Bonne fête aux Agathe
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
2012 – Forage atteignant l’eau liquide du lac Vostok
Après plus de vingt ans de travaux en Antarctique, des scientifiques russes atteignent l’eau liquide du lac Vostok à 3 769 mètres sous la glace. Isolé depuis des millions d’années, ce lac subglaciaire suscite un immense intérêt scientifique pour l’étude d’écosystèmes extrêmes. La découverte ouvre des perspectives sur la vie dans des environnements analogues à ceux de certaines lunes glacées.
1953 – Sortie de Peter Pan de Walt Disney
Le long-métrage d’animation Peter Pan sort aux États-Unis et rencontre un succès immédiat. Inspiré de l’œuvre de J. M. Barrie, le film enchante le public par ses personnages emblématiques et ses chansons mémorables. Il s’impose comme un classique du studio Disney et contribue à façonner durablement l’imaginaire de l’enfance et de l’aventure au XXᵉ siècle.
1920 – Première manifestation du mouvement Dada à Paris
Le mouvement Dada organise sa première grande manifestation parisienne au Grand Palais. Né du rejet de la guerre et des conventions artistiques, Dada prône l’absurde, la provocation et la liberté totale de création. Cet événement marque l’irruption d’une avant-garde radicale dans la vie culturelle française et influence profondément l’art moderne et le surréalisme.
1869 – Découverte de la pépite d’or “Welcome Stranger”
En Australie, à Victoria, deux chercheurs découvrent la pépite d’or “Welcome Stranger”, la plus grosse jamais trouvée. Pesant plus de 70 kilogrammes à l’état brut, elle est rapidement fondue, empêchant toute conservation. Cette découverte spectaculaire renforce la ruée vers l’or australienne et attire des milliers de prospecteurs, transformant durablement l’économie et la société locales.
1661 – Kangxi devient empereur de Chine
Kangxi accède au trône de la dynastie Qing à l’âge de sept ans. Son règne, l’un des plus longs de l’histoire chinoise, est marqué par la stabilisation de l’empire, des réformes administratives et un fort développement culturel. Empereur érudit et stratège, Kangxi consolide le pouvoir mandchou et pose les bases d’une période de prospérité durable.
1597 – Martyre de 26 chrétiens au Japon
Vingt-six chrétiens, missionnaires et convertis japonais, sont crucifiés à Nagasaki sur ordre du pouvoir shogunal. Cet événement symbolise le début des persécutions systématiques contre le christianisme au Japon, perçu comme une menace étrangère. Le martyre de ces fidèles marque durablement l’histoire religieuse du pays et annonce plus de deux siècles de fermeture aux influences occidentales.
211 – Partage de l’Empire romain entre Caracalla et Geta
À la mort de l’empereur Septime Sévère, l’Empire romain est confié à ses deux fils, Caracalla et Geta. Cette cohabitation imposée se révèle rapidement conflictuelle, les deux frères se livrant une rivalité violente. Quelques mois plus tard, Caracalla fait assassiner Geta, mettant fin au partage et plongeant l’Empire dans une nouvelle période d’instabilité politique.
62 – Séisme détruisant partiellement Pompéi
Un violent tremblement de terre frappe la région de Pompéi et cause d’importants dégâts à la ville. De nombreux bâtiments sont détruits ou fragilisés, et les travaux de reconstruction se poursuivent pendant des années. Dix-sept ans plus tard, l’éruption du Vésuve ensevelira définitivement la cité, figée dans le temps, offrant un témoignage unique de la vie romaine antique.
Les naissances et décès notables
1992 – Naissance de Nabilla Benattia, mannequin et participante de téléréalité franco-suisse
1992 – Naissance de Neymar (Neymar da Silva Santos Júnior), joueur de football international brésilien
1985 – Naissance de Cristiano Ronaldo, joueur de football, international portugais
1985 – Naissance de Tatiana Silva, présentatrice belge
1981 – Naissance de Julie Zenatti, chanteuse française
1952 – Naissance de Daniel Balavoine, chanteur français
1946 – Naissance de Charlotte Rampling, actrice britannique
2020 – Décès de Kirk Douglas, acteur et cinéaste américain
1894 – Décès de Auguste Vaillant, anarchiste français ayant jeté une bombe parmi les députés, mort exécuté
Découvrez chaque semaine un journal PDF riche, soigné et entièrement sans publicité. Plus de contenus, plus de plaisir de lecture, sans aucune distraction.
JE DÉCOUVREUn peu de bonne humeur
Le dragueur du lycée
Une ado dit à une copine:
– Méfie-toi de ce gars. Il a déjà fait le même coup à trois filles du lycée. A chacune, il assure qu’elle est la plus belle de la terre et qu’il en est fou. Puis il l’invite à venir écouter de la musique dans sa chambre. Quand il l’a à sa portée, il lui sert une boisson alcoolisée. Et ça se termine toujours pareil.
– Tu m’effraies.
– Il y a de quoi ! Ça ne rate pas. Il te demande de lui faire son devoir de maths.
L’homme paratonnerre
Roy Cleveland Sullivan détient le record mondial du plus grand nombre de foudroiements, avec sept cas documentés entre 1942 et 1977. Ce garde forestier américain de Virginie est reconnu par le Guinness World Records comme l'homme paratonnerre humain. Il survit à chaque incident malgré des blessures variées, sans victimes référencées autour de lui.
Les circonstances de ses foudroiements sont souvent liées à son travail ou à des activités quotidiennes. En 1942, il est touché dans une tour d’observation ; en 1969, dans sa camionnette ; en 1970, en jardinant ; en 1972, dans un poste de garde ; en 1973, en patrouille ; en 1976, sans détails précis ; et en 1977, en pêchant, où un ours intervient ensuite. Sa femme est foudroyée une fois seule, tandis que lui cette fois-ci en réchappe.
Roy est officiellement inscrit au Guinness Book, qui valide ce record unique. Les gens l’évitent par superstition, craignant un effet de ricochet, mais aucun cas de victimes simultanées avec des proches ou collègues n’est référencé.
Savais-tu ?
La montagne qui brûle
En Nouvelle-Galles du Sud, à quelques kilomètres du petit village de Wingen, la terre fume en silence. Sous le mont Wingen, connu sous le nom de Burning Mountain, un feu souterrain brûle sans interruption depuis des millénaires.
Le spectacle est trompeur. De loin, rien n’évoque un volcan. Pourtant, sous la colline, une veine de charbon se consume lentement, à une trentaine de mètres de profondeur. Les scientifiques estiment que ce brasier naturel dure depuis au moins 5 500 à 6 000 ans, peut-être davantage.
L’origine exacte de ce feu reste incertaine. Les hypothèses les plus courantes évoquent la foudre ou un ancien incendie de brousse qui aurait enflammé le charbon souterrain. Pendant longtemps, les habitants et les premiers observateurs européens imaginent un phénomène volcanique, avant de comprendre qu’il s’agit en réalité d’une combustion lente du sous-sol.
Aujourd’hui encore, Burning Mountain continue d’avancer très lentement. Le feu progresse au rythme d’environ un mètre par an, modifiant peu à peu la forme de la colline et laissant derrière lui une terre noire, stérile par endroits, où la végétation a du mal à se réinstaller.
Cette combustion ne menace pas une grande ville, mais elle laisse des traces durables sur le paysage. Elle transforme les sols, dégage de la chaleur et des gaz, et rappelle aux curieux, fascinés par ce feu ancien qui semble défier le temps, qu’un incendie souterrain peut devenir presque impossible à éteindre une fois installé. Cette curiosité géologique se rapproche d'une autre située aux Etats-Unis, à Centralia, une ville devenue fantôme construite au-dessus d'une mine de charbon qui brûle depuis les années 1960.
Astuce
Eloigner les araignées
Il semblerait que l’alun de potasse puisse aider à éloigner les araignées. La préparation serait très simple : dissoudre environ 80 g de poudre d’alun dans 1 litre d’eau tiède, puis verser le mélange dans un vaporisateur.
L’idée est ensuite d’en pulvériser les encadrements de portes, les rebords de fenêtres, les fissures et les zones de passage. D’après ce qui se dit, il vaudrait mieux renouveler l’opération régulièrement, surtout après le ménage ou en cas de pluie si le produit a été appliqué à l’extérieur.
Bien évidemment, cela ne remplace pas un bon nettoyage des recoins et des toiles déjà présentes.
Un instant en ce bas monde

Et voilà : le moment fatidique est arrivé. C’est l’heure du rendez-vous.
Il est là, pile à l’heure. Mieux encore : il est venu lui-même te chercher. Tu n’as donc plus d’autre choix que de le suivre. Tu te lèves avec la lenteur d’un condamné, tandis qu’une étrange sensation de malaise te noue déjà l’estomac.
Tu longes un couloir interminable. Chaque pas résonne sur le sol parfaitement propre, et le silence qui règne autour de toi n’est troublé que par le bourdonnement lointain d’un appareil dont tu préfères ignorer la fonction. Première porte à gauche…
Te voilà dans son antre.
Un lieu aussi redouté devrait ressembler à une cave infâme, humide et mal éclairée, occupée par un sorcier dément ou un serial killer collectionneur d’instruments chirurgicaux. Mais non. Tout est blanc, propre, aseptisé. Un peu trop, même. Les murs immaculés, les surfaces brillantes et l’odeur agressive de désinfectant donnent à la pièce une atmosphère presque irréelle.
Il ne manque plus qu’une petite musique d’ambiance pour tromper la victime. Quelque chose de léger, avec des violons ou une mélodie de boîte à musique, histoire de rendre la scène encore plus inquiétante.
Il te sourit.
Un sourire calme, professionnel, presque chaleureux. Le genre de sourire qui ne rassure absolument pas.
D’un geste courtois, il t’invite à déposer tes affaires sur une chaise libre. Tu t’exécutes sans discuter, tout en jetant un dernier regard vers la porte. Elle est toujours ouverte. Pour l’instant. Puis il te montre fièrement son poste de torture.
Le fauteuil semble t’attendre.
Tête basse, résigné, tu t’y installes lentement. Le cuir froid colle légèrement à ton dos. Tu ajustes ta position, sans parvenir à trouver la moindre posture confortable. En face de toi, les instruments métalliques brillent sous la lumière blanche. Ils sont alignés avec une précision inquiétante, comme s’ils avaient été préparés spécialement pour ton supplice.
Il s’approche.
Tu entends le froissement de ses gants, le cliquetis discret de ses outils et le léger grincement du fauteuil lorsqu’il en ajuste l’inclinaison. Ton cœur accélère. Tu fixes le plafond, tentant de penser à autre chose, mais tes yeux reviennent inévitablement vers l’appareil posé près de lui.
Il te regarde avec un grand sourire, braque une lampe dans tes yeux et allume son instrument de torture préféré :
— iiiih… iiih… iiiiiiih…
Le bruit strident te traverse le crâne. Tes doigts se crispent sur les accoudoirs. Une goutte de sueur glisse lentement le long de ta tempe.
Puis, avec une innocence parfaitement suspecte, il demande :
— Alors, c’est parti pour un petit détartrage ?
C’est à cet instant précis que quelque chose se brise en toi. La peur laisse place à la colère. Elle monte, irrésistible, jusqu’à devenir la seule chose qui compte. Fini de te laisser faire. Fini de subir en silence. Le temps de la révolte est venu.
Dans un élan instinctif, tu l’agrippes fermement et le fixes d’un regard déterminé. Le silence retombe aussitôt dans la pièce. Même l’appareil semble avoir compris que la situation vient de changer.
— Euh… ce sont mes couilles que vous tenez là, bredouille-t-il, partagé entre surprise et crainte.
Tu resserres légèrement ta prise.
— Je sais, lui assènes-tu d’un ton parfaitement calme, sans la moindre ambiguïté. On va donc bien faire attention, maintenant, à ne pas se faire mal mutuellement.
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050 :
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »
Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
