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L’origine des geishas

Les geishas naissent au Japon à l’époque d’Edo (1603-1868), dans les quartiers de divertissement urbains. Le mot geisha signifie littéralement « personne des arts » : elles sont d’abord des artistes professionnelles, distinctes des courtisanes et des prostituées.

Leurs origines remontent aux saburuko, jeunes femmes qui, dès les VIIe-VIIIe siècles, gagnent leur vie en servant lors de réceptions, en dansant et en divertissant les élites. Les shirabyōshi, artistes de l’époque de Heian qui chantent et dansent pour les cours et les temples, constituent une autre source importante de cette tradition.

Le métier de geisha se structure au XVIIe siècle à partir des taikomochi ou hōkan : des hommes chargés d’animer les banquets par la musique, le chant, l’humour et la conversation. Ils accompagnent les clients des maisons de thé et des quartiers de plaisirs, sans exercer le métier de prostitué. Les premières femmes geishas apparaissent vers 1751, notamment dans le quartier de Fukagawa à Edo (l’actuel Tokyo). Leur succès est rapide : plus souples dans leur répertoire artistique, elles supplantent progressivement les hommes et deviennent la figure dominante de la profession.

L’ouverture des ochaya, maisons de thé, dans les quartiers de plaisirs en 1712 marque un tournant : les geishas y offrent un divertissement raffiné — danse, shamisen, chant, conversation — sans vendre leur corps. En 1779, le gouvernement officialise le métier et crée un registre, le kenban, afin de distinguer clairement les geishas des prostituées autorisées.

La geisha moderne se forme dans les hanamachi, les « quartiers des fleurs », notamment à Kyoto, Tokyo et Osaka. Le métier conserve son cœur historique : une longue formation artistique et un art de la réception, héritier direct des artistes et des maîtres de cérémonie d’autrefois.