BONJOUR
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A la une,
LA SORTIE MOUVEMENTÉE D’UN FILM CULTE 📆 18 octobre 1973
DEUX FRANÇAISES DANS LES ÉTOILES 📆 18 octobre 1963
Aujourd’hui, l’éphéméride
Toutes les heures, l’oeuvre du jour, quelques connaissances, un peu d’humour, un instant de vie, à la maison et au jardin, un peu de lecture
Au fil de la journée, un peu de ciel bleu
Sans oublier d’activer vos méninges
Les célébrations notables
Bonne fête aux René
Jour de la tomate le 28 vendémiaire
Les évènements notables
2017 - Découverte d’Oumuamua, le tout 1er astéroïde détecté ayant une origine extrasolaire confirmée
Le 19 octobre 2017, les astronomes observent Oumuamua, un objet interstellaire traversant notre système solaire. Sa forme allongée et sa trajectoire inhabituelle intriguent la communauté scientifique. C’est la première fois qu’un corps céleste provenant d’un autre système stellaire est détecté, ouvrant un nouveau chapitre dans l’étude de l’Univers et des échanges interstellaires... lire l'article
1987 - Krach d'octobre 1987 à Wall Street
Le 19 octobre 1987, surnommé le « lundi noir », Wall Street connaît un effondrement brutal : le Dow Jones perd plus de 22 % en une seule séance. Ce krach, le plus important en pourcentage de l’histoire de la bourse américaine, déclenche une panique mondiale. Bien que la crise soit relativement brève, elle révèle la vulnérabilité des marchés aux échanges électroniques et aux effets de contagion.
1977 - Sortie du film “La guerre des étoiles” en France
Le 19 octobre 1977 sort en France La Guerre des étoiles (Star Wars: Episode IV – A New Hope) de George Lucas, après son immense succès aux États-Unis. Le film révolutionne le cinéma de science-fiction avec ses effets spéciaux innovants, son univers épique et ses personnages devenus cultes. Il marque le début de l’une des sagas les plus influentes de l’histoire du cinéma mondial.
1905 - 2nd pogroms de Kichinev
Le 19 octobre 1905, la ville de Kichinev, dans l’Empire russe (actuelle Chișinău en Moldavie), est le théâtre d’un nouveau pogrom. Des violences antisémites éclatent, causant de nombreuses victimes parmi la population juive et la destruction de biens. Ce second massacre, après celui de 1903, illustre la persistance des persécutions et contribue à l’émigration massive des Juifs vers l’Occident et l’Amérique.
1783 - 1er vol humain en montgolfière
Le 19 octobre 1783, à Paris, Jean-François Pilâtre de Rozier et François Laurent d’Arlandes effectuent les premières ascensions humaines dans une montgolfière conçue par les frères Montgolfier. Bien qu’ils restent encore attachés au sol, cette expérience ouvre la voie au véritable vol libre réalisé un mois plus tard. Cet exploit marque le début de l’aéronautique et de l’exploration de l’air par l’homme.
1781 - Fin de la bataille de Yorktown
Le 19 octobre 1781, la reddition de l’armée britannique du général Cornwallis face aux forces franco-américaines du marquis de Lafayette, de Rochambeau et de George Washington, met fin à la bataille de Yorktown. Cette victoire décisive scelle la guerre d’indépendance américaine. Elle entraîne la reconnaissance de l’indépendance des États-Unis lors du traité de Paris en 1783.
Les naissances et décès notables
1983 - Naissance de Rebecca Ferguson, actrice suédoise
1966 - Naissance de Jon Favreau, acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain
1964 - Naissance de Agnès Jaoui, actrice et réalisatrice française
1998 - Décès de Fritz Honka, tueur en série allemand
1943 - Décès de Camille Claudel, sculptrice française
1745 - Décès de Jonathan Swift, écrivain irlandais
L’œuvre du jour
William Michael Harnett
The MET
Datée de 1888, Still Life—Violin and Music (« Nature morte, violon et musique ») de William Michael Harnett est l’un des joyaux du trompe-l’œil américain conservés au Metropolitan Museum of Art de New York. Contre une porte en bois légèrement entrouverte, Harnett dispose un violon usé, un archet, un piccolo, une feuille de musique déchirée, un fer à cheval, une boîte à allumettes métallique et un petit cartellino portant sa signature.
Tout est peint à taille réelle, sans trace de coup de pinceau visible, avec des ombres portées et des détails hyper-réalistes : le coin de la partition qui se soulève, la corde du violon qui projette son ombre, la rouille des charnières… Autant d’effets destinés à « tromper l’œil » et à faire croire que les objets sont réellement suspendus devant nous.
Derrière cette prouesse technique se lit une méditation sur le temps qui passe : l’instrument, poussiéreux et silencieux, évoque les plaisirs révolus, tandis que la musique inscrite sur la feuille – une ballade irlandaise – rappelle les origines de l’artiste, né en Irbefore avant d’émigrer aux États-Unis. Dans une Amérique en pleine industrialisation, Harnett oppose à la production de masse la valeur de l’objet fait main, lentement ciselé par la main du peintre.
Un tableau à regarder de près… jusqu’à ce que l’envie prenne de tendre la main pour détacher le violon.
Savais-tu ?
Incarnat et Brésil
Recette du XVème siècle pour fabriquer la couleur rose – dite incarnat à l’époque – à destination des teinturiers, enlumineurs et peintres :
« Prends une bonne portion de Brésil et plonge-la dans une certaine quantité d’eau additionnée d’un peu de craie. Ajoute du tartre autant qu’il convient et si tu le peux de l’urine d’âne mais modérément. Si tu n’as pas d’urine d’âne, celle d’un homme ivre conviendra. Ensuite, fais chauffer le tout assez longuement et place ton drap dans le bouillon. Tu obtiendras une belle teinture incarnat. »
Source : Michel Pastoureau, historien des couleurs,
« Rose : histoire d’une couleur », éditions du Seuil,
Podcast France Inter
Les qualité du bois de Brésil
Le bois de Brésil, aussi appelé pernambouc ou pau‑brasil, est d’abord apprécié pour sa teinte rouge intense : séché et pulvérisé, il donne une matière tinctoriale rouge très prisée pour la teinture des textiles, des enluminures et des peintures. Il est également reconnu pour sa densité et sa dureté, davantage résistant, élastique et massif que le chêne, ce qui le rend particulièrement intéressant en menuiserie et en ébénisterie.
Ses qualités physiques exceptionnelles en font longtemps le bois de prédilection pour les archets de violon : il combine rigidité, élasticité et bonne transmission des vibrations, ce qui assure une excellente sonorité aux instruments à cordes frottées. Aujourd’hui, il reste recherché dans l’archèterie et dans certains usages de charpente ou de décoration, tout en étant soumis à une gestion plus stricte en raison de la raréfaction de l’espèce.
Le bois et le pays
Le Brésil doit son nom au bois de Brésil, un bois rouge très recherché en Europe pour sa teinture. Les Portugais le découvrent en grande quantité sur les côtes du futur pays après 1500 et en font bientôt une marchandise essentielle. Ce nom vient d’un ancien terme signifiant « braise », en référence à la couleur rouge du bois, et il désigne déjà un type de bois exotique avant même la découverte de l’Amérique.
Au fil du temps, les colons cessent d’appeler le territoire « Terre de la Sainte‑Croix » et parlent de plus en plus de la « Terre du Brésil » ou simplement de « Brésil », par allusion à cette ressource forestière. Le mot remplace ainsi le nom initial et devient le nom officiel du pays, transformant une simple matière première en marque identitaire nationale.
Je te donne (1986) – Jean-Jacques Goldman & Michael Jones
Hello les p’tits clous, prêts à monter le volume… on rembobine direction l’année 1986, l’âge d’or du Top 50 !
Et là… BOUM ! Voilà THE tube, le tube qui nous fait encore vibrer, qui rassemble la France et qui, en même temps, casse les frontières : “Je te donne” signé Jean-Jacques Goldman !
Un air inoubliable, une guitare qui claque, et surtout… un duo magique ! D’un côté, la plume en or de Goldman… de l’autre, la voix chaude et rock du Gallois Michael Jones. Français, anglais… deux langues, une seule émotion !
“Je te donne…” — c’est plus qu’une chanson, c’est un message, un pont entre les cultures, un hymne au métissage avant même que le mot ne devienne tendance !
Numéro 1 pendant 8 semaines, plus d’un million d’exemplaires vendus… et sur scène ? Une véritable communion avec le public ! Été 86, les foules chantent à l’unisson, les briquets s’allument… frissons garantis !
Et attention, ce n’est que le début : de cette alchimie naîtra plus tard le mythique trio Fredericks Goldman Jones… mais ça, c’est une autre histoire !
Alors, que vous soyez team vinyle, cassette ou walkman… montez le son, laissez-vous emporter…
Parce que ça, mes amis… c’est un classique. Un vrai. Un éternel.
Un peu d’humour
Marcel et le pantalon à la maison
Marcel, en a assez d’être la risée de ses copains de bistrot car (lui disent-ils) c’est sa femme qui porte le pantalon chez lui. Ce soir il est bien décidé à leur prouver le contraire, et la tête pleine des bons conseils de son meilleur pote, il rentre chez lui.
Il se dirige en toute hâte vers la cuisine, bombe le torse, marche vers sa femme et, tout en lui pointant le doigt sur le visage il lui dit :
« À partir de maintenant, je veux que tu saches que « JE » suis le maître de la maison et ma parole sera la loi !
Je veux que tu me prépares un repas spécial et quand j’aurai terminé de manger mon repas, je m’attends à un somptueux dessert.
Ensuite, après le souper, tu vas me faire couler un bon bain afin que je puisse me relaxer, et quand j’en aurai terminé avec mon bain, devine un peu qui va me peigner et m’habiller ? »
Sa femme lui répond : « Les pompes funèbres ! »
Conservons la planète
🤔 La Terre est la seule planète où trouver du chocolat… alors conservons-la 😊
Incendie de whisky de Dublin
Le 18 juin 1875, un gigantesque incendie se déclare dans un entrepôt de whisky de la distillerie Malone rue Ardee à Dublin, libérant des milliers de litres d’alcool enflammé qui se déversent dans les rues et les égouts environnants. Les flammes se propagent le long des ruisseaux de whisky jusqu’à la rivière Liffey, qui prend elle-même feu sur plusieurs centaines de mètres. Cet embrasement spectaculaire, visible depuis toute la ville, cause d’importants dégâts matériels mais, fait remarquable, ne fait aucune victime humaine directe, plusieurs riverains ayant préféré boire le whisky répandu plutôt que de fuir. Par la suite, 24 hospitalisations dues à une intoxication alcoolique sont tout de même notées, dont 13 entraînant des décès.
Instant de vie

Le smartphone fait click – un son minuscule, presque ridicule – et voilà que l’instant, encore anodin, se trouve expédié on ne sait trop où, dans quelque nuage invisible où s’entassent déjà des milliards de souvenirs pixelisés.
Autour, les amis suspendent leur souffle : certains par tendresse, d’autres par lassitude, tous vaguement conscients qu’ils viennent d’être aspirés dans une composition dont ils ne maîtrisent ni le cadre ni la destination. les inconnus, eux, s’en emparent sans vergogne : ils likent, ils commentent, ils interprètent – souvent à côté, parfois avec aplomb.
Pendant ce temps, dans les coulisses, les algorithmes s’éveillent comme une nuée d’insectes zélés : ils classent, ils trient, ils propulsent, décidant en une fraction de seconde si cette photo mérite l’oubli discret ou la célébrité tapageuse.
Et la toile s’agite, bruisse, s’emballe ; le moindre sourire devient sujet d’analyse, le moindre détail, matière à débat. bientôt, le landerneau numérique s’échauffe : on disserte, on juge, on s’indigne – ou pire, on applaudit.
Tout ça pour quoi ? Pour un simple click. une image capturée à la volée, devenue vacarme collectif. preuve, s’il en fallait, qu’à l’ère moderne, il ne faut parfois presque rien pour faire beaucoup de bruit.
Déjà, une autre main se lève, un autre téléphone se braque, prêt à recommencer – comme si le silence numérique lui-même était devenu suspect…
A la maison et au jardin
Le gâteau nuage
Le gâteau nuage, voilà un dessert simple à préparer qui rappelle les goûters d’enfance. Vous obtiendrez une vraie gourmandise, un grand gâteau moelleux et ultra-léger, parfumé à l’orange, qui se prête aussi bien au petit déjeuner qu’au dessert d’un repas entre amis.
Pour cela, il vous faut 7 œufs, 250 g de sucre en poudre, 85 g d’huile neutre, 320 g de farine, 11 g de levure chimique, 140 g de jus d’orange et un peu de sucre glace pour la finition.
Vous pouvez remplacer le jus d’orange par un autre jus de fruits ou même par de l’eau, selon ce que vous avez sous la main.
Vous placez les œufs entiers et le sucre dans le bol de votre robot et vous fouettez à vitesse rapide jusqu’à ce que le mélange double de volume et blanchisse, pour obtenir une base bien aérienne.
Vous versez ensuite l’huile en filet en mélangeant plus doucement, puis vous incorporez délicatement la farine et la levure avant d’ajouter le jus d’orange pour former une pâte lisse et homogène.
Vous versez la pâte dans un moule à savarin beurré, puis vous faites cuire à 170 °C (th. 5/6) pendant environ 40 minutes, le temps d’une cuisson longue mais douce.
Vous vérifiez avec la pointe d’un couteau, puis vous recouvrez le gâteau chaud de film alimentaire et vous le laissez refroidir complètement avant de le démouler et de le saupoudrer de sucre glace.
Vous servez enfin ce gâteau nuage nature, ou vous l’accompagnez d’une compotée de fruits, de confiture, de chocolat fondu ou d’un coulis de caramel, selon vos envies. Il sera parfait à l’heure du thé ou bien évidemment… du café 😉
Un porte-manteaux original avec des bouchons de Champagne
Amateurs de Champagne, vous collectionnez peut-être déjà les bouchons et les plaques de muselet, ces petites capsules métalliques qui maintiennent le bouchon sur la bouteille. Mais lorsque les bouchons commencent à s’accumuler, pourquoi ne pas leur offrir une seconde vie décorative ?
Avec une simple planche de bois rustique, quelques bouchons de Champagne, de la colle forte et, idéalement, de longues vis, vous pouvez fabriquer un porte-manteaux aussi pratique qu’original.
Le principe est très simple : alignez les bouchons sur la planche, en les espaçant selon l’usage souhaité. Collez-les solidement, puis renforcez la fixation en faisant passer une grande vis à travers chaque bouchon, directement dans le bois. Ils pourront ainsi supporter sans difficulté manteaux, sacs, parapluies ou même quelques accessoires dans l’entrée.
Fixez ensuite votre création au mur telle quelle pour conserver son charme brut et authentique. Vous pouvez aussi peindre la planche dans la couleur de votre choix, la patiner ou la vernir afin de l’accorder à votre décoration.
Un bricolage facile, économique et plein de personnalité qui, en passant devant, entretiendra le souvenir de quelques fêtes mémorables.
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Activation des méninges
Jeu en cours de test
A – Rouge en tube
B – Souvent trempés – Permet de tout envisager
C – Partez ! – Policier du 19ème siècle
D – Marque l’égalité – Extrait d’opium
E – Sa Sainteté – En prend plein les narines
F – Propre – Lit de bédouin
G – Tour bien parisienne – Début de souper
H – Répété pour la mamie – De la famille des ulmacées
I – Noircies
J – Présent à la fin – 1er sur la 5ème
K – Il est bon d’en avoir – Plaque d’Irlande
L – Vague perfide
1 – Cris après le travail
2 – Libéraient les pois
3 – Régiment d’infanterie – Porte-bouteilles – Le dernier est le plus petit
4 – Unité d’énergie – Aucunement officiel
5 – Propre à l’œil – Longue période – Un peu de zèle
6 – Permet de planer – Fin limier
7 – De l’or en labo – Arbre d’Afrique tropicale
8 – Scolies mélangé – A moitié mort
9 – Nigaud
Jeu en cours de test
Clavier : flèches pour se déplacer, 1 à 9 pour saisir, Suppr pour effacer, N pour basculer en mode notes. Votre progression est enregistrée automatiquement dans ce navigateur.
Un nouveau puzzle vous est présenté tous les lundi. Pour le conserver, vous pouvez enregistrez sa page dans les signets du navigateur.

Faites glisser une pièce du bac (tournée de 90°, 180° ou 270°) sur une case blanche du plateau ou sélectionnez-la puis cliquez sur l'endroit où la déplacer. Double-cliquez sur une pièce pour la tourner de 90°. Les pièces correctement placées sont entourées d'un bord vert.
A venir
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l’époque ce que serait une tablette de lecture en 2050
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l’Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l’écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l’obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s’appliquait sur la page et, dans l’écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l’accent d’origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n’importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d’amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d’une voix de colonel, et d’une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu’il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n’eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l’encre d’imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l’image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l’immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l’image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C’était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l’usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d’un livre ami et celle d’une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l’écouteur, le minuscule bouton qui mettait l’appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L’inspecteur Walter enfonça la porte d’un coup d’épaule et s’arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu’il avait découvert, la veille, décapité… »
Le jeune homme renonça à connaître l’explication de ce mystère. Il ôta
l’écouteur et s’endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
Poèmes saturniens – Femme et chatte – Paul Verlaine
Elle jouait avec sa chatte,
Et c’était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S’ébattre dans l’ombre du soir.
Elle cachait — la scélérate ! —
Sous ses mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d’agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.
L’autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n’y perdait rien…
Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien
Brillaient quatre points de phosphore.
Le temps d’une nouvelle
Le mystère de la chambre jaune – Gaston Leroux
Publié en 1907, Le Mystère de la chambre jaune est un roman policier de Gaston Leroux et la première aventure du jeune reporter Joseph Rouletabille. Accompagné de son ami et narrateur Sainclair, Rouletabille enquête au château du Glandier, où vivent notamment le professeur Stangerson, sa fille Mathilde – la victime dans la chambre jaune -, ainsi que son fiancé Robert Darzac. Face à eux se trouve le célèbre policier Frédéric Larsan, lui aussi chargé d’éclaircir une affaire mystérieuse qui se déroule dans une pièce fermée à clé.
Comment un agresseur peut-il entrer dans une chambre sans issue apparente et disparaître aussitôt ? C’est toute l’énigme que Rouletabille cherche à résoudre. Pour avancer, le jeune reporter observe les lieux avec attention, interroge les témoins et examine chaque détail, même le plus insignifiant. Autour de lui, les déclarations se contredisent, les soupçons se déplacent et plusieurs personnages semblent dissimuler une part de vérité. L’enquête progresse ainsi entre indices troublants, fausses pistes et raisonnements minutieux, sans jamais perdre de vue cette question centrale : comment un crime peut-il se produire dans une pièce apparemment inaccessible ?
Avec ce récit, Gaston Leroux construit l’un des grands modèles du roman à énigme en chambre close. L’atmosphère mystérieuse, le rythme alerte et l’ingéniosité de l’enquête font du livre un classique toujours plaisant à découvrir — ou à relire, en prenant garde de ne pas ouvrir la fameuse porte trop vite.
I – OÙ L’ON COMMENCE À NE PAS COMPRENDRE
Ce n’est pas sans une certaine émotion que je commence à raconter ici les aventures extraordinaires de Joseph Rouletabille. Celui-ci, jusqu’à ce jour, s’y était si formellement opposé que j’avais fini par désespérer de ne publier jamais l’histoire policière la plus curieuse de ces quinze dernières années. J’imagine même que le public n’aurait jamais connu « toute la vérité » sur la prodigieuse affaire dite de la « Chambre Jaune », génératrice de tant de mystérieux et cruels et sensationnels drames, et à laquelle mon ami fut si intimement mêlé, si, à propos de la nomination récente de l’illustre Stangerson au grade de grand-croix de la Légion d’honneur, un journal du soir, dans un article misérable d’ignorance ou d’audacieuse perfidie, n’avait ressuscité une terrible aventure que Joseph Rouletabille eût voulu savoir, me disait-il, oubliée pour toujours.
La « Chambre Jaune ! » qui donc se souvenait de cette affaire qui fit couler tant d’encre, il y a une quinzaine d’années ? On oublie si vite à Paris. N’a-t-on pas oublié le nom même du procès de Nayves et la tragique histoire de la mort du petit Menaldo ? Et cependant l’attention publique était à cette époque si tendue vers les débats, qu’une crise ministérielle, qui éclata sur ces entrefaites, passa complètement inaperçue. Or, le procès de la « Chambre Jaune », qui précéda l’affaire de Nayves de quelques années, eut plus de retentissement encore. Le monde entier fut penché pendant des mois sur ce problème obscur, — le plus obscur à ma connaissance qui ait jamais été proposé à la perspicacité de notre police, qui ait jamais été posé à la conscience de nos juges. La solution de ce problème affolant, chacun la chercha. Ce fut comme un dramatique rébus sur lequel s’acharnèrent la vieille Europe et la jeune Amérique. C’est qu’en vérité — il m’est permis de le dire « puisqu’il ne saurait y avoir en tout ceci aucun amour-propre d’auteur » et que je ne fais que transcrire des faits sur lesquels une documentation exceptionnelle me permet d’apporter une lumière nouvelle — c’est qu’en vérité, je ne sache pas que, dans le domaine de la réalité ou de l’imagination, même chez l’auteur du Double Assassinat, rue Morgue, même dans les inventions des sous-Edgar Poë et des truculents Conan-Doyle, on puisse retenir quelque chose de comparable, quant au mystère, « au naturel mystère de la Chambre Jaune ».
Ce que personne ne put découvrir, le jeune Joseph Rouletabille, âgé de dix-huit ans, alors petit reporter dans un grand journal, le trouva ! Mais, lorsqu’en cour d’assises il apporta la clef de toute l’affaire, il ne dit pas toute la vérité. Il n’en laissa apparaître que ce qu’il fallait « pour expliquer l’inexplicable » et pour faire acquitter un innocent. Les raisons qu’il avait de se taire ont disparu aujourd’hui. Bien mieux, mon ami « doit » parler. Vous allez donc tout savoir ; et, sans plus ample préambule, je vais poser devant vos yeux le problème de la « Chambre Jaune », tel qu’il le fut aux yeux du monde entier, au lendemain du drame du château du Glandier.
Le 25 octobre 1892, la note suivante paraissait en dernière heure du Temps :
« Un crime affreux vient d’être commis au Glandier, sur la lisière de la forêt de Sainte-Geneviève, au-dessus d’Épinay-sur-Orge, chez le professeur Stangerson. Cette nuit, pendant que le maître travaillait dans son laboratoire, on a tenté d’assassiner Mlle Stangerson, qui reposait dans une chambre attenante à ce laboratoire. Les médecins ne répondent pas de la vie de Mlle Stangerson. »
Vous imaginez l’émotion qui s’empara de Paris. Déjà, à cette époque, le monde savant était extrêmement intéressé par les travaux du professeur Stangerson et de sa fille. Ces travaux, les premiers qui furent tentés sur la radiographie, devaient conduire plus tard M. et Mme Curie à la découverte du radium. On était, du reste, dans l’attente d’un mémoire sensationnel que le professeur Stangerson allait lire, à l’académie des sciences, sur sa nouvelle théorie : la Dissociation de la Matière. Théorie destinée à ébranler sur sa base toute la science officielle qui repose depuis si longtemps sur le principe : rien ne se perd, rien ne se crée.
Le lendemain, les journaux du matin étaient pleins de ce drame. Le Matin, entre autres, publiait l’article suivant, intitulé : « Un crime surnaturel » :
« Voici les seuls détails — écrit le rédacteur anonyme du Matin — que nous ayons pu obtenir sur le crime du château du Glandier. L’état de désespoir dans lequel se trouve le professeur Stangerson, l’impossibilité où l’on est de recueillir un renseignement quelconque de la bouche de la victime ont rendu nos investigations et celles de la justice tellement difficiles qu’on ne saurait, à cette heure, se faire la moindre idée de ce qui s’est passé dans la « Chambre Jaune », où l’on a trouvé Mlle Stangerson, en toilette de nuit, râlant sur le plancher. Nous avons pu, du moins, interviewer le père Jacques — comme on l’appelle dans le pays — un vieux serviteur de la famille Stangerson. Le père Jacques est entré dans la « Chambre Jaune » en même temps que le professeur. Cette chambre est attenante au laboratoire. Laboratoire et « Chambre Jaune » se trouvent dans un pavillon, au fond du parc, à trois cents mètres environ du château.
» — Il était minuit et demi, nous a raconté ce brave homme (?), et je me trouvais dans le laboratoire où travaillait encore M. Stangerson quand l’affaire est arrivée. J’avais rangé, nettoyé des instruments toute la soirée, et j’attendais le départ de M. Stangerson pour aller me coucher. Mlle Mathilde avait travaillé avec son père jusqu’à minuit ; les douze coups de minuit sonnés au coucou du laboratoire, elle s’était levée, avait embrassé M. Stangerson, lui souhaitant une bonne nuit. Elle m’avait dit : « Bonsoir, père Jacques ! » et avait poussé la porte de la « Chambre Jaune ». Nous l’avions entendue qui fermait la porte à clef et poussait le verrou, si bien que je n’avais pu m’empêcher d’en rire et que j’avais dit à monsieur : « Voilà mademoiselle qui s’enferme à double tour. Bien sûr qu’elle a peur de la « Bête du Bon Dieu ! » Monsieur ne m’avait même pas entendu tant il était absorbé. Mais un miaulement abominable me répondit au dehors et je reconnus justement le cri de la « Bête du Bon Dieu !… » que ça vous en donnait le frisson… « Est-ce qu’elle va encore nous empêcher de dormir, cette nuit ? » pensai-je, car il faut que je vous dise, monsieur, que, jusqu’à fin octobre, j’habite dans le grenier du pavillon, au-dessus de la « Chambre Jaune », à seule fin que mademoiselle ne reste pas seule toute la nuit au fond du parc. C’est une idée de mademoiselle de passer la bonne saison dans le pavillon ; elle le trouve sans doute plus gai que le château et, depuis quatre ans qu’il est construit, elle ne manque jamais de s’y installer dès le printemps. Quand revient l’hiver, mademoiselle retourne au château, « car dans la Chambre Jaune, il n’y a point de cheminée. »
» Nous étions donc restés, M. Stangerson et moi, dans le pavillon. Nous ne faisions aucun bruit. Il était, lui, à son bureau. Quant à moi, assis sur une chaise, ayant terminé ma besogne, je le regardais et je me disais : « Quel homme ! Quelle intelligence ! Quel savoir ! » J’attache de l’importance à ceci que nous ne faisions aucun bruit, car « à cause de cela, l’assassin a cru certainement que nous étions partis ». Et tout à coup, pendant que le coucou faisait entendre la demie passé minuit, une clameur désespérée partit de la « Chambre Jaune ». C’était la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin ! À l’assassin ! Au secours ! » Aussitôt des coups de revolver retentirent et il y eut un grand bruit de tables, de meubles renversés, jetés par terre, comme au cours d’une lutte, et encore la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin !… Au secours !… Papa ! Papa ! »
» Vous pensez si nous avons bondi et si M. Stangerson et moi nous nous sommes rués sur la porte. Mais, hélas ! Elle était fermée et bien fermée « à l’intérieur » par les soins de mademoiselle, comme je vous l’ai dit, à clef et au verrou. Nous essayâmes de l’ébranler, mais elle était solide. M. Stangerson était comme fou, et vraiment il y avait de quoi le devenir, car on entendait mademoiselle qui râlait : « Au secours !… Au secours ! » Et M. Stangerson frappait des coups terribles contre la porte, et il pleurait de rage et il sanglotait de désespoir et d’impuissance.
» C’est alors que j’ai eu une inspiration. « L’assassin se sera introduit par la fenêtre, m’écriai-je, je vais à la fenêtre ! » Et je suis sorti du pavillon, courant comme un insensé !
» Le malheur était que la fenêtre de la « Chambre Jaune » donne sur la campagne, de sorte que le mur du parc qui vient aboutir au pavillon m’empêchait de parvenir tout de suite à cette fenêtre. Pour y arriver, il fallait d’abord sortir du parc. Je courus du côté de la grille et, en route, je rencontrai Bernier et sa femme, les concierges, qui venaient, attirés par les détonations et par nos cris. Je les mis, en deux mots, au courant de la situation ; je dis au concierge d’aller rejoindre tout de suite M. Stangerson et j’ordonnai à sa femme de venir avec moi pour m’ouvrir la grille du parc. Cinq minutes plus tard, nous étions, la concierge et moi, devant la fenêtre de la « Chambre Jaune ». Il faisait un beau clair de lune et je vis bien qu’on n’avait pas touché à la fenêtre. Non seulement les barreaux étaient intacts, mais encore les volets, derrière les barreaux, étaient fermés, comme je les avais fermés moi-même, la veille au soir, comme tous les soirs, bien que mademoiselle, qui me savait très fatigué et surchargé de besogne, m’eût dit de ne point me déranger, qu’elle les fermerait elle-même ; et ils étaient restés tels quels, assujettis, comme j’en avais pris le soin, par un loquet de fer, « à l’intérieur ». L’assassin n’avait donc pas passé par là et ne pouvait se sauver par là ; mais moi non plus, je ne pouvais entrer par là !
« C’était le malheur ! On aurait perdu la tête à moins. La porte de la chambre fermée à clef « à l’intérieur », les volets de l’unique fenêtre fermés, eux aussi, « à l’intérieur », et, par-dessus les volets, les barreaux intacts, des barreaux à travers lesquels vous n’auriez pas passé le bras… Et mademoiselle qui appelait au secours !… Ou plutôt non, on ne l’entendait plus… Elle était peut-être morte… Mais j’entendais encore, au fond du pavillon, monsieur qui essayait d’ébranler la porte…
» Nous avons repris notre course, la concierge et moi, et nous sommes revenus au pavillon. La porte tenait toujours, malgré les coups furieux de M. Stangerson et de Bernier. Enfin elle céda sous nos efforts enragés et, alors, qu’est-ce que nous avons vu ? Il faut vous dire que, derrière nous, la concierge tenait la lampe du laboratoire, une lampe puissante qui illuminait toute la chambre.
» Il faut vous dire encore, monsieur, que la « Chambre Jaune » est toute petite. Mademoiselle l’avait meublée d’un lit en fer assez large, d’une petite table, d’une table de nuit, d’une toilette et de deux chaises. Aussi, à la clarté de la grande lampe que tenait la concierge, nous avons tout vu du premier coup d’œil. Mademoiselle, dans sa chemise de nuit, était par terre, au milieu d’un désordre incroyable. Tables et chaises avaient été renversées montrant qu’il y avait eu là une sérieuse « batterie ». On avait certainement arraché mademoiselle de son lit ; elle était pleine de sang avec des marques d’ongles terribles au cou — la chair du cou avait été quasi arrachée par les ongles — et un trou à la tempe droite par lequel coulait un filet de sang qui avait fait une petite mare sur le plancher. Quand M. Stangerson aperçut sa fille dans un pareil état, il se précipita sur elle en poussant un cri de désespoir que ça faisait pitié à entendre. Il constata que la malheureuse respirait encore et ne s’occupa que d’elle. Quant à nous, nous cherchions l’assassin, le misérable qui avait voulu tuer notre maîtresse, et je vous jure, monsieur, que, si nous l’avions trouvé, nous lui aurions fait un mauvais parti. Mais comment expliquer qu’il n’était pas là, qu’il s’était déjà enfui ?… Cela dépasse toute imagination. Personne sous le lit, personne derrière les meubles, personne ! Nous n’avons retrouvé que ses traces ; les marques ensanglantées d’une large main d’homme sur les murs et sur la porte, un grand mouchoir rouge de sang, sans aucune initiale, un vieux béret et la marque fraîche, sur le plancher, de nombreux pas d’homme. L’homme qui avait marché là avait un grand pied et les semelles laissaient derrière elles une espèce de suie noirâtre. Par où cet homme était-il passé ? Par où s’était-il évanoui ? « N’oubliez pas, monsieur, qu’il n’y a pas de cheminée dans la Chambre Jaune ». Il ne pouvait s’être échappé par la porte, qui est très étroite et sur le seuil de laquelle la concierge est entrée avec sa lampe, tandis que le concierge et moi nous cherchions l’assassin dans ce petit carré de chambre où il est impossible de se cacher et où, du reste, nous ne trouvions personne. La porte défoncée et rabattue sur le mur ne pouvait rien dissimuler, et nous nous en sommes assurés. Par la fenêtre restée fermée avec ses volets clos et ses barreaux auxquels on n’avait pas touché, aucune fuite n’avait été possible. Alors ? Alors… je commençais à croire au diable.
» Mais voilà que nous avons découvert, par terre, « mon revolver ». Oui, mon propre revolver… Ça, ça m’a ramené au sentiment de la réalité ! Le diable n’aurait pas eu besoin de me voler mon revolver pour tuer mademoiselle. L’homme qui avait passé là était d’abord monté dans mon grenier, m’avait pris mon revolver dans mon tiroir et s’en était servi pour ses mauvais desseins. C’est alors que nous avons constaté, en examinant les cartouches, que l’assassin avait tiré deux coups de revolver. Tout de même, monsieur, j’ai eu de la veine, dans un pareil malheur, que M. Stangerson se soit trouvé là, dans son laboratoire, quand l’affaire est arrivée et qu’il ait constaté de ses propres yeux que je m’y trouvais moi aussi, car, avec cette histoire de revolver, je ne sais pas où nous serions allés ; pour moi, je serais déjà sous les verrous. Il n’en faut pas davantage à la justice pour faire monter un homme sur l’échafaud ! »
Le rédacteur du Matin faisait suivre cette interview des lignes suivantes :
« Nous avons laissé, sans l’interrompre, le père Jacques nous raconter grossièrement ce qu’il sait du crime de la « Chambre Jaune ». Nous avons reproduit les termes mêmes dont il s’est servi ; nous avons fait seulement grâce au lecteur des lamentations continuelles dont il émaillait sa narration. C’est entendu, père Jacques ! C’est entendu, vous aimez bien vos maîtres ! Vous avez besoin qu’on le sache, et vous ne cessez de le répéter, surtout depuis la découverte du revolver. C’est votre droit et nous n’y voyons aucun inconvénient ! Nous aurions voulu poser bien des questions encore au père Jacques — Jacques-Louis Moustier — mais on est venu justement le chercher de la part du juge d’instruction qui poursuivait son enquête dans la grande salle du château. Il nous a été impossible de pénétrer au Glandier, — et, quant à la Chênaie, elle est gardée, dans un large cercle, par quelques policiers qui veillent jalousement sur toutes les traces qui peuvent conduire au pavillon et peut-être à la découverte de l’assassin.
» Nous aurions voulu également interroger les concierges, mais ils sont invisibles. Enfin nous avons attendu dans une auberge, non loin de la grille du château, la sortie de M. de Marquet, le juge d’instruction de Corbeil. À cinq heures et demie, nous l’avons aperçu avec son greffier. Avant qu’il ne montât en voiture, nous avons pu lui poser la question suivante :
» — Pouvez-vous, monsieur de Marquet, nous donner quelque renseignement sur cette affaire, sans que cela gêne votre instruction ?
» — Il nous est impossible, nous répondit M. de Marquet, de dire quoi que ce soit. Du reste, c’est bien l’affaire la plus étrange que je connaisse. « Plus nous croyons savoir quelque chose, plus nous ne savons rien ! »
» Nous demandâmes à M. de Marquet de bien vouloir nous expliquer ces dernières paroles. Et voici ce qu’il nous dit, dont l’importance n’échappera à personne :
» — Si rien ne vient s’ajouter aux constatations matérielles faites aujourd’hui par le parquet, je crains bien que le mystère qui entoure l’abominable attentat dont Mlle Stangerson a été victime ne soit pas près de s’éclaircir ; mais il faut espérer, « pour la raison humaine », que les sondages des murs, du plafond et du plancher de la « Chambre Jaune », sondages auxquels je vais me livrer dès demain avec l’entrepreneur qui a construit le pavillon il y a quatre ans, nous apporteront la preuve qu’il ne faut jamais désespérer de la logique des choses. Car le problème est là : nous savons par où l’assassin s’est introduit, — il est entré par la porte et s’est caché sous le lit en attendant Mlle Stangerson ; — mais par où est-il sorti ? Comment a-t-il pu s’enfuir ? Si l’on ne trouve ni trappe, ni porte secrète, ni réduit, ni ouverture d’aucune sorte, si l’examen des murs et même leur démolition — car je suis décidé, et M. Stangerson est décidé à aller jusqu’à la démolition du pavillon — ne viennent révéler aucun passage praticable, « non seulement pour un être humain, mais encore pour un être quel qu’il soit », si le plafond n’a pas de trou, si le plancher ne cache pas de souterrain, « il faudra bien croire au diable, comme dit le père Jacques ! »
Et le rédacteur anonyme fait remarquer, dans cet article — article que j’ai choisi comme étant le plus intéressant de tous ceux qui furent publiés ce jour-là sur la même affaire — que le juge d’instruction semblait mettre une certaine intention dans cette dernière phrase : « il faudra bien croire au diable, comme dit le père Jacques. »
L’article se termine sur ces lignes : « Nous avons voulu savoir ce que le père Jacques entendait par : « le cri de la Bête du Bon Dieu ». On appelle ainsi le cri particulièrement sinistre, nous a expliqué le propriétaire de l’auberge du Donjon, que pousse, quelquefois, la nuit, le chat d’une vieille femme, la mère « Agenoux », comme on l’appelle dans le pays. La mère « Agenoux » est une sorte de sainte qui habite une cabane, au cœur de la forêt, non loin de la « grotte de Sainte-Geneviève ».
« La Chambre Jaune, la Bête du Bon Dieu, la mère Agenoux, le diable, sainte Geneviève, le père Jacques », voilà un crime bien embrouillé, qu’un coup de pioche dans les murs nous débrouillera demain ; espérons-le, du moins, « pour la raison humaine », comme dit le juge d’instruction. En attendant, on croit que Mlle Stangerson, qui n’a cessé de délirer et qui ne prononce distinctement que ce mot : « Assassin ! Assassin ! Assassin !… ne passera pas la nuit… »
Enfin, en dernière heure, le même journal annonçait que le chef de la Sûreté avait télégraphié au fameux inspecteur Frédéric Larsan, qui avait été envoyé à Londres pour une affaire de titres volés, de revenir immédiatement à Paris.
Un peu de ciel bleu
Bonne fête à toutes les machines-à-faire-des-trous-dans-les-spaghetti !
🎬 https://www.youtube.com/watch?v=Rmn5oWh4syE
Extrait de l'épisode 15 de la saison 2 de Téléchat
Au cours de son voyage, elle découvre la présence d'un océan d'eau liquide sous la surface gelée de la lune Europe, un des satellites de Jupiter, et réalise plus de 14 000 photos 📷.
fr.wikipedia.org/wiki/Galileo...
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w.wiki/7Ueg
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En 1992, elle devient la première femme afro-américaine à aller dans l'espace lorsqu’elle embarque, en tant spécialiste de mission, à bord de la navette spatiale Endeavour 🚀.
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Bonne fête à tous les disjoncteurs !
Aristocrate cultivée, elle anima un salon rue des Tournelles à Paris qui réunissait les grands esprits de l'époque, hommes et femmes confondus.
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Tout commence avec Candaule, roi semi-légendaire de Lydie, dans l’actuelle Turquie... letempsduncafe.b1001d.fr/savais-tu/ca...
Elle est condamnée à mort et guillotinée le jour même.
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Les collaborateurs 😣 : 💭Ta gueule Kevin - 💭Ta gueule Kevin - 💭Ta gueule Kevin
Kevin 😳 : et bien, c'est à dire...
Autumn Landscape with Woman by Fence, 1889. oil on canvas.
