La fête de la quenouille, célébrée le 7 janvier, marque la fin des douze jours de fêtes de Noël et la reprise des travaux ménagers, tout particulièrement le filage textile par les femmes.
Cette tradition européenne remonte au Moyen Âge, où la quenouille – tige de bois servant à stocker les fibres de lin, chanvre ou laine avant filage – symbolise le travail féminin essentiel dans les sociétés rurales. Douze jours après Noël, les fileuses reprennent leurs activités, opposant le labeur domestique à la paresse festive.
Les hommes, rentrant des champs, taquinent les fileuses en incendiant le lin sur leurs quenouilles, tandis que celles-ci ripostent avec des seaux d’eau, dans une joyeuse confrontation rituelle décrite par le poète anglais Robert Herrick au XVIIe siècle sous le nom de Saint Distaff’s Day. Ces jeux renforcent la cohésion villageoise en relâchant les tensions entre sexes.
En Provence, à Saint-Chamas, la fête persiste sous le nom de lei fieloua lors du carnaval, avec chants, danses masculines et lanternes en forme de quenouille honorant les fileuses et le retour de la lumière hivernale. Ses racines païennes évoquent la féminité et la fécondité depuis l’Antiquité.