Je soutiens le projet

4 AOÛT

Bonne fête aux Vianney



Découvrez chaque semaine un journal PDF riche, soigné et entièrement sans publicité. Plus de contenus, plus de plaisir de lecture, sans aucune distraction.

JE DÉCOUVRE

Lien vers la page

Un instant en ce bas monde

Photo de Boys in Bristol Photography - Pexels

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.

Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.

Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.

Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.

De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.

Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.

Aigu. Puissant. Inhumain.

Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.

Ensuite, plus rien.

S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.

Whitechapel retient son souffle.

Dans l’obscurité, quelque chose rôde.

Lien vers la page

Un peu de bonne humeur

Attentat à la pudeur

Des nouvelles de l’étranger : un écossais arrêté pour attentat à la pudeur après s’être épongé le front avec son kilt.

 

Comment ne pas avoir de requins

En Floride un touriste étranger, avant de se baigner sur une plage tranquille, demande à un pêcheur :

– Il y a des requins ici ?

– Non non, rassurez-vous, il n’y en a plus depuis des années !

Il se baigne longuement et en sortant de l’eau il demande au pêcheur :

– Comment avez-vous fait pour vous en débarrasser ?

– Nous on a rien fait. Les crocodiles s’en sont chargés.

La mode des robes papier

La mode des vêtements en papier des années 1960 était une tendance éphémère et jetable, lancée comme opération publicitaire par des entreprises américaines de papier. Elle symbolisait l'esprit pop, expérimental et consumériste de l'époque, avec des pièces bon marché et souvent à usage unique.

En 1966, la Scott Paper Company, spécialiste du papier hygiénique et essuie-tout, distribue des robes en matériau non tissé imprimé de motifs psychédéliques ou bandanas, appelées "Paper Caper". Ce coup marketing initial remporte un succès viral, avec des centaines de milliers d'unités vendues à 1,5 dollar pièce, suivi par des producteurs comme Mars of Asheville qui en fabriquent jusqu'à 80 000 par semaine.

Ces vêtements, souvent des robes trapèze courtes aux couleurs vives et motifs graphiques, étaient faits de cellulose renforcée de fibres synthétiques comme la rayonne ou le polyester pour plus de solidité. Jetables et personnalisables (parfois avec peintures à l'eau), ils incarnaient la mode pop et unisexe, portée par des stars comme Nico avec des designs d'Andy Warhol.

La fièvre dure de 1966 à 1968, boostée par des collaborations avec Oscar de la Renta ou Butterfinger pour des tenues publicitaires, avant de s'essouffler face aux problèmes d'inflammabilité et de durabilité. Elle préfigure la fast fashion et influence des expositions comme "Generation Paper" au MAD de New York.

Lien vers la page

Savais-tu ?

Régime obligatoire

Patrick Deuel est un Américain connu pour son obésité extrême qui atteint 486 kg en 2004. Il souffre principalement d’obésité morbide extrême, aggravée par un mode de vie sédentaire et une consommation excessive de nourriture. Il présente des complications graves comme une insuffisance cardiaque, une insuffisance respiratoire (il dépend d’une machine pour respirer), des infections cutanées dues aux plis de peau, et une immobilité totale depuis des années, ce qui l’empêche même de se déplacer seul. Ces pathologies menacent sa vie et nécessitent une intervention médicale d’urgence.

Plusieurs hôpitaux refusent de le prendre en charge immédiatement en raison de son poids colossal, qui pose des défis logistiques et structurels majeurs : aucun lit renforcé n'existe, les ascenseurs ne supportent pas sa masse, et le transport semble impossible. Après des refus répétés au Nebraska, l’hôpital Avera McKennan à Sioux Falls, dans le Dakota du Sud, accepte finalement de l’accueillir. Une opération spectaculaire s’organise alors : les pompiers percent un mur de sa maison à Valentine, Nebraska, pour l’extraire avec une grue et une ambulance spéciale renforcée, convoyée depuis Denver.

Deuel se fait connaître mondialement grâce au documentaire Half Ton Man de la série BodyShock, diffusé en 2004. Pendant sept mois à l’hôpital, il perd plus de 200 kg sous régime draconien et chirurgie bariatrique, ce qui attire une couverture médiatique intense dans le monde entier, y compris en France. Né en 1962, il décède en 2016.

Lien vers la page