Aujourd’hui à la une
Les célébrations notables
Bonne fête aux Lubin
Jour du maïs le 28 fructidor
Les évènements notables
1962 – Michel Siffre sort de sa grotte après deux mois d’isolement total
Le 14 septembre 1962, le géologue et spéléologue français Michel Siffre remonte à la surface après soixante-trois jours passés seul dans le gouffre de Scarasson dans les Alpes-Maritimes, à soixante-quinze mètres de profondeur, sans montre ni repère temporel. Cette expérience pionnière sur le rythme circadien humain révèle que le corps humain adopte naturellement un cycle d’environ vingt-cinq heures en l’absence de lumière du jour, ouvrant une voie nouvelle à la chronobiologie moderne.
1954 – Exercice nucléaire de Totskoïe, en URSS
Le 14 septembre 1954, l’Armée rouge réalise un exercice militaire à Totskoïe, en Oural, pour tester l’usage tactique d’armes nucléaires. Une bombe atomique de 40 kilotonnes est larguée, et plus de 40 000 soldats sont envoyés sur le terrain irradié. Les retombées radioactives eurent de graves conséquences sanitaires, mais l’opération resta longtemps classée secret d’État en URSS… lire l’article
1901 – Début de mandat du président américain Theodore Roosevelt
Le 14 septembre 1901, Theodore Roosevelt devient le 26ᵉ président des États-Unis après l’assassinat de William McKinley. Âgé de 42 ans, il est le plus jeune président à accéder à la fonction. Réformateur énergique, il lance une politique progressiste, défend la régulation des grandes entreprises, la protection de l’environnement et affirme la puissance américaine sur la scène mondiale.
1812 – Prise de Moscou et début de l’incendie de la ville
Le 14 septembre 1812, les troupes de Napoléon Ier entrent dans Moscou abandonnée par ses habitants sur ordre du général Koutouzov. Dans la nuit même, un gigantesque incendie, allumé délibérément par les Russes pour priver l’occupant de ressources, embrase la ville pendant plusieurs jours, détruisant les trois quarts des bâtiments. Privé du quartier d’hiver espéré et d’une capitulation russe qui ne vient pas, Napoléon est contraint d’amorcer sa désastreuse retraite de Moscou.
1791 – Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Le 14 septembre 1791, Olympe de Gouges, figure du féminisme naissant, publie un texte qui revendique l’égalité civile et politique entre les sexes, en miroir de la Déclaration des droits de l’homme. Elle y affirme que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». Ce manifeste novateur fit scandale à l’époque et contribua à sa condamnation lors de la Révolution.
1720 – Mise en quarantaine de la Provence pour éviter la propagation de l’épidémie de peste en cours
Le 14 septembre 1720, face à la peste qui ravage Marseille depuis l’arrivée du navire Grand-Saint-Antoine, les autorités du royaume ordonnent la mise en quarantaine stricte de la Provence. Des lignes de blocus sanitaires sont installées pour empêcher la propagation vers le reste de la France. Malgré ces mesures, l’épidémie fait près de 100 000 morts en Provence.
1538 – Seconde bataille de Diu
Le 14 septembre 1538, au large de Diu (Inde), la flotte portugaise affronte une coalition ottomane, indienne et égyptienne. Ce combat naval marque l’apogée de la lutte pour le contrôle des routes maritimes de l’océan Indien. La victoire portugaise consolide leur domination commerciale dans la région, malgré leur infériorité numérique, et illustre la puissance navale européenne du XVIᵉ siècle.
1219 – Inondation catastrophique de Grenoble
Le 14 septembre 1219, Grenoble est frappée par une inondation dévastatrice, causée par la rupture du barrage naturel du lac Saint-Laurent, formé dans la vallée de la Romanche. Les flots submergent la ville et font des milliers de victimes. Cette catastrophe, restée gravée dans la mémoire collective, est l’une des plus meurtrières de l’histoire alpine médiévale… lire l’article
Les naissances et décès notables
1996 – Naissance de Hoshi (Mathilde Gerner), chanteuse française
1988 – Naissance de Martin Fourcade, biathlète français
1983 – Naissance de Amy Winehouse, chanteuse britannique
1980 – Naissance de Ayọ (Joy Olasunmibo Ogunmakin), chanteuse allemande
2009 – Décès de Patrick Swayze, acteur américain (Dirty Dancing, Road House, Ghost, Point Break, La Cité de la joie)
2007 – Décès de Jacques Martin, homme de télévision et de radio français
2004 – Décès de Mamoru Takuma, tueur de masse japonais, il est exécuté par pendaison
1982 – Décès de Grace Kelly, actrice américaine, puis princesse de Monaco
1982 – Décès de Béchir Gemayel, homme politique libanais, président du Liban d’août à septembre 1982 jusqu’à son assassinat
1927 – Décès de Isadora Duncan, danseuse d’origine américaine naturalisée soviétique… lire l’article
1851 – Décès de James Fenimore Cooper, écrivain américain (Le dernier des Mohicans)
Un peu de bonne humeur
Conseil malin du matin
Chaque matin, en montant sur la balance, prenez un chat dans vos bras, ou un chien, voir un enfant. Toujours le même, idéalement consentant ou à défaut, résigné. Notez le résultat et comparez avec les jours précédents. La magie de cette méthode réside dans le fait qu'un doute plane toujours sur lequel des deux a pris du poids 😉
Le portable à table
🤔 J'ai un doute ! Le portable, c'est à droite ou à gauche de l'assiette ?
Une New Atlantis éphémère
Leicester Hemingway, frère cadet d'Ernest Hemingway, fonde le 4 juillet 1964 New Atlantis, une micronation éphémère. Elle consiste en un radeau de bambou ancré sur un banc de sable dans les eaux internationales des Caraïbes, à 10-15 km au large de la Jamaïque.
Leicester, aventurier et journaliste, s'inspire du Guano Islands Act américain de 1856 pour revendiquer la souveraineté, arguant que des fientes d'oiseaux sur le radeau en font un territoire exploitable. Il installe une barge d'environ 22 m², divise le radeau en deux moitiés symboliques (une américaine, l'autre New Atlantis), et rédige une constitution inspirée de celle des États-Unis sur sa machine à écrire.
L'initiative vise à promouvoir la recherche marine, protéger la pêche locale et créer un aquarium. Leicester se proclame président, émet une monnaie, des timbres-poste et un drapeau (triangle jaune inversé sur fond bleu). Parmi les six "citoyens" figurent sa famille, un agent de la CIA et une assistante liée à la mafia.
Malgré des recrutements de personnalités (comme Lady Pamela Bird), aucune reconnaissance internationale n'intervient. Des tempêtes tropicales détruisent plusieurs versions du radeau, et le projet s'arrête définitivement en 1966.
Savais-tu ?
Le kulning, la voix du nord
Dans les montagnes de Suède et de Norvège, une voix féminine s’élève parfois très haut dans le silence. Elle traverse les vallées, résonne contre les parois rocheuses et semble appeler quelque chose d’ancien. C’est le kulning, un chant traditionnel scandinave.
Autrefois, les bergères utilisent le kulning pour rassembler leurs vaches et leurs chèvres lorsque le troupeau se disperse dans les pâturages d’été. La voix monte, se déploie sans paroles et porte sur de grandes distances. Chaque note agit comme un signal : les animaux reconnaissent la mélodie et reviennent vers le chalet.
Le kulning ne raconte pas une histoire. Il repose sur des syllabes vocaliques, des motifs répétés et des mélodies très aiguës, chantées en voix de tête. Cette technique permet au son de voyager loin, bien au-delà d’un simple appel. Il sert aussi à communiquer entre bergers et bergères, parfois à travers des forêts ou des vallées entières.
Aujourd’hui, le kulning reste vivant. Il apparaît dans des concerts, des créations folkloriques et des recherches vocales contemporaines. Plus qu’une curiosité sonore, il incarne un lien ancien entre les humains, animaux et paysage. Quand on l’écoute, on imagine aussitôt un paysage de montagne, un soir d’été et un troupeau qui s’avance lentement vers une voix envoutante.
Astuce
Oreille droite ou gauche
L’oreille droite serait particulièrement efficace pour capter les sons courts, rapides et répétitifs, comme des battements, des clics ou des variations rythmiques. En situation d’écoute active — lors d’une conversation animée ou dans un environnement dynamique — elle aiderait à mieux distinguer les nuances temporelles et les enchaînements rapides, offrant ainsi une perception plus fine du rythme et de la structure des sons. Tendez donc l'oreille droite dans une soirée bruyante.
De son côté, l’oreille gauche serait davantage sensible aux sons purs et musicaux, tels que les notes tenues, les mélodies ou les harmonies. Elle favoriserait une écoute plus subtile des tonalités et des qualités sonores, permettant d’apprécier pleinement la richesse musicale et la précision des hauteurs, notamment lors de l’écoute d’un instrument ou d’une voix. Tendez donc l'oreille gauche pour identifier une musique diffusée à faible volume.
Un instant en ce bas monde
En voilà une belle soirée. Madame reçoit la bonne société locale. Ses chers amis sont tous là, accompagnés de leur épouse, tous et toutes dans leur plus belle tenue. Les conversations vont bon train. Vous savez ce que c’est : « Mais oui, bien sûr, très chère », « Oh non, si peu, mon ami », « J’ai cru ouïe dire, effectivement »…
Madame semble cependant contrariée. Discrètement, elle prend à part son mari :
— Mon ami, je m’absente un instant.
— Tout va bien, ma douce ?
— Oui, ne vous inquiétez pas… juste un petit besoin naturel. Si quelqu’un me demande, je suis allée déposer les enfants à la piscine.
Le mari, nullement surpris bien qu’ils n’aient point d’enfant :
— Mais bien sûr, ma chère. Allez donc changer l’eau du poisson.
Et Madame de s’échapper discrètement du côté de ce lieu où le roi se rend toujours seul.
L’art délicat de l’excuse élégante
De bien entendu, il ne s’écoule pas cinq minutes avant que l’une des convives ne s’écrie :
— Mais où diable se trouve donc votre épouse, cher ami ?
« Mais pourquoi faut-il que ce soit justement la plus “prout-prout” de l’assemblée qui pose cette question », se dit Monsieur en souriant in petto. Il lui répondrait bien que sa femme est allée « sortir la quiche au bord du four », mais impossible : pourquoi aller déranger le personnel en cuisine pour si peu ? Pour une quiche, qui plus est. Et l’excuse d’aller démouler une terrine ou de sortir le cake du four ne convient pas mieux. Quel dilemme !
Devant l’embarras du mari, un invité avisé s’approche et rassure la quémandeuse :
— Il me semble l’avoir vue aller donner à manger aux canards.
Le mari souffle :
— Oui, elle est allée faire le tour du cabanon. Elle va sûrement revenir sans tarder.
— Mais quelle idée ! s’exclame l’importune.
« Ah », pense le mari, un peu plus excédé, « n’est-il pas possible de déposer le bilan tranquillement ? » L’envie de lâcher le morceau le tenaille : « Elle est simplement allée caguer, voyons ! » Mais cette dame ignore probablement ce que c’est que d’aller nourrir les cagoinces.
Le retour triomphal de Sa Majesté
Le mari ne sait plus quoi dire ni quoi faire quand sa chère aimée réapparaît, semble-t-il bien aise. Quelle est belle en cet instant, après être allée compter fleurette à dame nature ! Elle les rejoint d’une démarche chaloupée, indiquant que, par bonheur, le temps de faire parler le joufflu se trouve révolu. Revenant de sa méditation express sur le trône, la reine de la soirée navigue avec élégance d’un convive à l’autre, l’esprit serein, comme si elle venait d’envoyer un fax à la Lyonnaise des eaux.
Madame s’approche enfin du petit groupe.
— Ah, vous voilà, ma chère ! s’exclame l’ingénue, toujours plus curieuse. Votre mari me confiait que vous aviez des canards. Quelle idée de les nourrir à cette heure !
— Des canards ? Mais, par Jacob Delafon, que raconte cette femme ! Vite, vite, terrain miné, jeter du lest.
— Mais non, très chère, je suis juste allée refaire le crépi.
— Le crépi ! Que c’est cocasse ! Vous me ferez toujours rire.
Morale de l’histoire (si tant est qu’il y en ait une)
Ainsi s’achève l’épisode du côté obscur, sur le point de reprendre du poil de la bête. Pas de quoi en chier une pendule, avez-vous peut-être envie de vous esclaffer, mais vous reconnaîtrez bien volontiers l’inconfort d’une telle situation. Peut-être que cette anecdote vous sauvera un jour d’une gêne somme toute bien naturelle.
Espace lecture
Chanson d’automne – Paul Verlaine
Dans Chanson d’automne (1866), Verlaine écrit : « Les sanglots longs ... Blessent mon cœur » Pourtant, une erreur tenace s’est installée : on entend et on cite souvent « bercent mon cœur ».
Cette coquille vient d’une lithographie de Cazals (fin XIXᵉ), puis d’une citation fautive d’Émile Faguet (1900). Elle se propage avec la mise en musique de Charles Trenet (1941), qui chante « bercent », et même certains enregistrements de Léo Ferré reprennent la variante.
Lors des messages codés de Radio Londres annonçant le Débarquement, la BBC diffuse le 5 juin 1944 : « Bercent mon cœur d’une langueur monotone », probablement sous l’influence de Trenet. Depuis, l’erreur s’ancre dans la mémoire du 6 juin.
Autre idée reçue : ces vers ne lancent pas un appel à toute la Résistance. Ils visent le seul réseau Ventriloquist, actif en Sologne, chargé de saboter les voies ferrées et les lignes téléphoniques. Le film Le Jour le plus long (1962) transforme ce signal sectoriel en symbole national, et la confusion perdure encore aujourd'hui.
Poèmes saturniens (1866) - Chansons d'automne - Paul Verlaine
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte
