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5 JUIN

Bonne fête aux Igor

Aujourd’hui à la une

Les évènements notables

1989 – Victoire surprise en 8ème de finale de Roland Garros de Michael Chang contre Ivan Lendl avec un service à la cuiller

À 17 ans, l’Américain Michael Chang crée la surprise en battant Ivan Lendl, numéro un mondial. Affaibli physiquement, il use de ruses dont un fameux service à la cuiller. Ce match entre dans la légende et Chang poursuivra sa route jusqu’au titre, devenant le plus jeune vainqueur du tournoi.

1983 – Victoire de Yannick Noah sur Mats Wilander en finale de Roland-Garros

Yannick Noah devient le premier Français à remporter Roland-Garros depuis 1946. Il bat le tenant du titre Mats Wilander en trois sets. Son triomphe est un moment fort du sport français et fait de lui une icône nationale. Il reste à ce jour le dernier Français à avoir gagné le tournoi.

1883 – 1er départ de l’« Express d’Orient »

Le 5 juin 1883, l’« Express d’Orient » quitte Paris en direction de Vienne. Ce train de luxe, ancêtre de l’Orient-Express, préfigure les grands voyages ferroviaires européens. Il symbolise l’essor du confort, de la modernité et du voyage transcontinental à la Belle Époque.

1882 – Inauguration du musée Grévin à Paris

Fondé par le journaliste Arthur Meyer et le caricaturiste Alfred Grévin, ce musée de figures de cire ouvre ses portes au public. Il permet de voir les célébrités de l’époque et d’aujourd’hui figées dans la cire, devenant une attraction emblématique de la capitale.

1806 – Dissolution de la République batave par Napoléon Ier qu’il remplace par le Royaume de Hollande

Napoléon met fin à la République batave, créée en 1795 sous influence française. Il impose un régime monarchique à la Hollande et place son frère Louis Bonaparte sur le trône. Ce changement renforce le contrôle de l’Empire sur les Pays-Bas tout en préparant leur future annexion.

1763 – Début du siège de Furiani

Pendant la guerre d’indépendance corse menée contre la domination génoise, les troupes de Pascal Paoli assiègent Furiani. Ce siège s’inscrit dans une série de combats qui visent à affirmer l’autonomie de la Corse, avant son rattachement à la France en 1768.

Les naissances et décès notables

1971 – Naissance de Mark Wahlberg, acteur américain
1965 – Naissance de Élisabeth Buffet, humoriste et actrice française
1949 – Naissance de Ken Follett, écrivain gallois
1948 – Naissance de Claude Spanghero, joueur de rugby à XV français

2024 – Décès de Ben, artiste franco-suisse connu pour ses œuvres fondées sur ses « écritures » qu’il décline sous diverses formes
2012 – Décès de Ray Bradbury, écrivain américain
2004 – Décès de Ronald Reagan, 40e président des États-Unis d’Amérique, de 1981 à 1989
1921 – Décès de Georges Feydeau, auteur dramatique français



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JE DÉCOUVRE

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Un peu de bonne humeur

Les crèmes de jour et de nuit

🤔 A mon avis, cette histoire de crème de jour et de nuit, c'est une vaste fumisterie. 😏 Bah oui, comment une crème fait pour savoir l'heure qu'il est ?

 

La conscience du spermatozoïde – Anonyme

Le spermatozoïde, s'il savait qu'il allait faire un gosse, peut-être qu'il irait pas. - Brève de comptoir

Le 1er postulat de Pardo

Selon le premier postulat de Pardo, énoncé avec la sagesse cynique de ce philosophe du vice quotidien, les bonnes choses de la vie - ces délices qui font palpiter le cœur et saliver les papilles - sont invariablement soit illégales, soit immorales, soit, pire encore, promis à nous faire grossir inexorablement.

L'univers, dans son ironie cruelle, semble avoir conçu ce triptyque maudit pour nous transformer en moines ascètes malgré nous, nous forçant à choisir entre le plaisir coupable et la vertu fade, comme si la félicité pure n'était réservée qu'aux saints ou aux extraterrestres au régime.

Au final, il ne nous reste plus qu’à maudire Pardo pour cette formule exprimant une réalité bien trop souvent vérifiée.

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Savais-tu ?

Thérian et animal totem

Vous avez peut-être vu passer sur les réseaux des jeunes qui se déplacent à quatre pattes, portent parfois des masques de renard ou de loup, et semblent avoir troqué le canapé contre la forêt. Non, ce n’est pas forcément le tournage d’un documentaire animalier : il s’agit peut-être de thérians.

Un thérian est une personne qui ressent une identification profonde, psychologique ou spirituelle, à un animal non humain. Chat, renard, loup, cheval… chacun son « thériotype », autrement dit son animal de référence. Attention toutefois : les thérians savent parfaitement qu’ils ont un corps humain. Le renard intérieur ne recherche pas nécessairement un poulailler, et le loup peut très bien apprécier les pâtes au fromage.

Peut-on rapprocher les thérians de la notion d’animal totem ? Oui et non. Comme l’animal totem, le thériotype peut représenter une force intérieure, un guide ou une manière de se comprendre. Mais il ne s’agit pas exactement de la même chose : l’animal totem accompagne ou symbolise, tandis que le thérian dit ressentir une identification plus personnelle et plus profonde à un animal. En somme, l’un souffle parfois à l’oreille tandis que l’autre inciterait plus volontiers à aller courir dans les bois.

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Astuce

Prolonger les fleurs coupées

Voilà ce que me disait ma grand-mère : « Pour prolonger la beauté de tes fleurs coupées, commence par recouper les tiges en biais et perce-les avec une aiguille pour favoriser l’absorption de l'eau, puis place-les dans un vase parfaitement propre rempli d’eau fraîche. Change l'eau tous les deux jours en retirant les feuilles immergées, et ajoute une pincée de sucre ou quelques gouttes de vinaigre blanc pour nourrir et assainir l’ensemble. Enfin, installe ton bouquet à l’abri du soleil direct et des sources de chaleur : tes fleurs resteront magnifiques bien plus longtemps. ».

Mais moi j'étais son p'tit gars et bien évidemment je n'écoutais rien de tout ça, bien plus intéressé que j'étais par le prochain épisode de Goldorak à la télé.

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Un instant en ce bas monde

Photo de Christopher Welsch Leveroni - Pexels

Je le sens approcher, discrètement mais inévitablement. Surtout ne pas croiser son regard, rester concentré, ignorer cet appel silencieux. La tâche relève presque de l’exploit : il est redoutable, l’animal, et cela fait des années qu’il perfectionne sa technique.

Je résiste, autant que possible. Mais je n’ai pas sa patience. Il perçoit la moindre faille, le plus infime moment d’hésitation, dès que mon regard dévie vers lui. Alors, implacable, il pose sa truffe humide sur mon genou, sans jamais me quitter des yeux.

La lutte pourrait durer, mais elle est perdue d’avance. Il le sait. Je le sais.

Je cède finalement — après tout, ce ne sont que quelques morceaux de fromage. Je les lui tends. Il feint presque la surprise, comme si cette scène ne se rejouait pas chaque jour à l’identique. Puis, avec une précision admirable, il s’en empare : rapide, sûr, sans jamais effleurer mes doigts pourtant sans défense.

Mission accomplie.

Il se retire, pleinement satisfait, laissant derrière lui l’unique trace de son passage : une tache de bave sur mon pantalon propre du jour.

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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