Bonne fête aux Lubin
Les évènements notables
1954 – Exercice nucléaire de Totskoïe, en URSS
Le 14 septembre 1954, l’Armée rouge réalise un exercice militaire à Totskoïe, en Oural, pour tester l’usage tactique d’armes nucléaires. Une bombe atomique de 40 kilotonnes est larguée, et plus de 40 000 soldats sont envoyés sur le terrain irradié. Les retombées radioactives eurent de graves conséquences sanitaires, mais l’opération resta longtemps classée secret d’État en URSS.
1901 – Début de mandat du président américain Theodore Roosevelt
Le 14 septembre 1901, Theodore Roosevelt devient le 26ᵉ président des États-Unis après l’assassinat de William McKinley. Âgé de 42 ans, il est le plus jeune président à accéder à la fonction. Réformateur énergique, il lance une politique progressiste, défend la régulation des grandes entreprises, la protection de l’environnement et affirme la puissance américaine sur la scène mondiale.
1791 – Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Le 14 septembre 1791, Olympe de Gouges, figure du féminisme naissant, publie un texte qui revendique l’égalité civile et politique entre les sexes, en miroir de la Déclaration des droits de l’homme. Elle y affirme que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». Ce manifeste novateur fit scandale à l’époque et contribua à sa condamnation lors de la Révolution.
1720 – Mise en quarantaine de la Provence pour éviter la propagation de l’épidémie de peste en cours
Le 14 septembre 1720, face à la peste qui ravage Marseille depuis l’arrivée du navire Grand-Saint-Antoine, les autorités du royaume ordonnent la mise en quarantaine stricte de la Provence. Des lignes de blocus sanitaires sont installées pour empêcher la propagation vers le reste de la France. Malgré ces mesures, l’épidémie fait près de 100 000 morts en Provence.
1538 – Seconde bataille de Diu
Le 14 septembre 1538, au large de Diu (Inde), la flotte portugaise affronte une coalition ottomane, indienne et égyptienne. Ce combat naval marque l’apogée de la lutte pour le contrôle des routes maritimes de l’océan Indien. La victoire portugaise consolide leur domination commerciale dans la région, malgré leur infériorité numérique, et illustre la puissance navale européenne du XVIᵉ siècle.
1219 – Inondation catastrophique de Grenoble
Le 14 septembre 1219, Grenoble est frappée par une inondation dévastatrice, causée par la rupture du barrage naturel du lac Saint-Laurent, formé dans la vallée de la Romanche. Les flots submergent la ville et font des milliers de victimes. Cette catastrophe, restée gravée dans la mémoire collective, est l’une des plus meurtrières de l’histoire alpine médiévale.
Un instant en ce bas monde

Un chat roux, posé avec une grâce toute féline sur une rambarde tiédie par le jour, observe le monde. Sous ses pattes s’étend un paysage sans fin d’abris humains, empilés, juxtaposés, comme une ruche infinie. Il les regarde avec une perplexité silencieuse.
Les humains aiment se rassembler, semble-t-il. Ils s’agglutinent, bâtissent les uns contre les autres, et pourtant, chacun protège farouchement son fragment d’espace. Ils passent, se croisent, s’évitent parfois, s’ignorent souvent, obéissant à des règles que le chat ne cherche même plus à comprendre.
Ils dévorent toutes sortes d’animaux - sans parler de cette curieuse fantaisie de les accompagner de diverses plantes -, mais aiment à caresser ses semblables et, encore plus incompréhensible, montrent la même affection pour les chiens. Ils détruisent ce qu’ils ont construit, puis recommencent, inlassablement. Ils peuplent le monde avec une ardeur étrange, comme s’ils craignaient le vide.
Le chat roux cligne lentement des yeux. Tout cela lui paraît à la fois agité et lointain, dense et sans importance.
Alors, avec l’élégance simple de ceux qui n’ont rien à prouver, il se lève, s'étire longuement, et s’en va, retournant à ses affaires de chat.
Un peu de bonne humeur
La conscience du spermatozoïde – Anonyme
Le spermatozoïde, s'il savait qu'il allait faire un gosse, peut-être qu'il irait pas. - Brève de comptoir
Une retraite peu glorieuse
En juillet 1807, juste après les traités de Tilsit qui scellent une paix précaire avec la Russie, Napoléon organise une partie de chasse près de Paris pour célébrer ses victoires. Son fidèle chef d’état-major, Alexandre Berthier, veut impressionner l’Empereur et achète des milliers de lapins domestiques pour garnir le terrain. Au coup de sifflet, au lieu de détaler, les lapins se ruent en horde compacte vers Napoléon et ses officiers, attirés par l’odeur familière de leurs gardiens.
L’Empereur, surpris, voit les bêtes grimper sur ses bottes, ses jambes, son habit impérial ! La cavalerie sabre en vain, les coups de cravache s’abattent, mais la marée lapine submerge tout. Napoléon, habitué aux champs de bataille, grimpe en hâte dans son carrosse pour échapper à cette offensive inattendue.
La retraite tourne au sauve-qui-peut hilarant : soldats et généraux fuient à pied, à cheval, poursuivis par une nuée de lapins affamés. Loin des canons et des cuirassiers, cette « bataille » des lapins devient la plus cocasse des légendes napoléoniennes, rappelant que même les plus grands chefs peuvent plier face à une armée pourtant désarmée !
Savais-tu ?
Un Schmiss pour un bon mariage
Un Schmiss est une cicatrice faciale distinctive que portent les étudiants allemands et autrichiens lors des duels traditionnels appelés Mensur, organisés au sein des corporations étudiantes. Ces affrontements à l’épée, où les participants restent immobiles face à la lame adverse, visent délibérément le visage pour marquer la peau d’une balafre visible, suturée sans anesthésie afin qu’elle reste saillante. Symbole de bravoure et de maîtrise de soi, le Schmiss témoigne du courage face à la douleur et de l’appartenance à une élite universitaire et sociale.
Les hommes arborant un Schmiss jouissent d’un prestige matrimonial élevé dans la société germanique des XIX-XXème siècles, car cette marque prouve leur sang-froid, leur intrépidité et leur réseau influent au sein des fraternités. Considérés comme des partis idéaux, ils attirent les familles en quête d’un gendre énergique, promis à une carrière militaire ou industrielle brillante. Bien que la pratique décline après 1930, le Schmiss conserve une aura de virilité et de statut social supérieur.

