Le 5 janvier 1937, Ă la veille de l’Ăpiphanie, cinq militantes antifascistes du quartier ouvrier d’El Molinar Ă Palma de Majorque tombent sous les balles d’un escamot falangiste. Aurora Picornell, surnommĂ©e la « Passionaria majorquine », Catalina Flaquer Pascual et ses deux filles AntĂČnia et Maria, ainsi que Belarmina GonzĂĄlez RodrĂguez, reçoivent un faux ordre de libĂ©ration qui les conduit droit au cimetiĂšre de Porreres, au centre-est de l’Ăźle, prĂšs de Manacor. TorturĂ©es et fusillĂ©es contre un mur, elles symbolisent la brutalitĂ© de la Terreur blanche franquiste sur l’Ăźle, rapidement conquise par les nationalistes avec l’aide italienne.
Sommaire
Des femmes du peuple en premiĂšre ligne
Aurora Picornell guide ces syndicalistes et fĂ©ministes engagĂ©es dans la lutte contre l’oppression. Issues des milieux ouvriers, elles dĂ©fendent les idĂ©aux rĂ©publicains avec une ferveur qui effraie les phalangistes. ArrĂȘtĂ©es dĂšs le dĂ©but de la rĂ©bellion militaire de 1936, elles croupissent dans des prisons comme Can Sales, oĂč la rĂ©pression frappe sans relĂąche. Leur exĂ©cution, exhibĂ©e comme un trophĂ©e avec des dĂ©tails macabres â sous-vĂȘtements brandis en public â, rĂ©vĂšle la sauvagerie des escadrons de la mort franquistes.
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L’impunitĂ© des bourreaux
Les assassins, un petit groupe de phalangistes anonymes, Ă©chappent Ă toute justice. Personne ne les poursuit, personne ne les nomme avec prĂ©cision ; un certain Mateu parade mĂȘme avec les effets d’Aurora, mais l’affaire s’Ă©touffe dans le silence de la dictature. Sous Franco, ces exĂ©cuteurs intĂšgrent souvent l’administration ou l’armĂ©e, protĂ©gĂ©s par des amnisties gĂ©nĂ©rales. Les lois de mĂ©moire dĂ©mocratique des annĂ©es 2000 ravivent les commĂ©morations, mais les coupables, pour la plupart dĂ©cĂ©dĂ©s, reposent en paix sans rendre des comptes.
Qu’est-ce qu’un escamot falangiste ?
Un escamot falangiste forme un petit dĂ©tachement armĂ© de la Phalange espagnole, ce mouvement fasciste fondĂ© en 1933 par JosĂ© Antonio Primo de Rivera. VĂȘtus de chemises bleues, ces militants nationalistes mĂšnent des raids violents contre rĂ©publicains, anarchistes et communistes. InspirĂ©s du fascisme italien, ils prĂŽnent un national-syndicalisme autoritaire et anti-communiste, fusionnant en 1937 avec les carlistes pour devenir le parti unique du rĂ©gime franquiste.
Illustration: Les Roges des Molinar dans le style Guernica – Image IA

