Bonne fête aux Guy
Aujourd’hui à la une
Les évènements notables
1990 – La Russie se proclame souveraine au sein de l’URSS
Le 12 juin 1990, la République socialiste fédérative soviétique de Russie adopte une déclaration affirmant sa souveraineté. Cette étape marque le début de l’éclatement de l’Union soviétique. Boris Eltsine, nouvel homme fort du pays, en sort renforcé. Le 12 juin devient plus tard la fête nationale de la Russie.
1987 – L’ex-empereur centrafricain Bokassa est condamné à mort
Jean-Bedel Bokassa, ancien dictateur et autoproclamé empereur de Centrafrique, est reconnu coupable de meurtre, détournement de fonds et autres crimes. Son procès retient l’attention mondiale. Condamné à mort, sa peine est finalement commuée. Son règne, marqué par l’extravagance et la violence, reste un symbole de dérive autoritaire en Afrique.
1972 – Sortie du film pornographique ”Gorge profonde”
Le film Gorge profonde, réalisé par Gerard Damiano, sort aux États-Unis et devient un phénomène culturel et polémique. Interprété par Linda Lovelace, il contribue à la libéralisation de la sexualité à l’écran. Il marque aussi l’émergence du « porno chic », période où certains films pour adultes trouvent un large public.
1967 – Aux États-Unis, l’arrêt Loving v. Virginia, de la Cour suprême fédérale abolit les restrictions raciales aux mariages
La Cour suprême américaine déclare inconstitutionnelles les lois interdisant les mariages interraciaux. L’affaire concerne Richard et Mildred Loving, un couple mixte poursuivi en Virginie. Cette décision historique renforce les droits civiques et devient un jalon majeur dans la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis.
1964 – Nelson Mandela est condamné à la prison à vie
Leader de l’ANC et figure de la lutte contre l’apartheid, Mandela est condamné lors du procès de Rivonia pour complot contre l’État. Il est emprisonné pendant 27 ans. Sa condamnation choque la communauté internationale. Mandela devient un symbole mondial de la résistance à l’oppression raciale en Afrique du Sud.
1950 – Life publie la photo de Robert Doisneau “Le baiser de l’hôtel de ville”
Le magazine américain Life publie la célèbre photo de Doisneau montrant un couple s’embrassant dans les rues de Paris. Ce cliché devient une icône romantique du Paris d’après-guerre. Réalisée pour une commande, la photo suscitera plus tard débats et polémiques sur sa mise en scène, mais reste l’un des symboles de l’art photographique.
1897 – Karl Elsener dépose un brevet pour son « couteau d’officier suisse et de sports »
Le 12 juin 1897, le coutelier Karl Elsener dépose un brevet pour son couteau d’officier suisse et de sports, ancêtre du célèbre Victorinox. Conçu pour les soldats de l’armée suisse, cet outil compact intègre une lame, un tournevis et un ouvre-boîte. Fondée à Ibach en 1884, la manufacture d’Elsener deviendra Victorinox en 1921, en hommage à sa mère Victoria. L’objet s’imposera comme un symbole mondial de la précision helvétique.
1817 – L’inventeur Karl Drais établit un premier record avec sa draisienne parcourant 14,4 km en 1 heure
Karl Drais, inventeur allemand, parcourt 14,4 kilomètres en une heure avec sa « machine à courir », ancêtre de la bicyclette. Cette performance marque une étape décisive dans l’histoire des transports individuels. Sa draisienne, sans pédales, préfigure l’essor du vélo comme moyen de locomotion moderne.
1451 – Signature du traité de capitulation de la ville de Bordeaux
Le 12 juin 1451, Bordeaux, fidèle aux Anglais depuis des siècles, capitule face aux troupes françaises de Charles VII. Cet événement signe la quasi-fin de la présence anglaise en Guyenne dans le cadre de la guerre de Cent Ans. La ville sera brièvement reprise par les Anglais avant d’être définitivement rattachée à la France en 1453.
1381 – Plusieurs dizaines de milliers de paysans anglais revendiquant la fin du servage prennent d’assaut
Londres Lors de la révolte des paysans, menée par Wat Tyler, des milliers de villageois et artisans marchent sur Londres. Ils protestent contre les impôts, les injustices et le servage. La révolte, d’abord pacifique, tourne à l’insurrection. Bien que brutalement réprimée, elle ébranle la société féodale et marque un tournant dans l’histoire sociale anglaise.
Les naissances et décès notables
1967 – Naissance de Denis Brogniart, journaliste sportif, animateur et arbitre français de jeu télévisé d’aventures
1929 – Naissance de Anne Frank, adolescente allemande victime du nazisme, connue pour son journal
2023 – Décès de Silvio Berlusconi, homme d’affaires et homme d’État italien
1772 – Décès de Nicolas Thomas Marion Dufresne, navigateur et explorateur français
Un peu de bonne humeur
Cessons de pleurer les oignons
L'astuce du jour
😪 Comme beaucoup, vous ne pouvez pas vous empêcher de pleurer lorsque vous coupez un oignon...
😏 la solution est simple : éviter de créer un lien affectif avec lui.
Promesse de fin de soirée
La soirée s’est étirée comme un bon vin, riche et délicieusement imprévisible. Entre deux éclats de rire et quelques regards un peu trop appuyés, ils ont laissé flotter cette tension douce qui annonce souvent la suite.
Arrivés devant la porte de la jeune femme, le silence s’installe, chargé d’une promesse à peine voilée. Il s’approche, sûr de lui, un sourire en coin, déjà prêt à cueillir ce baiser qu’il imagine mérité.
Mais au dernier instant, elle se dérobe avec grâce, pivotant légèrement pour esquiver ses lèvres. Elle s’approche alors de son oreille, son souffle effleurant sa peau, et murmure d’une voix aussi douce que troublante :
— Il y a trois endroits où j’aime qu’un homme m’embrasse…
Il fronce légèrement les sourcils, intrigué, déjà piqué au jeu.
— Ah oui ? Et lesquels ? demande-t-il, un peu trop vite, trahissant son impatience.
Elle laisse planer un court silence, savourant l’effet qu’elle produit, puis répond avec un sourire malicieux :
— Venise… Rio… et l’île Maurice...
L’homme paratonnerre
Roy Cleveland Sullivan détient le record mondial du plus grand nombre de foudroiements, avec sept cas documentés entre 1942 et 1977. Ce garde forestier américain de Virginie est reconnu par le Guinness World Records comme l'homme paratonnerre humain. Il survit à chaque incident malgré des blessures variées, sans victimes référencées autour de lui.
Les circonstances de ses foudroiements sont souvent liées à son travail ou à des activités quotidiennes. En 1942, il est touché dans une tour d’observation ; en 1969, dans sa camionnette ; en 1970, en jardinant ; en 1972, dans un poste de garde ; en 1973, en patrouille ; en 1976, sans détails précis ; et en 1977, en pêchant, où un ours intervient ensuite. Sa femme est foudroyée une fois seule, tandis que lui cette fois-ci en réchappe.
Roy est officiellement inscrit au Guinness Book, qui valide ce record unique. Les gens l’évitent par superstition, craignant un effet de ricochet, mais aucun cas de victimes simultanées avec des proches ou collègues n’est référencé.
Savais-tu ?
Time Square
Times Square a connu une transformation spectaculaire depuis les années 1970 : d’un quartier associé à la prostitution, aux peep-shows, à la drogue et à la criminalité, il est devenu à partir des années 1990 puis 2000 un espace très contrôlé, fortement touristique et saturé d’écrans, de commerces de marque et de théâtres. Cette évolution s’est faite surtout grâce aux politiques de rénovation urbaine et de sécurité de l’ère Giuliani, puis à la piétonnisation partielle de Broadway en 2009.
Années 1970-1980
Dans les années 1970, Times Square est au cœur d’un secteur dégradé de Manhattan, très lié à l’économie du sexe, aux trafics et à une forte insécurité, au point d’alimenter l’image d’un lieu dangereux dans la culture populaire. Les années 1980 n’inversent pas tout de suite la tendance : l’arrivée du crack en 1986 aggrave encore la situation, avec une hausse de la criminalité et de la présence visible de sans-abri et de dealers.
Années 1990
Le tournant vient au milieu des années 1990, quand la municipalité de Rudolph Giuliani mène une politique de « tolérance zéro » et pousse à la fermeture ou au départ de nombreux sex-shops et activités jugées indésirables. Le quartier commence alors à attirer davantage d’investissements, de chaînes commerciales, de touristes et de publics liés à Broadway.
Années 2000-2010
Dans les années 2000, Times Square s’impose comme un grand décor urbain de la mondialisation, avec ses panneaux lumineux géants, ses enseignes de marques et ses flux massifs de visiteurs. En 2009, une partie de Broadway entre les 42e et 47e rues est fermée à la circulation, ce qui renforce l’usage piéton et l’expérience touristique du lieu.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, Times Square reste un symbole mondial de New York, un espace très fréquenté, commerçant et spectaculaire, où l’on vient autant pour les théâtres que pour les écrans géants et le Nouvel An. En contrepartie, beaucoup lui reprochent d’être devenu plus marchand et standardisé, même si sa sécurité et son attractivité sont sans commune mesure avec celles des années 1970.

Repères utiles
À l’origine, le lieu s’appelait Longacre Square avant d’être renommé Times Square en 1904-1905.
Le quartier a d’abord été un grand centre de spectacles et d’hôtels avant son déclin au milieu du XXème siècle.
Sa réhabilitation est liée à la sécurisation, à l’immobilier, au tourisme et à l’économie du divertissement.
Histoire de Times Square
Astuce
Boisson de fin de repas
Après un bon repas, offrez-vous une tasse d’eau chaude parfumée au citron, adoucie d’une touche de miel. Elle réchauffe, apaise et prolonge doucement le plaisir du moment.
Un instant en ce bas monde

Le smartphone fait click - un son minuscule, presque ridicule - et voilà que l’instant, encore anodin, se trouve expédié on ne sait trop où, dans quelque nuage invisible où s’entassent déjà des milliards de souvenirs pixelisés.
Autour, les amis suspendent leur souffle : certains par tendresse, d’autres par lassitude, tous vaguement conscients qu’ils viennent d’être aspirés dans une composition dont ils ne maîtrisent ni le cadre ni la destination. les inconnus, eux, s’en emparent sans vergogne : ils likent, ils commentent, ils interprètent - souvent à côté, parfois avec aplomb.
Pendant ce temps, dans les coulisses, les algorithmes s’éveillent comme une nuée d’insectes zélés : ils classent, ils trient, ils propulsent, décidant en une fraction de seconde si cette photo mérite l’oubli discret ou la célébrité tapageuse.
Et la toile s’agite, bruisse, s’emballe ; le moindre sourire devient sujet d’analyse, le moindre détail, matière à débat. bientôt, le landerneau numérique s’échauffe : on disserte, on juge, on s’indigne - ou pire, on applaudit.
Tout ça pour quoi ? Pour un simple click. une image capturée à la volée, devenue vacarme collectif. preuve, s’il en fallait, qu’à l’ère moderne, il ne faut parfois presque rien pour faire beaucoup de bruit.
Déjà, une autre main se lève, un autre téléphone se braque, prêt à recommencer - comme si le silence numérique lui-même était devenu suspect...
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »
Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
