Le 10 septembre 1977, Hamida Djandoubi devient le dernier condamnĂ© Ă ĂŞtre guillotinĂ© en France. L’exĂ©cution a lieu Ă 4h40 du matin Ă la prison des Baumettes de Marseille. Ă€ 27 ans, ce Tunisien est le dernier Ă subir ce châtiment, quatre ans avant l’abolition de la peine de mort en France.
Djandoubi est condamnĂ© pour une sĂ©rie de crimes atroces. Il est reconnu coupable d’assassinat après avoir Ă©tranglĂ© son ex-compagne Elisabeth Bousquet, âgĂ©e de 21 ans. Avant de la tuer, il lui inflige une longue sĂ©ance de torture, la frappant et la brĂ»lant. Il est Ă©galement condamnĂ© pour viol, proxĂ©nĂ©tisme, et d’autres agressions sexuelles, notamment sur des adolescentes.
Avant Djandoubi, les dernières exĂ©cutions notables incluent JĂ©rĂ´me Carrein en juin 1977 et Christian Ranucci en juillet 1976, tous deux guillotinĂ©s. La dernière exĂ©cution par fusillade est celle de Jean Bastien-Thiry en 1963, pour tentative d’assassinat du prĂ©sident de Gaulle. La dernière femme guillotinĂ©e est Germaine Leloy-Godefroy en 1949. Après Djandoubi, 15 autres criminels sont encore condamnĂ©s Ă mort, mais leurs peines sont commuĂ©es avant l’abolition en 1981.
La guillotine est adoptĂ©e en France en 1792, dans un souci d’Ă©galitĂ© et d’humanitĂ©, pour rendre les exĂ©cutions moins douloureuses et plus rapides. Elle remplace les mĂ©thodes d’exĂ©cution antĂ©rieures, jugĂ©es cruelles et discriminatoires. Son inventeur est le docteur Antoine Louis et son nom est celui du docteur Guillotin qui fait la adopter Ă l’AssemblĂ©e nationale constituante dans les tout premiers temps de la RĂ©volution française. UtilisĂ©e pendant 185 ans, la guillotine devient le symbole de la justice capitale française, d’abord en public puis dans l’enceinte des prisons Ă partir de 1939.
Mata Hari fusillée plutôt que guillotinée
Le choix de la fusillade plutĂ´t que de la guillotine pour l’exĂ©cution de Mata Hari, le 15 octobre 1917, s’explique par plusieurs facteurs importants. Tout d’abord, Mata Hari est condamnĂ©e pour espionnage, un crime considĂ©rĂ© comme militaire en temps de guerre. Les crimes militaires sont gĂ©nĂ©ralement punis par peloton d’exĂ©cution, la guillotine Ă©tant rĂ©servĂ©e aux crimes civils. De plus, son exĂ©cution a lieu en 1917, en pleine Première Guerre mondiale, un contexte oĂą les exĂ©cutions militaires par fusillade sont plus courantes. En tant qu’accusĂ©e d’espionnage au profit de l’ennemi, Mata Hari est vue comme une traĂ®tresse, et la fusillade est considĂ©rĂ©e comme plus appropriĂ©e pour les crimes contre l’État. Cette mĂ©thode d’exĂ©cution est Ă©galement jugĂ©e plus rapide et efficace dans un contexte militaire. Enfin, l’exĂ©cution par peloton d’exĂ©cution revĂŞt une forte charge symbolique, dĂ©montrant la dĂ©termination de l’État Ă punir sĂ©vèrement l’espionnage en temps de guerre.