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19 JANVIER

Bonne fête aux Marius et aux hurluberlus

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

1983 – Lancement par Apple de l’ordinateur Lisa
Le 19 janvier 1983, Apple commercialise Lisa, l’un des premiers ordinateurs personnels dotés d’une interface graphique et d’une souris. Inspiré des travaux du Xerox PARC, Lisa introduit des concepts révolutionnaires comme les fenêtres et les icônes. Malgré son échec commercial dû à son prix élevé, il influence durablement l’informatique moderne et prépare l’arrivée du Macintosh.

1978 – Sortie de la dernière Coccinelle à Emden
Le 19 janvier 1978, la dernière Volkswagen Coccinelle produite en Allemagne de l’Ouest sort de l’usine d’Emden. Véritable icône automobile, ce modèle conçu avant la Seconde Guerre mondiale s’est imposé dans le monde entier. Sa production se poursuit toutefois dans d’autres pays, notamment au Mexique, jusqu’au début du XXIᵉ siècle.

1962 – Départ de la croisière inaugurale du paquebot France
Le 19 janvier 1962, le paquebot France quitte Le Havre pour sa croisière inaugurale. Symbole du luxe et du savoir-faire industriel français, il est alors le plus long paquebot du monde. Destiné à la traversée transatlantique, le France incarne l’âge d’or de la marine marchande avant le déclin face à l’aviation.

1915 – Brevet du tube à néon de Georges Claude
Le 19 janvier 1915, l’ingénieur français Georges Claude dépose le brevet du tube à néon. Cette invention permet la production de lumière par excitation de gaz rares et révolutionne l’éclairage urbain et la publicité lumineuse. Les enseignes au néon deviennent rapidement emblématiques des grandes villes du XXᵉ siècle.

1903 – Création de l’Académie Goncourt et du prix Goncourt
Le 19 janvier 1903 est fondée l’Académie Goncourt conformément au testament d’Edmond de Goncourt. Elle crée le prix Goncourt, destiné à récompenser chaque année un roman d’imagination en prose. Ce prix devient rapidement la distinction littéraire la plus prestigieuse et la plus médiatisée du monde francophone.

1793 – Bataille de la Tannerie pendant la Révolution haïtienne
Le 19 janvier 1793 a lieu la bataille de la Tannerie, un épisode de la Révolution haïtienne. Elle oppose forces coloniales et insurgés dans un contexte de lutte pour l’abolition de l’esclavage et l’émancipation. Ce conflit s’inscrit dans la longue guerre qui conduira à l’indépendance d’Haïti en 1804.

1343 – Signature de la trêve de Malestroit
Le 19 janvier 1343 est signée la trêve de Malestroit en Bretagne, mettant temporairement fin aux hostilités entre la France et l’Angleterre durant la guerre de Succession de Bretagne, elle-même liée à la guerre de Cent Ans. Cette trêve vise à apaiser les combats, sans résoudre durablement les tensions politiques et dynastiques.

Les naissances et décès notables

1992 – Naissance de Tibo InShape (Thibaud Delapart), youtubeur français
1981 – Naissance de Audrey Lamy, actrice et humoriste française
1946 – Naissance de Dolly Parton, chanteuse et compositrice de country music, actrice et scénariste américaine
1943 – Naissance de Janis Joplin, chanteuse américaine

1839 – Naissance de Paul Cézanne, peintre français
1809 – Naissance de Edgar Allan Poe, écrivain américain
2022 – Décès de Gaspard Ulliel, acteur et mannequin français
2016 – Décès de Ettore Scola, réalisateur italien
2000 – Décès de Hedy Lamarr, actrice, productrice de cinéma et inventrice autrichienne, naturalisée américaine

Bonne fête aux hurluberlus

Pourquoi ne serait-ce pas la journée des hurluberlus, ces doux-dingues dont le nom intrigue par son origine incertaine. Deux pistes s’affrontent. D’un côté, une explication bien française imagine un mélange savoureux de hurelu, ce vieux terme pour « ébouriffé » qui évoque une crinière en bataille, et de berlu, pour « celui qui a la berlue », ce regard trouble et ahuri qui voit tout de travers. On devine déjà le portrait d’un original, décoiffé dans sa tête comme dans son allure, prêt à semer le désordre avec un sourire en coin.

De l’autre, une touche exotique pointe vers l’anglais hurly-burly, ce « tumulte-confusion » bruyant du XVIème siècle que Rabelais aurait piqué à des archers écossais de la garde royale. Chez lui, hurluburlu devient un saint imaginaire, avant d’évoluer en adjectif pour qualifier les actes brusques et fantasques. Les dictionnaires hésitent, Académie en tête, entre ces racines franco-françaises et cette bourrasque anglo-scotte, laissant planer un parfum de mystère sur ce personnage si vivant et si loufoque.

La vie au XIXème siècle



Un peu de bonne humeur

Quid de la vie après la mort ?

😳 Maman, ils vont où les gens quand ils sont morts ?
😏 Je ne sais pas. Tu as vérifié sous ton lit ?
😳 ...
😏 Bonne nuit mon chéri (biz)... j'éteins la lumière ?

 

Une soirée pleine de bizzz

Le 1er postulat de Pardo

Selon le premier postulat de Pardo, énoncé avec la sagesse cynique de ce philosophe du vice quotidien, les bonnes choses de la vie - ces délices qui font palpiter le cœur et saliver les papilles - sont invariablement soit illégales, soit immorales, soit, pire encore, promis à nous faire grossir inexorablement.

L'univers, dans son ironie cruelle, semble avoir conçu ce triptyque maudit pour nous transformer en moines ascètes malgré nous, nous forçant à choisir entre le plaisir coupable et la vertu fade, comme si la félicité pure n'était réservée qu'aux saints ou aux extraterrestres au régime.

Au final, il ne nous reste plus qu’à maudire Pardo pour cette formule exprimant une réalité bien trop souvent vérifiée.

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Savais-tu ?

Le boycott vient d’Irlande

Le boycott est aujourd'hui une forme de protestation courante, mais ses origines remontent à un conflit agraire dans l'Irlande du XIXème siècle. Cette tactique non-violente tire son nom d'un intendant britannique impopulaire.

Charles Cunningham Boycott (1832-1897) est un ancien capitaine de l'armée britannique devenu intendant pour le comte d'Erne en Irlande. Il gère les terres du comte dans le comté de Mayo, se montrant particulièrement dur envers les fermiers locaux. Boycott est connu pour sa rudesse et son intransigeance, ce qui le rend très impopulaire auprès de la population irlandaise.

En 1880, suite au refus de Boycott de baisser les loyers malgré une mauvaise récolte, une action d'ostracisme est menée contre lui : les fermiers et ouvriers agricoles refusent de travailler pour lui ; la population locale cesse toute relation personnelle, économique et professionnelle avec Boycott et sa famille ; les commerces locaux refusent de le servir ; Boycott se retrouve isolé, incapable de récolter ses cultures.

Cette campagne d'ostracisme va jusqu'à sacrifier une récolte, les ouvriers refusant de la moissonner. L'isolement social et économique entraîne la ruine de Boycott, qui doit quitter l'Irlande en décembre 1880. Cette action devient célèbre et donne naissance au terme "boycott", désormais utilisé pour décrire ce type de protestation non-violente.

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Astuce

Serrure à l’huile d’olive

Une petite goutte d’huile d’olive peut parfois aider à dégripper une serrure : déposez délicatement une toute petite goutte sur la clé (évitez d’en mettre directement dans le cylindre), insérez-la puis effectuez des rotations lentes et des mouvements d’entrée-sortie pour répartir l’huile; répétez si nécessaire et essuyez l’excédent pour éviter l’encrassement. Gardez tout de même cette astuce pour un dépannage ponctuel et préférez ensuite un lubrifiant spécifique pour serrure pour un entretien durable.

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Un instant en ce bas monde

Il y a peu, je remonte en voiture une rue longeant un lycée à l’heure de la sortie. Le théâtre est prêt, les acteurs en place. Me voilà derrière un spécimen bien contemporain : trottinette électrique, sans casque, et regard vissé sur son smartphone — la trinité du bon sens en décomposition.

Par simple instinct de survie — le mien — je ralentis. On ne sait jamais, une illumination soudaine pourrait survenir. Elle survient, en effet, et qui plus est, sous la forme attendue : une plaque d’égout, un déséquilibre grotesque, et le numéro commence. Le corps part à gauche, le téléphone à droite, la trottinette, elle, choisit l’indépendance avant de s’écraser. Rideau.

Je pile. L’artiste, lui, se relève aussitôt, récupère ses accessoires et se range sur le côté. Rien de cassé, hélas. « Bravo ! », me dis-je, partagé entre soulagement et consternation, avant de reprendre ma route et de me garer un peu plus loin.

Et là… miracle de la persévérance dans l’inconscience. Revoilà mon gars fièrement dressé sur sa monture. Même posture, même trajectoire, même écran hypnotique. La chute n’a rien enseigné ; elle a simplement interrompu le spectacle.

Je l’avoue : durant une seconde parfaitement assumée, j’espère une version pédagogique, plus… convaincante. Mais non. Dans ce monde, même les avertissements échouent à se faire entendre — surtout quand ils ne passent pas par un écran.

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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