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5 JANVIER

Bonne fête aux Edouard

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

1945 – Royan est anéantie par un bombardement massif
Le 5 janvier 1945, la ville de Royan, l’une des dernières poches de résistance allemande sur la façade atlantique, est dévastée par un bombardement allié d’une intensité exceptionnelle. L’opération vise à réduire les fortifications ennemies, mais provoque la destruction quasi totale de la ville et de lourdes pertes civiles. Royan sera ensuite reconstruite dans un style architectural moderne.

1937 – Assassinat des Roges de Molinar à Majorque
Le 5 janvier 1937, durant la guerre d’Espagne, les Roges de Molinar, cinq féministes syndicalistes, sont assassinées à Majorque par des nationalistes espagnols. L’île, contrôlée par les forces franquistes, est alors le théâtre d’une répression sévère contre les opposants politiques. Leur exécution illustre la brutalité du conflit et la persécution systématique des républicains et surtout des femmes, même loin des fronts militaires.

1933 – Début de la construction du pont du Golden Gate
Le 5 janvier 1933 commencent les travaux du pont du Golden Gate à San Francisco. Ce chantier titanesque, mené en pleine Grande Dépression, constitue un défi technique majeur. Achevé en 1937, le pont devient un symbole mondial de l’ingénierie moderne et l’un des monuments les plus emblématiques des États-Unis.

1904 – Brevet du jeu “The Landlord’s Game”, ancêtre du Monopoly
Le 5 janvier 1904, Elizabeth Magie dépose le brevet du jeu de plateau The Landlord’s Game. Conçu à l’origine pour illustrer les effets économiques de la spéculation foncière, le jeu sera plus tard transformé et popularisé sous le nom de Monopoly. Il deviendra l’un des jeux de société les plus diffusés au monde.

1895 – Dégradation du capitaine Alfred Dreyfus
Le 5 janvier 1895, Alfred Dreyfus est publiquement dégradé dans la cour de l’École militaire à Paris, après sa condamnation pour haute trahison. Cet acte spectaculaire marque le début de l’affaire Dreyfus, scandale politique et judiciaire majeur qui divise profondément la société française et deviendra un symbole de la lutte contre l’injustice et l’antisémitisme.

1665 – Parution du premier numéro du Journal des Sçavans
Le 5 janvier 1665 paraît à Paris le premier numéro du Journal des Sçavans, considéré comme la première revue scientifique de l’histoire. Fondée par Denis de Sallo, la publication diffuse comptes rendus de découvertes, ouvrages et observations savantes. Elle inaugure la communication scientifique moderne et influence durablement la diffusion du savoir.

Les naissances et décès notables

1975 – Naissance de Bradley Cooper, acteur américain
1969 – Naissance de Marilyn Manson (Brian Hugh Warner), chanteur gothique américain
1964 – Naissance de Olivier Baroux, comédien, réalisateur et humoriste français
1946 – Naissance de Diane Keaton, actrice américaine
1942 – Naissance de Dany Saval (Danielle Nadine Savalle, épouse de Michel Drucker), actrice française
1932 – Naissance de Umberto Eco, universitaire et homme de lettres italien

1997 – Décès de André Franquin, auteur de bande dessinée belge
1956 – Décès de Mistinguett (Jeanne Florentine Bourgeois), chanteuse française
1589 – Décès de Catherine de Médicis, reine puis régente de France, veuve de Henri II


Un instant en ce bas monde

Photo de Boys in Bristol Photography - Pexels

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.

Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.

Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.

Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.

De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.

Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.

Aigu. Puissant. Inhumain.

Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.

Ensuite, plus rien.

S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.

Whitechapel retient son souffle.

Dans l’obscurité, quelque chose rôde.

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Un peu de bonne humeur

Robinson niçois

Un bateau est pris dans une violente tempête et coule. Seul rescapé, un marin niçois, accroché à une planche, échoue sur une île déserte. Heureusement il y a de l’eau douce, des fruits à profusion, et la mer est remplie de poissons, ce qui lui permet de survivre.

Le temps passe et au bout de plusieurs mois, un point grossit à l’horizon. Un radeau apparaît. Il s’échoue sur la plage et une superbe naufragée débarque en s’écriant :  » Oh bonne mère enfin une île ! »

Notre Robinson niçois n’en revient pas :
– Té ! Je rêve ! Une femme et en plus une niçoise ! Mademoiselle j’aimerais vous offrir un verre pour votre arrivée, mais je n’ai que de l’eau.
– C’est parfait, dit la fille, moi j’ai le pastis.

Elle sort de sa trousse de survie une bouteille de 51. Le niçois est ébahi. Il lui dit :
– Je m’excuse, je n’ai que des fruits pour l’accompagner.
– J’ai ce qu’il faut dit la fille en sortant des olives.

Le niçois est aux anges. Quand ils ont terminé leur apéritif, la fille lui demande:
– Ça fait longtemps que vous n’avez pas vu une femme ?
– Pardi ! Six mois.

Alors elle se rapproche de lui et lui dit d’une voix douce :
– Ça vous plairait de tirer ?

Et le niçois extasié s’écrie :
– Oh Bonne mère ! Ne me dites pas que vous avez aussi amené les boules !

 

La conscience du spermatozoïde – Anonyme

Le spermatozoïde, s'il savait qu'il allait faire un gosse, peut-être qu'il irait pas. - Brève de comptoir

 

Une retraite peu glorieuse

En juillet 1807, juste après les traités de Tilsit qui scellent une paix précaire avec la Russie, Napoléon organise une partie de chasse près de Paris pour célébrer ses victoires. Son fidèle chef d’état-major, Alexandre Berthier, veut impressionner l’Empereur et achète des milliers de lapins domestiques pour garnir le terrain. Au coup de sifflet, au lieu de détaler, les lapins se ruent en horde compacte vers Napoléon et ses officiers, attirés par l’odeur familière de leurs gardiens.

L’Empereur, surpris, voit les bêtes grimper sur ses bottes, ses jambes, son habit impérial ! La cavalerie sabre en vain, les coups de cravache s’abattent, mais la marée lapine submerge tout. Napoléon, habitué aux champs de bataille, grimpe en hâte dans son carrosse pour échapper à cette offensive inattendue.

La retraite tourne au sauve-qui-peut hilarant : soldats et généraux fuient à pied, à cheval, poursuivis par une nuée de lapins affamés. Loin des canons et des cuirassiers, cette « bataille » des lapins devient la plus cocasse des légendes napoléoniennes, rappelant que même les plus grands chefs peuvent plier face à une armée pourtant désarmée !

Savais-tu ?

« Garrulité » ?

La garrulité, cette envie irrésistible de parler sans s'arrêter, ce bavardage incessant qui envahit les conversations comme un torrent joyeux mais parfois agaçant. La garrulité touche ceux qui ne peuvent s'empêcher de gazouiller des mots, un peu comme des oiseaux en pleine saison des amours, remplissant l'air de leur loquacité débordante.

D'origine latine, avec garrulus signifiant « bavard » et garrire pour « babiller », ce mot entre en français au XVème siècle et évoque d'abord le chant des geais. Brillat-Savarin, dans sa Physiologie du goût, s'excuse avec humour : « quand je conte, je tombe un peu dans la garrulité », humanisant ce défaut en une faiblesse charmante du narrateur passionné.

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