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15 DÉCEMBRE

Bonne fête aux Ninon

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

1979 – Création du jeu Trivial Pursuit
Imaginé par les Canadiens Chris Haney et Scott Abbott, Trivial Pursuit repose sur un concept inédit : répondre à des questions de culture générale réparties en catégories. D’abord fabriqué artisanalement, le jeu connaît un succès mondial fulgurant au début des années 1980. Il transforme durablement l’univers du jeu de société, valorise le savoir comme source de divertissement et devient un phénomène culturel décliné en de nombreuses versions.

1972 – Sortie en France du film Le Dernier Tango à Paris
Réalisé par Bernardo Bertolucci et interprété par Marlon Brando et Maria Schneider, le film suscite une vive controverse pour sa représentation crue de la sexualité. Immense succès public, il est aussi interdit ou censuré dans plusieurs pays. L’œuvre marque profondément le cinéma d’auteur des années 1970 et alimente des débats durables sur la liberté artistique, l’éthique du tournage et la relation entre acteurs et réalisateurs.

1970 – Venera 7 largue un module sur la planète Vénus
La sonde soviétique Venera 7 devient la première à se poser en douceur sur une autre planète. Malgré des conditions extrêmes, le module transmet des données pendant une vingtaine de minutes depuis la surface vénusienne. Cette prouesse technique fournit des informations cruciales sur l’atmosphère et la température de Vénus, confirmant son environnement hostile et marquant une étape majeure de l’exploration spatiale.

1965 – Premier rendez-vous spatial réussi de l’histoire (Gemini 6 et 7)
Les missions américaines Gemini 6 et Gemini 7 réalisent le premier rendez-vous orbital entre deux vaisseaux habités. Les capsules se rapprochent à quelques dizaines de centimètres, démontrant la capacité de navigation précise dans l’espace. Cette réussite est essentielle pour préparer les futures missions Apollo, notamment les manœuvres de rendez-vous et d’amarrage indispensables aux vols lunaires.

1948 – Démarrage de Zoé, première pile atomique française
Le réacteur expérimental Zoé est mis en service au fort de Châtillon. Conçu pour la recherche scientifique, il permet à la France d’entrer dans l’ère nucléaire. Zoé sert à la production de radioéléments, à l’étude des réactions en chaîne et à la formation des ingénieurs. Il constitue le point de départ du programme nucléaire français civil et militaire.

1796 – Lancement de l’expédition d’Irlande
Le Directoire français envoie une importante flotte pour soutenir les républicains irlandais contre la domination britannique. Mal préparée et confrontée à de violentes tempêtes, l’expédition est dispersée avant de pouvoir débarquer efficacement. Cet échec stratégique illustre les limites logistiques de la France révolutionnaire et met fin, pour un temps, aux ambitions d’intervention directe en Irlande.

Les naissances et décès notables

1980 – Naissance de Élodie Gossuin, miss France et miss Europe 2001, mannequin et animatrice française
1859 – Naissance de Louis-Lazare Zamenhof, médecin ophtalmologue, connu pour avoir élaboré l’espéranto
1832 – Naissance de Gustave Eiffel, ingénieur et industriel français

2023 – Décès de Guy Marchand, acteur et chanteur français
1966 – Décès de Walter Elias « Walt » Disney, producteur et créateur de dessins animés américain
1944 – Décès de Glenn Miller, musicien américain
1890 – Décès de Sitting Bull (Tȟatȟaŋka Iyotȟaŋka dit Taureau siégeant), chef sioux
1675 – Décès de Johannes Vermeer, peintre néerlandais


Un peu de bonne humeur

Combien de rouleaux de papier-peint

Un locataire décide de refaire son appartement. Il commence à prendre les mesures pour savoir combien de rouleaux de papier-peint acheter, mais il s’y perd. Et tout à coup, il se souvient que son voisin du dessus, qui a exactement le même appartement, a refait le sien trois mois plus tôt. Il monte le voir et lui demande :

– Combien de rouleaux de dix mètres avez-vous pris ?

– Vingt-huit.

Alors il achète vingt-huit rouleaux, et il colle son papier. Mais, quand l’appartement est terminé, il lui reste six rouleaux.

Il remonte chez son voisin et lui dit :

– Je ne comprends pas. J’ai tapissé tout l’appartement, et il me reste six rouleaux…

– Eh bien, moi c’est pareil !…

 

Femme qui pète – Anonyme

Femme qui pète... est bien à son aise.

 

L’abus de semlor est dangereux pour la santé

Adolphe‑Frédéric de Suède meurt le 12 février 1771 à la suite d’une indigestion fatale provoquée par un repas extrêmement copieux.

Les récits rapportent qu’il a enchaîné caviar, hareng, chou, homard, choucroute, abondamment arrosés de champagne, puis qu’il aurait mangé jusqu’à quatorze semlor, une brioche suédoise, avant d’être terrassé, probablement par un accident vasculaire cérébral consécutif à cette « orgie » alimentaire.

Les semlor sont des brioches traditionnelles suédoises associées au Mardi Gras (fettisdagen).

Elles consistent en de petits pains au lait parfumés à la cardamome, dont on coupe le sommet pour vider légèrement l'intérieur. Farcies de pâte d'amandes (souvent mélangée à de la mie et du lait), on y ajoute une généreuse crème fouettée, puis on recouvre du chapeau et on saupoudre de sucre glace.
Historiquement simples pains trempés dans du lait chaud, elles sont devenues une gourmandise très populaire en Suède dès janvier jusqu'au Carême, parfois consommées en grande quantité comme dans le cas tragique d'Adolphe-Frédéric.

Un peu de français

« Perfide albion » ?

La perfide Albion désigne l’Angleterre, ou plus largement la Grande-Bretagne, avec une pointe d’ironie ou de rancune historique qui accuse ses habitants de ruse et de duplicité, surtout en diplomatie et en guerre. On l’entend souvent aujourd’hui comme un clin d’œil moqueur à cette vieille rivalité franco-britannique, loin de la haine d’autrefois. Albion, ce nom poétique et ancien, évoque les falaises blanches qui se dressent fièrement face à la Manche, et l’expression naît d’un poème patriotique en 1793, nourri par des siècles de conflits.

Dès l’Antiquité, Albion illumine les textes romains et grecs comme un surnom enchanteur pour la Grande-Bretagne. Pline l’Ancien le consigne au Ier siècle, reliant ce mot au latin « alba », la blancheur éclatante des falaises de Douvres visibles de loin en mer. Des légendes celtes et mythologiques y ajoutent une touche mystérieuse : un géant fils de Poséidon ou une Danaïde nommée Albine y échouent, tandis que des racines pré-celtiques parlent de montagnes ou de blancheur primordiale.

En France, l’expression prend racine au XVIIᵉ siècle chez Bossuet ou Madame de Sévigné, qui pestent déjà contre les Anglais perfides, mais c’est le poète Augustin Louis de Ximénès qui la forge en 1793, au cœur des guerres révolutionnaires. Elle devient un cri de ralliement anti-britannique, repris en propagande par la Révolution, l’Allemagne en 1914 ou même Cuba plus tard. Aujourd’hui, elle colore nos conversations d’une malice complice, rappelant que l’histoire franco-anglaise reste un roman plein de rebondissements.

 

« Bistrot » ?

Le mot bistrot intrigue par son origine modeste et profondément populaire, bien ancrée dans le terroir français où les mots naissent au coin du feu ou du comptoir. Les linguistes le rattachent aujourd’hui au poitevin « bistraud », ce petit serviteur zélé des marchands de vin qui trime dans l’ombre des tonneaux, sert les verres et finit par donner son nom au cabaret lui-même – un lieu convivial où l’on trinque sans chichis, entre amis d’enfance ou inconnus du quartier. À côté, « bistouille » ou « bistrouille » évoque ce mélange rustique et corsé d’alcool frelaté et de café brûlant, typique des débits de boisson du peuple où l’on noie les soucis dans une gorgée âpre ; ces termes familiers colorent le mot d’une saveur authentique, presque odorante de zinc tiède, de tabac froid et de camaraderie oubliée.

La légende russe, si romantique et pleine de panache, fait sourire les savants qui la dissèquent : imaginez des cosaques hirsutes, débarqués à Paris en 1814 après la débâcle napoléonienne, criant « bystro ! » - « vite ! » - aux tenanciers dépassés pour hâter le service d’un verre ou d’une soupe. Et hop, naît le bistrot, symbole d’urgence joyeuse ! Mais l’histoire patine sérieusement, car le terme n’apparaît dans les dictionnaires qu’en 1880, plus de soixante ans après ces supposés cris slaves, trop tard pour coller aux faits historiques. Ainsi, le bistrot reste ce coin de France authentique et éternel, loin des invasions exotiques, un mot né dans la vapeur des verres embués, les rires gras des habitués et l’odeur tenace du quotidien parisien.

Savais-tu que...

Colonisation française du Mississippi

< Peuplement du Mississippi aux XVI-XVIIème siècles

La Salle impose la présence française sur tout le bassin du Mississippi d’abord par un acte symbolique et politique : en descendant le fleuve jusqu’à son embouchure, il prend solennellement possession du territoire au nom du roi de France et lui donne le nom de « Louisiane ». Il érige une croix et enterre une plaque de cuivre, ce qui transforme la vallée du Mississippi en une revendication officielle de la monarchie, étendue de la région des Grands Lacs jusqu’au golfe du Mexique. Cette démarche lui permet ensuite de convaincre la cour de Versailles de l’intérêt stratégique de la région et de lancer de nouveaux projets de colonisation.

Par la suite, la France cherche à ancrer cette présence sur le terrain en construisant des postes militaires et des missions, et en développant un commerce de fourrures et d’agriculture le long du fleuve. Des forts comme Fort‑de‑Chartres, ceux de Natchez ou de La Nouvelle‑Orléans deviennent des points de contrôle et de passage, tandis que des prêtres et des administrateurs s’installent auprès de certaines nations amérindiennes. La France noue ainsi des alliances avec plusieurs peuples riverains, qui lui offrent un soutien politique et un accès au réseau fluvial, faisant du Mississippi la colonne vertébrale d’un vaste empire colonial reliant le nord au golfe du Mexique.

L’ampleur de la présence française reste géographiquement très étendue, mais démographiquement limitée : la Louisiane couvre plusieurs millions de kilomètres carrés, tandis que la population française n’atteint que quelques milliers d’habitants à son apogée, aux côtés de nombreuses communautés amérindiennes et d’esclaves africains. La colonisation reste surtout une affaire de points stratégiques le long du fleuve plutôt que de peuplement massif. Cette présence, toutefois, marque durablement la vallée du Mississippi, jusqu’à ce que la France cède la Louisiane à l’Espagne puis au Royaume‑Uni à la fin de la guerre de Sept Ans, effritant progressivement son emprise sur le bassin.