Bonne fête aux Paulin
Sommaire
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
2013 – Formulation du principe d’asymétrie du baratin (loi de Brandolini)
Le 11 janvier 2013, l’Italien Alberto Brandolini formalise le « Bullshit asymmetry principle », selon lequel il faut beaucoup plus d’énergie pour réfuter des absurdités que pour les produire. Popularisé à l’ère des réseaux sociaux, ce principe éclaire les mécanismes de désinformation et les difficultés du débat public face aux fausses informations.
1991 – Intervention de l’armée soviétique dans les États baltes
Le 11 janvier 1991, l’armée soviétique intervient en Lituanie, puis dans les autres États baltes, qui avaient proclamé leur indépendance en 1990. Les affrontements, notamment à Vilnius, font plusieurs morts civils. Ces événements accélèrent la désintégration de l’URSS et renforcent le soutien international à l’indépendance balte.
1962 – Incendie de Poliarny, catastrophe de la marine soviétique
Le 11 janvier 1962, un incendie majeur survient dans la base navale de Poliarny, causant la mort de nombreux marins soviétiques. Longtemps tenu secret, ce drame est considéré comme l’une des pires catastrophes non nucléaires de la marine soviétique. Il met en lumière les conditions de sécurité défaillantes de la flotte durant la guerre froide.
1962 – Inauguration du paquebot France
Le 11 janvier 1962 est inauguré le paquebot France, fleuron de la marine marchande française. Symbole de modernité et de prestige, il incarne le savoir-faire industriel national. Bien que rapidement concurrencé par l’aviation commerciale, le France reste une icône de l’âge d’or des grandes traversées transatlantiques.
1935 – Vol solitaire d’Amelia Earhart entre Hawaï et la Californie
Le 11 janvier 1935, Amelia Earhart devient la première personne à relier seule Hawaï à la Californie en avion. Cet exploit aéronautique confirme son statut de pionnière de l’aviation et de figure de l’émancipation féminine. Il repousse les limites du vol longue distance à une époque encore marquée par de nombreux risques techniques.
1922 – Première injection d’insuline
Le 11 janvier 1922, Frederick Banting administre la première injection d’insuline au jeune Leonard Thompson, atteint de diabète sévère. Le traitement sauve sa vie et marque une révolution médicale. Cette découverte transforme le diabète, jusque-là fatal, en maladie chronique contrôlable et ouvre une nouvelle ère pour la recherche endocrinologique.
1886 – Début du premier championnat du monde d’échecs
Le 11 janvier 1886 commence le premier championnat du monde d’échecs officiel, opposant Wilhelm Steinitz à Johannes Zukertort. La victoire de Steinitz consacre la reconnaissance mondiale du titre et structure durablement la compétition échiquéenne. Cet événement fonde l’histoire moderne des championnats du monde d’échecs.
1871 – Début de la bataille du Mans
Le 11 janvier 1871 s’ouvre la bataille du Mans, épisode décisif de la guerre franco-allemande de 1870. L’armée française de la Loire y subit une lourde défaite face aux forces prussiennes. Cet échec militaire précipite la fin des espoirs français et annonce l’issue défavorable du conflit.
1794 – Bataille de Grasla pendant la guerre de Vendée
Le 11 janvier 1794 se déroule la bataille de Grasla, opposant républicains et insurgés vendéens. Les combats s’inscrivent dans un conflit civil d’une extrême violence. Cette période est marquée par des massacres et une répression sévère, illustrant la radicalisation de la Révolution française face aux soulèvements intérieurs.
1697 – Parution du Petit Chaperon rouge
Le 11 janvier 1697 paraît le conte Le Petit Chaperon rouge de Charles Perrault. Intégré aux Contes de ma mère l’Oye, il adapte des récits populaires à un public lettré. Cette version écrite contribue à fixer durablement le conte dans la culture européenne et à fonder la littérature enfantine moderne.
Les naissances et décès notables
1977 – Naissance de Jérôme Kerviel, opérateur de marché breton et français
1964 – Naissance de Albert Dupontel, humoriste, comédien et cinéaste français
1956 – Naissance de Philippe Chevallier, humoriste duettiste français
1923 – Naissance de Jacqueline Maillan, comédienne française
1916 – Naissance de Bernard Blier, acteur français
2015 – Décès de Anita Ekberg, actrice suédoise
2014 – Décès de Ariel Sharon, général et homme d’État israélien
1988 – Décès de Gregory Boyington, pilote de chasse américain rendu célèbre par la série
1952 – Décès de Jean de Lattre de Tassigny, militaire français
1944 – Décès de John Walter Christie, ingénieur, inventeur et pilote de course automobile américain
1891 – Décès de Georges Eugène Haussmann, préfet français de la Seine
Un peu de bonne humeur
C’est fort de calva !
Un père rentre du bureau plus tôt que d’habitude et découvre trois verres à Calva sur la table de la cuisine.
Il appelle son petit garçon :
– Dis-moi Mathias, il y a eu de la visite cet après-midi ?
– Oui Papa ! Un monsieur est venu et maman lui a offert à boire un petit calva !
– Mais le troisième verre, alors, il est à qui ?
Mathias devient tout rouge et dans un chuchotement il finit par dire :
– C’est moi qui l’ai bu !
– Mais enfin Mathias, ce n’est pas pour les enfants ! Et tu ne t’es pas senti mal ?
– Non, moi ça ne m’a rien fait, mais maman et le monsieur, ils ont dû aller se coucher !
La vue à 50 ans – Jean Gabin
A la cinquantaine, on ne reconnaît plus les lettres de près. Mais on reconnaît les cons de loin !
Gare aux cachalots ! – 1
Le 26 janvier 2004, dans les rues bondées de Tainan, au sud de Taïwan, un cachalot gigantesque de 17 mètres et 50 tonnes choisit ce moment pour un spectacle macabre inoubliable. Mort depuis quelques jours, probablement tué par un navire, il gît d'abord sur une plage avant que 50 ouvriers ne l'embarquent tant bien que mal sur un camion pour l'autopsie. Treize heures de secousses hasardeuses avec grues et cordes fragilisent sa carcasse gonflée par les bactéries festoyant à l'intérieur, produisant un cocktail explosif de gaz putrides emprisonnés sous la peau tendue.
Soudain, en pleine artère urbaine, la bête explose dans un bruit assourdissant, projetant des litres de sang, des entrailles nauséabondes et des lambeaux de chair sur des dizaines de mètres ! Résultat : voitures engluées, vitrines barbouillées de magma rougeâtre, passants médusés au milieu d'un embouteillage apocalyptique. La puanteur envahit le quartier pour des heures, tandis que la nature s'amuse de cette vengeance post-mortem.
Une incision préventive aurait évité la catastrophe, mais voilà ce qui arrive lorsque l'urgence l'emporte sur la prudence.
Un peu de français
« Tailler une bavette » ?
Cette expression signifie qu'on discute ou qu'on bavarde de manière conviviale et familière. Elle évoque une conversation légère et prolongée entre amis ou connaissances.
« Bavette » dérive de « bave », un terme lié au babil enfantin imité par l'onomatopée baba, qui désigne ensuite des paroles futiles. Au XVIIème siècle, on « taille une bavette » pour décrire des femmes qui causent abondamment ensemble, et « tailler » suggère façonner ou découper ces mots comme on le fait avec la parole éloquente. Des théories évoquent aussi le col plissé des avocats, appelé bavette pour son aspect baveux et associé aux discours verbeux, ou encore la bavette de viande qu'on découpe en tranches fines lors de repas prolongés favorisant les échanges animés. Cependant, l'origine la plus étayée reste celle du babil, avec l'idée de « tailler » la parole remontant au XIIIème siècle dans l'expression « tailler bien la parole » pour parler avec éloquence.
« Bistrot » ?
Le mot bistrot intrigue par son origine modeste et profondément populaire, bien ancrée dans le terroir français où les mots naissent au coin du feu ou du comptoir. Les linguistes le rattachent aujourd’hui au poitevin « bistraud », ce petit serviteur zélé des marchands de vin qui trime dans l’ombre des tonneaux, sert les verres et finit par donner son nom au cabaret lui-même – un lieu convivial où l’on trinque sans chichis, entre amis d’enfance ou inconnus du quartier. À côté, « bistouille » ou « bistrouille » évoque ce mélange rustique et corsé d’alcool frelaté et de café brûlant, typique des débits de boisson du peuple où l’on noie les soucis dans une gorgée âpre ; ces termes familiers colorent le mot d’une saveur authentique, presque odorante de zinc tiède, de tabac froid et de camaraderie oubliée.
La légende russe, si romantique et pleine de panache, fait sourire les savants qui la dissèquent : imaginez des cosaques hirsutes, débarqués à Paris en 1814 après la débâcle napoléonienne, criant « bystro ! » - « vite ! » - aux tenanciers dépassés pour hâter le service d’un verre ou d’une soupe. Et hop, naît le bistrot, symbole d’urgence joyeuse ! Mais l’histoire patine sérieusement, car le terme n’apparaît dans les dictionnaires qu’en 1880, plus de soixante ans après ces supposés cris slaves, trop tard pour coller aux faits historiques. Ainsi, le bistrot reste ce coin de France authentique et éternel, loin des invasions exotiques, un mot né dans la vapeur des verres embués, les rires gras des habitués et l’odeur tenace du quotidien parisien.

