Bonne chandeleur
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
1959 – Affaire du col Dyatlov
Neuf randonneurs soviétiques meurent dans des circonstances mystérieuses dans l’Oural, près du col Dyatlov. Leurs tentes sont retrouvées éventrées de l’intérieur et les corps dispersés, certains présentant des blessures inexpliquées. L’enquête officielle conclut à une « force irrésistible », sans plus de détails. L’affaire devient l’un des plus grands mystères du XXᵉ siècle, nourrissant hypothèses naturelles et théories plus extraordinaires.
1905 – Première apparition de Bécassine dans La Semaine de Suzette
Le personnage de Bécassine apparaît pour la première fois dans le magazine jeunesse La Semaine de Suzette. Créée par Jacqueline Rivière et illustrée par Joseph Pinchon, cette domestique bretonne naïve devient l’une des premières héroïnes féminines de la bande dessinée française. Son immense popularité marque durablement la culture populaire, malgré les critiques ultérieures sur les stéréotypes régionaux.
1709 – Alexander Selkirk est enfin secouru
Après plus de quatre années de solitude sur une île déserte de l’archipel Juan Fernández, le marin écossais Alexander Selkirk est secouru par un navire britannique. Abandonné à la suite d’un différend avec son capitaine, il a survécu grâce à son ingéniosité. Son histoire inspirera largement Daniel Defoe pour l’écriture du roman Robinson Crusoé.
1625 – Fondation de La Nouvelle-Amsterdam
Les colons néerlandais fondent La Nouvelle-Amsterdam sur l’île de Manhattan, au nom de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Ce comptoir stratégique devient rapidement un centre commercial important. En 1664, la ville passe sous contrôle anglais et est rebaptisée New York, en l’honneur du duc d’York, amorçant son destin de métropole mondiale.
1535 – Fondation de Buenos Aires
Pedro de Mendoza fonde la colonie de Nuestra Señora Santa María del Buen Ayre sur les rives du Río de la Plata. La première implantation est fragile et sera abandonnée quelques années plus tard face aux difficultés et aux conflits avec les populations locales. Refondée en 1580, Buenos Aires deviendra l’une des principales villes d’Amérique du Sud.
1439 – Nomination de Jacques Cœur comme grand argentier de France
Jacques Cœur est nommé grand argentier par le roi Charles VII. Marchand et financier exceptionnel, il réorganise les finances royales et contribue au redressement économique du royaume après la guerre de Cent Ans. Son ascension fulgurante symbolise l’émergence d’une bourgeoisie puissante, même si sa chute ultérieure sera aussi rapide que spectaculaire.
1141 – Première bataille de Lincoln
La bataille de Lincoln oppose les partisans du roi Étienne d’Angleterre à ceux de Mathilde l’Emperesse, durant la guerre civile dite « l’Anarchie ». Étienne est capturé, donnant temporairement l’avantage à Mathilde dans la lutte pour le trône. Ce conflit affaiblit durablement le royaume anglais et marque une période d’instabilité politique profonde.
Les naissances et décès notables
1987 Naissance de Vincent Dedienne, comédien, auteur et humoriste français
1986 Naissance de Gemma Arterton, actrice anglaise
1985 Naissance Melody Gardot, chanteuse, autrice, compositrice, pianiste et guitariste américaine
1977 Naissance de Shakira (Shakira Isabel Mebarak Ripoll), chanteuse colombienne
1963 Naissance de Marie-Claude Pietragalla, danseuse et chorégraphe française
1947 Naissance de Farrah Fawcett, actrice américaine
2024 Décès de Carl Weathers, acteur américain, connu pour son rôle d’Apollo Creed dans la saga Rocky
2022 Décès de Monica Vitti (Maria Luisa Ceciarelli), actrice, scénariste et réalisatrice italienne
2002 Décès de Oscar Reutersvärd, artiste surnommé “le père de l’impossible”
1998 Décès de Haroun Tazieff, géologue et volcanologue français
1996 Décès de Eugene Curran « Gene » Kelly, danseur et chorégraphe américain
1939 Décès de Anatole Deibler, bourreau français
Un peu de bonne humeur
Séduction dans un bar
Dans un bar, une très jolie femme fait signe au barman de s’approcher d’elle. Il se penche et elle commence à lui caresser la barbe.
– Êtes-vous le gérant ? dit-elle en lui caressant sensuellement le visage.
– Euh… en fait non, répond le barman.
– Pouvez-vous aller le chercher ? demande la femme en glissant sa main dans les cheveux du barman.
– Malheureusement non, souffle le barman prenant visiblement plaisir à la situation.
– Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ? demande la femme en passant ses doigts sur les lèvres du barman.
– Bien sur, répond l’homme.
– Je voudrais lui laisser un message, dit-elle en glissant un doigt puis l’autre dans la bouche du barman qui les suce légèrement.
– Quel est le message ? demande le barman.
– Dites-lui qu’il n’y a ni papier ni savon dans les toilettes des dames.
Du fumier sur les framboises
😒 J'ai lu dans l'almanach "Le temps d'un café" qu'il fallait absolument mettre du fumier de cheval sur les framboises.
😲 Et alors ?
😒 Je vais revenir à la crème fouettée.
Séchoir topissime
Les clients, attirés par la promesse d’un appareil high-tech commandent le « séchoir à linge solaire » révolutionnaire annoncé dans des magazines nationaux américains à 49,95 dollars. Ils reçoivent simplement une corde à linge ordinaire dans un emballage. Quand ils se plaignent, l’escroc californien Steve Comisar s’étonne : la corde sèche le linge grâce au soleil, l’énergie solaire la plus naturelle et efficace qui soit.
Savais-tu ?
Pourquoi des Schtroumpfs bleus ?
Les Schtroumpfs arborent leur coloration bleue par une astuce de Nine Culliford, épouse et coloriste de Peyo, le papa de ces petits lutins farceurs. Elle teste les couleurs une par une : le vert les noie dans les feuillages de leur village champignon, le rouge les rend trop bagarreurs, le jaune les rend mal en point, et le rose ou le noir les humanise trop. Au final, le bleu s’impose, doux, visible, en parfaite harmonie avec la forêt.
Peyo, de son vrai nom Pierre Culliford, croque d’abord ces minuscules Schtroumpfs en noir et blanc dans les planches de Johan et Pirlouit, et c’est Nine, sa complice de tous les jours, qui leur donne vie. Cette décision pragmatique transforme de simples esquisses en icônes joyeuses, bien distinctes de leur décor verdoyant, et les propulse dans l’imaginaire collectif depuis plus de 65 ans.
Astuce
Du sel dans le thé
Il semblerait que deux gros grains de sel dans la théière suffisent à adoucir l’amertume du thé et à rendre la boisson plus ronde et plus agréable, avec une saveur mieux équilibrée. Même chose avec un café trop fort. Par contre, attention à ne pas forcer la dose sous peine d'obtenir une boisson totalement imbuvable.
Un instant en ce bas monde
Quelques instants de vie à travers le temps.
Premier tableau
Une petite famille se promène à vélo lors d'un dimanche ensoleillé qui sent bon l’insouciance. Les parents, émus et fiers, observent leur premier enfant pédaler sans ses petites roues, conquérant du bitume, roi du square. Et soudain…
CHUTE DANS LE PELOTON FAMILIAL !!! OH LÀ LÀ, MON DIEU !
Le père freine dans un dérapage digne du Tour de France, saute de son vélo, accourt et soulève l’enfant avec délicatesse. La mère, déjà à genoux, sort une trousse de secours qui ferait pâlir une ambulance. Elle déballe tout immédiatement : désinfectant, compresses stériles, Mercurochrome, pansement, bande.
Verdict : écorchure de niveau 2. On sécurise le périmètre. On rassure. On souffle. On désinfecte. On panse. On câline.
Le père est prêt à appeler les urgences. Le SAMU n’est jamais très loin dans ces moments-là. Mais contre toute attente… l’enfant survit.
Rideau.
Quelques années plus tard.
Même décor. Même piste cyclable. Même parents. Mais un deuxième enfant est apparu dans le casting...
CHUTE À L’AVANT !
Le père s’approche, jette un œil rapide, analyse la situation.
Diagnostic : égratignure.
La mère intervient. Pas de trousse, pas de protocole.
Un simple bisou magique, homologué depuis des générations. « Voilà, c’est passé. »
L’enfant renifle, hésite… puis repart.
Fin de l’incident. Pas même de quoi interrompre la balade.
Encore quelques années passent.
Même lieu. Même parents. Et — on ne sait pas trop comment — un troisième enfant...
Chute.
Les parents en choeur : « AAAH MAIS C’EST PAS POSSIBLE ! TU PEUX PAS FAIRE ATTENTION !? »
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »
Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
