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25 DÉCEMBRE

Bonne fête aux Noël

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

1991 – Démission de Mikhaïl Gorbatchev et fin de l’URSS
Mikhaïl Gorbatchev annonce sa démission de la présidence de l’Union soviétique, reconnaissant l’impossibilité de maintenir l’État fédéral. Le drapeau rouge est abaissé au Kremlin, actant symboliquement la disparition de l’URSS après 69 ans d’existence. Cet événement clôt la guerre froide et ouvre une nouvelle ère géopolitique, marquée par l’indépendance des républiques soviétiques et de profonds bouleversements politiques et économiques en Europe de l’Est.

1957 – Sortie du film Les Sentiers de la gloire
Le film de Stanley Kubrick sort aux États-Unis. Inspiré de faits réels de la Première Guerre mondiale, il dénonce l’absurdité de la guerre et l’injustice militaire à travers le destin de soldats français condamnés pour l’exemple. Porté par Kirk Douglas, le film choque par sa virulence antimilitariste et sera censuré en France pendant plusieurs années, avant de devenir un classique du cinéma engagé.

1950 – Vol de la pierre du couronnement à Westminster
Des militants nationalistes écossais dérobent la pierre de Scone, symbole du couronnement des rois d’Écosse, conservée depuis des siècles à l’abbaye de Westminster. Ce geste spectaculaire vise à dénoncer la domination britannique sur l’Écosse. Retrouvée quelques mois plus tard, la pierre devient un symbole fort de l’identité écossaise et sera finalement restituée à l’Écosse en 1996.

1920 – Début du congrès de Tours
Le congrès de Tours s’ouvre et marque une scission majeure du socialisme français. La majorité des délégués choisit d’adhérer à la Troisième Internationale, fondant la Section française de l’Internationale communiste, futur Parti communiste français. La minorité reste au sein de la SFIO. Cet événement structure durablement la vie politique française et la gauche au XXᵉ siècle.

1918 – Premier vol de la future Aéropostale
La Compagnie Générale d’Entreprises Aéronautiques réalise un premier vol inaugural, posant les bases de ce qui deviendra l’Aéropostale. Cette aventure aérienne ouvre la voie au transport du courrier par avion sur de longues distances. Elle sera incarnée par des figures légendaires comme Antoine de Saint-Exupéry ou Jean Mermoz et jouera un rôle clé dans l’histoire de l’aviation civile.

1831 – Début de la grande révolte des esclaves jamaïcains
La « révolte de Noël » éclate en Jamaïque, menée par des esclaves réclamant la liberté. Rapidement réprimée dans le sang, elle fait des centaines de morts. Toutefois, son ampleur choque l’opinion britannique et accélère le processus d’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique, qui sera officiellement actée en 1833.

1066 – Couronnement de Guillaume le Conquérant
Guillaume, duc de Normandie, est couronné roi d’Angleterre à Westminster après sa victoire à Hastings. Son accession au trône marque le début de la domination normande et transforme profondément la société anglaise, ses institutions, sa noblesse et sa langue. Cet événement fondateur façonne durablement l’histoire politique et culturelle de l’Angleterre médiévale.

800 – Couronnement impérial de Charlemagne
À Rome, le pape Léon III couronne Charlemagne empereur d’Occident. Ce geste symbolique restaure l’idée d’un Empire romain d’Occident et scelle l’alliance entre la papauté et le pouvoir franc. Le couronnement renforce l’autorité de Charlemagne sur l’Europe occidentale et constitue un acte fondateur de l’histoire politique et religieuse du continent.

496 – Baptême de Clovis Ier
Clovis, roi des Francs, reçoit le baptême chrétien à Reims, probablement des mains de l’évêque Rémi. Ce choix religieux scelle l’alliance entre la monarchie franque et l’Église catholique. Il facilite l’unification du royaume et vaut à Clovis le soutien durable du clergé gallo-romain, faisant de son baptême un événement fondateur de l’histoire de France.

Les naissances et décès notables

1971 – Naissance de Dido, chanteuse britannique
1971 – Naissance de Justin Trudeau, enseignant et homme politique canadien
1961 – Naissance de Íngrid Betancourt, femme politique colombienne, ancienne otage des FARC
1954 – Naissance de Annie Lennox, chanteuse britannique
1952 – Naissance de Desireless (Claudie Fritsch-Mentrop), chanteuse française

2016 – Décès de George Michael (Georgios Kyriacos Panayiotou), chanteur britannique
2008 – Décès de Eartha Kitt, chanteuse américaine
2006 – Décès de James Brown, chanteur et musicien américain
1989 – Décès de Nicolae Ceaușescu et de sa femme, dictateurs roumains
1977 – Décès de Charlie Chaplin, acteur, réalisateur, scénariste, producteur et compositeur britannique
1957 – Décès de Charles Pathé, producteur de films français
1920 – Décès de Monk Eastman, gangster américain



Un peu de bonne humeur

Séduction dans un bar

Dans un bar, une très jolie femme fait signe au barman de s’approcher d’elle. Il se penche et elle commence à lui caresser la barbe.

– Êtes-vous le gérant ? dit-elle en lui caressant sensuellement le visage.

– Euh… en fait non, répond le barman.

– Pouvez-vous aller le chercher ? demande la femme en glissant sa main dans les cheveux du barman.

– Malheureusement non, souffle le barman prenant visiblement plaisir à la situation.

– Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ? demande la femme en passant ses doigts sur les lèvres du barman.

– Bien sur, répond l’homme.

– Je voudrais lui laisser un message, dit-elle en glissant un doigt puis l’autre dans la bouche du barman qui les suce légèrement.

– Quel est le message ? demande le barman.

– Dites-lui qu’il n’y a ni papier ni savon dans les toilettes des dames.

 

Au travail les ado

🤔 Un million d'ado veulent nettoyer la Terre... c'est vraiment admirable.
😏 Oui, mais un million de parents aimeraient qu'il commencent par leur chambre.

La loi du compagnon de lit

Cette constante de la physique conjugale détermine invariablement que celui ou celle qui ronfle comme un tracteur en surchauffe s'endort systématiquement le premier, laissant l’autre, les yeux exorbités, à contempler le plafond comme un toxicomane en pleine décente.

Pendant que l'olibrius à votre côté produit un concert de décibels dignes d'un festival de scies en ut majeur, vous... vous ruminez des vengeances shakespeariennes - étouffement idiot par un oreiller défaillant, coups de coude malencontreux dans les côtes, exil forcé sur le canapé – tout en priant pour une intervention divine ou un coup du sort salvateur.

Au final, l'univers, ce sadique maître d'orchestre, nous afflige cette torture quotidienne pour nous rappeler que l'amour vrai se mesure en décibels supportés... uniquement par le perdant qui reste éveillé.

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Savais-tu ?

Incarnat et Brésil

Recette du XVème siècle pour fabriquer la couleur rose - dite incarnat à l’époque - à destination des teinturiers, enlumineurs et peintres :

« Prends une bonne portion de Brésil et plonge-la dans une certaine quantité d’eau additionnée d’un peu de craie. Ajoute du tartre autant qu’il convient et si tu le peux de l’urine d’âne mais modérément. Si tu n’as pas d’urine d’âne, celle d’un homme ivre conviendra. Ensuite, fais chauffer le tout assez longuement et place ton drap dans le bouillon. Tu obtiendras une belle teinture incarnat. »

Source : Michel Pastoureau, historien des couleurs,
"Rose : histoire d'une couleur", éditions du Seuil,
Podcast France Inter

Les qualité du bois de Brésil

Le bois de Brésil, aussi appelé pernambouc ou pau‑brasil, est d’abord apprécié pour sa teinte rouge intense : séché et pulvérisé, il donne une matière tinctoriale rouge très prisée pour la teinture des textiles, des enluminures et des peintures. Il est également reconnu pour sa densité et sa dureté, davantage résistant, élastique et massif que le chêne, ce qui le rend particulièrement intéressant en menuiserie et en ébénisterie.

Ses qualités physiques exceptionnelles en font longtemps le bois de prédilection pour les archets de violon : il combine rigidité, élasticité et bonne transmission des vibrations, ce qui assure une excellente sonorité aux instruments à cordes frottées. Aujourd’hui, il reste recherché dans l’archèterie et dans certains usages de charpente ou de décoration, tout en étant soumis à une gestion plus stricte en raison de la raréfaction de l’espèce.

Le bois et le pays

Le Brésil doit son nom au bois de Brésil, un bois rouge très recherché en Europe pour sa teinture. Les Portugais le découvrent en grande quantité sur les côtes du futur pays après 1500 et en font bientôt une marchandise essentielle. Ce nom vient d’un ancien terme signifiant « braise », en référence à la couleur rouge du bois, et il désigne déjà un type de bois exotique avant même la découverte de l’Amérique.

Au fil du temps, les colons cessent d’appeler le territoire « Terre de la Sainte‑Croix » et parlent de plus en plus de la « Terre du Brésil » ou simplement de « Brésil », par allusion à cette ressource forestière. Le mot remplace ainsi le nom initial et devient le nom officiel du pays, transformant une simple matière première en marque identitaire nationale.

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Astuce

Une photo parfaite de Médor

Pour obtenir une photo parfaite de votre chien vous regardant intensément, les oreilles dressées, équipez-vous d’une tranche de saucisson, d’un lardon ou d’un beau morceau de rôti, selon la taille de l’animal. Fixez la friandise à l’arrière du téléphone, bien en évidence puis appelez-le. Lorsqu’il s’arrête devant vous, captivé par la perspective de sa récompense, prenez rapidement la photo.

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Un instant en ce bas monde

Photo de Boys in Bristol Photography - Pexels

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.

Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.

Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.

Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.

De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.

Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.

Aigu. Puissant. Inhumain.

Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.

Ensuite, plus rien.

S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.

Whitechapel retient son souffle.

Dans l’obscurité, quelque chose rôde.

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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