Le 8 mars 2022, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon présente des excuses officielles et posthumes au Parlement écossais d’Édimbourg. Elle s’adresse aux femmes – et aux victimes – accusées, condamnées, vilipendées ou exécutées en vertu de la loi sur la sorcellerie de 1563. Ces excuses, prononcées au nom du gouvernement écossais, répondent à une pétition d’associations comme Witches of Scotland et soulignent une injustice historique marquée par la misogynie.
Le Parlement d’Écosse adopte en 1563 la loi sur la sorcellerie, ou Witchcraft Act, dans le contexte de la Réforme protestante. Cette législation criminalise la pratique de la magie, la consultation de sorcières, l’alliance avec le diable ou l’usage de pouvoirs surnaturels pour nuire, sous peine de mort par étranglement suivi de bûcher. Inspirée de la loi anglaise de 1562 et motivée par des impératifs bibliques, elle vise à éradiquer les superstitions catholiques résiduelles. Appliquée jusqu’en 1736, elle conduit à environ 3 800 à 4 000 procès, majoritairement contre des femmes ordinaires.
Promulguée juste après les lois de la Réforme de 1560, cette loi sert d’outil contre les catholiques. Les protestants réformateurs assimilent les pratiques catholiques – reliques, miracles, rituels – à de la sorcellerie et à des pactes diaboliques. Elle consolide ainsi le protestantisme en marginalisant les vestiges catholiques et en imposant une théologie diabolisante partagée. Bien que principalement dirigée contre des femmes, elle renforce idéologiquement la nouvelle foi.
Nicola Sturgeon ouvre le débat gouvernemental sur la Journée internationale des femmes au Parlement écossais. Elle relie cette reconnaissance historique à la misogynie contemporaine, citant harcèlement en ligne, violence sexuelle et un rapport sur la justice écossaise. Ces excuses marquent un travail de mémoire féministe face à un passé de chasses aux sorcières.