Bonne fête aux Ulrich
Un peu de bonne humeur
Pourquoi tu pleures ?
Deux gamins sont assis dans la salle d’attente d’un dispensaire médical. L’un des deux pleure comme une madeleine.
– Pourquoi tu pleures ? lui demande son pote Raoul.
– Je viens pour une analyse de sang, répond le premier.
– Eh alors ! C’est ça qui te fait peur ?
– Oui. Pendant l’examen ils te coupent le bout du doigt. C’est mon frère qui me l’a dit !
À son tour Raoul commence à sangloter. Le premier gamin hoquette de surprise. Son pote Raoul le téméraire qui pleure ?
– Pourquoi tu pleures, toi ?
– Parce que moi, je viens pour une analyse d’urine !
Croyant ou schizo – Pierre Desproges
« Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… s’il vous répond, vous êtes schizophrène. »
La mort de Charles VIII
Charles VIII, roi de France, se hâte au château d’Amboise, impatient de rejoindre son épouse Anne de Bretagne pour une ardente partie de jeu de paume. De petite stature - 1m50 dit-on -, il emprunte la galerie Hacquelebac, un passage étroit, assez sordide, qui peut même être parcouru à cheval grâce aux aménagements cavaliers du château ; dans la pénombre de cette porte basse, il heurte violemment de la tête le linteau de pierre, chancelle mais, déterminé, rejoint la partie. En pleine partie, il titube soudainement, fait quelques pas hésitant et s’effondre sur le court avant de plonger dans une agonie de neuf heures qui l’emporte, victime d’une hémorragie cérébrale ou d’un œdème fatal.
Cette fin absurde et évitable - un simple linteau trop bas - contraste avec son règne ambitieux, marqué par l’expédition en Italie, et inspire les moqueries historiques qui qualifient sa mort de plus débile d’un roi de France. À 27 ans, il cède le trône à son cousin Louis XII.
Un peu de français
« Tchin-tchin » ?
L'expression « tchin-tchin » que l'on lance joyeusement en trinquant vient tout droit de Chine, où des soldats français l'entendent au début du XXe siècle, vers 1900, lors de la campagne de Canton. C'est une déformation amusante de « qing qing » ou « tsing tsing », une formule polie en pidgin cantonais qui signifie « je vous en prie, buvez ». De retour au pays, ces gaillards la popularisent dans les cafés et les dîners, transformant ce clin d'œil exotique en rituel convivial français, bien loin de l'idée romantique du bruit des verres qui s'entrechoquent – une explication plus tardive et fantaisiste.
Quant à l'habitude de trinquer avant de boire, elle plongerait ses racines au Moyen Âge en France, époque où les banquets regorgent de poisons et de trahisons. Les convives cognent vigoureusement leurs gobelets de métal pour verser un peu de leur boisson dans celui du voisin, partageant ainsi tout risque d'empoisonnement, tout en se fixant dans les yeux pour guetter la moindre lueur malveillante. Cette pratique antique, héritée des Grecs et Romains qui versaient des libations aux dieux, évolue en geste de confiance et de santé partagée, perdant peu à peu sa dimension défensive pour devenir le toast chaleureux que l'on connaît aujourd'hui.
« Pouacre » ?
Voilà un terme qui désigne une personne ou une chose extrêmement sale, laide ou répugnante, dans un registre familier et vieilli. Ce terme populaire, souvent employé comme injure, qualifie ce qui évoque la crasse ou le dégoût, comme un "vilain pouacre" ou une odeur "pouacre". Il s'utilise aussi pour une personne avare et sordide. D'origine ancienne française, issu du latin podager (lié à la goutte aux pieds), il évolue vers des acceptations de saleté ou de laideur dès le XIIIème siècle.
Savais-tu que...
Peuplement du Mississippi aux XVI-XVIIème siècles
Les populations amérindiennes vivant autour du Mississippi sont déjà nombreuses lors de la première exploration espagnole conduite par Hernando de Soto au milieu du XVIème siècle. Cette expédition traverse un territoire dense en villages et en confédérations, marqué par les héritages des grandes civilisations mississippiennes, même si certaines cités‑foyers déclinent déjà. Les Espagnols rencontrent des sociétés structurées, agriculteurs et éleveurs, qui s’appuient sur le fleuve et ses affluents pour leurs échanges et leur subsistance.
Les contacts violents avec les Espagnols, combinés à l’introduction de maladies inconnues, provoquent un premier choc démographique et politique. Les pillages, les prises d’otages, les combats et les épidémies affaiblissent les villages et désorganisent les hiérarchies. Les grandes chefferies se fragmentent, certaines disparues, d’autres se restructurant en communautés plus petites et plus mobiles, souvent installées en aval ou sur des affluents.
Lors des missions ultérieures, françaises et espagnoles, les Européens trouvent un bassin toujours peuplé, mais transformé. Les confédérations survivantes, comme les Choctaw, Chickasaw ou Natchez, vivent dans des villages plus modestes, souvent alliés ou en rivalité avec l’un ou l’autre pouvoir colonial. La pression coloniale, les guerres, la traite des esclaves et les épidémies continuent de réduire et de déplacer ces populations, qui voient leur autonomie et leur territoire progressivement diminuer au profit des colons.
