Aujourd’hui à la une
Les célébrations notables
Bonne fête aux Héloïse
Jour du chiendent le 23 pluviôse
Journée internationale des femmes et des filles de science
Journée européenne du 112
Les évènements notables
1992 – Collision entre l’USS Baton Rouge et le K-276 Kostroma
Le 11 février 1992, au large de Mourmansk en mer de Barents, le sous-marin nucléaire américain USS Baton Rouge entre en collision avec le sous-marin russe K-276 Kostroma. Les deux bâtiments sont endommagés mais évitent le naufrage. L’incident, survenu après la fin de la guerre froide, révèle la persistance d’opérations de filature sous-marine et aurait pu provoquer une grave crise diplomatique.
1990 – Libération de Nelson Mandela
Le 11 février 1990, Nelson Mandela est libéré après 27 ans de détention, principalement sur Robben Island. Sa sortie de prison marque un tournant décisif dans la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Mandela devient le symbole de la réconciliation nationale et ouvre la voie aux négociations qui mèneront aux premières élections multiraciales de 1994.
1950 – Entrée en vigueur du SMIG en France
Le 11 février 1950, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) entre officiellement en application en France. Fixé par l’État, il vise à assurer un revenu minimal aux travailleurs et à lutter contre les salaires trop bas. Le SMIG sera remplacé en 1970 par le SMIC, toujours en vigueur aujourd’hui.
1945 – Fin de la conférence de Yalta
Le 11 février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline concluent la conférence de Yalta en Crimée. Ils s’accordent sur le partage de l’Allemagne, la dénazification, les réparations et la création de l’ONU. Ces décisions façonnent l’ordre mondial de l’après-guerre et préfigurent les tensions de la future guerre froide.
1942 – Le HM Fort Roughs prend position sur le banc de sable de Rough Sands, au large de la côte anglaise
Le 11 février 1942, la Royal Navy britannique installe la plateforme militaire HM Fort Roughs sur le banc de sable de Rough Sands, à environ douze kilomètres des côtes du Suffolk en mer du Nord, hors des eaux territoriales britanniques. Conçue pour protéger l’estuaire de la Tamise contre les attaques aériennes allemandes, cette structure flottante armée de canons antiaériens est abandonnée après la guerre. En 1967, l’ancien officier Paddy Roy Bates s’en empare et y proclame en 1967 la Principauté de Sealand, micronation autoproclamée qui revendique encore aujourd’hui sa souveraineté… lire l’article
1855 – Couronnement de Téwodros II
Le 11 février 1855, Kassa Hailou est couronné « roi des rois » sous le nom de Téwodros II, devenant empereur d’Éthiopie. Il entreprend d’unifier le pays, de moderniser l’armée et de réduire le pouvoir des seigneurs locaux. Son règne sera toutefois marqué par des conflits internes et une confrontation avec les puissances européennes.
1814 – Victoire de Napoléon à Montmirail
Le 11 février 1814, lors de la campagne de France, Napoléon Ier bat les troupes russo-prussiennes à la bataille de Montmirail. Cette victoire tactique, brillante mais temporaire, démontre le génie militaire de l’Empereur malgré l’infériorité numérique. Elle ne parviendra cependant pas à inverser le cours de la guerre.
1786 – Supplice de « la grande Jeannette »
Le 11 février 1786, Jeanne Delozanne, dite « la grande Jeannette », est torturée puis exécutée à Paris, dernière criminelle française soumise à la question (torture judiciaire). Condamnée pour vol et meurtre, son supplice illustre la brutalité de la justice d’Ancien Régime, qui sera profondément remise en cause à la Révolution… lire l’article
1302 – Destruction de la bulle Ausculta fili
Le 11 février 1302, Philippe IV le Bel fait publiquement brûler la bulle pontificale Ausculta fili, par laquelle le pape Boniface VIII rappelait l’autorité de l’Église sur le roi de France. Ce geste spectaculaire marque l’apogée du conflit entre la monarchie capétienne et la papauté, prélude à l’installation des papes à Avignon.
-660 – Fondation mythique du Japon par l’empereur Jinmu
Selon la tradition, le 11 février -660 marque la fondation du Japon par l’empereur légendaire Jinmu, descendant de la déesse solaire Amaterasu. Cette date symbolique, célébrée plus tard comme fête nationale (Kigensetsu), ne correspond pas à un événement historique attesté, mais structure le mythe des origines de la lignée impériale japonaise… lire l’article
Les naissances et décès notables
1981 – Naissance de Sonia Rolland, actrice française, Miss France 2000
1972 – Naissance de Kelly Slater, surfeur américain
1969 – Naissance de Jennifer Aniston, actrice américaine
1943 – Naissance de Serge Lama (Serge Chauvier), chanteur français
1926 – Naissance de Paul Bocuse, grand chef de la cuisine française
1926 – Naissance de Leslie Nielsen, acteur canadien
1847 – Naissance de Thomas Edison, scientifique et industriel américain
2020 – Décès de Claire Bretécher, dessinatrice française
2015 – Décès de Roger Hanin, acteur, réalisateur et écrivain français
2012 – Décès de Whitney Houston, chanteuse, actrice, productrice américaine
2000 – Décès de Jacqueline Auriol, aviatrice française
1986 – Décès de Frank Herbert, écrivain américain
1650 – Décès de René Descartes, philosophe et mathématicien français
Un peu de bonne humeur
3ème guerre mondiale
😏 Dites-vous qu'après la fin de la 3ème guerre mondiale, vous aurez droit à un jour férié supplémentaire.
😉 Alors, toujours anxieux !?
L’application « Cerveau »
🤔 Je pense que si on dit aux gens que leur cerveau est une application, ils commenceront à l'utiliser… en précisant bien, qu'en plus, elle est gratuite.
Inondation de bière à Londres
Le 17 octobre 1814, une cuve géante de la brasserie Meux and Company Brewery explose dans le quartier populaire de St Giles à Londres, provoquant une réaction en chaîne qui libère un torrent d’environ un million de litres de bière dans les rues environnantes. Cette vague de bière brune dévaste plusieurs maisons, et malheureusement tue huit personnes par noyade ou asphyxie et en blesse de nombreuses autres. Cet épisode aussi tragique que grotesque, connu sous le nom de London Beer Flood, reste l’une des catastrophes industrielles les plus insolites de l’histoire britannique.
Savais-tu ?
« Syndrome du Vasa »
En 1628, le navire de guerre suédois Vasa sombre quelques minutes seulement après son départ inaugural. Trop lourd dans sa partie supérieure et insuffisamment stable, il ne résiste pas aux premières rafales de vent.
Cette histoire donne son nom au syndrome du Vasa, une expression utilisée en gestion de projet pour décrire un échec collectif. Objectifs contradictoires, modifications incessantes, mauvaise communication, pression hiérarchique et absence de responsable clairement identifié : tous les ingrédients sont alors réunis pour conduire un projet directement au naufrage.
NAUFRAGE LE 1er JOUR APRÈS 1 MILLE 📆 10 août 1628
Astuce
Un linge rafraichissant
S’il fait chaud et que l’on cherche une solution simple et immédiate pour se rafraîchir, il suffit d’entourer son poignet d’un linge légèrement humide et frais : cette zone, riche en circulation sanguine, aide à diffuser rapidement une sensation de fraîcheur dans tout le corps. En cas de forte chaleur, cette astuce discrète et économique peut se révéler étonnamment efficace en apportant un vrai confort en quelques secondes seulement. Placé près d'un ventilateur, la sensation de fraicheur se trouve immédiatement amplifiée.
Cette astuce permet également de redonner une utilité à une chaussette définitivement esseulée après une lessive en remplaçant le linge humide par cette chaussette découpée pour pouvoir la passer autour du bras.
Un instant en ce bas monde

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.
Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.
Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.
Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.
De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.
Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.
Aigu. Puissant. Inhumain.
Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.
Ensuite, plus rien.
S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.
Whitechapel retient son souffle.
Dans l’obscurité, quelque chose rôde.
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »
Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
