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31 JANVIER

Bonne fête aux Marcelle

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

2013 – Abrogation de l’interdiction du port du pantalon pour les femmes
Le 31 janvier 2013, une circulaire du ministère des Droits des femmes met officiellement fin à une ordonnance de 1800 interdisant aux femmes de porter le pantalon à Paris sans autorisation de police. Bien que tombé en désuétude depuis longtemps, ce texte symbolisait une discrimination juridique persistante. Son abrogation a une portée essentiellement symbolique, affirmant l’égalité entre les sexes dans le droit français.

1990 – Ouverture du premier McDonald’s en Union soviétique
Le 31 janvier 1990 ouvre à Moscou le premier McDonald’s de l’Union soviétique, sur la place Pouchkine. L’événement attire des milliers de clients et devient un symbole spectaculaire de la perestroïka et de l’ouverture à l’Occident. Cette implantation marque un tournant culturel et économique, illustrant l’effondrement progressif du modèle soviétique et l’attrait pour la consommation occidentale.

1968 – Lancement de l’offensive du Tết au Vietnam
Le 31 janvier 1968 débute l’offensive du Tết, vaste attaque surprise menée par le Viet Cong et l’armée nord-vietnamienne contre de nombreuses villes du Sud. Militairement coûteuse pour les assaillants, elle constitue néanmoins un choc psychologique majeur. Elle ébranle l’opinion publique américaine et marque un tournant décisif dans la perception et la conduite de la guerre du Vietnam.

1953 – Raz-de-marée en mer du Nord
Le 31 janvier 1953, une violente tempête provoque un raz-de-marée dévastateur en mer du Nord. Les côtes des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de la Belgique sont gravement touchées, causant plus de 2 500 morts. Aux Pays-Bas, la catastrophe entraîne la mise en œuvre du vaste plan Delta, destiné à renforcer durablement la protection contre les inondations maritimes.

1945 – Exécution d’Eddie Slovik pour désertion
Le 31 janvier 1945, le soldat américain Eddie Slovik est fusillé en France pour désertion en temps de guerre. Il est le seul militaire américain exécuté pour ce motif depuis la guerre de Sécession. Son cas, devenu emblématique, soulève par la suite un important débat moral et juridique sur la discipline militaire et la sévérité des sanctions en temps de conflit.

1943 – Capitulation allemande à Stalingrad
Le 31 janvier 1943, le maréchal Friedrich Paulus capitule avec les forces allemandes du secteur sud de Stalingrad. Cette reddition marque la première capitulation majeure d’une armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. La bataille de Stalingrad constitue un tournant stratégique décisif sur le front de l’Est, ouvrant la voie à l’avancée soviétique vers l’ouest.

1918 – « Bataille » de l’île de May
Le 31 janvier 1918 se produit la « bataille » de l’île de May, un accident naval majeur impliquant la Royal Navy écossaise. Lors d’exercices nocturnes, plusieurs collisions entre navires britanniques causent la mort de plus de 100 marins. Longtemps tenue secrète, cette catastrophe illustre les risques de la guerre navale moderne, même en dehors de tout combat ennemi.

1865 – Robert E. Lee nommé général en chef des armées confédérées
Le 31 janvier 1865, Robert E. Lee est nommé général en chef des armées confédérées des États-Unis. Cette décision intervient alors que la guerre de Sécession touche à sa fin et que les forces sudistes sont en grande difficulté. Malgré son prestige militaire, Lee ne peut empêcher l’effondrement de la Confédération, qui capitule quelques mois plus tard.

1793 – Rattachement provisoire de Nice à la France
Le 31 janvier 1793, le comté de Nice est rattaché provisoirement à la France révolutionnaire après l’invasion des troupes françaises. Ce territoire, jusque-là possession du royaume de Piémont-Sardaigne, devient le département des Alpes-Maritimes. Le rattachement sera confirmé définitivement en 1860, à la suite d’un plébiscite et des accords franco-piémontais.

Les naissances et décès notables

1981 – Naissance de Justin Timberlake, chanteur, compositeur et acteur américain
1673 – Naissance de Louis-Marie Grignion de Montfort, religieux français et breton

2020 – Décès de Mary Higgins Clark, femme de lettres américaine
1976 – Décès de Fernand Sardou, acteur français, père de Michel Sardou
1606 – Décès de Guy Fawkes, soldat anglais ayant participé à la conspiration des poudres


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JE DÉCOUVRE

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Un peu de bonne humeur

Un truc pour évacuer

😏 Ton mec t'énerves en ce moment. Alors écoute mon conseil : écris tout ce que tu lui reproche sur un bout de papier et ensuite brûle-le. Tu verras ça fais un bien fou.

😳 Mais qu'est-ce que je fais du bout de papier après ?

 

Education sexuelle dans le grand monde

Une lady dit à son époux :
– Darling, Jeremy va avoir seize ans. Il faut l’informer des mystères de la vie, c’est à vous de le faire. Mais c’est un enfant sensible. Alors parlez-lui des abeilles, des pigeons, des chevaux…
– Entendu, my dear.

Et le duc va voir son fils :
– Jeremy, vous vous souvenez de ce que nous avons fait à Londres la semaine dernière avec ces deux charmantes personnes ?
Eh bien, votre mère vous fait dire que pour les abeilles, les pigeons et les chevaux, c’est pareil.

Une claudication à la mode

A la fin du XIXème siècle au Royaume-Uni, la mode dans la haute société est à la claudication, quitte à retirer un talon.

La claudication d'Alexandra désigne la démarche boiteuse adoptée par les dames de la haute société victorienne, en imitation de celle de la princesse Alexandra de Danemark. Originaire du Danemark, elle épouse en 1863 le prince de Galles, futur Édouard VII, devenant une icône de mode par son élégance malgré une infirmité à la jambe droite causée par une grave maladie en 1867 qui la raidit. Son allure gracieuse transforme ce handicap en signe de distinction sociale.

Les femmes de l'époque victorienne copient consciemment cette boiterie en accentuant leur démarche, en s'appuyant sur une canne et en modifiant leurs chaussures pour créer un déséquilibre. Elles retirent le talon d'une chaussure ou portent des talons de hauteurs inégales afin d'imposer un boitement permanent et gracieux.

Les cordonniers londoniens commercialisent alors des souliers asymétriques sur mesure, avec des talons délibérément inégaux, répondant à la demande des fashionistas. Ce phénomène de mode devient une industrie lucrative sur Bond Street et Mayfair, où ces chaussures "à la princesse" mêlent sophistication et handicap simulé.

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Savais-tu ?

Une Angleterre parlant français

On entend souvent dire que, pendant plus de 300 ans, le français a été la langue officielle en Angleterre. L’affirmation peut surprendre, mais elle repose sur une réalité historique bien documentée : après la conquête normande de 1066, la noblesse, la cour et les institutions anglaises se mettent à fonctionner en français, au point que cette langue devient celle du pouvoir, de la justice et de l’administration. Tout commence quand Guillaume, duc de Normandie, revendique le trône d’Angleterre à la mort d’Édouard le Confesseur. Il franchit la Manche avec une armée normande, remporte la bataille décisive d’Hastings le 14 octobre 1066, puis est couronné roi d’Angleterre à Westminster le jour de Noël de la même année. La conquête ne se limite pas à un simple changement de roi : elle entraîne le remplacement progressif d’une partie des élites anglo-saxonnes par des Normands et transforme durablement la société anglaise.

😳 Mais alors, qu'est-ce qui a déconné ensuite ?

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Astuce

Oter une tache de cambouis

Pour ôter une tache de cambouis sur le pantalon, par exemple, d'un gamin qui nom de nom de nom de nom, ne fait pas attention à ses affaires, il est préférable dans un premier temps de rester calme. Puis, il semble indiqué de commencer par retirer délicatement l’excédent avant d'appliquer un peu de beurre ou de savon de Marseille pour ramollir la graisse. Il suffit alors de frotter doucement et de rincer... enfin s'il n'a pas trop salopé son pantalon, dans quel cas il peut être utile de traiter la tache avec un solvant qu'on applique en tapotant doucement... et calmement. Si une trace subsiste, un peu de liquide vaisselle ou de terre de Sommières peut aider à terminer le travail, puis un lavage classique achève souvent le nettoyage... ou pas ! Julien, vient voir par là ! JULIEN !!!

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Un instant en ce bas monde

Il y a peu, je remonte en voiture une rue longeant un lycée à l’heure de la sortie. Le théâtre est prêt, les acteurs en place. Me voilà derrière un spécimen bien contemporain : trottinette électrique, sans casque, et regard vissé sur son smartphone — la trinité du bon sens en décomposition.

Par simple instinct de survie — le mien — je ralentis. On ne sait jamais, une illumination soudaine pourrait survenir. Elle survient, en effet, et qui plus est, sous la forme attendue : une plaque d’égout, un déséquilibre grotesque, et le numéro commence. Le corps part à gauche, le téléphone à droite, la trottinette, elle, choisit l’indépendance avant de s’écraser. Rideau.

Je pile. L’artiste, lui, se relève aussitôt, récupère ses accessoires et se range sur le côté. Rien de cassé, hélas. « Bravo ! », me dis-je, partagé entre soulagement et consternation, avant de reprendre ma route et de me garer un peu plus loin.

Et là… miracle de la persévérance dans l’inconscience. Revoilà mon gars fièrement dressé sur sa monture. Même posture, même trajectoire, même écran hypnotique. La chute n’a rien enseigné ; elle a simplement interrompu le spectacle.

Je l’avoue : durant une seconde parfaitement assumée, j’espère une version pédagogique, plus… convaincante. Mais non. Dans ce monde, même les avertissements échouent à se faire entendre — surtout quand ils ne passent pas par un écran.

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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