Bonne fête aux Nina
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
1950 – 1er vol du Mikoyan-Gourevitch MiG-17
Le 14 janvier 1950, le chasseur soviétique Mikoyan-Gourevitch MiG-17 effectue son premier vol. Évolution du MiG-15, il se distingue par de meilleures performances à grande vitesse et une meilleure stabilité. Utilisé massivement durant la guerre froide, notamment pendant la guerre du Viêt Nam, le MiG-17 devient l’un des avions de chasse emblématiques de l’aviation militaire soviétique.
1942 – Déclenchement de l’opération Postmaster
Le 14 janvier 1942 débute l’opération Postmaster, une action audacieuse des forces britanniques durant la Seconde Guerre mondiale. Menée dans le port espagnol neutre de Santa Isabel, elle vise la capture de navires de l’Axe. L’opération, réussie sans pertes, démontre l’efficacité des opérations spéciales et l’ingéniosité stratégique britannique en territoire sensible.
1836 – Engagement de Davy Crockett pour le Texas
Le 14 janvier 1836, Davy Crockett prête serment avec 65 hommes pour soutenir le gouvernement provisoire du Texas face au Mexique. Ancien député américain et figure populaire, Crockett rejoint la lutte indépendantiste texane. Cet engagement précède sa participation à la bataille de Fort Alamo, où il trouvera la mort, devenant un symbole de la conquête de l’Ouest.
1797 – Début de la bataille de Rivoli
Le 14 janvier 1797 commence la bataille de Rivoli, dans le nord de l’Italie, opposant l’armée française commandée par Napoléon Bonaparte aux troupes autrichiennes. Cette victoire décisive permet à Bonaparte de consolider sa domination en Italie et mène rapidement à la capitulation autrichienne à Mantoue, renforçant la réputation militaire du futur empereur.
1526 – Signature du traité de Madrid par François Ier
Le 14 janvier 1526, François Ier, fait prisonnier après la défaite de Pavie, signe le traité de Madrid avec Charles Quint. Ce traité impose de lourdes concessions territoriales à la France en échange de la libération du roi. Une fois libre, François Ier reniera cet accord, relançant les guerres d’Italie et prolongeant la rivalité entre les deux souverains.
1506 – Découverte du groupe du Laocoon à Rome
Le 14 janvier 1506, à Rome, est découvert le célèbre groupe sculpté du Laocoon, chef-d’œuvre de l’art antique hellénistique. Représentant le prêtre troyen Laocoon et ses fils attaqués par des serpents, l’œuvre impressionne immédiatement les artistes de la Renaissance, dont Michel-Ange, et exerce une influence majeure sur l’art occidental.
Les naissances et décès notables
1990 – Naissance de Jul (Julien Mari), chanteur français
1988 – Naissance de Jordy (Jordy Lemoine), enfant chanteur français
1979 – Naissance de Soprano (Saïd M’Roumbaba), rappeur français
1963 – Naissance de Steven Soderbergh, réalisateur américain
1956 – Naissance de Étienne Daho, chanteur français, auteur, compositeur, interprète
1955 – Naissance de Dominique Rocheteau (l’ange vert), footballeur international français
1941 – Naissance de Faye Dunaway, actrice américaine
1875 – Naissance de Albert Schweitzer, médecin français et alsacien en Afrique, prix Nobel de la paix en 1952
1841 – Naissance de Berthe Morisot, peintre française
2016 – Décès de René Angélil, agent artistique canadien et mari de Céline Dion
2000 – Décès de Alphonse Boudard, écrivain français
2000 – Décès de Alain Poiré, producteur français de cinéma
1986 – Décès de Daniel Balavoine, chanteur français, trouve la mort dans un accident d’hélicoptère pendant le Paris-Dakar
1957 – Décès de Humphrey Bogart, acteur américain
1898 – Décès de Lewis Carroll, mathématicien, logicien et écrivain britannique
1867 – Décès de Jean-Auguste-Dominique Ingres, peintre français
Le site du jour
Un peu de bonne humeur
Lavage voiture – Merci ChatGPT
Question posée à ChatGPT
Je dois aller à la station de lavage pour laver ma voiture. La station est à 100 mètres de chez moi. Il serait peut-être préférable que j'y aille à pied. Qu'en penses-tu ?
Réponse de ChatGPT
Franchement ? Oui 😄
À 100 mètres, c’est littéralement l’équivalent d’un mini-tour du pâté de maisons. Tu mettras à peine 1 à 2 minutes à pied.
Aller à pied, ça a plusieurs avantages :
- 🚶♂️ Pas besoin de démarrer la voiture à froid juste pour 100 m (c’est mauvais pour le moteur).
- 💶 Tu économises un tout petit peu de carburant.
- 🌱 C’est plus logique écologiquement.
- 🧠 Et ça te met déjà dans l’idée “je prends soin de ma voiture” plutôt que “je la redémarre pour 30 secondes”.
Sauf cas particulier (météo catastrophique, souci de mobilité, besoin d’amener du matériel lourd), marcher semble le choix le plus simple et le plus rationnel.
Et puis, avoue… 100 mètres en voiture, ça ferait un peu flemmard quand même 😏
Origine de la stupidité
🤔 Vous vous souvenez de cette époque, avant Internet, où on pensait que la stupidité à l'échelle du monde était due à un manque d'accès à l'information ?
😏 Bon ben, c'était pas ça…
La catastrophe d’Erfurt
Nous sommes en 1184, à Erfurt, en Allemagne. L’ambiance est tendue, les costumes sont somptueux, et la réunion est ultra importante : le roi Henri VI convie toute l’élite du Saint-Empire pour régler un conflit politique majeur. Pas de champ de bataille, pas d’épée, pas de drame chevaleresque… juste une salle de réunion avec, malheureusement, un plancher en bois plus que fatigué.
Comme on peut s'en douter, le plancher cède. D’un seul coup. nobles, évêques, comtes et autres grands noms de l’époque dégringolent au rez-de-chaussée… puis encore un peu plus bas, dans la fosse des latrines. Certains meurent sur le coup, d’autres se noient dans les excréments ou suffoquent sous les émanations. Un vrai scénario catastrophe comptant tout de même une soixantaine de mort parmi l'élite politique de l'époque.
Les principaux protagonistes de la réunion, dont le roi Henri VI et l’archevêque Conrad, survivent en s’accrochant tant bien que mal à des barreaux de fenêtre. Les victimes varient selon les chroniques mais jamais on ne parle des secours qui doivent intervenir dans des conditions disons... irrespirables.
Résultat : la dispute politique reste non résolue, personne n'est accusé d'un attentat putride mais voilà tout de même une affaire plus que nauséabonde. En tout cas, on peut dire que la noblesse n’a jamais été aussi proche du peuple… ni aussi proche du fond.
Savais-tu ?
Le paradoxe du chat de Schrödinger
Ce paradoxe, imaginé en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger, illustre les bizarreries de la mécanique quantique appliquée au monde macroscopique. Un chat est enfermé dans une boîte avec un atome radioactif qui a 50% de chances de se désintégrer en une heure, déclenchant un mécanisme mortel via un compteur Geiger et une fiole de poison. Selon la superposition quantique, tant que la boîte reste fermée et non observée, l'atome existe à la fois désintégré et non désintégré, rendant le chat simultanément vivant et mort – un état absurde qui critique l'interprétation de Copenhague.
Dans l’interprétation de Copenhague, la superposition quantique ne décrit pas une réalité physique "réelle" du chat, mais un état de connaissance probabiliste avant la mesure. L’ouverture de la boîte joue le rôle d’acte de mesure : la fonction d’onde "s’effondre" alors en un seul résultat, le chat se trouvant définitivement soit vivant, soit mort, avec les probabilités prévues, et la superposition n’a plus cours après l’observation.
Dans la théorie des mondes multiples (Everett), le paradoxe se résout en postulant que tous les résultats possibles d’un événement quantique se réalisent, chacun dans une branche différente de l’univers. Lorsqu’on ouvre la boîte, l’univers se "scinde" en deux versions : dans l’une, l’observateur trouve le chat vivant, dans l’autre, il le trouve mort, sans qu’il y ait de véritable effondrement de la fonction d’onde. La superposition n’est donc pas supprimée, elle se traduit par une multiplicité de mondes cohérents où chaque issue est réelle dans sa propre branche.
Astuce
Se gratter quand ça chatouille
Selon l’ORL Scott Schaffer, se gratter l’oreille quand la gorge chatouille stimulerait des nerfs de l’oreille qui déclencherait un réflexe aidant à calmer le spasme responsable de cette sensation désagréable. C’est une petite manœuvre simple, rapide et assez maligne, à tester avec douceur pour apaiser la gêne sans s’acharner à tousser... après, il est capital de bien analyser si la gorge chatouille ou si elle gratouille.
Un instant en ce bas monde
De : ACCDH - Direction Confidentialité et Réputation
À : Tout le monde
Objet : Augmentation des fuites
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La Direction de la Confidentialité et de la Réputation - ACCDH
« Parce qu’un plan mondial mérite une gouvernance solide. »
Communiqué officiel de l'ACCDH
Espace lecture
La Barbe bleue – Charles Perrault
Barbe-Bleue et Gilles de Rais forment l’un des rapprochements les plus tenaces entre un conte et l’histoire. Les deux se rencontrent d’abord dans l’imaginaire. Le seigneur de Perrault, qui assassine ses épouses et cache leurs corps dans une chambre interdite, devient au fil des siècles le double légendaire de Gilles de Rais, riche baron breton et compagnon de Jeanne d’Arc, jugé pour des meurtres d'enfants et exécuté en 1440 pour ses crimes atroces.
Le lien entre les deux figures tient moins à une filiation littéraire démontrée qu’à une longue confusion populaire. Dans l’Ouest de la France, la mémoire des crimes de Gilles de Rais se mêle aux récits de maris meurtriers et aux légendes locales ; certains châteaux finissent même par porter le nom de « château de Barbe-Bleue ». Ainsi, Gilles de Rais n’est pas la source certaine du conte - rien ne prouve même que Charles Perrault s’en inspire de près ou de loin -, mais il en devient son visage historique le plus célèbre.

Il était une fois un homme qui avait de belles maisons à la ville et à la campagne, de la vaisselle d’or et d’argent, des meubles en broderies, et des carrosses tout dorés. Mais, par malheur, cet homme avait la barbe bleue : cela le rendait si laid et si terrible, qu’il n’était personne qui ne s’enfuît de devant lui.
Une de ses voisines, dame de qualité, avait deux filles. Il lui en demanda une en mariage. Elles n’en voulaient point toutes deux, ne pouvant se résoudre à prendre un homme qui eût la barbe bleue. Ce qui les dégoûtait encore, c’est qu’il avait déjà épousé plusieurs femmes, et qu’on ne savait ce que ces femmes étaient devenues.
La Barbe-Bleue, pour faire connaissance, les mena, avec leur mère et trois ou quatre de leurs meilleures amies à une de ses maisons de campagne, où on demeura huit jours entiers. Ce n’étaient que promenades, que parties de chasse et de pêche, que danses et festins, que collations : enfin tout alla si bien que la cadette commença à trouver que le maître du logis était un fort honnête homme. Dès qu’on fut de retour à la ville, le mariage se conclut.
Au bout d’un mois, la Barbe-Bleue dit à sa femme qu’il était obligé de faire un voyage en province, de six semaines au moins, pour une affaire de conséquence ; qu’il la priait de se bien divertir pendant son absence ; qu’elle fît venir ses bonnes amies ; qu’elle les menât à la campagne, si elle voulait ; que partout elle fît bonne chère. « Voilà, lui dit-il, les clefs des deux grands garde-meubles ; voilà celles de la vaisselle d’or et d’argent, qui ne sert pas tous les jours ; voilà celles de mes coffres-forts où est mon or et mon argent ; celles des cassettes où sont mes pierreries, et voilà le passe-partout de tous les appartements. Pour cette petite clef-ci, c’est la clef du cabinet au bout de la grande galerie de l’appartement bas : ouvrez tout, allez partout ; mais, pour ce petit cabinet, je vous défends d’y entrer, et je vous le défends de telle sorte que, s’il vous arrive de l’ouvrir, il n’y a rien que vous ne deviez attendre de ma colère. »
Elle promit d’observer exactement tout ce qui lui venait d’être ordonné, et lui monte dans son carrosse, et part pour son voyage.
Les voisines et les bonnes amies n’attendirent pas qu’on les envoyât quérir pour aller chez la jeune mariée, tant elles avaient d’impatience de voir toutes les richesses de sa maison, n’ayant osé y venir pendant que le mari y était, à cause de sa barbe bleue, qui leur faisait peur. Les voilà aussitôt à parcourir les chambres, les cabinets, les garde-robes, toutes plus belles et plus riches les unes que les autres. Elles montèrent ensuite aux garde-meubles, où elles ne pouvaient assez admirer le nombre et la beauté des tapisseries, des lits, des sophas des cabinets, des guéridons, des tables et des miroirs où l’on se voyait depuis les pieds jusqu’à la tête, et dont les bordures, les unes de glace, les autres d’argent et de vermeil doré, étaient les plus belles et les plus magnifiques qu’on eût jamais vues. Elles ne cessaient d’exagérer et d’envier le bonheur de leur amie, qui, cependant, ne se divertissait point à voir toutes ces richesses, à cause de l’impatience qu’elle avait d’aller ouvrir le cabinet de l’appartement bas.
Elle fut si pressée de sa curiosité, que, sans considérer qu’il était malhonnête de quitter sa compagnie, elle y descendit par un petit escalier dérobé, et avec tant de précipitation qu’elle pensa se rompre le cou deux ou trois fois. Étant arrivée à la porte du cabinet, elle s’y arrêta quelque temps, songeant à la défense que son mari lui avait faite, et considérant qu’il pourrait lui arriver malheur d’avoir été désobéissante ; mais la tentation était si forte, qu’elle ne put la surmonter : elle prit donc la petite clef, et ouvrit en tremblant la porte du cabinet.
D’abord elle ne vit rien, parce que les fenêtres étaient fermées. Après quelques moments, elle commença à voir que le plancher était tout couvert de sang caillé, et que, dans ce sang, se miraient les corps de plusieurs femmes mortes et attachées le long des murs : c’était toutes les femmes que la Barbe-Bleue avait épousées, et qu’il avait égorgées l’une après l’autre. Elle pensa mourir de peur, et la clef du cabinet qu’elle venait de retirer de la serrure, lui tomba de la main.
Après avoir un peu repris ses sens, elle ramassa la clef, referma la porte, et monta à sa chambre pour se remettre un peu ; mais elle n’en pouvait venir à bout, tant elle était émue.
Ayant remarqué que la clef du cabinet était tachée de sang, elle l’essuya deux ou trois fois ; mais le sang ne s’en allait point : elle eut beau la laver, et même la frotter avec du sablon et avec du grès, il demeura toujours du sang, car la clef était fée, et il n’y avait pas moyen de la nettoyer tout à fait : quand on ôtait le sang d’un côté, il revenait de l’autre.
La Barbe-Bleue revint de son voyage dès le soir même, et dit qu’il avait reçu des lettres, dans le chemin, qui lui avaient appris que l’affaire pour laquelle il était parti venait d’être terminée à son avantage. Sa femme fit tout ce qu’elle put pour lui témoigner qu’elle était ravie de son prompt retour.
Le lendemain, il lui demanda les clefs ; et elle les lui donna, mais d’une main si tremblante, qu’il devina sans peine tout ce qui s’était passé. « D’où vient, lui dit-il, que la clef du cabinet n’est point avec les autres ? — Il faut, dit-elle, que je l’aie laissée là-haut sur ma table. — Ne manquez pas, dit la Barbe-Bleue, de me la donner tantôt. »
Après plusieurs remises, il fallut apporter la clef. La Barbe-Bleue, l’ayant considérée, dit à sa femme : Pourquoi y a-t-il du sang sur cette clef ? — Je n’en sais rien, répondit la pauvre femme, plus pâle que la mort. — Vous n’en savez rien ! reprit la Barbe-Bleue ; je le sais bien, moi. Vous avez voulu entrer dans le cabinet ! Eh bien, madame, vous y entrerez et irez prendre votre place auprès des dames que vous y avez vues.
Elle se jeta aux pieds de son mari en pleurant, et en lui demandant pardon, avec toutes les marques d’un vrai repentir, de n’avoir pas été obéissante. Elle aurait attendri un rocher, affligée comme elle était ; mais la Barbe-Bleue avait le cœur plus dur qu’un rocher. « Il faut mourir, madame, lui dit-il, et tout à l’heure. — Puisqu’il faut mourir, répondit-elle, en le regardant les yeux baignés de larmes, donnez-moi un peu de temps pour prier Dieu. — Je vous donne un demi-quart d’heure, reprit la Barbe-Bleue ; mais pas un moment davantage. »
Lorsqu’elle fut seule, elle appela sa sœur, et lui dit : Ma sœur Anne, car elle s’appelait ainsi, monte, je te prie, sur le haut de la tour pour voir si mes frères ne viennent point ; ils m’ont promis qu’ils me viendraient voir aujourd’hui ; et, si tu les vois, fais-leur signe de se hâter. — La sœur Anne monta sur le haut de la tour ; et la pauvre affligée lui criait de temps en temps : Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? — Et la sœur Anne lui répondait : Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie.
Cependant la Barbe Bleue, tenant un grand coutelas à sa main, criait de toute sa force à sa femme : Descends vite, ou je monterai là-haut. — Encore un moment, s’il vous plaît, lui répondait sa femme ; et aussitôt elle criait tout bas : Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? — Et la sœur Anne répondait : Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie.
Descends donc vite, criait la Barbe-Bleue, ou je monterai là-haut. — Je m’en vais, répondait la femme ; et puis elle criait : Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir ? — Je vois, répondit la sœur Anne, une grosse poussière qui vient de ce côté-ci… — Sont-ce mes frères ? — Hélas ! non, ma sœur : c’est un troupeau de moutons…
Ne veux tu pas descendre ? criait la Barbe-Bleue — Encore un moment, répondait sa femme ; et puis elle criait : Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? — Je vois, répondit-elle, deux cavaliers qui viennent de ce côté-ci, mais ils sont bien loin encore… Dieu soit loué ! s’écria-t-elle un moment après ; ce sont mes frères. Je leur fais signe tant que je puis de se hâter.
La Barbe-Bleue se mit à crier si fort que toute la maison en trembla. La pauvre femme descendit, et alla se jeter à ses pieds tout épleurée et tout échevelée. « Cela ne sert de rien, dit la Barbe-Bleue ; il faut mourir. » Puis, la prenant d’une main par les cheveux, et de l’autre levant le coutelas en l’air, il allait lui abattre la tête. La pauvre femme, se tournant vers lui, et le regardant avec des yeux mourants, le pria de lui donner un petit moment pour se recueillir. « Non, non, dit-il, recommande-toi bien à Dieu ; » et, levant son bras…
Dans ce moment, on heurta si fort à la porte que la Barbe-Bleue s’arrêta tout court. On ouvrit, et aussitôt on vit entrer deux cavaliers, qui mettant l’épée à la main, coururent droit à la Barbe-Bleue. Il reconnut que c’était les frères de sa femme, l’un dragon et l’autre mousquetaire, de sorte qu’il s’enfuit aussitôt pour se sauver ; mais les deux frères le poursuivirent de si près qu’ils l’attrapèrent avant qu’il pût gagner le perron. Ils lui passèrent leur épée au travers du corps, et le laissèrent mort.
La pauvre femme était presque aussi morte que son mari, et n’avait pas la force de se lever pour embrasser ses frères.
Il se trouva que la Barbe-Bleue n’avait point d’héritiers et qu’ainsi sa femme demeura maîtresse de tous ses biens. Elle en employa une partie à marier sa sœur avec un gentilhomme, une autre partie à acheter des charges de capitaines à ses deux frères, et le reste à se marier elle-même à un fort honnête homme, qui lui fit oublier le mauvais temps qu’elle avait passé avec la Barbe-Bleue.


