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AVALANCHE, YÉTI, EXTRATERRESTRES ? MYSTÈRE EN OURAL 📆 2 février 1959

Affaire du col Dyatlov peut-être liée au yéti

Le 2 février 1959, dans les confins enneigés des monts Oural en URSS, neuf randonneurs expérimentés périssent dans des circonstances glaçantes. Menés par Igor Dyatlov, ces étudiants et ingénieurs lacèrent leur tente de l’intérieur au milieu de la nuit et fuient pieds nus dans un froid mordant à -30°C. Découverts des semaines plus tard, leurs corps portent des blessures étranges – crânes fracturés, côtes brisées, une langue arrachée – sans traces d’attaque extérieure. L’Affaire du col Dyatlov débute.

L’horreur de la nuit fatale

Imaginez la scène : le vent hurle sur la pente du mont Kholat Syakhl, surnommé « Montagne des morts » par les Mansis autochtones, qui évitent ce lieu maudit depuis des générations. Ces jeunes gens robustes, habitués aux expéditions extrêmes, choisissent pourtant de planter leur tente sur cette déclivité exposée, à un bon kilomètre d’une forêt protectrice où ils auraient pu s’abriter. Dans la nuit du 1er au 2 février, quelque chose les frappe de terreur absolue : ils tailladent la toile de l’intérieur avec des couteaux, fuient en chaussettes ou pieds nus, sans lanternes ni vêtements chauds, malgré leurs sacs bien rangés. Les secouristes, alertés par leur retard, découvrent la tente intacte extérieurement mais déserte, avec des traces de traînée dans la neige menant à quatre corps gelés près d’un cèdre, et cinq autres plus loin, dont certains dans un ravin, le torse écrasé comme par un poids colossal. L’enquête officielle de l’époque conclut à une « force physique irrésistible » d’origine inconnue, classant le dossier après trois mois dans un flou angoissant qui hante encore les nuits d’hiver.

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Les théories folles qui enflamment les esprits

Dès les années 1960, alors que la Guerre froide alimente les peurs collectives, les imaginations s’emballent dans un tourbillon de spéculations extravagantes. Certains évoquent un yéti des neiges, bête mythique de l’Oural, qui aurait bondi sur le camp pour mutiler les victimes – langue arrachée, yeux disparus – sans laisser d’empreintes ni poils, mais avec une sauvagerie expliquant l’absence de lutte. D’autres scrutent le ciel : l’enquêteur Lev Ivanov lui-même parle de « sphères volantes orangées » aperçues par des témoins militaires les nuits précédentes, coïncidant avec la radioactivité détectée sur des vêtements ; pour beaucoup, des extraterrestres ou un vaisseau en panne auraient semé la panique. Et que dire des malédictions chamaniques des Mansis, furieux d’une intrusion sur leur terre sacrée, ou de champignons hallucinogènes ingérés par erreur, provoquant une débandade collective vers une mort hallucinatoire ? Parmi les 75 théories recensées, on trouve même une jalousie amoureuse fatale au sein du groupe ou un improbable combat contre des nains ! Ces folies, relayées par la presse sensationnaliste, transforment le drame en légende vivante, captivant des générations malgré l’absence de preuves tangibles.

La science tranche : une avalanche traîtresse

Aujourd’hui, la raison reprend ses droits grâce à des chercheurs suisses comme Johan Gaume de l’EPFL et Alexander Puzrin de l’ETH Zurich, qui plongent dans des modélisations numériques pointues publiées en 2021 dans Communications Earth & Environment. Tout commence par la tente : creusée dans une neige fragile pour une plateforme stable, elle surcharge une plaque instable ; des vents katabatiques féroces, soufflant jusqu’à 30 m/s, y accumulent de la neige pendant 9 à 13 heures, jusqu’à ce qu’une coulée tardive – une avalanche de plaque à faible pente de 23° seulement – se déclenche. Cette onde de choc, simulée avec des algorithmes inspirés des fractales de neige dans Frozen de Disney, projette une masse destructrice causant précisément les traumatismes thoraciques et crâniens observés, sans ensevelir la tente sous une couche épaisse visible. Des expéditions terrain en 2021-2022 filment des avalanches similaires sur site, validant les conditions locales extrêmes ; l’enquête russe rouverte en 2019 adopte cette thèse en 2020, fermant la porte aux yétis ou OVNI avec des données irréfutables.

Les ombres qui persistent

Pourtant, même cette explication solide laisse des zones d’ombre qui titillent l’imaginaire et alimentent les débats passionnés des passionnés. Pourquoi les familles jurent-elles avoir vu une peau « orangée » ou « bronzée » sur les corps lors des funérailles, un hâle impossible dans le froid sibérien et absent des rapports médicaux ? D’où provient cette radioactivité bêta mesurée sur plusieurs vêtements, sans source naturelle ni lien avec l’avalanche, évoquant peut-être des tests militaires secrets de l’époque ? La langue manquante de l’une, les yeux absents d’une autre – rongeurs ou prédation post-mortem ? – défient les autopsies incomplètes. Les prélèvements d’organes pour toxicologie, ordonnés mais disparus du dossier, occultent-elles poisons ou contaminations ? Enfin, cette fuite irrationnelle sans bottes ni pulls, alors que la tente regorge d’équipement intact, suggère une panique amplifiée par un son ou une lumière inconnue après le choc initial.

L’avalanche éclaire le cœur du drame, mais ces éléments inexpliqués maintiennent encore aujourd’hui l’Affaire Dyatlov dans une brume entourée de mystères.


Illustration: image IA

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