Je soutiens le projet

ESPÉRANTO : UNE LANGUE UN JOUR UNIVERSELLE ? 📆 15 dĂ©cembre

Chaque 15 dĂ©cembre, le monde cĂ©lĂšbre la JournĂ©e mondiale de l’espĂ©ranto, ou Zamenhofa Tago, en hommage Ă  Ludwik Lejzer Zamenhof, son crĂ©ateur nĂ© ce jour-lĂ  en 1859. Les passionnĂ©s se rĂ©unissent pour des chants, des Ă©changes et des Ă©vĂ©nements qui rappellent les idĂ©aux de fraternitĂ© linguistique.

Ludwik Lejzer Zamenhof grandit Ă  BiaƂystok, dans un creuset de tensions entre Russes, Polonais, Juifs et Allemands, oĂč les barriĂšres de langue attisent les conflits. Ce jeune Juive polyglotte, qui parle dĂ©jĂ  une douzaine de langues Ă  l’adolescence, rĂȘve d’une solution : une langue neutre, simple, que tout le monde apprend en seconde position sans avantage national. À 19 ans, il prĂ©sente une Ă©bauche Ă  ses camarades ; treize ans plus tard, en 1887, il publie Lingvo Internacia sous le pseudonyme Doktoro Esperanto. Son espoir ? Une communication Ă©galitaire qui unit les peuples au-delĂ  des clivages ethniques ou religieux, dans un esprit d' »homaranisme » pacifique.

L’espĂ©ranto sĂ©duit par sa simplicitĂ© radicale. Zamenhof conçoit une langue agglutinante, avec 16 rĂšgles grammaticales sans exceptions : les noms finissent en -o, les adjectifs en -a, les verbes en -i, et des terminaisons claires pour pluriel (-j), accusatif (-n) ou temps (-as au prĂ©sent, -is au passĂ©). Une cinquantaine d’affixes, comme mal- pour l’opposĂ© ou -ist- pour une profession, transforment une racine en famille entiĂšre de mots. Le vocabulaire puise dans les langues europĂ©ennes – latin, roman, germanique, slave – pour une reconnaissance intuitive, tandis que la syntaxe flexible (ordre des mots libre grĂące Ă  l’accusatif) Ă©vite les ambiguĂŻtĂ©s. RĂ©sultat : on l’apprend en mois, pas en annĂ©es, comme une Ă©vidence humaine face aux chaos des langues naturelles.

Zamenhof prĂ©side le premier congrĂšs mondial Ă  Boulogne-sur-Mer en 1905, et l’espĂ©ranto fleurit : littĂ©rature originale, traductions, chansons, congrĂšs annuels, mĂȘme un « Pasporta Servo » pour voyager chez des hĂŽtes. Des centaines de milliers, voire millions, le parlent aujourd’hui, avec des natifs et des cours en ligne. Pourtant, il reste auxiliaire, nulle part officiel, Ă©clipsĂ© par l’anglais dominant.

Son vrai triomphe ? Une communauté vivante qui incarne la paix linguistique, un modÚle humaniste persistant malgré les géants. Dans un monde interconnecté mais fracturé, son idéal simple et fraternel interpelle plus que jamais.