive à une table, que ce soit pour Noël, un repas entre amis ou une occasion spéciale.
On fait d’abord revenir les champignons avec des échalotes, puis on les mélange aux épinards bien essorés afin d’éviter que la pâte ne se détrempe.
On étale ensuite cette garniture sur la pâte feuilletée, on dépose le filet de saumon au centre, on referme soigneusement le tout et on badigeonne la surface de jaune d’œuf pour obtenir une belle couleur dorée. Le saumon Wellington cuit ensuite au four jusqu’à ce que la pâte soit gonflée et croustillante.
On le laisse reposer quelques minutes avant de le trancher, puis on le sert avec une sauce au beurre blanc, une hollandaise citronnée ou une sauce au vin blanc.
Un porte-manteaux original avec des bouchons de Champagne
Amateurs de Champagne, vous collectionnez peut-être déjà les bouchons et les plaques de muselet, ces petites capsules métalliques qui maintiennent le bouchon sur la bouteille. Mais lorsque les bouchons commencent à s’accumuler, pourquoi ne pas leur offrir une seconde vie décorative ?
Avec une simple planche de bois rustique, quelques bouchons de Champagne, de la colle forte et, idéalement, de longues vis, vous pouvez fabriquer un porte-manteaux aussi pratique qu’original.
Le principe est très simple : alignez les bouchons sur la planche, en les espaçant selon l’usage souhaité. Collez-les solidement, puis renforcez la fixation en faisant passer une grande vis à travers chaque bouchon, directement dans le bois. Ils pourront ainsi supporter sans difficulté manteaux, sacs, parapluies ou même quelques accessoires dans l’entrée.
Fixez ensuite votre création au mur telle quelle pour conserver son charme brut et authentique. Vous pouvez aussi peindre la planche dans la couleur de votre choix, la patiner ou la vernir afin de l’accorder à votre décoration.
Un bricolage facile, économique et plein de personnalité qui, en passant devant, entretiendra le souvenir de quelques fêtes mémorables.
Activation des méninges
Jeu en cours de test
A – Capitale du Congo
B – Dans le bahut – Moment électrique
C – Ça y piaille – Blanc et froid
D – Grand maître
E – Lot en vrac – Avec une pharyngite
F – Fin de la pluie – Lits mineurs
G – Demeurera
H – L’adulte en a 206 – Trié mélangé
I – Puissance
J – Epopées – Grand rassemblement
K – Se gagne sur le tapis – Relatif au bois
L – Marché persan – Manche sportive
1 – Mammifères sauteurs
2 – Paroles de sot – Prénom d’une Lovelace
3 – Protubérances – Mauvais quand il y a de l’eau dedans
4 – Langue Bantoue
5 – Célébrée – Bonne carte
6 – Réponse de bébé – Du temps pour soi
7 – Prendrait – Ville légendaire
8 – Gag en vrac – A poil – Blonde amère
9 – En fin de journée – Olibrius
Jeu en cours de test
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A venir
Espace lecture
L’almanach des gourmands
À Paris, au début du XIXème siècle, on ne se contente plus de bien manger : on en parle, on juge, on compare. C’est dans cet esprit que paraît L’Almanach des gourmands, publié chaque année de 1803 à 1812 sous la houlette de Grimod de La Reynière, fin gourmet à la plume aussi aiguisée que son palais.
L’ouvrage ressemble à un guide avant l’heure. On y découvre les meilleures tables, les pâtissiers à la mode, les épiceries dignes d’intérêt… mais aussi quelques piques bien senties. Car Grimod et ses complices ne ménagent pas toujours les établissements qu’ils jugent : ici, un service négligé ; là, une sauce décevante. Le ton est libre, parfois malicieux, toujours savoureux.
Pensé pour les Parisiens eux-mêmes, L’Almanach s’adresse à ceux qui aiment manger avec discernement. Il accompagne l’essor des restaurants, encore récents, et attise une joyeuse rivalité entre eux. Chacun veut plaire, séduire, être remarqué — et surtout, éviter les foudres du critique.
Pour approfondir le sujet :
The world’s first influencers were French and they emerged after the Revolution – theconversation.com
Poèmes saturniens – Croquis parisien – Paul Verlaine
La lune plaquait ses teintes de zinc
Par angles obtus.
Des bouts de fumée en forme de cinq
Sortaient drus et noirs des hauts toits pointus.
Le ciel était gris. La bise pleurait
Ainsi qu’un basson.
Au loin, un matou frileux et discret
Miaulait d’étrange et grêle façon.
Moi, j’allais, rêvant du divin Platon
Et de Phidias,
Et de Salamine et de Marathon,
Sous l’œil clignotant des bleus becs de gaz.
Le temps d’une nouvelle
Le corbeau – Edgar Allan Poe
Traduction par Charles Baudelaire (1871)
Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus. »
Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, — et qu’ici on ne nommera jamais plus.
Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin, pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur qui sollicite l’entrée à la porte de ma chambre, quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; — c’est cela même, et rien de plus. »
Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, — dis-je, — ou madame, en vérité j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais, et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu taper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; — les ténèbres, et rien de plus !
Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » — C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » — Purement cela, et rien de plus.
Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, — dis-je, — sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; — c’est le vent, et rien de plus. »
Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais, avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; — il se percha, s’installa, et rien de plus.
Alors cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, — lui dis-je, — soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la Nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que Jamais plus !
Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, — jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »
Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : « Sans doute, — dis-je, — ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : Jamais, jamais plus !
Mais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son Jamais plus !
Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur ; je cherchais à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, — ah ! jamais plus !
Alors il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient des séraphins dont les pas frôlaient le tapis de la chambre. « Infortuné ! — m’écriai-je, — ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon, mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, — dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce Ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! — hurlai-je en me redressant. — Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la Nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !
Dans Le Corbeau (The raven), l’un des poèmes narratifs les plus célèbres d’Edgar Allan Poe, l’auteur met en scène un homme plongé dans le chagrin après la mort de sa bien-aimée, Lénore. Une nuit, alors qu’il lit seul dans sa chambre, un mystérieux corbeau entre par la fenêtre et se pose au-dessus de la porte.
Le narrateur l’interroge, mais l’oiseau ne répond que par ces deux mots : « Jamais plus ». Cette formule obsédante ravive sa douleur et transforme peu à peu la scène en cauchemar.
À travers une atmosphère sombre et fantastique, Poe évoque le deuil, la mémoire et la folie. Le corbeau devient le symbole d’une souffrance dont l’homme ne parvient pas à se libérer : son âme, prisonnière de l’ombre du corbeau, ne s’élèvera « jamais plus ».
Un peu de ciel bleu
Cette star du Far West a même été filmée par Edison en 1894. Une histoire étonnante, avec dix photos d'époque 🎯
👉 2tout2rien.fr/annie-oakley...
#Histoire #FarWest
Prix Nobel de la paix en 1994, il avait œuvré activement à la signature des accords de paix d'Oslo entre Israéliens et Palestiniens.
#CeJourLà
L’Association des Complots pour Contrôler ou Détruire l’Humanité demande officiellement aux utilisateurs des réseaux sociaux d’arrêter de publier les plans secrets de ses membres.
Zych est un pionnier du nu artistique et une figure clé de la photo amateur pragoise du début du XXᵉ siècle.
#AloisZych
letempsduncafe.b1001d.fr
Bonne fête à tous les cornichons !
🎬 https://www.youtube.com/watch?v=f3HvjOtkVtM
Extrait de l'épisode 18 de la saison 1 de Téléchat
Son trésor ainsi que la légende de la malédiction qui l’entoure vont rendre le nom du pharaon mondialement célèbre 🧐.
fr.wikipedia.org/wiki/Tombeau...
#CeJourLà
Le cimetière monumental de Staglieno à Gênes, Italie.
"l'ange désespéré" de la tombe de la famille Ribaudo, une réalisé en 1910 par le sculpteur italien Onorato Toso.
photo:Alberto Bongiorno
Autodidacte, il participe à un journal anticolonialiste et accède à la célébrité avec son roman « La Condition Humaine », pour lequel il remporte le prix Goncourt 🏆.
fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3...
#CeJourLà
😲 Tu as lu ça où ?
😒 Dans mon almanach 👉 letempsduncafe.b1001d.fr
😲 Et alors ?
😒 Je vais revenir à la crème fouettée.
