Bonne fête aux Marcellin
Sommaire
Aujourd’hui à la une
Les évènements notables
1986 – 1ère diffusion en France de la série Les deux font la paire
Le 6 avril 1986, la série télévisée Les deux font la paire, adaptée de la série américaine Scarecrow and Mrs. King, est diffusée pour la première fois en France sur Antenne 2. Cette série policière met en scène une mère célibataire, Amanda King (interprétée par Kate Jackson), qui devient agent secret à ses heures en collaboration avec un espion professionnel, Lee Stetson (Bruce Boxleitner). Le mélange d’aventure, d’humour et de romance séduit le public français.
1979 – 1ère diffusion de Temps X
Le 6 avril 1979, l’émission Temps X, créée par Igor et Grichka Bogdanov, est diffusée pour la première fois sur TF1. Ce magazine scientifique, axé sur les mystères de l’univers, les phénomènes inexpliqués et les avancées technologiques, devient rapidement culte. Les jumeaux Bogdanov, avec leur style unique et leurs sujets audacieux, marquent durablement la télévision française et popularisent la vulgarisation scientifique.
1943 – Sortie du livre Le Petit Prince aux États-Unis
Le 6 avril 1943, Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est publié pour la première fois aux États-Unis, en version bilingue français-anglais. Écrit et illustré par l’auteur pendant son exil à New York, ce conte poétique et philosophique raconte l’histoire d’un petit garçon venu d’une autre planète. Bien que passé inaperçu à sa sortie, il devient l’un des livres les plus traduits et vendus au monde, symbole d’humanité et de rêve.
1917 – Entrée en guerre des États-Unis (Première Guerre mondiale)
Le 6 avril 1917, les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne, marquant leur entrée officielle dans la Première Guerre mondiale. Cette décision, prise par le président Woodrow Wilson, fait suite au torpillage de navires américains par des sous-marins allemands et à la révélation du télégramme Zimmermann. L’intervention américaine, bien que tardive, joue un rôle décisif dans la victoire des Alliés en 1918 et redessine l’équilibre géopolitique mondial.
1903 – Pogroms de Kichinev
Les 6 et 7 avril 1903, un violent pogrom éclate à Kichinev, en Bessarabie (actuelle Moldavie), alors sous domination russe. Des émeutiers attaquent la communauté juive, faisant 49 morts, des centaines de blessés et détruisant des milliers de maisons et de commerces. Cet événement, l’un des pogroms les plus meurtriers du début du XXe siècle, choque l’opinion internationale et renforce les mouvements sionistes, poussant de nombreux Juifs à émigrer.
1896 – Début des Jeux de la 1ère Olympiade d’été à Athènes
Le 6 avril 1896, les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne s’ouvrent à Athènes, en Grèce, sous l’impulsion du baron Pierre de Coubertin. Ces Jeux, qui se déroulent jusqu’au 15 avril, réunissent 241 athlètes de 14 pays pour des épreuves d’athlétisme, de gymnastique, de cyclisme et d’autres sports. Ils marquent la renaissance des Jeux antiques et posent les bases des Olympiades modernes, devenues un événement planétaire.
1580 – Séisme de 1580 dans le pas de Calais
Le 6 avril 1580, un séisme d’une magnitude estimée à 5,8 frappe la région du pas de Calais, dans le nord de la France. Ce tremblement de terre, l’un des plus puissants enregistrés en France métropolitaine, cause d’importants dégâts matériels, notamment à Calais et Boulogne-sur-Mer, et provoque des glissements de terrain. Bien que les archives de l’époque soient limitées, cet événement reste un témoignage des risques sismiques dans une zone réputée peu active.
Les naissances et décès notables
1985 – Naissance de Jérémy Ferrari, humoriste français
2024 – Décès de Alexis Grüss, artiste et directeur de cirque français
2018 – Décès de Jacques Higelin, chanteur et musicien français
1992 – Décès de Isaac Asimov, écrivain américain
1983 – Décès de Fernand Legros, marchand d’art américain
1933 – Décès de Amélie Élie, célèbre prostituée française
1199 – Décès de Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, tué lors du siège du château de Châlus-Chabrol, en Limousin
Un instant en ce bas monde

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.
Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.
Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.
Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.
De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.
Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.
Aigu. Puissant. Inhumain.
Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.
Ensuite, plus rien.
S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.
Whitechapel retient son souffle.
Dans l’obscurité, quelque chose rôde.
Un peu de bonne humeur
Maman fait le tapin
DING ! DONG !… La petite Julie, 8 ans, ouvre la porte.
– Bonjour Mademoiselle, je suis représentant, je pourrais voir ta maman ?
– Non, maman fait le tapin en ce moment.
– Euh ?! … Et par hasard peut-être ta grand-mère habite ici et je pourrais la voir ?
– Ben non, elle fait le tapin aussi.
– Euh ?! … Est-ce que tu as une grande sœur que je pourrais voir ?
– Oui, Ingrid , elle a 12 ans. Mais elle fait le tapin avec maman et mamie.
– Euh ?! … Bon, et ton papa, je peux le voir ?
– Mais non, il est avec maman, mamie et Ingrid. Il fait le tapin avec elles.
– Euh ?! … Hé bien çà alors, j’ai jamais vu ça. Drôle de famille… Et où ils font le tapin ?
– Ben dans le talon ?… C’est dans le talon qu’on fait le tapin de Noël !!
Le travail, une maladie ? – Pierre Desproges
La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie ! »
Une claudication à la mode
A la fin du XIXème siècle au Royaume-Uni, la mode dans la haute société est à la claudication, quitte à retirer un talon.
La claudication d'Alexandra désigne la démarche boiteuse adoptée par les dames de la haute société victorienne, en imitation de celle de la princesse Alexandra de Danemark. Originaire du Danemark, elle épouse en 1863 le prince de Galles, futur Édouard VII, devenant une icône de mode par son élégance malgré une infirmité à la jambe droite causée par une grave maladie en 1867 qui la raidit. Son allure gracieuse transforme ce handicap en signe de distinction sociale.
Les femmes de l'époque victorienne copient consciemment cette boiterie en accentuant leur démarche, en s'appuyant sur une canne et en modifiant leurs chaussures pour créer un déséquilibre. Elles retirent le talon d'une chaussure ou portent des talons de hauteurs inégales afin d'imposer un boitement permanent et gracieux.
Les cordonniers londoniens commercialisent alors des souliers asymétriques sur mesure, avec des talons délibérément inégaux, répondant à la demande des fashionistas. Ce phénomène de mode devient une industrie lucrative sur Bond Street et Mayfair, où ces chaussures "à la princesse" mêlent sophistication et handicap simulé.
Un peu de français
« Crétin des Alpes ! » ?
L'expression désigne une personne obtuse, liée au crétinisme, une maladie endémique dans les Alpes causée par une carence en iode qui provoque goitres et retards mentaux chez les habitants des vallées isolées. Aujourd'hui encore, cette expression moque les supposés idiots des montagnes, même si la maladie disparaît grâce au sel iodé depuis un siècle.
Le mot « crétin » dérive de « chrétien », un euphémisme médiéval pour qualifier ces innocents recueillis par les monastères, ou parfois du latin creta évoquant leur peau crayeuse. Au XIXème siècle, on recense 20 000 cas en France, et l'insulte se popularise via Hergé avec le capitaine Haddock qui l'emploie dans Tintin. Cette évolution transforme un terme médical en pique contre la supposée bêtise montagnarde.
« Bistrot » ?
Le mot bistrot intrigue par son origine modeste et profondément populaire, bien ancrée dans le terroir français où les mots naissent au coin du feu ou du comptoir. Les linguistes le rattachent aujourd’hui au poitevin « bistraud », ce petit serviteur zélé des marchands de vin qui trime dans l’ombre des tonneaux, sert les verres et finit par donner son nom au cabaret lui-même – un lieu convivial où l’on trinque sans chichis, entre amis d’enfance ou inconnus du quartier. À côté, « bistouille » ou « bistrouille » évoque ce mélange rustique et corsé d’alcool frelaté et de café brûlant, typique des débits de boisson du peuple où l’on noie les soucis dans une gorgée âpre ; ces termes familiers colorent le mot d’une saveur authentique, presque odorante de zinc tiède, de tabac froid et de camaraderie oubliée.
La légende russe, si romantique et pleine de panache, fait sourire les savants qui la dissèquent : imaginez des cosaques hirsutes, débarqués à Paris en 1814 après la débâcle napoléonienne, criant « bystro ! » - « vite ! » - aux tenanciers dépassés pour hâter le service d’un verre ou d’une soupe. Et hop, naît le bistrot, symbole d’urgence joyeuse ! Mais l’histoire patine sérieusement, car le terme n’apparaît dans les dictionnaires qu’en 1880, plus de soixante ans après ces supposés cris slaves, trop tard pour coller aux faits historiques. Ainsi, le bistrot reste ce coin de France authentique et éternel, loin des invasions exotiques, un mot né dans la vapeur des verres embués, les rires gras des habitués et l’odeur tenace du quotidien parisien.
Savais-tu que...
Colonisation française du Mississippi
< Peuplement du Mississippi aux XVI-XVIIème siècles
La Salle impose la présence française sur tout le bassin du Mississippi d’abord par un acte symbolique et politique : en descendant le fleuve jusqu’à son embouchure, il prend solennellement possession du territoire au nom du roi de France et lui donne le nom de « Louisiane ». Il érige une croix et enterre une plaque de cuivre, ce qui transforme la vallée du Mississippi en une revendication officielle de la monarchie, étendue de la région des Grands Lacs jusqu’au golfe du Mexique. Cette démarche lui permet ensuite de convaincre la cour de Versailles de l’intérêt stratégique de la région et de lancer de nouveaux projets de colonisation.
Par la suite, la France cherche à ancrer cette présence sur le terrain en construisant des postes militaires et des missions, et en développant un commerce de fourrures et d’agriculture le long du fleuve. Des forts comme Fort‑de‑Chartres, ceux de Natchez ou de La Nouvelle‑Orléans deviennent des points de contrôle et de passage, tandis que des prêtres et des administrateurs s’installent auprès de certaines nations amérindiennes. La France noue ainsi des alliances avec plusieurs peuples riverains, qui lui offrent un soutien politique et un accès au réseau fluvial, faisant du Mississippi la colonne vertébrale d’un vaste empire colonial reliant le nord au golfe du Mexique.
L’ampleur de la présence française reste géographiquement très étendue, mais démographiquement limitée : la Louisiane couvre plusieurs millions de kilomètres carrés, tandis que la population française n’atteint que quelques milliers d’habitants à son apogée, aux côtés de nombreuses communautés amérindiennes et d’esclaves africains. La colonisation reste surtout une affaire de points stratégiques le long du fleuve plutôt que de peuplement massif. Cette présence, toutefois, marque durablement la vallée du Mississippi, jusqu’à ce que la France cède la Louisiane à l’Espagne puis au Royaume‑Uni à la fin de la guerre de Sept Ans, effritant progressivement son emprise sur le bassin.
