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A la une,
LE PROCÈS QUI ENFLAMMA PARIS AU XIVème SIÈCLE 📆 29 octobre 1390
PILOTE : UN DÉMARRAGE SUR LES CHAPEAUX DE ROUES 📆 29 octobre 1959
Aujourd’hui, l’éphéméride
Toutes les heures, l’oeuvre du jour, quelques connaissances, un peu d’humour, un instant de vie, à la maison et au jardin, un peu de lecture
Au fil de la journée, un peu de ciel bleu
Sans oublier d’activer vos méninges
Les célébrations notables
Bonne fête aux Narcisse
Jour de la scorsonère le 8 brumaire
Journée mondiale de l'accident vasculaire cérébral
Journée mondiale du psoriasis
Les évènements notables
2013 - Ouverture de la ligne Marmaray reliant les rives européenne et asiatique d’Istanbul en Turquie
Le 29 octobre 2013, la ligne de train Marmaray est inaugurée à Istanbul. Ce tunnel ferroviaire sous le Bosphore relie l’Europe et l’Asie, concrétisant un projet vieux de plus d’un siècle. Long de 13,6 km, il symbolise la modernité turque et l’ambition d’Istanbul comme carrefour entre deux continents.
1969 - Envoi du 1er message électronique par le réseau Arpanet
Le 29 octobre 1969, un étudiant de l’UCLA, Charley Kline, envoie le premier message via ARPANET, ancêtre d’Internet. Le texte devait être « LOGIN », mais le système plante après « LO ». Cet événement marque la naissance de la communication numérique interconnectée et l’aube du réseau mondial Internet.
1965 - Enlèvement à Paris de Mehdi Ben Barka, chef de l'opposition marocaine, qui n'a jamais été retrouvé
Le 29 octobre 1965, le militant marocain Mehdi Ben Barka est enlevé à Paris par des policiers français et des agents marocains. Opposant au roi Hassan II, il disparaît sans laisser de traces. L’affaire, mêlant services secrets et intérêts politiques, reste l’un des grands mystères de la Ve République.
1959 - 1er numéro du magazine Pilote
Le 29 octobre 1959 paraît le premier numéro du magazine Pilote, fondé par René Goscinny, Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier. Destiné à la jeunesse, il révolutionne la bande dessinée française et révèle des héros emblématiques comme Astérix, Blueberry ou Le Petit Nicolas... lire l'article
1959 - 1ère apparition d’Astérix le gaulois
Le 29 octobre 1959, Astérix le Gaulois fait sa première apparition dans le magazine Pilote. Créé par René Goscinny et Albert Uderzo, le petit Gaulois rusé et son ami Obélix deviendront des icônes mondiales de la bande dessinée, symbolisant humour, résistance et identité culturelle française... lire l'article
1946 - Sortie de La Belle et la Bête, film fantastique réalisé par Jean Cocteau
Le 29 octobre 1946, Jean Cocteau présente La Belle et la Bête, adaptation poétique du conte de fées. Porté par Jean Marais et Josette Day, ce chef-d’œuvre du cinéma français séduit par sa beauté visuelle et son atmosphère onirique, devenant une référence du cinéma fantastique et romantique.
1929 - « mardi noir » à la Bourse de New York, amorcée le jeudi précédent
Le 29 octobre 1929, la panique boursière atteint son apogée lors du « mardi noir ». Des millions d’actions sont bradées, provoquant un effondrement historique des marchés financiers. Ce krach précipite la Grande Dépression, plongeant le monde dans une crise économique et sociale majeure.
1923 - Proclamation de la république de Turquie
Le 29 octobre 1923, Mustafa Kemal Atatürk proclame la République de Turquie, mettant fin à l’Empire ottoman. Ankara devient la nouvelle capitale, et Atatürk en est le premier président. Cet acte fondateur modernise profondément le pays, inspiré par des réformes laïques et nationalistes.
1918 - Début des mutineries de Kiel, lorsque la Hochseeflotte refuse de lever l'ancre
Le 29 octobre 1918, les marins de la flotte allemande de Kiel refusent d’obéir à un ordre suicidaire de combat. Leur mutinerie s’étend rapidement et déclenche la révolution allemande de novembre 1918, qui conduit à l’abdication de l’empereur Guillaume II et à la fin de l’Empire allemand.
1665 - Bataille d'Ambuila, les Portugais défont l'empire kongo
Le 29 octobre 1665, les troupes portugaises battent celles du roi Antonio Ier du Kongo à la bataille d’Ambuila (Angola actuel). Ce revers marque la chute de l’un des plus puissants royaumes africains, affaibli ensuite par les rivalités internes et la traite négrière.
1390 - 1er procès en sorcellerie à Paris. Jugée par le Parlement, Jeanne de Brigue sera brûlée vive
Le 29 octobre 1390, Jeanne de Brigue, surnommée « la Cordière », est jugée pour sorcellerie par le Parlement de Paris. Accusée d’invoquer des esprits et de pratiquer la magie, elle est condamnée au bûcher. Ce procès marque le début officiel des persécutions pour sorcellerie en France... lire l'article
Les naissances et décès notables
1971 - Naissance de Winona Ryder, actrice américaine
1930 - Naissance de Niki de Saint Phalle, plasticienne, artiste peintre, graveuse, sculptrice et réalisatrice de films franco-américaine naturalisée suisse
2011 - Décès de Robert Lamoureux, acteur humoriste français
1808 - Décès de la Femme sauvage du Vicdessos
1796 - Décès de Charles Lynch, planteur américain, colonel et juge improvisé pendant la Révolution américaine
1618 - Décès de Walter Raleigh, écrivain, poète, courtisan, officier et explorateur anglais
L’œuvre du jour

Adriaen Coorte (1683-1707)
Rijksmuseum
Sur un socle de pierre, devant un fond sombre, une botte d’asperges blanches attend, sagement liée. Pas de vaisselle précieuse, pas de festin débordant : juste ce légume modeste, baigné d’une lumière douce qui caresse les tiges et fait ressortir chaque détail.
Adriaen Coorte, peintre hollandais actif à la fin du XVIIᵉ siècle, choisit la simplicité là où d’autres préfèrent les natures mortes « de luxe ». Il isole le sujet, le met en scène comme un petit héros du quotidien. Le temps semble suspendu autour de cette botte d’asperges, à la fois banale et étrangement noble.
Dans cette nature morte, tout est calme, précision et silence. On devine la fraîcheur du légume, la rigueur du geste, le plaisir tranquille du regard. Une invitation à s’arrêter sur ce qui paraît ordinaire, et à y trouver, soudain, une beauté discrète et tenace.
Savais-tu ?
La photo, cette oeuvre créée par une machine
En 1839, la photographie débarque et bouleverse le monde de l’art. Certains peintres, comme Delacroix, y voient d’abord un outil précieux. D’autres, plus inquiets, prédisent la fin de la peinture.
La tension monte en 1859, lorsque les photographes exposent à côté des peintres au Salon. Pour beaucoup d’artistes académiques, c’est un scandale : comment une image produite par une machine peut-elle rivaliser avec une œuvre peinte à la main ?
Charles Baudelaire s’emporte dans son Salon de 1859. Il qualifie la photo d’« industrie triviale » et réclame qu’elle reste la « très humble servante de la peinture ». En 1862, une pétition signée par Ingres et d’autres grands noms tente même d’empêcher toute reconnaissance artistique de la photographie.
Le débat s’envenime autour du droit d’auteur. Les photographes réclament la même protection que les peintres pour leurs œuvres. Mais les tribunaux hésitent : une image produite mécaniquement mérite-t-elle le statut d’œuvre d’art ? En 1862, lors du procès opposant les photographes Mayer et Pierson, la question divise. Certains juges estiment que la photo relève de l’industrie, pas de l’art. D’autres, plus progressistes, reconnaissent la part de création du photographe dans le choix du cadrage, de la lumière et du sujet.
Finalement, la peinture ne meurt pas. Elle se réinvente. Libérée du réalisme, elle explore l’impressionnisme, puis l’abstraction. La photo, elle, gagne peu à peu ses galeries et ses musées, et finit par obtenir la reconnaissance juridique et artistique qu’elle revendique.
Aujourd’hui, peintres et photographes exposent côte à côte. La querelle est close. Peut-être y a-t-il un enseignement à retirer de cette histoire au sujet de l’IA générative. Si le débat est trop vif aujourd’hui, il est probable que le temps fera son oeuvre.
L’or blanc des îles Chincha
Lors de leur découverte, les îles Chincha apparaissent comme de petites îles rocheuses granitiques, bordées de falaises abruptes où nichent des millions d’oiseaux marins tels que mouettes, pélicans et cormorans.
Trois îles plates et arides dominent l’océan Pacifique à 21 km des côtes péruviennes près de Pisco : Chincha Norte mesure 1,3 km de long avec un maximum de 34 m d’altitude, tandis que Centro et Sur sont plus petites et sans végétation notable. Ces falaises offrent des perchoirs idéaux aux oiseaux dont les déjections sont à l’origine de vastes couches de guano blanc accumulées durant des millénaires.
Déjà au XI-XVème siècle, le royaume Chincha exploite ce guano pour fertiliser ses champs irrigués, signe d’un écosystème marin riche. L’arrivée des Espagnols en 1532 marque la « découverte » européenne, bien que leur usage précolombien soit ancien, et l’essor commercial du XIXème siècle transforme ces îles en véritables « îles au trésor ».
Les îles Chincha méritent bien le surnom d’« îles au trésor », ceci grâce à leurs immenses gisements de guano, un engrais naturel d’une valeur exceptionnelle au XIXème siècle, comparé à un « or blanc ». Ce guano, accumulé jusqu’à 40 m d’épaisseur sur ces îles minuscules, génère des fortunes colossales : une cargaison rapporte 100 000 livres de bénéfice – bien plus que ce que peuvent rapporter des mines d’argent – et finance jusqu’à 60% du budget péruvien. Cette manne financière attire les convoitises interna-tionales et provoque la guerre du guano (1864-1866), où l’Espagne occupe les îles pour des dettes avant d’être repoussée ; l’épuisement des gisements en 1879 clôt cette « ère fantastique des excréments d’oiseaux ».
Derniers articles
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Un peu d’humour
A propos des huîtres
Dans un bistrot français, deux amis discutent en prenant un verre :
— … et t’imagine le premier mec qui a trouvé une huître ?
Il voit un espèce de caillou bizarre collé sur un rocher.
Il se dit : « Ça doit être comestible. »
Alors il prend son silex, il tape, il s’ouvre la main, mais il finit par l’ouvrir.
À l’intérieur : une grosse chose gluante, vivante, qui ressemble à une morve géante.
Et là, au lieu de la recracher en hurlant, il la gobe.
Soit il était désespéré, soit complètement fou.
— Et le pire, c’est qu’il a sûrement trouvé ça bon.
Il en a ramené à la tribu : « Tenez, goûtez ce caillou-morve, c’est délicieux ! »
Et tout le monde a fait : « Mmmh, salé, iodé, on en reprendrait bien. »
Mais d’où ils pouvaient bien venir, ces types, pour avoir des idées pareilles ?
— Oh bah, pas de chez nous pour sûr… sûrement d’Angleterre…
😳 Oulà, ce dernier propos complètement déplacé ne vient pas de moi mais d’un bistrot français. Que ce soit bien clair.
Désolé pour l’offense
🤔 Si à un moment, j’ai offensé certains d’entre vous sans le vouloir, je vous demande sincèrement de bien vouloir vous améliorer afin que cela ne se reproduise plus… merci 😉
Inondation de bière à Londres
Le 17 octobre 1814, une cuve géante de la brasserie Meux and Company Brewery explose dans le quartier populaire de St Giles à Londres, provoquant une réaction en chaîne qui libère un torrent d’environ un million de litres de bière dans les rues environnantes. Cette vague de bière brune dévaste plusieurs maisons, et malheureusement tue huit personnes par noyade ou asphyxie et en blesse de nombreuses autres. Cet épisode aussi tragique que grotesque, connu sous le nom de London Beer Flood, reste l’une des catastrophes industrielles les plus insolites de l’histoire britannique.
Instant de vie

Quel bonheur de parcourir la campagne à vélo : cheveux au vent, liberté totale, pas de contrainte, pas de désagrément. Le soleil réchauffe la peau, l’air pur emplit les poumons… longue inspiration, expiratioooon… et puis… ce petit chatouillis, irritant, tout au fond d’une narine.
Ce petit rien qui devient vite un tout.
Tu feins de l’ignorer. Mauvaise idée. L’intrus s’est installé, bien calé, et il n’a pas l’intention de se laisser déloger sans résistance. La solution classique ? Le mouchoir salvateur. Sauf que… nom de nom, pas de mouchoir. La situation se complique.
Alors, au grand maux les grands remèdes : se moucher dans la main. Une bonne expulsion bien franche et… rien. La gêne est toujours présente. Elle s’est juste déplacée. Pire : l’intrus résiste en ripostant avec un liquide gluant. L’affaire se corse.
Reste l’option manuelle. Plonger le doigt au fond du problème, tourner, retourner, insister. La cause de l’inconfort se dérobe, s’échappe, revient narguer.
C’est alors qu’une voiture s’approche. Tu te figes, main grattant le nez, l’air de dire « je cherche mes clés ». L’empêcheur de respirer peut souffler, ce n’est que partie remise. Il va le payer.
Personne en vue. La quête reprend, plus vive, plus insistante. Et comme toujours, la persévérance paie. Voilà l’intrus expulsé ! TRIOMPHE !
Mais… mais… il s’accroche le bougre ! « Veux-tu bien quitter ce doigt et t’envoler ? »… Oulah non 😧 ! Vlam Blam Bim💥. Aïe. Ouille 😖… « Sacré nom de [biiip] de [biiip] bordel à [biiiip]… »
La leçon ?
Qui se cure le nez sans poser pied à terre se vautre cul en l’air.
A la maison et au jardin
Burger au Curé nantais
Ingrédients pour 4 personnes
- Mayonnaise à l’échalote
- Compotée d’oignons
- 4 pains à burger
- 4 steaks hachés
- 160 g de Curé nantais
- Roquette
- Sel, poivre
Préparation
- Couper en travers chaque pain à burger, les toaster puis les réserver.
- Cuire les steaks hachés dans une poêle selon la cuisson désirée. Saler et poivrer.
- En fin de cuisson, déposer sur chaque steak une tranche de Curé nantais et couvrir la poêle pour faire fondre le fromage.
- Tartiner la base des pains à burger de mayonnaise à l’échalote, déposer un steak au fromage, couvrir d’une cuillérée de compotée d’oignon, ajouter la roquette et enfin recouvrir le tout avec le chapeau des pains à burger.
- Servir sans tarder.
Serrure à l’huile d’olive
Une petite goutte d’huile d’olive peut parfois aider à dégripper une serrure : déposez délicatement une toute petite goutte sur la clé (évitez d’en mettre directement dans le cylindre), insérez-la puis effectuez des rotations lentes et des mouvements d’entrée-sortie pour répartir l’huile; répétez si nécessaire et essuyez l’excédent pour éviter l’encrassement. Gardez tout de même cette astuce pour un dépannage ponctuel et préférez ensuite un lubrifiant spécifique pour serrure pour un entretien durable.
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Activation des méninges
Jeu en cours de test
A – On ne peut l’ignorer – La suite
B – Religions – Extra-terrestre renversé
C – Chutas –
D – Cour mondiale – Poste de papy
E – A elle – Ça chauffe – Défait à Gettysburg
F – Filer
G – Précèdent les dames
H – Les appelés s’y rendaient
I – Platine – Réponse enfantine – Petit écoulement
J – Relatives à Oyeu
K – Eau de peu de goût – Direction
L – Après Aix – Logiciels
1 – 51 à Rome – Au dessus du roi – Son du bouchon
2 – Armée royale – Sans doigt
3 – Quartier – Femme de dictateur – Treize chiffres
4 – Retiras – En fin de cheminement
5 – Doubles
6 – Constructeur auto – Consulterai
7 – Mélancolie – Vaisseau
8 – Plus – Se cachèrent
9 – Après tierce – Pas loin de la rupture
Jeu en cours de test
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Un nouveau puzzle vous est présenté tous les lundi. Pour le conserver, vous pouvez enregistrez sa page dans les signets du navigateur.

Faites glisser une pièce du bac (tournée de 90°, 180° ou 270°) sur une case blanche du plateau ou sélectionnez-la puis cliquez sur l'endroit où la déplacer. Double-cliquez sur une pièce pour la tourner de 90°. Les pièces correctement placées sont entourées d'un bord vert.
A venir
Espace lecture
Druss la Légende : le cœur battant du cycle de Drenaï
Si vous aimez l’heroic fantasy où les héros ont des muscles, des cicatrices et une âme, le cycle de Drenaï de David Gemmell est fait pour vous. Et au centre de ce monde, il y a un nom qui résonne comme un coup de hache : Druss.
Le cycle de Drenaï, c’est avant tout une saga en 11 romans, construite autour d’un même royaume imaginaire, le Drenaï, et de ses peuples en guerre. On y trouve des batailles épiques, des quêtes désespérées, des mercenaires, des démons et, surtout, des héros qui portent leurs valeurs à bout de bras : courage, loyauté, sacrifice. Chaque livre peut se lire indépendamment, mais tous tissent peu à peu la légende d’un monde où l’histoire se forge dans le sang et l’honneur .
Druss est la figure la plus emblématique de ce cycle. Guerrier à la hache, surnommé « la Légende », il est à la fois craint et respecté dans tout le monde drenaï. Dans le roman Druss la Légende, Gemmell revient aux sources du personnage. On y découvre un jeune homme ordinaire, bûcheron hargneux mais mari tendre, vivant paisiblement avec son épouse bien-aimée, Rowena. Lorsque des mercenaires envahissent son village, massacrent les siens et enlèvent Rowena, Druss bascule. Armé de Snaga, la hache de son grand-père, il se lance dans une quête de vengeance qui le mènera aux confins du monde connu. De lutteur à mercenaire, de tueur à sauveur, il deviendra peu à peu cette figure mythique qui, plus tard, défendra des places fortes comme Skeln Pass et Dros Delnoch.
Ce qui fait la force de Druss, c’est qu’il n’est pas un demi-dieu : c’est un homme, violent et rustre, mais épris de justice, marqué par la perte et la rage.
Dans un genre où les héros sont parfois trop parfaits, Gemmell offre un personnage brut, imparfait, mais profondément humain — ce qui rend sa « légende » d’autant plus crédible et attachante.
Le dormeur du Val – Arthur Rimbaud
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Octobre 1870.
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Le temps d’une nouvelle
Le fantôme de l’opéra – Gaston Leroux
Dans les profondeurs de l’Opéra Garnier, un mystère rôde. On parle d’un esprit qui hante les coulisses, d’une voix angélique qui guide une jeune chanteuse, et d’un amour impossible né dans l’ombre des décors.
Gaston Leroux signe ici un roman à la lisière du policier et du fantastique, où chaque recoin du Palais Garnier semble receler un secret. Entre lustres qui vacillent, loges interdites et passions dévorantes, l’auteur tisse une atmosphère unique, à la fois romantique et inquiétante.
Cette œuvre, publiée en 1910, conserve tout son pouvoir de fascination. Elle plonge le lecteur dans un Paris de légende, où la musique devient à la fois refuge et piège, et où la beauté côtoie la monstruosité. Un classique à découvrir ou à redécouvrir.
1ère partie : ERIK- Chapitre I : Est-ce le fantôme ?
Ce soir-là, qui était celui où MM. Debienne et Poligny, les directeurs démissionnaires de l’Opéra, donnaient leur dernière soirée de gala, à l’occasion de leur départ, la loge de la Sorelli, un des premiers sujets de la danse, était subitement envahie par une demi-douzaine de ces demoiselles du corps de ballet qui remontaient de scène après avoir « dansé » Polyeucte. Elles s’y précipitèrent dans une grande confusion, les unes faisant entendre des rires excessifs et peu naturels, et les autres des cris de terreur.
La Sorelli, qui désirait être seule un instant pour « repasser » le compliment qu’elle devait prononcer tout à l’heure au foyer devant MM. Debienne et Poligny, avait vu avec méchante humeur toute cette foule étourdie se ruer derrière elle. Elle se retourna vers ses camarades et s’inquiéta d’un aussi tumultueux émoi. Ce fut la petite Jammes — le nez cher à Grévin, des yeux de myosotis, des joues de roses, une gorge de lis, — qui en donna la raison en trois mots, d’une voix tremblante qu’étouffait l’angoisse :
— C’est le fantôme !
Et elle ferma la porte à clef. La loge de la Sorelli était d’une élégance officielle et banale. Une psyché, un divan, une toilette et des armoires en formaient le mobilier nécessaire. Quelques gravures sur les murs, souvenirs de la mère, qui avait connu les beaux jours de l’ancien Opéra de la rue Le Peletier. Des portraits de Vestris, de Gardel, de Dupont, de Bigottini. Cette loge paraissait un palais aux gamines du corps de ballet, qui étaient logées dans des chambres communes, où elles passaient leur temps à chanter, à se disputer, à battre les coiffeurs et les habilleuses et à se payer des petits verres de cassis ou de bière ou même de rhum jusqu’au coup de cloche de l’avertisseur.
La Sorelli était très superstitieuse. En entendant la petite Jammes parler du fantôme, elle frissonna et dit :
« Petite bête ! »
Et comme elle était la première à croire aux fantômes en général et à celui de l’Opéra en particulier, elle voulut tout de suite être renseignée.
« Vous l’avez vu ? interrogea-t-elle.
— Comme je vous vois ! » répliqua en gémissant la petite Jammes, qui, ne tenant plus sur ses jambes, se laissa tomber sur une chaise.
Et aussitôt la petite Giry — des yeux pruneau, des cheveux d’encre, un teint de bistre, sa pauvre petite peau sur ses petits os, — ajouta :
« Si c’est lui, il est bien laid !
— Oh ! oui », fit le chœur des danseuses.
Et elles parlèrent toutes ensemble. Le fantôme leur était apparu sous les espèces d’un monsieur en habit noir qui s’était dressé tout à coup devant elles, dans le couloir, sans qu’on pût savoir d’où il venait. Son apparition avait été si subite qu’on eût pu croire qu’il sortait de la muraille.
« Bah ! fit l’une d’elles qui avait à peu près conservé son sang-froid, vous voyez le fantôme partout. »
Et c’est vrai que, depuis quelques mois, il n’était question à l’Opéra que de ce fantôme en habit noir qui se promenait comme une ombre du haut en bas du bâtiment, qui n’adressait la parole à personne, à qui personne n’osait parler et qui s’évanouissait, du reste, aussitôt qu’on l’avait vu, sans qu’on pût savoir par où ni comment. Il ne faisait pas de bruit en marchant, ainsi qu’il sied à un vrai fantôme. On avait commencé par en rire et par se moquer de ce revenant habillé comme un homme du monde ou comme un croque-mort, mais la légende du fantôme avait bientôt pris des proportions colossales dans le corps de ballet. Toutes prétendaient avoir rencontré plus ou moins cet être extra-naturel et avoir été victimes de ses maléfices. Et celles qui en riaient le plus fort n’étaient point les plus rassurées. Quand il ne se laissait point voir, il signalait sa présence ou son passage par des événements drolatiques ou funestes dont la superstition quasi générale le rendait responsable. Avait-on à déplorer un accident, une camarade avait-elle fait une niche à l’une de ces demoiselles du corps de ballet, une houppette à poudre de riz était-elle perdue ? Tout était de la faute du fantôme, du fantôme de l’Opéra !
Au fond, qui l’avait vu ? On peut rencontrer tant d’habits noirs à l’Opéra qui ne sont pas des fantômes. Mais celui-là avait une spécialité que n’ont point tous les habits noirs. Il habillait un squelette.
Du moins, ces demoiselles le disaient.
Et il avait, naturellement, une tête de mort.
Tout cela était-il sérieux ? La vérité est que l’imagination du squelette était née de la description qu’avait faite du fantôme, Joseph Buquet, chef machiniste, qui, lui, l’avait réellement vu. Il s’était heurté — on ne saurait dire « nez à nez », car le fantôme n’en avait pas, — avec le mystérieux personnage dans le petit escalier qui, près de la rampe, descend directement aux « dessous ». Il avait eu le temps de l’apercevoir une seconde — car le fantôme s’était enfui, — et avait conservé un souvenir ineffaçable de cette vision.
Et voici ce que Joseph Buquet a dit du fantôme à qui voulait l’entendre :
« Il est d’une prodigieuse maigreur et son habit noir flotte sur une charpente squelettique. Ses yeux sont si profonds qu’on ne distingue pas bien les prunelles immobiles. On ne voit, en somme, que deux grands trous noirs comme aux crânes des morts. Sa peau, qui est tendue sur l’ossature comme une peau de tambour, n’est point blanche, mais vilainement jaune ; son nez est si peu de chose qu’il est invisible de profil, et l’absence de ce nez est une chose horrible à voir. Trois ou quatre longues mèches brunes sur le front et derrière les oreilles font office de chevelure. »
En vain Joseph Buquet avait-il poursuivi cette étrange apparition. Elle avait disparu comme par magie et il n’avait pu retrouver sa trace.
Ce chef machiniste était un homme sérieux, rangé, d’une imagination lente, et il était sobre. Sa parole fut écoutée avec stupeur et intérêt, et aussitôt il se trouva des gens pour raconter qu’eux aussi avaient rencontré un habit noir avec une tête de mort.
Les personnes sensées qui eurent vent de cette histoire affirmèrent d’abord que Joseph Buquet avait été victime d’une plaisanterie d’un de ses subordonnés. Et puis, il se produisit coup sur coup des incidents si curieux et si inexplicables que les plus malins commencèrent à se tourmenter.
Un lieutenant de pompiers, c’est brave ! Ça ne craint rien, ça ne craint surtout pas le feu !
Eh bien, le lieutenant de pompiers en question[1], qui s’en était allé faire un tour de surveillance dans les dessous et qui s’était aventuré, paraît-il, un peu plus loin que de coutume, était soudain réapparu sur le plateau, pâle, effaré, tremblant, les yeux hors des orbites, et s’était quasi évanoui dans les bras de la noble mère de la petite Jammes. Et pourquoi ? Parce qu’il avait vu s’avancer vers lui, à hauteur de tête, mais sans corps, une tête de feu ! Et je le répète, un lieutenant de pompiers, ça ne craint pas le feu.
Ce lieutenant de pompiers s’appelait Papin.
Le corps de ballet fut consterné. D’abord cette tête de feu ne répondait nullement à la description qu’avait donnée du fantôme Joseph Buquet. On questionna bien le pompier, on interrogea à nouveau le chef machiniste, à la suite de quoi ces demoiselles furent persuadées que le fantôme avait plusieurs têtes dont il changeait comme il voulait. Naturellement, elles imaginèrent aussitôt qu’elles couraient les plus grands dangers. Du moment qu’un lieutenant de pompiers n’hésitait pas à s’évanouir, coryphées et rats pouvaient invoquer bien des excuses à la terreur qui les faisait se sauver de toutes leurs petites pattes quand elles passaient devant quelque trou obscur d’un corridor mal éclairé.
Si bien que, pour protéger dans la mesure du possible le monument voué à d’aussi horribles maléfices, la Sorelli elle-même, entourée de toutes les danseuses et suivie même de toute la marmaille des petites classes en maillot, avait, — au lendemain de l’histoire du lieutenant de pompiers, — sur la table qui se trouve dans le vestibule du concierge, du côté de la cour de l’administration, déposé un fer à cheval que quiconque pénétrant dans l’Opéra, à un autre titre que celui de spectateur, devait toucher avant de mettre le pied sur la première marche de l’escalier. Et cela sous peine de devenir la proie de la puissance occulte qui s’était emparée du bâtiment, des caves au grenier !
Ce fer à cheval, comme toute cette histoire, du reste, — hélas ! — je ne l’ai point inventé, et l’on peut encore aujourd’hui le voir sur la table du vestibule, devant la loge du concierge, quand on entre dans l’Opéra par la cour de l’administration.
Voilà qui donne assez rapidement un aperçu de l’état d’âme de ces demoiselles, le soir où nous pénétrons avec elles dans la loge de la Sorelli.
« C’est le fantôme ! » s’était donc écriée la petite Jammes.
Et l’inquiétude des danseuses n’avait fait que grandir. Maintenant, un angoissant silence régnait dans la loge. On n’entendait plus que le bruit des respirations haletantes. Enfin, Jammes s’étant jetée avec les marques d’un sincère effroi jusque dans le coin le plus reculé de la muraille, murmura ce seul mot :
« Écoutez ! »
Il semblait, en effet, à tout le monde qu’un frôlement se faisait entendre derrière la porte. Aucun bruit de pas. On eût dit d’une soie légère qui glissait sur le panneau. Puis, plus rien. La Sorelli tenta de se montrer moins pusillanime que ses compagnes. Elle s’avança vers la porte, et demanda d’une voix blanche :
« Qui est là ? »
Mais personne ne lui répondit.
Alors, sentant sur elle tous les yeux qui épiaient ses moindres gestes, elle se força à être brave et dit très fort :
« Il y a quelqu’un derrière la porte ?
— Oh ! oui ! Oui ! certainement, il y a quelqu’un derrière la porte ! répéta ce petit pruneau sec de Meg Giry, qui retint héroïquement la Sorelli par sa jupe de gaze… Surtout, n’ouvrez pas ! Mon Dieu, n’ouvrez pas ! »
Mais la Sorelli, armée d’un stylet qui ne la quittait jamais, osa tourner la clef dans la serrure, et ouvrir la porte, pendant que les danseuses reculaient jusque dans le cabinet de toilette et que Meg Giry soupirait :
« Maman ! maman ! »
La Sorelli regardait dans le couloir courageusement. Il était désert ; un papillon de feu, dans sa prison de verre, jetait une lueur rouge et louche au sein des ténèbres ambiantes, sans parvenir à les dissiper. Et la danseuse referma vivement la porte avec un gros soupir.
« Non, dit-elle, il n’y a personne !
— Et pourtant, nous l’avons bien vu ! affirma encore Jammes en reprenant à petits pas craintifs sa place auprès de la Sorelli. Il doit être quelque part, par là, à rôder. Moi, je ne retourne point m’habiller. Nous devrions descendre toutes au foyer, ensemble, tout de suite, pour le « compliment », et nous remonterions ensemble. »
Là-dessus, l’enfant toucha pieusement le petit doigt de corail qui était destiné à la conjurer du mauvais sort. Et la Sorelli dessina, à la dérobée, du bout de l’ongle rose de son pouce droit, une croix de Saint-André sur la bague en bois qui cerclait l’annulaire de sa main gauche.
« La Sorelli, a écrit un chroniqueur célèbre, est une danseuse grande, belle, au visage grave et voluptueux, à la taille aussi souple qu’une branche de saule ; on dit communément d’elle que c’est « une belle créature ». Ses cheveux blonds et purs comme l’or couronnent un front mat au-dessous duquel s’enchâssent deux yeux d’émeraude. Sa tête se balance mollement comme une aigrette sur un cou long, élégant et fier. Quand elle danse, elle a un certain mouvement de hanches indescriptible, qui donne à tout son corps un frissonnement d’ineffable langueur. Quand elle lève les bras et se penche pour commencer une pirouette, accusant ainsi tout le dessin du corsage, et que l’inclination du corps fait saillir la hanche de cette délicieuse femme, il paraît que c’est un tableau à se brûler la cervelle. »
En fait de cervelle, il paraît avéré qu’elle n’en eut guère. On ne le lui reprochait point.
Elle dit encore aux petites danseuses :
« Mes enfants, il faut vous « remettre » ! Le fantôme ? Personne ne l’a peut-être jamais vu !
— Si ! si ! Nous l’avons vu !… nous l’avons vu tout à l’heure ! reprirent les petites. Il avait la tête de mort et son habit, comme le soir où il est apparu à Joseph Buquet !
— Et Gabriel aussi l’a vu ! fit Jammes… pas plus tard qu’hier ! hier après-midi… en plein jour…
— Gabriel, le maître de chant ?
— Mais oui… Comment ! vous ne savez pas ça ?
— Et il avait son habit, en plein jour ?
— Qui ça, Gabriel ?
— Mais non ! Le fantôme !
— Bien sûr, qu’il avait son habit ! affirma Jammes. C’est Gabriel lui-même qui me l’a dit. C’est même à ça qu’il l’a reconnu. Et voici comment ça s’est passé. Gabriel se trouvait dans le bureau du régisseur. Tout à coup, la porte s’est ouverte. C’était le Persan qui entrait. Vous savez si le Persan a le « mauvais œil ».
— Oh ! oui ! répondirent en chœur les petites danseuses qui, aussitôt qu’elles eurent évoqué l’image du Persan, firent les cornes au Destin avec leur index et leur auriculaire allongés, cependant que le médium et l’annulaire étaient repliés sur la paume et retenus par le pouce.
— … Et si Gabriel est superstitieux ! continua Jammes, cependant qu’il est toujours poli et quand il voit le Persan, il se contente de mettre tranquillement sa main dans sa poche et de toucher ses clefs… Eh bien ! aussitôt que la porte s’est ouverte devant le Persan, Gabriel ne fit qu’un bond du fauteuil où il était assis jusqu’à la serrure de l’armoire, pour toucher du fer ! Dans ce mouvement, il déchira à un clou tout un pan de son paletot. En se pressant pour sortir, il alla donner du front contre une patère et se fit une bosse énorme ; puis, en reculant brusquement, il s’écorcha le bras au paravent, près du piano ; il voulut s’appuyer au piano, mais si malheureusement que le couvercle lui retomba sur les mains et lui écrasa les doigts ; il bondit comme un fou hors du bureau et enfin prit si mal son temps en descendant l’escalier qu’il dégringola sur les reins toutes les marches du premier étage. Je passais justement à ce moment-là avec maman. Nous nous sommes précipitées pour le relever. Il était tout meurtri et avait du sang plein la figure, que ça nous en faisait peur. Mais tout de suite il s’est mis à nous sourire et à s’écrier : « Merci, mon Dieu ! d’en être quitte pour si peu ! » Alors, nous l’avons interrogé et il nous a raconté toute sa peur. Elle lui était venue de ce qu’il avait aperçu, derrière le Persan, le fantôme ! le fantôme avec la tête de mort, comme l’a décrit Joseph Buquet. »
Un murmure effaré salua la fin de cette histoire au bout de laquelle Jammes arriva tout essoufflée, tant elle l’avait narrée vite, vite, comme si elle était poursuivie par le fantôme. Et puis, il y eut encore un silence qu’interrompit, à mi-voix, la petite Giry, pendant que, très émue, la Sorelli se polissait les ongles.
« Joseph Buquet ferait mieux de se taire, énonça le pruneau.
— Pourquoi donc qu’il se tairait ? lui demanda-t-on.
— C’est l’avis de m’man…, répliqua Meg, tout à fait à voix basse, cette fois-ci, et en regardant autour d’elle comme si elle avait peur d’être entendue d’autres oreilles que de celles qui se trouvaient là.
— Et pourquoi que c’est l’avis de ta mère ?
— Chut ! M’man dit que le fantôme n’aime pas qu’on l’ennuie !
— Et pourquoi qu’elle dit ça, ta mère ?
— Parce que… Parce que… rien… »
Cette réticence savante eut le don d’exaspérer la curiosité de ces demoiselles, qui se pressèrent autour de la petite Giry et la supplièrent de s’expliquer. Elles étaient là, coude à coude, penchées dans un même mouvement de prière et d’effroi. Elles se communiquaient leur peur, y prenant un plaisir aigu qui les glaçait.
« J’ai juré de ne rien dire ! » fit encore Meg, dans un souffle.
Mais elles ne lui laissèrent point de repos et elles promirent si bien le secret que Meg, qui brûlait du désir de raconter ce qu’elle savait, commença, les yeux fixés sur la porte :
« Voilà… c’est à cause de la loge…
— Quelle loge ?
— La loge du fantôme !
— Le fantôme a une loge ? »
À cette idée que le fantôme avait sa loge, les danseuses ne purent contenir la joie funeste de leur stupéfaction. Elles poussèrent de petits soupirs. Elles dirent :
« Oh ! mon Dieu ! raconte… raconte…
— Plus bas ! commanda Meg. C’est la première loge, numéro 5, vous savez bien, la première loge à côté de l’avant-scène de gauche.
— Pas possible !
— C’est comme je vous le dis… C’est m’man qui en est l’ouvreuse… Mais vous me jurez bien de ne rien raconter ?
— Mais oui, va !…
— Eh bien, c’est la loge du fantôme… Personne n’y est venu depuis plus d’un mois, excepté le fantôme, bien entendu, et on a donné l’ordre à l’administration de ne plus jamais la louer…
— Et c’est vrai que le fantôme y vient ?
— Mais oui…
— Il y vient donc quelqu’un ?
— Mais non !… Le fantôme y vient et il n’y a personne. »
Les petites danseuses se regardèrent. Si le fantôme venait dans la loge, on devait le voir, puisqu’il avait un habit noir et une tête de mort. C’est ce qu’elles firent comprendre à Meg, mais celle-ci leur répliqua :
« Justement ! On ne voit pas le fantôme ! Et il n’a ni habit ni tête !… Tout ce qu’on a raconté sur sa tête de mort et sur sa tête de feu, c’est des blagues ! Il n’a rien du tout… On l’entend seulement quand il est dans la loge. M’man ne l’a jamais vu, mais elle l’a entendu. M’man le sait bien, puisque c’est celle qui lui donne le programme ! »
La Sorelli crut devoir intervenir :
« Petite Giry, tu te moques de nous. »
Alors, la petite Giry se prit à pleurer.
« J’aurais mieux fait de me taire… si m’man savait jamais ça !… mais pour sûr que Joseph Buquet a tort de s’occuper de choses qui ne le regardent pas… ça lui portera malheur… m’man le disait encore hier soir… »
À ce moment, on entendit des pas puissants et pressés dans le couloir et une voix essoufflée qui criait :
« Cécile ! Cécile ! es-tu là ?
— C’est la voix de maman ! fit Jammes. Qu’y a-t-il ? »
Et elle ouvrit la porte. Une honorable dame, taillée comme un grenadier poméranien, s’engouffra dans la loge et se laissa tomber, en gémissant, dans un fauteuil. Ses yeux roulaient, affolés, éclairant lugubrement sa face de brique cuite.
« Quel malheur ! fit-elle !… Quel malheur !
— Quoi ? Quoi ?
— Joseph Buquet…
— Eh bien, Joseph Buquet…
— Joseph Buquet est mort ! »
La loge s’emplit d’exclamations, de protestations étonnées, de demandes d’explications effarées…
« Oui… on vient de le trouver pendu dans le troisième dessous !… Mais le plus terrible, continua, haletante, la pauvre honorable dame, le plus terrible est que les machinistes qui ont trouvé son corps, prétendent que l’on entendait autour du cadavre comme un bruit qui ressemblait au chant des morts !
— C’est le fantôme ! » laissa échapper, comme malgré elle, la petite Giry.
Mais elle se reprit immédiatement, ses poings à la bouche :
« Non !… non !… je n’ai rien dit !… je n’ai rien dit !… »
Autour d’elle, toutes ses compagnes, terrorisées, répétaient à voix basse :
« Pour sûr ! C’est le fantôme !… »
La Sorelli était pâle…
« Jamais je ne pourrai dire mon compliment », fit-elle.
La maman de Jammes donna son avis en vidant un petit verre de liqueur qui traînait sur une table : il devait y avoir du fantôme là-dessous…
La vérité est qu’on n’a jamais bien su comment était mort Joseph Buquet. L’enquête, sommaire, ne donna aucun résultat, en dehors du suicide naturel. Dans les Mémoires d’un Directeur, M. Moncharmin, qui était l’un des deux directeurs, succédant à MM. Debienne et Poligny, rapporte ainsi l’incident du pendu :
« Un fâcheux incident vint troubler la petite fête que MM. Debienne et Poligny se donnaient pour célébrer leur départ. J’étais dans le bureau de la direction quand je vis entrer tout à coup Mercier — l’administrateur. — Il était affolé en m’apprenant qu’on venait de découvrir, pendu dans le troisième dessous de la scène, entre une ferme et un décor du Roi de Lahore, le corps d’un machiniste. Je m’écriai : Allons le décrocher ! Le temps que je mis à dégringoler l’escalier et à descendre l’échelle du portant, le pendu n’avait déjà plus sa corde ! »
Voilà donc un événement que M. Moncharmin trouve naturel. Un homme est pendu au bout d’une corde, on va le décrocher, la corde a disparu. Oh ! M. Moncharmin a trouvé une explication bien simple. Écoutez-le : C’était l’heure de la danse, et coryphées et rats avaient bien vite pris leurs précautions contre le mauvais œil. Un point, c’est tout. Vous voyez d’ici le corps de ballet descendant l’échelle du portant et se partageant la corde de pendu en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Ce n’est pas sérieux. Quand je songe, au contraire, à l’endroit exact où le corps a été retrouvé — dans le troisième dessous de la scène — j’imagine qu’il pouvait y avoir quelque part un intérêt à ce que cette corde disparût après qu’elle eut fait sa besogne et nous verrons plus tard si j’ai tort d’avoir cette imagination-là.
La sinistre nouvelle s’était vite répandue du haut en bas de l’Opéra, où Joseph Buquet était très aimé. Les loges se vidèrent, et les petites danseuses, groupées autour de la Sorelli comme des moutons peureux autour du pâtre, prirent le chemin du foyer, à travers les corridors et les escaliers mal éclairés, trottinant de toute la hâte de leurs petites pattes roses.
Un peu de ciel bleu
La ficaire appelée parfois elle aussi, bouton d'or
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En maintenant les feuillets fortement serrés ,les fermoirs empêchaient l'air et l'oxygène de circuler entre les pages. Lors d'un incendie, le feu consumait uniquement l'extérieur de la reliure en cuir ,sauvant ainsi le contenu du livre ou l'endommageant un minimum >ALT
Son secret se cache dans des nanoparticules d'or et d'argent. Et les chercheurs essaient encore de retrouver les secrets de sa fabrication !
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📸Vassil
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letempsduncafe.b1001d.fr
Il reste essentiellement connu pour sa declamatio satirique « Éloge de la folie » et pour ses « Adages », anthologie de plus de quatre mille citations grecques et latines.
fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89r...
#CeJourLà
( 1869-1949 )
Les Voiles Rouges
Huile sur toile 50×65
https://2tout2rien.fr/serbie-la-grotte-de-resavska-pecina/
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Forest Landscape with Deer, c.1890
oil on canvas. #Autumn 🍂
À La Lande-de-Fronsac, une chapelle romane va théoriquement sortir de terre selon des règles strictes, sans machines modernes, uniquement avec les matériaux, outils et gestes d’antan.
Certaines remontent aux XVe et XVIe siècles, et beaucoup conservent encore leurs pans de bois apparents.
📸MrsBrown
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par Eugène Louis Lequesne (sculpteur) et Eugène Gonon (fondeur)
Musée du Louvre
fr.wikipedia.org/wiki/Matthew...
Bonne fête à toutes les bandes magnétiques !
