Bonne fête aux Diane
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JE DÉCOUVREUn instant en ce bas monde

À l’abri des halles, dont les poutres séculaires portent encore la mémoire des marchés d’autrefois, je m’installe à une table de café - instant attendu. Autour de moi, les moineaux s’affairent, familiers et confiants, picorant les miettes du déjeuner comme s’ils étaient ici chez eux. Plus haut, sur la robuste charpente de chêne brut, les pigeons observent le monde avec une tranquille supériorité, dominant de leur perchoir les allées et venues des touristes.
À peine assis, le garçon - qui connaît mes habitudes - apparaît, déposant devant moi mon café avec une discrétion presque rituelle, - Instant privilégié.
Un roquet, dissimulé sous une table, s’agite soudain et apostrophe un mastiff de passage, impassible, qui poursuit sa route sans lui accorder le moindre regard - il ne doute de rien celui-là. Est-ce ce vacarme qui trouble l’air, je ne saurais dire, mais un bambin s’éveille et se met à pleurer avec une intensité sans mesure. Les regards convergent vers lui, comme si l’innocence du tumulte était plus condamnable que ce gêneur, un peu plus loin, qui débite à voix haute ses malheurs amoureux au téléphone.
Ah… la vie en terrasse.
Et déjà, comme un écho inévitable, un groupe bruyant s’approche, porteur d’une agitation nouvelle, - l’instant se fissure.
Je soupire doucement. Il sera temps de revenir. À une heure plus clémente, plus silencieuse - pour lire, enfin, mon journal.
Un peu de bonne humeur
Le dragueur du lycée
Une ado dit à une copine:
– Méfie-toi de ce gars. Il a déjà fait le même coup à trois filles du lycée. A chacune, il assure qu’elle est la plus belle de la terre et qu’il en est fou. Puis il l’invite à venir écouter de la musique dans sa chambre. Quand il l’a à sa portée, il lui sert une boisson alcoolisée. Et ça se termine toujours pareil.
– Tu m’effraies.
– Il y a de quoi ! Ça ne rate pas. Il te demande de lui faire son devoir de maths.
Ski et confiture – Anonyme
Si le ski a le pain, qui a la confiture et le beurre ?
La mode des robes papier
La mode des vêtements en papier des années 1960 était une tendance éphémère et jetable, lancée comme opération publicitaire par des entreprises américaines de papier. Elle symbolisait l'esprit pop, expérimental et consumériste de l'époque, avec des pièces bon marché et souvent à usage unique.
En 1966, la Scott Paper Company, spécialiste du papier hygiénique et essuie-tout, distribue des robes en matériau non tissé imprimé de motifs psychédéliques ou bandanas, appelées "Paper Caper". Ce coup marketing initial remporte un succès viral, avec des centaines de milliers d'unités vendues à 1,5 dollar pièce, suivi par des producteurs comme Mars of Asheville qui en fabriquent jusqu'à 80 000 par semaine.
Ces vêtements, souvent des robes trapèze courtes aux couleurs vives et motifs graphiques, étaient faits de cellulose renforcée de fibres synthétiques comme la rayonne ou le polyester pour plus de solidité. Jetables et personnalisables (parfois avec peintures à l'eau), ils incarnaient la mode pop et unisexe, portée par des stars comme Nico avec des designs d'Andy Warhol.
La fièvre dure de 1966 à 1968, boostée par des collaborations avec Oscar de la Renta ou Butterfinger pour des tenues publicitaires, avant de s'essouffler face aux problèmes d'inflammabilité et de durabilité. Elle préfigure la fast fashion et influence des expositions comme "Generation Paper" au MAD de New York.
Savais-tu ?
« Paraskevidékatriaphobie » ?
La paraskevidékatriaphobie est la peur du vendredi 13 considéré comme jour de malheur dans certaines cultures occidentales. Elle se manifeste par une anxiété intense, parfois des crises de panique, dès qu’une personne pense à ce jour. Le terme vient du grec moderne, où l’on combine paraskevi (vendredi), dekatria (treize) et phobos (peur). Cette phobie s’enracine souvent dans des croyances religieuses ou superstitieuses, en particulier l’association du chiffre 13 et du vendredi avec des événements malheureux, comme la Cène suivie de la crucifixion de Jésus.
La superstition du vendredi 13 puise dans des racines antiques, chrétiennes et médiévales profondément ancrées. Le nombre 13 rompt l’harmonie parfaite du 12, qui symbolise l’ordre cosmique avec ses douze mois lunaires, douze signes zodiacaux, douze heures de jour et de nuit, ou encore les douze dieux olympiens et les douze travaux d’Hercule dans la mythologie grecque. Dans la tradition nordique, Loki, le treizième convive au banquet des Ases chez Odin, provoque la mort tragique de Baldr, le dieu bien-aimé, jetant ainsi une ombre sur ce chiffre. Du côté chrétien, lors de la Cène, Jésus partage le repas avec ses douze apôtres, formant treize personnes au total, et c’est Judas, le traître, qui scelle le destin menant à la crucifixion un vendredi saint, jour de deuil et d’exécutions publiques au Moyen Âge. Enfin, le 13 octobre 1307, un vendredi, Philippe IV le Bel ordonne l’arrestation brutale des Templiers, accusés d’hérésie, marquant symboliquement la chute de cet ordre puissant et alimentant les récits de malédiction.
Certains considèrent le vendredi 13 comme porte-bonheur grâce à la numérologie et à des traditions positives. Le 13 se réduit à 4 (1+3), symbole de stabilité et de renouveau ; en France, la Française des Jeux transforme activement ce jour en opportunité chanceuse en lançant des cagnottes spéciales de 13 millions d’euros depuis les années 1930, au bénéfice des Invalides, ce qui attire 2 à 3 fois plus de joueurs au Loto et renverse la superstition négative. Aux États-Unis, les tatoueurs offrent des promotions, et certaines visions chrétiennes modernes y voient un symbole d’espoir lié à la Résurrection.
Cette superstition varie selon les pays et n’est pas universelle. En Espagne et en Grèce, le mardi 13 porte malheur, lié à Mars, dieu de la guerre ; en Italie, c’est le vendredi 17, car XVII évoque « VIXI » (j’ai vécu). En Chine, le chiffre 4 sonne comme « mort » et prime sur le 13, tandis qu’aux États-Unis, le vendredi 13 reste craint mais le Brésil le voit comme mixte.
