Bonne fête aux Hugues
Sommaire
Aujourd’hui à la une
Les évènements notables
2017 — Bob Dylan reçoit son prix Nobel de littérature
Le 1er avril 2017, Bob Dylan reçoit enfin son prix Nobel de littérature à Stockholm, dans une cérémonie privée. Distingué en octobre 2016, il avait longtemps tardé à répondre à l’Académie suédoise, suscitant une vive polémique. C’est la première fois qu’un auteur-compositeur-interprète obtient cette récompense.
2009 — Blague du 1er avril avec l’Hotelicopter
Le 1er avril 2009, une vidéo présentant l’« Hotelicopter » fait le tour du web : un hélicoptère géant transformé en hôtel volant de luxe, capable de transporter 18 passagers à 250 km/h. Le canular, très réaliste, est largement relayé avant d’être démasqué comme un poisson d’avril viral particulièrement réussi.
1977 — Première émission des « Grosses Têtes »
Le 1er avril 1977, Philippe Bouvard lance sur RTL la première émission des « Grosses Têtes ». Cette émission de jeux et d’humour, réunissant des personnalités du spectacle et des médias, deviendra l’une des plus longues et des plus populaires de la radio française, toujours diffusée plusieurs décennies plus tard.
1921 — Adrienne Bolland traverse la Cordillère des Andes en avion
Le 1er avril 1921, l’aviatrice française Adrienne Bolland réussit la première traversée aérienne de la Cordillère des Andes, à bord d’un fragile Caudron G3. Reliant Mendoza (Argentine) à Santiago (Chili), elle franchit des sommets à plus de 4 000 mètres, malgré le froid et des conditions extrêmes, sans oxygène ni instruments modernes.
1873 — Naufrage de l’Atlantic, plus de 500 morts
Le 1er avril 1873, le paquebot britannique Atlantic de la White Star Line s’échoue sur des récifs près de Halifax, en Nouvelle-Écosse. Le navire, manquant de charbon, tentait de rejoindre le port en urgence. Plus de 500 personnes périssent dans la catastrophe, qui compte parmi les naufrages les plus meurtriers du XIXe siècle.
1572 — Les Gueux de la mer prennent La Brielle
Le 1er avril 1572, les Gueux de la mer, corsaires au service de Guillaume d’Orange, s’emparent de la ville de La Brielle (Pays-Bas espagnols). Cette prise constitue la première victoire territoriale des insurgés protestants contre l’autorité espagnole, marquant un tournant décisif dans la guerre d’indépendance des Provinces-Unies.
Les naissances et décès notables
1975 – Naissance de Cécile Duflot, femme politique française
1927 – Naissance de Jacques Mayol, apnéiste français
2025 – Décès de Val Kilmer, acteur américain
2021 – Décès de Patrick Juvet, mannequin puis chanteur et compositeur suisse francophone
1994 – Décès de Robert Doisneau, photographe français
1984 – Décès de Marvin Gaye, chanteur de soul américain
1947 – Décès de Georges II, roi des Hellènes de 1922 à 1923 puis de 1935 à 1941/1944 et de 1946 à 1947
1204 – Décès de Aliénor d’Aquitaine, duchesse d’Aquitaine, reine des Francs puis d’Angleterre
Un instant en ce bas monde

Un chat roux, posé avec une grâce toute féline sur une rambarde tiédie par le jour, observe le monde. Sous ses pattes s’étend un paysage sans fin d’abris humains, empilés, juxtaposés, comme une ruche infinie. Il les regarde avec une perplexité silencieuse.
Les humains aiment se rassembler, semble-t-il. Ils s’agglutinent, bâtissent les uns contre les autres, et pourtant, chacun protège farouchement son fragment d’espace. Ils passent, se croisent, s’évitent parfois, s’ignorent souvent, obéissant à des règles que le chat ne cherche même plus à comprendre.
Ils dévorent toutes sortes d’animaux - sans parler de cette curieuse fantaisie de les accompagner de diverses plantes -, mais aiment à caresser ses semblables et, encore plus incompréhensible, montrent la même affection pour les chiens. Ils détruisent ce qu’ils ont construit, puis recommencent, inlassablement. Ils peuplent le monde avec une ardeur étrange, comme s’ils craignaient le vide.
Le chat roux cligne lentement des yeux. Tout cela lui paraît à la fois agité et lointain, dense et sans importance.
Alors, avec l’élégance simple de ceux qui n’ont rien à prouver, il se lève, s'étire longuement, et s’en va, retournant à ses affaires de chat.
Un peu de bonne humeur
Marcel et le pantalon à la maison
Marcel, en a assez d’être la risée de ses copains de bistrot car (lui disent-ils) c’est sa femme qui porte le pantalon chez lui. Ce soir il est bien décidé à leur prouver le contraire, et la tête pleine des bons conseils de son meilleur pote, il rentre chez lui.
Il se dirige en toute hâte vers la cuisine, bombe le torse, marche vers sa femme et, tout en lui pointant le doigt sur le visage il lui dit :
« À partir de maintenant, je veux que tu saches que « JE » suis le maître de la maison et ma parole sera la loi !
Je veux que tu me prépares un repas spécial et quand j’aurai terminé de manger mon repas, je m’attends à un somptueux dessert.
Ensuite, après le souper, tu vas me faire couler un bon bain afin que je puisse me relaxer, et quand j’en aurai terminé avec mon bain, devine un peu qui va me peigner et m’habiller ? »
Sa femme lui répond : « Les pompes funèbres ! »
Centre du monde – Anonyme
Je ne dis pas que je suis le centre du monde, mais à chaque fois que je lance Google Maps, je me retrouve en plein milieu.
La mode des robes papier
La mode des vêtements en papier des années 1960 était une tendance éphémère et jetable, lancée comme opération publicitaire par des entreprises américaines de papier. Elle symbolisait l'esprit pop, expérimental et consumériste de l'époque, avec des pièces bon marché et souvent à usage unique.
En 1966, la Scott Paper Company, spécialiste du papier hygiénique et essuie-tout, distribue des robes en matériau non tissé imprimé de motifs psychédéliques ou bandanas, appelées "Paper Caper". Ce coup marketing initial remporte un succès viral, avec des centaines de milliers d'unités vendues à 1,5 dollar pièce, suivi par des producteurs comme Mars of Asheville qui en fabriquent jusqu'à 80 000 par semaine.
Ces vêtements, souvent des robes trapèze courtes aux couleurs vives et motifs graphiques, étaient faits de cellulose renforcée de fibres synthétiques comme la rayonne ou le polyester pour plus de solidité. Jetables et personnalisables (parfois avec peintures à l'eau), ils incarnaient la mode pop et unisexe, portée par des stars comme Nico avec des designs d'Andy Warhol.
La fièvre dure de 1966 à 1968, boostée par des collaborations avec Oscar de la Renta ou Butterfinger pour des tenues publicitaires, avant de s'essouffler face aux problèmes d'inflammabilité et de durabilité. Elle préfigure la fast fashion et influence des expositions comme "Generation Paper" au MAD de New York.
Un peu de français
« Coller aux basques » ?
Cette expression signifie qu'une personne suit quelqu'un d'autre de très près, souvent de manière insistante ou importune. Elle évoque une proximité excessive, comme si on s'accrochait physiquement à l'autre. Aujourd'hui, l'expression perdure pour décrire toute forme de suivi tenace, sans lien avec le Pays basque ou les baskets modernes. Des variantes comme « être pendu aux basques » illustrent la même idée de dépendance ou d'insistance.
Au XVIIIème siècle, les « basques » désignent les pans d'étoffe qui descendent sous la taille du pourpoint, une veste portée par les hommes aisés d'alors. Ces basques, souvent longues et flottantes, servaient de point d'accroche idéal pour les mendiants, solliciteurs ou quémandeurs qui s'y agrippaient littéralement afin d'implorer aide financière, faveurs ou charité auprès des passants fortunés. Cette pratique, observée dans les rues des villes européennes, a donné naissance à l'image persistante de l'attachement physique et moral, immortalisée dans la langue française dès cette époque.
« Taudis » ?
Le mot taudis tire son origine d’un ancien verbe « se tauder », qui signifie s’abriter sous une tente ou un abri de fortune. Il vient de l’ancien normand « tjald » ou de l’ancien scandinave « tialld », tous deux désignant une tente militaire. Au XIVe siècle, on l’emploie déjà pour parler d’un retranchement ou d’une hutte précaire lors des sièges, comme ces abris en bois que dressent les soldats pour camper.
Le sens évolue vite : au XVe siècle, taudis qualifie ces cahutes de pierre ou de bois pour les assaillants, puis vers 1545, ça devient un bouge sordide. Au XVIIe siècle, on l’utilise pour un petit logement malpropre et en ruine, une « maisonnette en meschant estat » comme le dit l’Académie française. Aujourd’hui, taudis évoque encore ces taudis urbains misérables du XIXe siècle, pleins de misère et d’insalubrité, à l’image des descriptions hugoliennes.
Savais-tu que...
Un Schmiss pour un bon mariage
Un Schmiss est une cicatrice faciale distinctive que portent les étudiants allemands et autrichiens lors des duels traditionnels appelés Mensur, organisés au sein des corporations étudiantes. Ces affrontements à l’épée, où les participants restent immobiles face à la lame adverse, visent délibérément le visage pour marquer la peau d’une balafre visible, suturée sans anesthésie afin qu’elle reste saillante. Symbole de bravoure et de maîtrise de soi, le Schmiss témoigne du courage face à la douleur et de l’appartenance à une élite universitaire et sociale.
Les hommes arborant un Schmiss jouissent d’un prestige matrimonial élevé dans la société germanique des XIX-XXème siècles, car cette marque prouve leur sang-froid, leur intrépidité et leur réseau influent au sein des fraternités. Considérés comme des partis idéaux, ils attirent les familles en quête d’un gendre énergique, promis à une carrière militaire ou industrielle brillante. Bien que la pratique décline après 1930, le Schmiss conserve une aura de virilité et de statut social supérieur.
